Alaa El Aswany

Alaa El Aswany
Fils d'un avocat et écrivain égyptien, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Parlant plusieurs langues dont le français, l'anglais et l'espagnol, il reste cependant un authentique Egyptien, profondément attaché à sa terre, la vallée du Nil. Ecrivain dans la veine du... Voir plus
Fils d'un avocat et écrivain égyptien, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Parlant plusieurs langues dont le français, l'anglais et l'espagnol, il reste cependant un authentique Egyptien, profondément attaché à sa terre, la vallée du Nil. Ecrivain dans la veine du célèbre Prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz, c'est après un séjour aux Etats-Unis où il est parti étudier, qu'il publie un premier recueil de nouvelles immédiatement remarqué. Egalement journaliste, écrivant sur la littérature, la politique et les questions sociales pour des journaux égyptiens, il publie un second recueil en 1998. Son premier roman, 'L'Immeuble Yacoubian' sort en 2002. Vendu à plus de 100.000 exemplaires dans le monde arabe, il est d'abord traduit en langue anglaise avant d'être enfin publié en français en 2006. Encouragé par le succès du livre, le producteur Adel ADIB en achète les droits et une adaptation cinéma sort au cours de l'été 2006.

Avis (12)

  • Couverture du livre « J'ai couru vers le Nil » de Alaa El Aswany aux éditions Actes Sud

    yves MONTMARTIN sur J'ai couru vers le Nil de Alaa El Aswany

    Comme dans « L'immeuble Yacoubian », ou dans « Automobile Club d'Égypte », j'ai retrouvé l'écriture si agréable de Alaa El Aswany, comme toujours il nous délivre toute une galerie de personnages, dont des femmes qui sont sensuelles à se damner. Mais dans ce roman le propos est beaucoup plus...
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    Comme dans « L'immeuble Yacoubian », ou dans « Automobile Club d'Égypte », j'ai retrouvé l'écriture si agréable de Alaa El Aswany, comme toujours il nous délivre toute une galerie de personnages, dont des femmes qui sont sensuelles à se damner. Mais dans ce roman le propos est beaucoup plus grave puisqu'il nous raconte la révolution égyptienne qui conduira à la fuite de Moubarak. Ces personnages vont être mêlés aux événements et leurs destins vont se croiser. Chacun va se comporter en fonction de ses intérêts ou de ses opinions.

    Dieu a accordé au général Ahmed Alaoui, une santé excellente et des biens en abondance. Sa femme, en dépit de son âge et de sa corpulence excessive, est son compagnon de lutte et son porte-bonheur. Comme tous les pères, il aime ses fils, mais sa fille Dania, étudiante en médecine, est la source de la joie la plus profonde de son existence. le général est entre autres, chargé de poursuivre les terroristes et les espions et éventuellement de les torturer ce que lui reproche sa fille bien-aimée. Diana se lie d'amitié avec Khaled fils d'un chauffeur.

    Achraf Ouissa, un acteur copte raté et fumeur de haschisch, sa vie avec Magda n'est qu'une suite de disputes. Alors il se console dans les bras de sa servante musulmane Akram

    Asma enseigne la langue anglaise, elle refuse de se marier et de porter le voile et se révolte de voir les jeunes filles considérées comme de simples marchandises, posées dans une vitrine, attendant le client qui paiera le prix et l'emportera. « Le mari a le droit de vérifier que la marchandise est de bonne qualité et qu'il n'y a pas de contrefaçon. » Elle correspond avec Maze, un jeune ingénieur de la cimenterie qui souhaite changer son pays.

    Le cheikh Chamel, voulait devenir guide touristique, mais le tourisme subissait une crise à cause des attentats terroristes. Alors l'inspiration lui vint de consacrer sa vie à la prédication de la parole divine. Il reçoit de l'argent pour diffuser la bonne parole et soutenir le pouvoir il aime prêcher sur les obligations de la femme musulmane. Ce n'est plus un homme de religion, c'est devenu un homme d'affaires.

    Nourhane est présentatrice à la télévision, elle est prête à tout pour gravir les échelons mais comme toutes les bonnes musulmanes elle est une courtisane obéissante dans le lit de son mari de façon à étancher son désir et le fortifier contre le péché.

    L'auteur nous décrit d'abord l'Égypte de Moubarak, un régime répressif et corrompu où tout le monde est surveillé par la sécurité. Une société arriérée, soumise à l'hypocrisie d'une religion où l'injustice est la règle. « Il est hors de questions d'épouser quelqu'un qui te soit inférieur, la Loi de Dieu l'interdit. »

    Ensuite, ce sont les manifestations au Caire, à Alexandrie et dans d'autres villes, « La place Tahir est noire de monde, des Égyptiens ordinaires, de toutes les classes sociales, des femmes voilées, d'autres têtes nues. Ils sont prêts à changer le pays, à en payer le prix. On avait le sentiment que nous étions en guerre. »

