Alice Ferney

Alice Ferney
D'Alice Ferney, qui enseigne les sciences économiques à Paris, Actes Sud a publié : Le Ventre de la fée (1993), L'Elégance des veuves (1995 ; Babel n° 280), Grâce et dénuement (1997, Prix Culture et bibliothèques pour tous ; Babel n° 439), La Conversation amoureuse (2000 ; Babel n° 567), Dans la ... Voir plus
D'Alice Ferney, qui enseigne les sciences économiques à Paris, Actes Sud a publié : Le Ventre de la fée (1993), L'Elégance des veuves (1995 ; Babel n° 280), Grâce et dénuement (1997, Prix Culture et bibliothèques pour tous ; Babel n° 439), La Conversation amoureuse (2000 ; Babel n° 567), Dans la guerre (2003 ; Babel n° 714), Les Autres (2006 ; Babel n° 857), Paradis conjugal (Babel n° 990), Passé sous silence (2010).

Avis (60)

  • Couverture du livre « Grâce et dénuement » de Alice Ferney aux éditions Actes Sud

    Sy Dola sur Grâce et dénuement de Alice Ferney

    Ce roman nous parle de la rencontre entre une famille gitane et Esther, une bibliothécaire.
    Cette famille, composée de la matriarche, Angéline, de ses 5 fils, de ses 4 belles filles et de ses petits enfants, a posé ses caravanes sur un terrain privé, sans eau sans électricité, appartenant à une...
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    Ce roman nous parle de la rencontre entre une famille gitane et Esther, une bibliothécaire.
    Cette famille, composée de la matriarche, Angéline, de ses 5 fils, de ses 4 belles filles et de ses petits enfants, a posé ses caravanes sur un terrain privé, sans eau sans électricité, appartenant à une institutrice à la retraite, avec pour seules richesses l'amour qu'ils se portent et la fierté de ce qu'ils sont.
    Esther, ancienne infirmière reconvertie en bibliothécaire, mariée et mère, décide d'initier les enfants à la lecture en venant chaque mercredi matin
    Au fil du temps, des liens forts et tendres vont se tisser entre les gitans et la "gadjé" comme ils l'appellent. Il y aura des interrogations sur sa présence, sur ce qui la motive à faire la lecture et à les aider.
    Mais cette présence reste ambivalente car d'un côté elle apporte une bouffée d'oxygène à ces enfants et à ces femmes, les hommes restant toujours en retrait mais d'un autre elle est prise de conscience de leur condition de "paria", de vie en marge de la société et d'analphabétisme .
    Au delà de cette relation, il est question du regard et de l'attention portés par notre société sur ceux qui vivent en marge de celle-ci et sur la difficulté qu'ils peuvent rencontrer pour essayer de s'y intégrer car dans l'inconscient collectif qui dit gitan, dit voleur, dit fainéant, dit sale.
    Je le recommande car il est très bien écrit et Esther développe beaucoup d'empathie pour ces personnes qui sous des airs rustres sont fort attachantes.

  • Couverture du livre « Grâce et dénuement » de Alice Ferney aux éditions Actes Sud

    Anita Millot sur Grâce et dénuement de Alice Ferney

    Immersion totale au sein d’une famille de gitans : Angéline, veuve et vieille avant l’âge, a la main mise sur ses cinq fils (Lulu, Angelo, Antonio, Simon et Moustique) et ses quatre belle-filles (Misia, Helena, Milena et Nadia), de même que sur sa dizaine de petits-enfants (Anita, Sandro, Carla,...
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    Immersion totale au sein d’une famille de gitans : Angéline, veuve et vieille avant l’âge, a la main mise sur ses cinq fils (Lulu, Angelo, Antonio, Simon et Moustique) et ses quatre belle-filles (Misia, Helena, Milena et Nadia), de même que sur sa dizaine de petits-enfants (Anita, Sandro, Carla, Mélanie, Mickaël, Hana, Joseph, Priscilla et le bébé Djumbo).

