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Amanda Sthers

Amanda Sthers

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Avis sur cet auteur (43)

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    Couverture du livre « Lettre d'amour sans le dire » de Amanda Sthers aux éditions Grasset Et Fasquelle

    yves MONTMARTIN sur Lettre d'amour sans le dire de Amanda Sthers

    Attention, danger ! N'ouvrez pas ce roman au risque de vous y perdre. Ces quelques pages m'ont littéralement envoûté, un récit porté par une langue subtile, des mots délicats, et une sensualité à vous damner.

    Alice a 48 ans, elle vit à Paris, mais ne s'y sent pas à sa place. Un jour elle...
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    Attention, danger ! N'ouvrez pas ce roman au risque de vous y perdre. Ces quelques pages m'ont littéralement envoûté, un récit porté par une langue subtile, des mots délicats, et une sensualité à vous damner.

    Alice a 48 ans, elle vit à Paris, mais ne s'y sent pas à sa place. Un jour elle entre dans un salon de thé japonais et se laisse tenter par la salle de massage attenante. Avec le masseur japonais, elle n'échange que quelques mots, mais ses mains vont parler à son corps.

    « La sensualité qui émanait de moi jadis se délie, se délivre sous vos doigts. Certaines choses se passent de mots. Ce que je ressens c'est une langue qui flotte, que nous pouvons comprendre, sans même nous regarder. »

    Alors pour tenter d'approcher l'univers de cet homme qui lui fait redécouvrir sa féminité et ses désirs, elle va apprendre le Japonais. À travers la littérature de ce pays, elle va en apprécier toute la délicatesse, son esprit va s'ouvrir à une autre façon de voir la vie, la découverte d'une culture mélange d'archaïsme et d'ouverture d'esprit ; la méditation, les origamis qui demandent du temps et de la patience, les parfums, les couleurs, les silences, les haïkus, où tout est exprimé en trois phrases suspendues.

    Ce roman se présente sous la forme d'une longue lettre qu'Alice va écrire à cet homme qui fait battre son coeur comme celui d'une adolescente. Elle va y mettre toute sa vie à l'intérieur.

    « Je tente de chercher des moments joyeux, je ne veux pas que vous me voyiez comme une pelote de peine. »

    Une enfance qui ne lui a laissé que le souvenir de l'ennui et de la violence d'un père souvent alcoolisé :
    « Mon père ne s'était pas réjoui que j'obtienne mon bac, que je fasse des études, que je sois une intellectuelle, comme disaient ses amis ; à ses yeux c'était la pire des choses pour une femme. Plus je devenais lettrée, plus les hommes me verraient moche. Avec le temps, je pense qu'il n'avait pas complètement tort ; plus une femme prend le pouvoir et d'ampleur, moins elle est désirable. »

    L'adolescence et sa rencontre avec un homme lâche comme la plupart des hommes. Son ventre qui grossit, avant l'âge d'être femme, elle a été souillée, elle se sent moche et sale.
    Alice se raconte, se confie avec pudeur. Les hommes ont disposé d'elle. Jamais elle n'a connu de gestes bienveillants.
    Une histoire d'amour qui transpire par tous les pores de la peau, où rien n'est dit, juste ressenti à travers des mains qui se posent sur un corps. Un récit poignant, traité avec grâce, un roman qui se rapproche des plus beaux écrits de la littérature japonaise, tout simplement magnifique.

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    Couverture du livre « Lettre d'amour sans le dire » de Amanda Sthers aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Nine sur Lettre d'amour sans le dire de Amanda Sthers

    Roman très touchant relatant la peine des corps et des coeurs. Je découvre cette auteur avec plaisir. L'écriture est simple, délicate, attachante.
    Un petit regret qu'il faille en passer par un passé violent de la protagoniste, comme si c'était obligatoire pour ressentir les émotions qu'elle...
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    Roman très touchant relatant la peine des corps et des coeurs. Je découvre cette auteur avec plaisir. L'écriture est simple, délicate, attachante.
    Un petit regret qu'il faille en passer par un passé violent de la protagoniste, comme si c'était obligatoire pour ressentir les émotions qu'elle ressent. Mais en ce moment ça fait vendre (c'est vraiment l'impression que j'ai). Ce qui n'enlève rien à la qualité de l'ouvrage.

