Amor Towles

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Avis (19)

  • Couverture du livre « Un gentleman à Moscou » de Amor Towles aux éditions Fayard

    sylvie frigère sur Un gentleman à Moscou de Amor Towles

    bonjour
    ce livre est comme une promenade et pourtant nous restons pendant 500 pages dans le même lieu
    A lire

    bonjour
    ce livre est comme une promenade et pourtant nous restons pendant 500 pages dans le même lieu
    A lire

  • Couverture du livre « Un gentleman à Moscou » de Amor Towles aux éditions Fayard

    Nicole Grundlinger sur Un gentleman à Moscou de Amor Towles

    Je viens de passer un de mes meilleurs moments de lecture depuis un bout de temps. Dans la catégorie plaisir pur, procuré par des héros que l'on n'a pas du tout envie de quitter et une science de la narration qui vous transporte immédiatement au cœur de l'intrigue. J'avais déjà apprécié dans le...
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    Je viens de passer un de mes meilleurs moments de lecture depuis un bout de temps. Dans la catégorie plaisir pur, procuré par des héros que l'on n'a pas du tout envie de quitter et une science de la narration qui vous transporte immédiatement au cœur de l'intrigue. J'avais déjà apprécié dans le premier roman d'Amor Towles, Les règles du jeu, l'atmosphère un brin désuète, voire nostalgique qui irriguait son histoire. Cette fois, il y a en plus une superbe élégance et une tonalité teintée de cet humour pince sans rire que l'on jurerait émaner d'un auteur britannique si l'on ne connaissait pas la nationalité de l'auteur. Quant au comte Alexandre Rostov, le gentleman du titre, comment ne pas succomber à son charme ?

    Nous sommes donc à Moscou, au début des années 1920, époque de reconstructions et de transformations après une guerre mondiale et surtout une révolution sanglante. Les aristocrates ont en général opté pour l'exil mais Alexandre Rostov a préféré regagner son pays alors qu'il séjournait à Paris pendant les événements. Convoqué devant un tribunal révolutionnaire, il échappe miraculeusement à la peine de mort et à l'emprisonnement mais se voit assigné à résidence à l'hôtel Metropol où il a posé ses valises. Là, il doit dire adieu à sa suite et se trouve relégué sous les combles dans une sorte de chambre de bonne. Les consignes sont claires : il ne doit pas poser un pied en dehors du bâtiment sinon... Nous allons donc le suivre durant une bonne trentaine d'années et croyez-moi, cela n'a rien ni de statique ni d'ennuyeux.

    D'abord parce que le comte Rostov est un pur produit d'un monde qui croyait avant tout dans le pouvoir de la culture et de la transmission ; nourri aux grands auteurs, philosophes, stratèges ou romanciers, il ne manque pas de références pour affronter les différentes situations qui s'offrent à lui. A commencer par trouver le moyen de garder la maitrise du cours de sa vie, malgré l'enfermement. Ensuite parce que l'hôtel Metropol n'est pas n'importe quel bâtiment. Idéalement placé au cœur de Moscou entre le Kremlin et le Bolchoï (un plan au début du livre permet de se faire une idée précise), il est au centre de la vie culturelle et politique moscovite. Des étages complets sont ainsi réquisitionnés au lendemain de la Révolution pour enfermer les membres de la commission chargés de rédiger la Constitution de l'Union Soviétique. Enfin, parce que ce lieu de passage offre au comte de multiples occasions de rencontres et que ses qualités d'observateur et d'homme du monde vont se transformer en ressources insoupçonnées, pour le plus grand plaisir du lecteur. Car savoir tenir une conversation, organiser un plan de table en évitant les fausses notes ou encore transmettre sa connaissance du monde à travers l'ouverture que lui a procuré sa culture, tout ceci va s'avérer éminemment politique.

    Outre que ce livre possède tous les ingrédients romanesques qui captent le lecteur, il nous parle avec élégance du temps qui passe, des transformations voulues ou subies, des mondes qui changent. Il y a dans le personnage de Rostov quelque chose du Prince Salina dans Le Guépard. En tout cas j'ai eu le visage de Burt Lancaster à l'esprit pendant toute ma lecture. On y lit également de très jolies choses sur la littérature, russe notamment, et des observations savoureuses sur les différences culturelles entre URSS et Etats-Unis à travers les différentes périodes traversées. Car c'est aussi un pan de notre histoire récente qui nous est offert, par le prisme de cet endroit singulier, excellent poste d'observation. Comme le dit Rostov à la fin du livre "entre ces murs, le monde est passé".

    Un roman au long cours, qui invite à prendre le temps et dans lequel on s'immerge avec un rare plaisir. Compagnon idéal de soirées plaid et boisson fumante (ou vodka), savoureux, élégant et puissamment romanesque. J'aime décidément beaucoup cet auteur.

  • Couverture du livre « Un gentleman à Moscou » de Amor Towles aux éditions Fayard

    Cigale Tenor sur Un gentleman à Moscou de Amor Towles

    L’amour de la littérature, sans distinction de nationalités, et l’hommage qui lui est rendu m’ont accrochée dès le début : ils sont partout ! Il faut commencer par s’arrêter sur le patronyme du personnage principal d’Un gentleman à Moscou : le comte Alexandre Ilitch Rostov. On ne peut que...
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    L’amour de la littérature, sans distinction de nationalités, et l’hommage qui lui est rendu m’ont accrochée dès le début : ils sont partout ! Il faut commencer par s’arrêter sur le patronyme du personnage principal d’Un gentleman à Moscou : le comte Alexandre Ilitch Rostov. On ne peut que sourire au clin d’œil à Guerre et Paix de Tolstoï dont le Nicolas Ilitch Rostov partage avec Alexandre un nom de famille, un titre, une éducation aristocratique, une grande désinvolture et une infinie capacité de résilience. Comme lui, il mûrira au gré des événements, des rencontres et du temps qui passe.

