Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Agota Kristof

Agota Kristof

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis sur cet auteur (17)

  • add_box
    Couverture du livre « La preuve » de Agota Kristof aux éditions Points

    Mumu Dans le Bocage sur La preuve de Agota Kristof

    Changement de style, de ton et d'écriture. Dans cet opus n'apparaît que Lucas, désormais seul depuis le départ de son jumeau. Un prénom désormais et une personnalité, une identité par certains côtés identique mais aussi différente, sur laquelle le narrateur insiste dans les premières lignes, le...
    Voir plus

    Changement de style, de ton et d'écriture. Dans cet opus n'apparaît que Lucas, désormais seul depuis le départ de son jumeau. Un prénom désormais et une personnalité, une identité par certains côtés identique mais aussi différente, sur laquelle le narrateur insiste dans les premières lignes, le martelant afin de bien nous en imprégner.

    Dans La preuve, l'écriture et le récit sont plus doux, plus conventionnels, moins de violence que dans le premier, Lucas grandit et fait preuve même d'une certaine "bonté" en s'occupant et venant en aide à ses voisins, le curé mais aussi une jeune femme, Yasmine et son fils, Mathias, né d'une relation incestueuse.

    Les phrases ne sont plus un sujet, un verbe, un complément, elles sont construites, élaborées , mais jamais à l'excès, une écriture plus adulte. Le narrateur raconte mais comme Lucas dans son cahier, il épure et ne garde que l'essentiel, faisant défiler les années. D'ailleurs désormais les chapitres n'ont plus de titres, sont plus longs et la lecture est toujours aussi addictive car la vie de Lucas est faite de découvertes, de décisions et de rebondissements.

    Lucas découvre certains sentiments, même s'il ne les définit pas lui-même véritablement. Il se lie, d'amour ou d'amitié mais curieusement presque tous ceux qui l'approchent disparaissent ou meurent de façon brutale. Et puis plane toujours le Parti, l'armée d'occupation, les interdictions (les livres sont lus en cachette), les règles à observer mais aussi l'absence de son jumeau, Claus et l'espoir de son retour, un jour....

    Comme pour le premier, le roman se termine sur une annonce et quelques indices qui remet tout en cause, on perd ses repères et on a qu'une envie ..... lire la suite et fin de cette trilogie qui bouscule, qui remue, qui ne ressemble à rien et pourtant qui porte en elle à la fois du beau et du sombre.

    "(...) Mais l'aimez-vous ? (Lucas) : Je ne connais pas la signification de ce mot. Personne le la connaît. Je n m'attendais pas à ce genre de question de votre part, Peter. 

    -Pourtant, ce genre de question vous sera posée souvent au cours de votre vie. Et parfois vous serez obligé d'y répondre.

    -Et vous, Peter ? Vous serez aussi une fois obligé de répondre à certaines questions. J'ai assisté parfois à vos réunions politiques. Vous faites des discours, la salle vous applaudit. Croyez-vous sincèrement à ce que vous dites ?

    -Je suis obligé d'y croire.

    -Mais au plus profond de vous-même, qu'en pensez-vous ?
    "
    -Je ne pense pas. Je ne puis me permettre un tel luxe. La peur est en moi depuis l'enfance. (p94-95)"

  • add_box
    Couverture du livre « Le troisième mensonge » de Agota Kristof aux éditions Points

    Mumu Dans le Bocage sur Le troisième mensonge de Agota Kristof

    Et bien ce troisième opus ne répond à rien et répond à tout. Désormais c'est Claus enfin plutôt Klaus qui prend la plume. Lui le frère disparu raconte, se raconte ou tente de se raconter..... Vous n'y comprenez rien, c'est normal. Le troisième mensonge, la conclusion de cette trilogie est une...
    Voir plus

    Et bien ce troisième opus ne répond à rien et répond à tout. Désormais c'est Claus enfin plutôt Klaus qui prend la plume. Lui le frère disparu raconte, se raconte ou tente de se raconter..... Vous n'y comprenez rien, c'est normal. Le troisième mensonge, la conclusion de cette trilogie est une aventure littéraire. L'auteure monte et démonte tout ce qu'elle a bâti. Qui est Lucas, qui est Carl, qui est Karl, quel est l'origine de leurs vies.

    Alors on est baladé, perdu, on perd toutes les explications que l'on avait patiemment échafaudées, mais il y a "La chose", celle qui est la cause de tout, peut-être.... Oui peut-être car finalement seule Agota Kristof, qui à l'image de Klaus et Lucas, cherche à épurer l'histoire pour n'en garder finalement que la substance essentielle, l'oppression, l'occupation, la guerre, le mal et l'isolement.

    Dans ce final il faut vous préparer, l'auteure reconstruit puis démolit, chacun se fera son histoire, croira détenir la vérité mais il n'y a pas une vérité ou la vérité est faite de mensonges, mis un à un comme on construit une maison qui repose désormais sur des fondations qui ne sont que ce que l'auteure a voulu qu'elles soient.

    C'est un exercice de style périlleux, dangereux car le moindre écart peut faire écrouler l'édifice. Alors certes, j'ai eu des moments de perte de sens, d'incompréhension, je naviguais entre passé, présent, imaginaire et réalité mais c'est une expérience dont je me souviendrais longtemps et je comprends désormais pourquoi lors de ma première lecture j'en ai gardé un souvenir à la fois de mal-être, de noirceur mais aussi d'originalité.

