Alice Ferney

Alice Ferney
D'Alice Ferney, qui enseigne les sciences économiques à Paris, Actes Sud a publié : Le Ventre de la fée (1993), L'Elégance des veuves (1995 ; Babel n° 280), Grâce et dénuement (1997, Prix Culture et bibliothèques pour tous ; Babel n° 439), La Conversation amoureuse (2000 ; Babel n° 567), Dans la ... Voir plus
D'Alice Ferney, qui enseigne les sciences économiques à Paris, Actes Sud a publié : Le Ventre de la fée (1993), L'Elégance des veuves (1995 ; Babel n° 280), Grâce et dénuement (1997, Prix Culture et bibliothèques pour tous ; Babel n° 439), La Conversation amoureuse (2000 ; Babel n° 567), Dans la guerre (2003 ; Babel n° 714), Les Autres (2006 ; Babel n° 857), Paradis conjugal (Babel n° 990), Passé sous silence (2010).

Avis (62)

  • Couverture du livre « Grâce et dénuement » de Alice Ferney aux éditions Actes Sud

    Claudia Charrier sur Grâce et dénuement de Alice Ferney

    J'ai eu un immense coup de cœur pour le film Éternité, adapté du roman L'élégance des veuves d'Alice Ferney.
    J'avais très envie de découvrir son écriture et on m'avait vivement conseillé de lire Grâce et dénuement.

    La sensibilité de cette auteure est sûrement ce qui me touche le plus....
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    J'ai eu un immense coup de cœur pour le film Éternité, adapté du roman L'élégance des veuves d'Alice Ferney.
    J'avais très envie de découvrir son écriture et on m'avait vivement conseillé de lire Grâce et dénuement.

    La sensibilité de cette auteure est sûrement ce qui me touche le plus.
    Ces textes transpirent de cet amour qui me happe tant : l'amour maternel.
    Cette capacité de m'émouvoir irrémédiablement, de cette beauté de raconter aux lecteurs, les sentiments les plus forts que l'on porte à nos enfants et à notre famille sont d'une justesse remarquable.

    Comme dans l'élégance des veuves, ce sont les femmes qui sont à l'honneur dans ce très beau roman Grâce et dénuement.

    Ici, nous allons suivre le parcours de plusieurs femmes.
    Elles sont fortes et combattantes, luttant contre les adversités de la vie qui ne les épargne pas.
    Leurs priorités sont la famille, les enfants et la survie.


    "Parce que l'amour des enfants, dit-elle, on le sent vivant dans sa poitrine et dans son ventre. C'est là qu'il habite, dit-elle en mettant la mais à plat sur son gros ventre."


    La puissance de ces femmes qui portent à bout de bras toute une communauté.
    Leurs dignités sans faille, leurs honneurs, leurs douleurs dans les cris, dans les larmes et dans les silences.
    C'est beau,
    C'est fort,
    C'est juste.

    Et dans ce récit, je l'ai ressenti intensément, Alice Ferney nous raconte cette histoire d'une manière incroyablement belle et intense et à la fois tellement percutante que j'ai été captivée par ces personnages et ces destins si malmenés par la vie.
    Malgré des sujets qui n'ont rien de légers comme la pauvreté, la misère sociale, l'illettrisme, la violence, c'est un roman SOLAIRE !

    Une ode à l'espoir et à la tolérance, pleine d'humanité qui m'a beaucoup touchée.

    C'est un roman fort, puissant et d'une grande générosité.

    C'est un livre comme je les aime.

    Sincère, vrai et entier.

    Je vous le conseille vivement.

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/11/grace-et-denuement.html

  • Couverture du livre « Grâce et dénuement » de Alice Ferney aux éditions Actes Sud

    yves MONTMARTIN sur Grâce et dénuement de Alice Ferney

    Ils n'ont aucun papier, ils occupent un terrain sans autorisation, les parents sont illettrés, leur dernier enfant n'a pas été déclaré à la mairie. Ils sont des gitans de France, des cinq fils aucun n'aurait songé à quitter leur mère Angéline, cela aurait été un déshonneur. Ils vivent donc avec...
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    Ils n'ont aucun papier, ils occupent un terrain sans autorisation, les parents sont illettrés, leur dernier enfant n'a pas été déclaré à la mairie. Ils sont des gitans de France, des cinq fils aucun n'aurait songé à quitter leur mère Angéline, cela aurait été un déshonneur. Ils vivent donc avec leur femme et leurs enfants sur un terrain privé appartenant à une vieille institutrice. le ravitaillement sans argent, l'eau que l'on puise à la pompe, les sources occasionnelles de revenu, voilà leur quotidien. Et puis, un jour apparaît Esther, elle compte sur les livres pour les apprivoiser.

