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Amelie Cordonnier

Amelie Cordonnier
Amélie Cordonnier est journaliste littéraire. Après Trancher (Flammarion, 2018 ; J'ai lu, 2019), Un loup quelque part est son deuxième roman. Elle vit à Paris.

Avis sur cet auteur (69)

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    Couverture du livre « Un loup quelque part » de Amelie Cordonnier aux éditions Flammarion

    fabienne balcon sur Un loup quelque part de Amelie Cordonnier

    Un sujet étonnant pour le deuxième livre de cette autrice, découverte avec « Trancher ».
    Tout commence très bien pour la narratrice, heureuse dans son couple, mère d’une charmante petite fille et qui vient d’avoir un bébé de quatre mois Alban. Mais elle découvre par hasard des taches dans le...
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    Un sujet étonnant pour le deuxième livre de cette autrice, découverte avec « Trancher ».
    Tout commence très bien pour la narratrice, heureuse dans son couple, mère d’une charmante petite fille et qui vient d’avoir un bébé de quatre mois Alban. Mais elle découvre par hasard des taches dans le dos du bébé, qui peu à peu gagnent tout le corps : son fils est métis. Suite à de nombreuses interrogations, un secret de famille va être lui être révélé. Elle perd tous ses repères, tombe en pleine déprime et renie cet enfant qu’elle ne reconnaît plus jusqu’à la détestation et la honte.

    Dans ce roman, l’auteur met en lumière la difficulté d’être mère, surtout d’un enfant différent de celui que l’on espérait. L’instinct maternel est il évident ? On voit cette femme dégringoler et perdre touts ses certitudes. Cette lecture a été très éprouvante ; j’ai été touchée par les révélations qui assomment cette femme , mais révoltée par la maltraitance vis-à-vis du bébé , ses délires.Tous ces passages longs et redondants où elle décortique ses angoisses m’ont lassés, en particulier l’usage d’un nuancier pour évaluer la couleur de peau du bébé .
    Elle entretient une belle tension qui monte inexorablement , et à chaque page on s’attend au pire.
    Néanmoins, je trouve peu crédible qu’un mari aimant comme elle le décrit au début du livre, soit incapable de réaliser la souffrance de sa femme et de la laisser seule avec deux enfants, sans parler du pédiatre et de sa meilleur amie !
    La deuxième partie, plus constructive, met en lumière la recherche des origines auprès de son père, son attachement pour lui grâce à de belles pages sur le lien intense qui les unit.
    Le style vif et serré de l’écriture renforce le suspens mais rend cette narratrice froide et détachée.
    Ma lecture reste partagée entre un sujet intéressant et mon manque d’empathie avec cette jeune mère.

    Livre lu dans le cadre des 68premieresfois. Merci aux Éditions Flammarion.

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    Couverture du livre « Un loup quelque part » de Amelie Cordonnier aux éditions Flammarion

    Mumu Dans le Bocage sur Un loup quelque part de Amelie Cordonnier

    On se sait comment elle s'appelle peut-être pour la rendre plus anonyme ou parce que c'est un phénomène qui peut survenir à toute femme (et pourquoi pas à un homme). Elle est mariée et mère de deux enfants : Esther 8 ans et Alban, le plus jeune, âgé de quelques mois et lors d'une visite chez le...
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    On se sait comment elle s'appelle peut-être pour la rendre plus anonyme ou parce que c'est un phénomène qui peut survenir à toute femme (et pourquoi pas à un homme). Elle est mariée et mère de deux enfants : Esther 8 ans et Alban, le plus jeune, âgé de quelques mois et lors d'une visite chez le pédiatre le doute s'installe, s'insinue et se confirme. Et ce qu'elle croyait inébranlable, son couple parfait,  son amour maternel, sa famille, vacillent et sombrent dans un cycle infernal.