    "Je lui réponds que j'essaie d'écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l'histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. Je lui dis que j'essaie de raconter mon histoire, mais que je ne le peux pas, je n'en ai pas le courage, elle me fait trop mal. Alors, j'embellis tout et je décris les choses non comme elles se sont passées, mais j'aurais voulu qu'elles se soient passées. (p14)"

  • add_box
    Couverture du livre « Le grand cahier » de Agota Kristof aux éditions Points

    Mumu Dans le Bocage sur Le grand cahier de Agota Kristof

    Dans ce premier opus, ni daté, ni situé précisément, mais dont on sait qu'on est en temps de guerre (je le situerai pour ma part pendant la deuxième guerre mondiale), deux garçons, jumeaux, dont on ne connaît pour l'instant pas les prénoms, sont confiés par leur mère à la grand-mère qui habite...
    Voir plus

    Dans ce premier opus, ni daté, ni situé précisément, mais dont on sait qu'on est en temps de guerre (je le situerai pour ma part pendant la deuxième guerre mondiale), deux garçons, jumeaux, dont on ne connaît pour l'instant pas les prénoms, sont confiés par leur mère à la grand-mère qui habite la Petite Ville, car à la Grande Ville, tout manque et surtout la nourriture. Ils sont jeunes, 9 ans peut-être, en apparence sages et surtout ils sont deux.

    Ils ne sont pas accueillis à bras ouverts, avec affection par la vieille femme, la "Sorcière" sale, avare, qui ne soucie aucunement d'eux. Ils devront mériter leur nourriture et comprennent vite les règles imposées. Mais ils font preuve d'une force, d'une intelligence et d'une compréhension de ce qui les entoure qui leur permet de survivre et de trouver toutes les ressources nécessaires à celle-ci. Ils sont sans filtre, sans état d'âme, bruts de tout sentiment, ils vivent les choses comme elles sont avec une logique impitoyable. 

    Ils tiennent un cahier, sorte de journal de bord de leur existences, en des termes très factuels, de leurs péripéties, les plus louables comme les plus terribles. Mais la vie est un combat alors ils s'entraînent : à l'immobilité, à la résistance à la douleur, au silence et au jeûne.

    Et ils racontent, tous les événements de cette guerre et comment ne pas penser à ceux qui ont jalonnés la deuxième guerre mondiale : il y a les envahisseurs, les libérateurs (russes ?), les exécutions sommaires, les viols, les longues files de déportés, les enfants confiés afin d'être protégés (juif), les camps libérés où règnent une odeur pestilentielle.....

    Les jumeaux ne sont ni "tout blanc" ni "tout noir", non ils sont et font ce qui leur semble juste, normal, logique. Ils voient, ils observent et racontent. Comme la grand-mère qui, sous des aspects terrifiants, montre également, à de rares moments un visage humain (les pommes qui tombent, comme par hasard aux pieds des convois de gens qui meurent de faim).

    Ce qui nous est raconté est trash, dur, implacable. C'est la guerre et l'humanité à travers des yeux d'enfants sans état d'âme, avec une écriture à leur image,  ils ne doivent compter que sur eux, ne demandent rien à personne et portent aide à ceux qu'ils jugent bon d'aider.

    La fin du premier récit est particulièrement éprouvante et l'on a qu'une envie de découvrir la suite car on les quitte sur une décision prise, sans explication pour le lecteur et qui interroge sur le devenir de ce couple bien étrange.

    Roman d'apprentissage certes mais quel roman. Attention âmes sensibles ! Ces jumeaux sont déconcertants mais ils cachent sûrement bien autre chose.....

  • add_box
    Couverture du livre « Le grand cahier » de Agota Kristof aux éditions Points

    Miss Wonder sur Le grand cahier de Agota Kristof

    On peut dire que 'Le grand cahier' d'Agota Kristof m'a laissé perplexe. Il surprend sur bien des aspects ! Deux jumeaux sont placés chez leur grand-mère par leur mère pendant la guerre. Cette grand-mère qu'ils ne connaissaient pas jusqu'alors les appellera tendrement 'Fils de chienne'... Le ton...
    Voir plus

    On peut dire que 'Le grand cahier' d'Agota Kristof m'a laissé perplexe. Il surprend sur bien des aspects ! Deux jumeaux sont placés chez leur grand-mère par leur mère pendant la guerre. Cette grand-mère qu'ils ne connaissaient pas jusqu'alors les appellera tendrement 'Fils de chienne'... Le ton est donné ! Ici, on traitera de la pédophilie, zoophilie, du sadomasochisme et de la violence sans aucun état d'âme ! Charmant programme élaboré par ces deux bambins à la tête d'ange qui ne jouent jamais et ne font qu'étudier froidement l'univers qui les entoure. Tout semble glisser sur eux comme s'ils étaient deux robots. La lecture du premier petit tome de cette trilogie est donc assez déroutante et j'ai du mal à savoir si j'ai envie de lire les deux autres tomes ou pas tant l'impression que cette lecture m'a laissé est particulière. Un livre en somme à découvrir car atypique mais qui ne plaira certainement pas à tout le monde !