    « C'était la responsable d'une bibliothèque. Elle pensait que les livres sont nécessaires comme le gîte et le couvert. »

    Et peu à peu les femmes se confient, les enfants s'attachent et les hommes observent dont Angelo le seul célibataire qui se retrouve amoureux avant même de comprendre ce qui lui arrive. Cette femme là, marié, mère de trois garçons, n'est pas pour lui, il faut s'empêcher de tomber dans des amours impossibles.

    Grand merci à notre amie Colette de nous avoir offert ce petit bijou. Publié en 1997, je n'avais jamais eu l'occasion de lire. J'ai tout de suite été emporté par la qualité littéraire de ce roman. Alice Ferney nous introduit au coeur d'un camp de gitans sédentarisés en banlieue parisienne. Elle évoque avec beaucoup de pudeur l'exclusion, l'illettrisme, l'intolérance, les rapports hommes-femmes, l'importance de l'éducation, la place de l'école et des livres.
    « Le mariage tzigane c'est sur l'honneur, une femme tzigane elle supporte le mari comme il est, elle a de la chance quand il ne la bat pas et que sa belle-mère est gentille. »

    Chaque groupe de personnages a son importance, les femmes bien sûr, dont Angéline la matriarche, mères avant tout, « Si les promesses sont sacrées, celles faites aux enfants le sont plus que les autres. » Les hommes et leur fierté « Rares sont les gitans qui acceptent d'être tenus pour pauvre, et nombreux pourtant ceux qui le sont », et les enfants naïfs et sensibles « Ils n'avaient pas les jouets que reçoivent d'ordinaire les enfants, mais ils avaient la liberté. Ils faisaient un butin de tout ce qu'ils ramassaient. Ils allaient et venaient comme bon leur semblait. » Et au milieu Esther, la bibliothécaire qui va leur faire découvrir Jean de la Fontaine, Babar, Perrault, Andersen et Saint-Exupéry.

    C'est donc bien le quotidien de cette tribu que l'auteur nous invite à partager, les naissances, les décès, les fêtes, les violences et l'amour.

    Les dernières pages où Angéline a décidé d'arrêter la route de sa vie et convoque une à une ses belles-filles pour leur transmettre le sens de leur vie sont absolument magnifiques. Un roman rempli d'humanité où l'auteur sait à merveille nous faire entendre les sentiments inavoués, les désirs brimés et surtout que la grâce peut se trouver dans le dénuement absolu.

  • Couverture du livre « Grâce et dénuement » de Alice Ferney aux éditions Actes Sud

    Sy Dola sur Grâce et dénuement de Alice Ferney

    Ce roman nous parle de la rencontre entre une famille gitane et Esther, une bibliothécaire.
    Cette famille, composée de la matriarche, Angéline, de ses 5 fils, de ses 4 belles filles et de ses petits enfants, a posé ses caravanes sur un terrain privé, sans eau sans électricité, appartenant à une...
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    Ce roman nous parle de la rencontre entre une famille gitane et Esther, une bibliothécaire.
    Cette famille, composée de la matriarche, Angéline, de ses 5 fils, de ses 4 belles filles et de ses petits enfants, a posé ses caravanes sur un terrain privé, sans eau sans électricité, appartenant à une institutrice à la retraite, avec pour seules richesses l'amour qu'ils se portent et la fierté de ce qu'ils sont.
    Esther, ancienne infirmière reconvertie en bibliothécaire, mariée et mère, décide d'initier les enfants à la lecture en venant chaque mercredi matin
    Au fil du temps, des liens forts et tendres vont se tisser entre les gitans et la "gadjé" comme ils l'appellent. Il y aura des interrogations sur sa présence, sur ce qui la motive à faire la lecture et à les aider.
    Mais cette présence reste ambivalente car d'un côté elle apporte une bouffée d'oxygène à ces enfants et à ces femmes, les hommes restant toujours en retrait mais d'un autre elle est prise de conscience de leur condition de "paria", de vie en marge de la société et d'analphabétisme .
    Au delà de cette relation, il est question du regard et de l'attention portés par notre société sur ceux qui vivent en marge de celle-ci et sur la difficulté qu'ils peuvent rencontrer pour essayer de s'y intégrer car dans l'inconscient collectif qui dit gitan, dit voleur, dit fainéant, dit sale.
    Je le recommande car il est très bien écrit et Esther développe beaucoup d'empathie pour ces personnes qui sous des airs rustres sont fort attachantes.

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