    Esther, bibliothécaire dans la ville où ils se sont installés, va les apprivoiser les uns après les autres, en apportant des livres chaque mercredi, leur faisant la lecture, et s’intéressant à la rudesse de leur vie. Angelo, le seul célibataire tombera follement amoureux d’elle, tout en sachant cet amour impossible : la gadjé est mariée et a trois fils !

    Esther se battra pour leur donner accès à la culture, à l’école. Ne pourra hélas pas éviter leur expulsion du terrain mais ne les perdra jamais de vue.

    Amour, violence, désir, jalousie, drame et mort, Alice Ferney nous décrit ses moeurs tziganes avec une belle lucidité, en utilisant toujours les mots justes, et une très grande délicatesse. Un roman magnifique et digne.

  • Couverture du livre « Les Bourgeois » de Alice Ferney aux éditions Actes Sud

    Geneviève Munier sur Les Bourgeois de Alice Ferney

    Il n’est pas toujours simple d’attribuer un genre à un écrit. S’agit-il d’un roman, d’un documentaire, d’une biographie ? A priori ça ne paraît pas compliqué et pourtant. Une biographie, n’est-elle pas quelque peu romancée lorsque l’auteur y ajoute un petit quelque chose de personnel ? Un roman...
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    Il n’est pas toujours simple d’attribuer un genre à un écrit. S’agit-il d’un roman, d’un documentaire, d’une biographie ? A priori ça ne paraît pas compliqué et pourtant. Une biographie, n’est-elle pas quelque peu romancée lorsque l’auteur y ajoute un petit quelque chose de personnel ? Un roman qui comporte nombre de faits historiques réels, ne peut-il ressembler à un documentaire ? La question pourrait se poser pour "Les Bourgeois", même si la mention "roman" figure sur la couverture.

    Les Bourgeois, c’est bizarre, en voyant ce nom et, malgré la majuscule, j’ai plutôt pensé au statut social. Et bien non, ce n’est pas ça. Bourgeois est le patronyme d’une famille… de bourgeois catholiques. L’histoire débute le 9 novembre 2013, jour du décès brutal de Jérôme à l’âge de quatre-vingts ans. Jérôme fait partie des dix enfants, huit garçons et deux filles de cette dynastie, pourrait-on dire. Comme souvent dans cette couche sociale ils sont tous dans l’armée, la marine, ont fait des études de médecine, de droit ou encore sont dans les affaires.

    Il s’agit presque d’un journal, chaque petite partie commençant par une date, mais un journal complètement démantelé et rassemblé à la va vite, sans ordre. Il n’y a là aucune chronologie, les dates sautant du coq à l’âne, enfin, je veux dire du présent au passé pour mieux revenir au présent via un passé plus proche. Vous suivez ? J’espère, car il faut parfois s’accrocher pour savoir où l’on en est, et, de notre époque, se retrouver en 1919 puis revenir à 2013 après avoir fait un crochet par la guerre d’Algérie (1956) ou encore le 8 novembre 1942, date à laquelle "…les Américains et les Anglais débarquaient en Afrique du Nord." Bref, tout autant qu’une saga familiale il s’agit d’un balayage historique. De la petite histoire, mêlée à la grande, nous partageons pratiquement cent ans de hauts et de bas, de drames nationaux voire mondiaux, mais aussi personnels. L’auteure ne juge rien des faits et gestes de ces Bourgeois, ni de leurs idées. On ne ressent pas davantage de sa part quelconque empathie, elle qui joue presque plus à l’entomologiste qu’à la romancière.

    J’avoue avoir été très intéressée par cette manière de présenter plus d’un siècle d’histoire à l’aune de la vie d’une famille, de ses avis, de ses ressentis. Quant à l’écriture, je dirais qu’elle est précise, classique, pleine de finesse. Et le vocabulaire extrêmement bien choisi apporte au texte une grande fluidité et beaucoup de caractère.

    Toutes ces qualités font de ce roman une fresque intéressante, intelligente et vraiment réussie.

    www.memo-emoi.fr

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