    J'avais déjà entendu parler de cette auteure pour son premier roman Trancher (que je n'ai pas encore lu)  qui abordait déjà des thèmes durs, violents axés sur le couple et la famille et elle le fait à nouveau ici avec une écriture très particulière et c'est ce qui m'a le plus marqué dans ce roman. Une prose rythmée et sonore tellement les phrases, les mots se répondent les uns aux autres, comme une longue tirade qui résonne comme un poème sombre, noir, des phrases sèches comme les pensées qui se succèdent et qui tournent en rond, s'accumulent et qui reflètent l'angoisse d'une mère qui perd pied. Ce rythme, ces mots qui riment m'ont parfois gênée, ils étaient parfois trop présents et au bout d'un moment presque attendus, recherchés mais qui donnent à l'écriture et au rendu une identité particulière et surtout un son.

    C'est un roman très marqué par les couleurs, de la maternité heureuse ébranlée à la propre enfance de l'héroïne, ayant perdu à double titre l'image maternelle, de la filiation, la sienne mais aussi celle vis-à-vis d'Alban, aux non-dits, aux questionnements qui resteront sans réponse. J'ai trouvé habile la façon dont l'auteure a choisi la manière dont son héroïne focalise sa propre blessure sur son enfant.

    Amélie Cordonnier évite tous les stéréotypes qui peuvent mener une femme à cette sorte de "folie", rien ne la prédestinait à y sombrer peu à peu, à s'isoler mais le trouble est là, qu'elle ne peut s'empêcher de s'identifier à Gregor Samsa, le personnage central de La métamorphose de Kafka, elle hallucine, elle est obsédée par cet enfant qu'elle a sous les yeux, dont elle observe la mutation en un être qu'elle ne reconnaît pas comme fruit de ses entrailles.

    Comme pour Chanson douce de Leïla Slimani, on ne comprend pas l'aveuglement de l'entourage qui ne voit pas la détresse, la lente descente aux enfers de cette femme mais également celle de l'enfant car parfois le trait est tellement forcé, va à l'extrême que cela semble incroyable et pourtant combien d'exemples dans l'actualité de cas semblables. Mais passons, c'est un roman et il faut accepter le deal car à l'évidence ce qu'il en ressort c'est le cheminement des pensées, le processus de lamination, son mécanisme et toutes les ruses mises en place pour tenir.

    Alors ai-je aimé ? Oui malgré le sujet difficile, oui parce qu'il y a un travail d'écriture singulier et original, oui parce qu'elle évite de sombrer dans le glauque même s'il est présent et effleuré et oui parce qu'elle évite un final qu'il aurait été facile d'imaginer..... Cela se lit d'un trait, on retient presque sa respiration, à chaque page tournée on espère que le pire n'est pas arrivé, on secoue Vincent, Elsa pour qu'ils ouvrent les yeux mais nous-mêmes est-on à même de voir un proche qui sombre ?

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    Couverture du livre « Un loup quelque part » de Amelie Cordonnier aux éditions Flammarion

    Calimero29 sur Un loup quelque part de Amelie Cordonnier

    Après son premier roman "Trancher", qui traitait magistralement de la violence psychologique au sein du couple, Amélie Cordonnier reste dans la cellule familiale, lieu parfois de toutes les violences, avec le rejet d'un enfant par sa mère.
    Une femme, dont on ne connaîtra pas le prénom, épouse...
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    Après son premier roman "Trancher", qui traitait magistralement de la violence psychologique au sein du couple, Amélie Cordonnier reste dans la cellule familiale, lieu parfois de toutes les violences, avec le rejet d'un enfant par sa mère.
    Une femme, dont on ne connaîtra pas le prénom, épouse de Vincent, maman d'une petite Esther de 8 ans et d'Alban, 5 mois, découvre, sur le corps de son bébé, une tâche noire qui grandit et se multiplie. Son fils est métis. Tout s'écroule, un secret de famille ressurgit et cette maman côtoie la folie et la maltraitance.
    L'auteur aborde plusieurs thèmes graves et parfois tabous : le fameux instinct maternel, objet de tant de sentiments de culpabilité pour celles qui le ressentent pas (il faut lire à cet égard Simone de Beauvoir et Elizabeth Badinter pour comprendre que cette injonction, qui fait tant de dégâts, est essentiellement sociétale), les mensonges sur les origines aux conséquences dramatiques, la couleur de peau avec son cortège de rejet, mépris, brimades lorsqu'elle n'est pas blanche.
    Je suis restée à la marge de ce roman tant il est assez invraisemblable de cacher la couleur d'un bébé à son entourage et tant la mère est proche de la folie avec les références nombreuses à "La métamorphose" de Kafka.
    Les plus belles pages, là où l'émotion a été la plus forte sont celles qui décrivent l'amour qui unit cette maman à son père qui s'est retrouvé seul avec elle à la mort brutale de la mère lorsque la petite avait 10 ans; peu de mots entre eux, mais des gestes, des regards et un amour si profond. C'est d'ailleurs vers son père que se retourne la maman d'Alban pour chercher de l'aide.
    L'écriture est tranchante, ciselée, précise mais je l'ai trouvée trop hachée même si c'est probablement volontaire pour dépeindre le maelstrom dans lequel se débat le personnage de la mère; parfois, je ne savais plus de quel personnage on parlait entre la mère d'Alban et sa propre mère ou entre Vincent, le mari ou le père du personnage.
    Néanmoins le roman reste intéressant par les thèmes abordés, par les nombreuses références littéraires, les jeux de mots et l'omniprésence de la couleur.