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    Couverture du livre « Lettre d'amour sans le dire » de Amanda Sthers aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Bd.otaku sur Lettre d'amour sans le dire de Amanda Sthers

    Des mots sur les maux

    Quel beau titre ! Et quel défi aussi d’écrire en 2020, à l’heure des tweets et autres SMS un roman épistolaire composée d’une unique et longue lettre. Alors, comme « Lettre d’une inconnue » de Stephan Zweig fait partie de mes livres de chevet et que le Japon est un de...
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    Des mots sur les maux

    Quel beau titre ! Et quel défi aussi d’écrire en 2020, à l’heure des tweets et autres SMS un roman épistolaire composée d’une unique et longue lettre. Alors, comme « Lettre d’une inconnue » de Stephan Zweig fait partie de mes livres de chevet et que le Japon est un de mes pays de prédilection, je me suis précipitée sur ce roman d’Amanda Sthers.

    Je vais vite me débarrasser des deux seules choses qui m’ont gênée dans ma lecture, comme de petits cailloux dans ma chaussure … des « scrupules » donc ! D’abord une petite incohérence : sur la 4e de couverture, on apprend que l’héroïne a 48 ans or, dans le corps de l’œuvre celle-ci nous dit qu’elle n’a « pas quitté le Nord pendant (s)es quarante-huit premières années » mais qu’elle a suivi sa fille à Paris depuis trois ans. Elle aurait donc cinquante et un ans, en fait… je sais c’est un détail mais cela m’a agacée ! J’aime bien la cohérence … Ce qui est encore plus improbable, c’est une telle maîtrise du japonais en un an de cours - même quotidiens - seulement ! Elle pourrait à la rigueur maîtriser les deux syllabaires et quelques centaines de kanjis (idéogrammes), avoir la possibilité de déchiffrer les livres surtitrés en furigana comme les écoliers de là-bas mais de là à calligraphier deux cents pages ( elle écrit au stylo puisque Amanda Sthers insiste sur les conditions physiques de cette écriture en évoquant le papier, les cartouches que l’on change etc…) et composer des haïkus … D’ailleurs l’incipit ne souligne-t-il pas « Je vous écris cette lettre car nous n’avons jamais pu nous dire les choses avec des mots. Je ne parlais pas votre langue et MAINTENANT QUE J’EN AI APPRIS LES RUDIMENTS, vous avez quitté la ville » ?

    Mais c’est de la fiction alors, on oublie bien vite ces quelques détails et on se laisse embarquer. La romancière, tout comme son héroïne, ne s’est jamais rendue au Japon et pourtant elle en parle si bien … dans une écriture toute en retenue et comme mimétique de la délicatesse de ce pays. Le style de ce livre, c’est son point fort : la langue est ciselée et pudique à la fois. Le portrait de l’héroïne et l’évolution de cet amour peut -être fantasmé et unilatéral qui sait ( on retrouve là l’ambiguïté présente dans un autre roman épistolaire célèbre « Lettres de la religieuse portugaise « de Guilleragues) sont magnifiquement dressés par petites touches…

    On fait ainsi connaissance avec Alice Cendres qui, à l’aube de la cinquantaine, apprend de la fille qu’elle a eu très jeune qu’elle va être grand-mère. Vêtue d’un « pantalon noir un peu trop court et un col roulé gris . Rien qui vaille la peine de s’en souvenir » ; elle se sent transparente et sans âge : « je me comportais comme une vieille depuis tant d’années qu’on me voyait ainsi » ; elle a enfin «moins eu l'impression de vivre (s)a vie que d'avoir été vécue par elle ». Alice n’a pas connu l’amour sauf dans les livres. Elle a toujours eu l’impression de ne pas être à sa place : tant au sein de sa famille dans le Nord dont elle s’est coupée en devenant une « intellectuelle » professeur de français, qu’à Paris auprès de sa fille qui a fait un riche mariage et qu’elle encombre un peu en détonnant dans son nouveau milieu, ou que dans la société puisqu’en étant une très jeune retraitée elle est marginalisée dans ce monde actif.

