Amy M. Homes

Amy M. Homes

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Avis (10)

  • Couverture du livre « Mauvaise mère » de Amy M. Homes aux éditions Actes Sud

    Christelle Grelou sur Mauvaise mère de Amy M. Homes

    Il y a comme une sorte de perversité jubilatoire de la part de A.M. Homes à nous raconter cette histoire.
    Claire est psy, elle est mariée, a deux fils. Claire a aussi un passé dans lequel elle a laissé une fille, abandonnée à la naissance.
    Jody a 24 ans, le souhait d’entreprendre des études de...
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    Il y a comme une sorte de perversité jubilatoire de la part de A.M. Homes à nous raconter cette histoire.
    Claire est psy, elle est mariée, a deux fils. Claire a aussi un passé dans lequel elle a laissé une fille, abandonnée à la naissance.
    Jody a 24 ans, le souhait d’entreprendre des études de cinéma mais pour cela il faudrait qu’elle quitte ses parents adoptifs, ses amis, ses habitudes. Elle devient la patiente de Claire. Qui se persuade très vite que Jody pourrait être sa fille abandonnée il y a 25 ans.
    Avec habileté, A.M. Homes distille des moments de doute, des coïncidences troublantes, crée une toile autour de ces deux personnages dont la relation devient de plus en plus toxique à mesure que Claire s’enfonce dans son obsession.
    Le roman aborde les questions de filiation, de la maternité, des difficultés de l’adoption et de la relation parents-enfants.
    La force du récit est d’être plus suggestif que frontal, de décrire subtilement les moments de bascule de Claire jusqu’au final qui amène un moment de confrontation plus violent.
    A.M. Homes a aussi ce grand talent de savoir alléger son propos par un humour constant. Son écriture est incisive, percutante et toujours juste. Volonté ou non de l’auteure, la construction de ce livre est très cinématographique et rend l’histoire très fluide à travers la succession des scènes.

  • Couverture du livre « Mauvaise mère » de Amy M. Homes aux éditions Actes Sud

    Anna D'ANTONIO sur Mauvaise mère de Amy M. Homes

    Livre lu dans le cadre du club de lecture de mai 2017 - Librairie L'Attrape-Mots.

    Epigraphe :
    Remplace-le par moi
    Remplace mon gin par du Coca.
    Remplace ma mère,
    Qu'au moins ma lessive soit faite.

    Peter Townshend (guitariste et compositeur du groupe de rock The Who)


    Claire est...
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    Livre lu dans le cadre du club de lecture de mai 2017 - Librairie L'Attrape-Mots.

    Epigraphe :
    Remplace-le par moi
    Remplace mon gin par du Coca.
    Remplace ma mère,
    Qu'au moins ma lessive soit faite.

    Peter Townshend (guitariste et compositeur du groupe de rock The Who)


    Claire est psychiatre à New York. Elle a réussi sa carrière et a une famille adorable : un mari aimant et deux garçons épanouis. Elle se persuade que sa nouvelle patiente, Jody, est la fille qu'elle a abandonnée vingt-cinq ans plus tôt. Simple coïncidence ou pas, Jody est née à quelques jours près, dans la même maternité que Claire et adoptée à sa naissance. Claire n'avait pas eu le choix : elle était mineure.


    Ce geste la hante et la ronge depuis. D'où cette idée folle émergeant, dans le cerveau de Claire, lors de la première consultation avec Jody.

    "Si elle avait une fille, si sa fille était là, elle serait revenue à la maison avec Claire. Elle se serait glissée dans le lit de sa mère et y aurait passé l'après-midi, à lire des magazines et à boire des granités de yoghourt. Si sa fille était là, elles prendraient la voiture et iraient courir les magasins, les antiquaires et les brocantes de Sag Harbor. Elles sortiraient déjeuner et laisseraient Sam et les garçons se débrouiller seuls." (page 244).


    Entre les deux femmes se noue une relation toxique. Et le lecteur découvre que la plus névrosée n'est pas celle qu'il pourrait supposer.

    "La perpective de revoir Claire l'angoissait. Ce qui s'était passé entre elles avait été roboratif, mais la fin de leur relation l'avait soulagée. La passion dont Claire s'était prise pour son cas était presque inquiétante. Mais elle se conduisait d'une façon si naturelle que Jody se trouvait mesquine et se reprochait son sentiment de malaise." (page 334).


    La relation devient addictive, de plus en plus nocive, du côté de Claire.