    Un gentleman à Moscou est le deuxième roman seulement d’Amor Towles, né en 1964, dont son éditeur, Fayard, nous dit bien peu de choses. On doit se réjouir que cet homme-là ait abandonné la finance au profit de la littérature !

    Le roman s’ouvre sur un poème signé par le comte lui-même en 1913. Ce texte s’avère d’une grande importance puisque Alexandre Rostov, l’aristocrate, lui doit de ne pas être fusillé par le Parti : en 1922, ces vers lui valent aux yeux de « personnes haut placées [de compter] parmi les héros de la cause prérévolutionnaire ». Pas de peloton d’exécution, donc, mais une assignation à résidence à l’Hôtel Metropol où le comte habite en fait depuis quatre ans dans la somptueuse suite 217. Sous bonne garde, il doit la quitter et transporter le peu de ses possessions qui entrent dans la minuscule chambre de domestique qu’on lui impose, tout en haut du beffroi… La suite nous éclairera sur la genèse de ce poème décidément capital dans la vie d’Alexandre.

    Il suffit de lire, dans les toutes premières pages, le verbatim de la comparution d’Alexandre devant le comité du commissariat du peuple pour comprendre que, malgré l’insertion de personnages réels (le procureur Vychinski de triste mémoire par exemple), il ne faut pas chercher dans ce roman la vérité historique ; le comportement du comte qui ne se défait pas de son charme, de son esprit de répartie ni de son humour, et la sentence prononcée par le tribunal ne laissent aucun doute : il s’agit d’une sorte de fable, d’un conte philosophique.

    La division du roman en cinq livres présentés chronologiquement mais d’une durée très inégale accélère le rythme du récit grâce à des raccourcis importants, voire des ellipses de plusieurs années : le livre I, sept chapitres et 120 pages, couvre l’année 1923 ; le livre II, 3 chapitres et 70 pages, condense trois années, etc. Le narrateur nous permet d’accéder aux pensées des différents personnages. Un « nous » se glisse fréquemment dans le texte pour faire part de considérations philosophiques, psychologiques, gastronomiques, historiques, culturelles, etc., souvent avec beaucoup d’humour. Ce « nous » peut signifier successivement « nous » les Russes, les aristocrates, les contemporains de ce régime, les clients ou les employés du Metropol, etc. ; son emploi impose au lecteur un regard différent à chaque fois. Il en va de même pour le « vous » d’adresse au lecteur, fréquemment convoqué comme lecteur, évidemment, mais tout aussi fréquemment comme témoin… Autre petit régal grâce à la variété des sujets et aux ruptures de ton : les notes de bas de pages. La plus longue qui commence par d’amusantes considérations sur les patronymes des personnages des romans russes continue en dévoilant l’avenir tragique d’un des personnages secondaires. D’autres traitent de l’inutilité de la « réinvention » des sigles de la police secrète, de l’aveuglement des Américains invités en Russie alors qu’y sévissait la famine, ou encore des raisons de la prolifération des immeubles préfabriqués de cinq étages…

    Au Metropol, le temps passe à un rythme variable selon les occupations du comte et selon son moral. Alexandre Rostov, parfait gentleman, cultivé, polyglotte, maître dans l’art de la conversation, remarquable palais, s’occupe de bien des manières. Il a des relations cordiales avec les employés de l’hôtel qui lui marquent beaucoup de considération, mais aussi avec certains des nouveaux pontes bolcheviques. Il sympathisera avec une petite fille de neuf ans, Nina, qui réside à l’hôtel avec son père, mais qui est souvent seule. Il entreprendra, en quelque sorte, de faire son éducation, alors que Nina se révélera étonnement bon professeur elle aussi, et elle réussira à élargir l’horizon du prisonnier. Plus tard, une enfant de cinq ans, Sofia, lui sera confiée par Nina et l’empêchera de devenir fou quand les exemples littéraires ou historiques ne suffisent plus depuis longtemps : Edmond Dantès au château d’If, Cervantès à Alger, Napoléon à l’île d’Elbe ou encore Robinson Crusoé ont perdu de leur valeur d’exemplarité. Le comte formera avec le cuisinier et le maître d’hôtel (un Français !) un trio qui maintient le Metropol à flot en dépit de toutes les vicissitudes apportées par la bureaucratie.

    J’ai bien aimé ce roman et je me suis attachée aux différents personnages au fil de ma lecture. Le thème du hasard qui traverse tout le livre prend ici une coloration particulière et Towles l’exploite avec brio, peut-être parce que les enjeux sont vitaux. Je suis consciente que j’ai puisé certaines de mes images mentales dans le Grand Budapest Hôtel de Wes Anderson qui se superpose maintenant dans mon esprit au Metropol : deux palaces, à peu près la même époque, des personnages un peu déjantés, beaucoup d’humour, bref, plusieurs ingrédients qui s’ajoutent sans pourtant se confondre. Pour d’autres aspects, j’ai pensé à Novecento pianiste d’Alessandro Baricco : l’enfermement, bien sûr, le charme du personnage, le défilé de personnages secondaires, l’importance de la musique, l’irrémédiable poids du destin et un final en forme de pirouette, bien qu’elle ne soit nullement tragique dans le cas du comte Alexandre Ilitch Rostov !

    Merci au Grand Prix des Lectrices de Elle et aux éditions Fayard.

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