    Et puis un jour gris, un jour de pluie, un jour où elle se réfugie dans un salon de thé tout bascule. Sur un malentendu, elle va se faire masser par un Japonais qui, par de simples effleurements sous le tissu de sa tenue de shiatsu, va la réveiller de sa longue anesthésie (dont on apprendra la raison dans sa lettre confession) . Alice renait à elle-même et à la vie : la propriétaire ne la prend-elle pas pour une madame Renoir (nom d’une cliente qui ne viendra jamais) la dotant ainsi d’un nouveau patronyme qui évoque le peintre impressionniste, maître des couleurs et de la sensualité ? Dès son entrée dans ce lieu nommé « Ukiyo », mot qui « veut dire profiter de l’instant, hors du déroulement de la vie, comme une bulle de joie[et] ordonne de savourer le moment, détaché de nos préoccupations à venir et du poids de notre passé », elle retrouve la couleur et des couleurs : celle du thé qu’on lui sert un « futsumuhi sencha aux feuilles d'un vert intense qui donne un breuvage aux couleurs du soleil qu'on regarde à travers les herbes hautes quand on est adolescent et qu'on se couche dans les prés[…] : komorebi. Cette teinte qui se diffuse dans le vent et à travers laquelle on voit les choses plus belles ». Elle réapprend les sensations aussi : celles du thé brûlant dans sa gorge, les frissons sous les mains d’Akifumi... Du gris, elle passe à l’ensoleillé et se délivre de son passé en revenant chaque semaine se faire masser. Elle s’éprend du masseur et trouve grâce à lui son « ikigai »(ce mot qui signifie « raison d’être » ou « joie de vivre » aurait toute sa place dans le roman)...

    Dans cette œuvre superbe, Amanda Sthers dresse le portrait de deux solitudes qui se rencontrent .. ou pas. Elle décrit une Bovary moderne qui a « toujours préféré le confort du fantasme aux risques de la vie » et s’interroge également sur la place de la femme dans notre monde actuel , mise au rebut dès qu’elle n’est plus en âge de procréer, celle dont le désir pur gêne. On n’ira pas jusqu’à qualifier l’œuvre de féministe mais elle est extrêmement féminine et destinée … à tous !

    Je remercie Amanda Sthers, les éditions Grasset et Netgalley pour ce beau moment de lecture jaune et vert comme sa couverture épurée… : « komorebi » qui a ensoleillé une journée pluvieuse dans mon "ukiyo" à moi.

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    Couverture du livre « Lettre d'amour sans le dire » de Amanda Sthers aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Lautre-Magda sur Lettre d'amour sans le dire de Amanda Sthers

    Un mal de cœur, un mal de corps.

    Alice n'a pas vécu.

    Un jour elle entre dans un salon de thé japonais à Paris et se fait masser.
    Et c'est une renaissance.

    Le récit de cette vie qui revient à elle est sous forme épistolaire, de sa part, on ne sait si elle ne l'enverra.

    Peu...
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    Un mal de cœur, un mal de corps.

    Alice n'a pas vécu.

    Un jour elle entre dans un salon de thé japonais à Paris et se fait masser.
    Et c'est une renaissance.

    Le récit de cette vie qui revient à elle est sous forme épistolaire, de sa part, on ne sait si elle ne l'enverra.

    Peu importe.

    Mais c'est un récit empli de délicatesse, de tendresse respectueuse, l'autrice a réussi la difficile symbiose entre empathie et simplicité sans être simpliste.

    Il y a là une ode à la transformation tout comme à la beauté des femmes qu'on croit ordinaires.

    Une belle écriture pour une histoire plus profonde qu'il n'y paraît.

    Un vrai plaisir à lire.

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