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    Couverture du livre « Un loup quelque part » de Amelie Cordonnier aux éditions Flammarion

    Magali BERTRAND sur Un loup quelque part de Amelie Cordonnier

    « C’est la vie, c’est comme ça. Il y a toujours un loup quelque part. »…Mais, quand tout semble aller comme sur des roulettes, quand onatoutpourêtreheureuse, un mari, deux enfants (le deuxième n’était pas tout-à-fait prévu, mais bon…), un boulot, une vie sans heurt depuis l’année du malheur...
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    « C’est la vie, c’est comme ça. Il y a toujours un loup quelque part. »…Mais, quand tout semble aller comme sur des roulettes, quand onatoutpourêtreheureuse, un mari, deux enfants (le deuxième n’était pas tout-à-fait prévu, mais bon…), un boulot, une vie sans heurt depuis l’année du malheur (elle a quand même perdu sa maman à 12 ans, mais bon…), on n’y pense pas vraiment (le petit dernier a bien un grain de beauté qui n’en est pas un, mais…bon…). Il suffit parfois de presque rien, un grain de beauté dans les rouages, pour que la vie change de nuance et passe du rose le plus tendre au noir le plus profond, pour que tout soit ébranlé, secoué, remis en question, pour que les bases s’effritent, que les piliers s’effondrent, que la douleur affleure et fasse perdre la tête.
    Suivant pas à pas le chemin de folie de sa narratrice, Amélie Cordonnier, comme dans « Trancher », son formidable premier roman, sait user de tous les moyens en sa possession pour installer et diffuser le malaise qui s’empare de cette jeune maman et la fait perdre pied. Du rythme cadencé de ses phrases aux tonalités quasi chantantes de ses mots, rien n’est laissé au hasard dans cette ritournelle étourdissante, presque agaçante, qui tournicote et asticote jusqu’au sommet de la tension. On voudrait crier, on ne peut pas. On voudrait l’aider, on ne peut pas. On voudrait l’arrêter dans son délire, on voudrait s’arrêter, ne plus la lire, on ne peut pas, on ne peut pas, on ne peut pas ! Car Amélie Cordonnier s’approche avec une rare intensité d’une intimité qui nous concerne tous, le mystérieux lien à la mère, et de la douleur à peine descriptible de celle qui doit faire « son deuil de toutes les mères : celle qu’elle n’arrive plus à être, celle qu’elle n’a pas eue et celle qu’elle a perdue. ». Comme dans « Trancher », elle insiste et décortique, appuyant justement sa plume là où ça fait mal, à la limite du supportable. On sort de cette lecture avec son petit balluchon personnel tout chiffonné et en désordre, l’estomac essoré, le cœur comme adouci. Peut-être, alors, est-ce pour voir si les couleurs d’origine de cet amour premier pouvaient nous revenir à nous aussi qu’elle nous a fait bouillir ?

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