    "La lettre lue, Claire téléphona aussitôt à Jody. Elles eurent une longue conversation, rirent beaucoup. Jody lui appartenait, même si elle était à Los Angeles. Elle lui appartiendrait toujours.
    Claire prit l'habitude de téléphoner à Jody une ou deux fois par semaine, entre les séances, pour se détendre et se remonter le moral." (page 276).


    Cette idée devient tellement obsessionnelle qu'elle est prête à sacrifier sa famille. Elle est à la limite de la folie.

    "Claire s'arrêta sur le bord de la route, à côté de l'allée. Elle n'avait plus envie de montrer la maison à Sam. Elle avait l'impression qu'il allait la lui prendre.... Claire pleurait pour de bon. Sur Sam, la maison, Jody. Sur tout. Un désert, sans rien, sans personne, voilà ce qu'elle désirait. (Elle) réfléchissait au moyen de reprendre les rênes de sa vie. Se débarrasser de Sam, des enfants, de l'appartement. Oublier Jody. Se prendre un studio en ville, ou en banlieue, aucune importance." (page 379).


    Ce que veut nous dire l'auteur (à mon avis) est que Claire est trop névrosée pour exercer le métier de psychiatre. Elle n'a pas encore réglé son propre traumatisme (l'abandon de sa petite fille à la maternité). Comment pourrait-elle être efficace pour soigner ses propres patients ?


    Un autre thème est abordé en filigrane : les liens familiaux réels ou fantasmés. Ceux-ci peuvent être très problématiques et, pourtant, nous ne pouvons pas nous en départir. Jody s'entend assez mal avec sa mère biologique. Claire a des difficultés à éduquer ses deux garçons.

    "- Vous (Jody) éprouvez des difficultés à parler de votre famille ?
    - Pas du tout. C'est comme Hollywood Chewing-Gum. "La fraîcheur de vivre !"" (page 113)

    " Lorsque Jody la pria de demander une couverture à l'hôtesse, elle la regarda, bouche bée. Jody la détesta. Elle détestait cette mère, car elle se révélait incompétente, et ne pouvait ou ne voulait l'aider en rien." (page 303).

    " - On est comme deux amies, non ?
    - Des amies, j'en ai, dit Jody. Sois ma mère." (page 339).


    A.M. Homes (Amy Michael Homes) s'attaque, dans son roman, à la condition féminine, à la maternité et à la psychanalyse. Elle a été elle-même abandonnée par ses parents biologiques. Elle ne les a rencontrés qu'à l'âge de trente et un ans.
    Ce qui explique, entre autre, l'oeuvre d'A.M. Homes ; peuplée par les questions sur les rapports entre parents et enfants ; sur l'identité aussi.
    A.M. Homes vit à New York. "Mauvaise mère" est son premier roman, paru en 1997.

  • Couverture du livre « Le sens de la famille » de Amy M. Homes aux éditions Actes Sud

    laurence bandelier sur Le sens de la famille de Amy M. Homes

    Une aventure. C’est ainsi que nous pourrions qualifier ces quelques années que nous relate A. M. Homes très honnêtement, sans fioriture, avec un recul et une objectivité incroyables.
    La rencontre avec ses parents biologiques et les divers épisodes qui en découlent apparaissent tantôt tragiques,...
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    Une aventure. C’est ainsi que nous pourrions qualifier ces quelques années que nous relate A. M. Homes très honnêtement, sans fioriture, avec un recul et une objectivité incroyables.
    La rencontre avec ses parents biologiques et les divers épisodes qui en découlent apparaissent tantôt tragiques, tantôt grotesques pour ne pas dire ridicules.
    Nous ressentons la déception de cette petite fille devenue femme mais à jamais « enfant adoptée » en découvrant le vrai visage et la vraie nature de ses géniteurs.
    Elle n’en est pas moins avide d’informations, comme si elle cherchait à tout prix des éléments positifs, dignes d’être racontés et dignes de fierté. La persévérance qu’elle a su montrer dans ses recherches généalogiques est surprenante.
    Paradoxalement, c’est le dernier chapitre qui est le plus touchant et le plus émouvant : A. M. Homes écrit une véritable déclaration d’amour à sa grand-mère « adoptive », certainement, même si c’est inconscient, pour témoigner que les liens du sang ne sont pas toujours les plus forts et ceux que l’on croit.
    Simple bémol : comme tout récit autobiographique, le lecteur ne peut que se sentir « invité » à prendre connaissance de ce témoignage sans pouvoir se sentir réellement impliqué par des confessions si intimes.

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