    L'ancien régime ne s'est pas rendu, il n'a sacrifié Moubarak que pour se maintenir, les forces armée alliées aux frères musulmans n'hésitent pas à lancer une guerre civile, insécurité généralisée, ouverture des prisons, libérations des criminels pour terroriser les Égyptiens, les convaincre que la révolution est un complot.
    La répression est terrible, les témoignages de victimes des exactions, des humiliations, des tortures, se succèdent.  "Mais par la suite, j'ai vu des tanks qui allaient et venaient, toujours aussi vite, en zigzag dans la rue. Quand ils voyaient un groupe de gens qui essayaient de s'enfuir, ils se précipitaient sur eux, montaient sur les trottoirs et les écrasaient…"

    Bien entendu, l'auteur nous décrit, sans aucune censure toutes les horreurs commises, mais son écriture sait manier aussi l'humour pour nous raconter l'hypocrisie et la corruption du système, encouragée par les religieux qui ne sont pas les derniers à en profiter. Il sait aussi faire ressortir toute la sensualité de l'épouse qui comme la religion lui demande, fait tout avec son corps pour éloigner son mari de la tentation et du pêché, ce sont vraiment des passages savoureux.

    Une fin particulièrement triste où devant l'échec de ce soulèvement, la seule issue semble l'exil pour être une personne, alors que dans son pays on n'est plus rien. Un roman que j'ai trouvé très courageux, car l'auteur n'épargne pas ses critiques ni envers les hommes politiques civils ou militaires ni envers les religieux. À noter qu'à ce jour ce roman est interdit de publication en Égypte.

  • Couverture du livre « Automobile club d'Egypte » de Alaa El Aswany aux éditions Actes Sud

    Dominique JOUANNE sur Automobile club d'Egypte de Alaa El Aswany

    Après « L’immeuble Yacoubian », l’auteur nous livre un talentueux récit polyphonique sans répit en s’appuyant sur les faits réels de l’Histoire égyptienne à la fin des années 40, juste avant l’abolition de la royauté. (La république est proclamée en Égypte le 18 juin 1953, succédant au Royaume...
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    Après « L’immeuble Yacoubian », l’auteur nous livre un talentueux récit polyphonique sans répit en s’appuyant sur les faits réels de l’Histoire égyptienne à la fin des années 40, juste avant l’abolition de la royauté. (La république est proclamée en Égypte le 18 juin 1953, succédant au Royaume d'Égypte.)
    Alaa El Aswany va créer un grand panel de personnages représentant l’ensemble de la société égyptienne (du roi –Farouk- au plus pauvre des citoyens) dont certains agiront au sein d’un comité révolutionnaire secret (dirigé dans l’Histoire vraie par Nasser) dans le but d’anéantir la monarchie et mettre fin à la colonisation. L’auteur va placer chacun d’eux sur une corde raide avec dénominateur commun, l’Automobile Club d’Egypte, dirigé par les Anglais. Il dresse ainsi un tableau remarquable de cette nation alors sous tutelle britannique.
    Les paragraphes relativement courts finissent tous sur une mise en danger, ce qui donne un rythme accéléré et haletant à ce récit addictif de 638 pages. J’ai dévoré ce livre coup de cœur.

  • Couverture du livre « L'immeuble Yacoubian » de Alaa El Aswany aux éditions Actes Sud

    Aurélie Baudrier sur L'immeuble Yacoubian de Alaa El Aswany

    Un roman dépaysant, coloré, triste et gai qui raconte l'histoire des habitants d'un immeuble du Caire.

    Un roman dépaysant, coloré, triste et gai qui raconte l'histoire des habitants d'un immeuble du Caire.

  • Couverture du livre « Automobile club d'Egypte » de Alaa El Aswany aux éditions Actes Sud

    Tuppence sur Automobile club d'Egypte de Alaa El Aswany

    L’Automobile Club d’Egypte, au Caire, dans les années 40, toutes les castes sont réunies. Des serviteurs, employés, directeur, dandys anglais, jusqu’aux princes et roi d’Egypte. Tout ce petit monde qui gravite autour de ce club select qui accueille la haute société anglaise et égyptienne se...
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    L’Automobile Club d’Egypte, au Caire, dans les années 40, toutes les castes sont réunies. Des serviteurs, employés, directeur, dandys anglais, jusqu’aux princes et roi d’Egypte. Tout ce petit monde qui gravite autour de ce club select qui accueille la haute société anglaise et égyptienne se côtoie chaque jour, chacun à un rôle à tenir, sans jamais se connaitre vraiment. Toutes ces vies et leur histoire qui s’entrecroisent forment un ensemble indissociable d’une société en mouvance, vers un changement qui va bouleverser radicalement les valeurs ancestrales de ce royaume entraînant la chute du joug colonial britannique.

    Les différences marquées entre les castes, la noirceur que peut contenir l’humanité, le colonialisme et ses dérives, le combat inégal de la femme face à la toute-puissance masculine, que ce soit pour entreprendre des études que pour être maîtresse de sa vie face aux mariages organisés par les familles. Mais surtout les rapports humains merveilleusement retranscris quelques soient le rang ou les origines des personnages.

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