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Agnes Marot

Agnes Marot
Agnès Marot vit à Massay (91). Directrice de collection chez Scrineo, elle a écrit une dizaine de romans jeunesse. Blog officiel de l'autrice : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/

Avis sur cet auteur (8)

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    Couverture du livre « De l'autre côté du mur » de Agnes Marot aux éditions Chat Noir

    S. T sur De l'autre côté du mur de Agnes Marot

    Sibel vit dans un monde composé de femmes uniquement. Sous l’autorité des « Mères », toutes les filles développent un Art pour lequel elles excellent : la danse, l’écriture, le chant ou la peinture. Mais cet art va aussi au-delà, il leur donne une énergie et la possibilité de vivre en osmose...
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    Sibel vit dans un monde composé de femmes uniquement. Sous l’autorité des « Mères », toutes les filles développent un Art pour lequel elles excellent : la danse, l’écriture, le chant ou la peinture. Mais cet art va aussi au-delà, il leur donne une énergie et la possibilité de vivre en osmose avec la nature, de ressentir tout ce qui les entoure de manière amplifiée : le chant des oiseaux, la sérénité d’un arbre, la souffrance d’une herbe que l’on arrache… Un art que l’on peut perdre si on est touché physiquement par quelqu’un. Aucun contact n’est donc autorisé sous peine aussi de «disparaitre ».
    Un jour par mégarde, une jeune fille bouscule Sibel qui perd aussitôt son Art.
    Les circonstances vont lui donner la possibilité d’essayer de le retrouver. Mais elle va faire une rencontre décisive qui va tout bouleverser, celle d’un garçon venu d’une autre partie de ce monde étrange.
    Sibel va découvrir l’existence des hommes mais aussi de l’envers du décor de ce monde qu’elle pensait si parfait, ébranlant ainsi ses certitudes.
    *****
    Intéressant par l’originalité du monde imaginé par l’auteur et ses raisons d’être, ainsi que par son côté poétique mais étant un livre adressé aux jeunes adultes, il fait preuve des codes qui lui sont propres mais logiques vu le public à qui il est destiné.
    Histoire qui interpelle sur l’équilibre, la complémentarité des choses et la richesse qu’apporte chaque chose : hommes/femmes, malheur/bonheur, sciences/arts,…
    Mais des passages fleur bleue un peu gnan gnan. Forcément. Roman ado oblige d’une part et en plus ici on a une jeune fille qui ne connaissait pas l’existence des hommes donc évidemment…

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    Couverture du livre « Quelques pas de plus » de Agnes Marot aux éditions Scrineo

    Marie Kacher sur Quelques pas de plus de Agnes Marot

    Quand on fait un tour d’horizon de la littérature pour adolescents et young-adults, on se dit parfois que tous les sujets possibles et inimaginables, même les plus incongrus, ont été traités en long, en large et en travers … Heureusement, certains auteurs sont là pour nous prouver le contraire,...
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    Quand on fait un tour d’horizon de la littérature pour adolescents et young-adults, on se dit parfois que tous les sujets possibles et inimaginables, même les plus incongrus, ont été traités en long, en large et en travers … Heureusement, certains auteurs sont là pour nous prouver le contraire, non pas en sortant une nouvelle thématique de derrière des fagots, mais plutôt en les combinant et en les mettant en scène d’une manière nouvelle, originale, atypique. Quelques pas de plus est un de ces livres inclassables : certes, il parle de la maladie et du handicap, mais il n’a absolument rien à voir avec les romans de John Green qui ont « lancé cette tendance », certes, c’est un récit fantastique, mais rassurez-vous, point de créatures nocturnes comme on en voit tant ces dernières années. C’est en réalité un livre incomparable, unique en son genre, et ça fait du bien, les histoires qui sortent des sentiers battus – tout en respectant les règles du genre pour ne pas trop dépayser le lecteur. Pas trop, car vous allez le voir, avec ce livre, nous voici parti pour un véritable road-trip américain !

    Cela fait déjà un an que la douleur est devenue la meilleure ennemie de Sora : pas un jour, pas une nuit ne passe sans que sa cheville ne la fasse souffrir. Elle est donc condamnée à déambuler jusqu’à la fin de ses jours avec des béquilles, et à choisir entre la souffrance et l’abrutissement chimique des antidouleurs. Heureusement, il y a Kay, sa sœur ainée, sa véritable béquille, celle qui s’occupe d’elle, qui par sa simple présence et ses petits gestes lui redonne de l’énergie et de la combativité. Alors quand Kay se renferme progressivement dans le silence et la terreur, l’esprit et le corps empoisonnés par un mal mystérieux, Sora n’hésite pas une seule seconde : les voici toutes deux en route pour les terres Navajos de leurs ancêtres, sur les traces de leur mère et de leur héritage chamanique. Au bout du chemin, un rituel de guérison, utilisable une seule fois par génération, qui pourrait lui permettre de sauver sa sœur. Mais elles ne sont pas les seules à vouloir bénéficier de ce pouvoir … et c’est une véritable course poursuite qui s’engage.

    J’ai acheté ce livre sur un coup de tête, et je l’ai commencé sans savoir à quoi m’attendre : j’avais lu le résumé, avait croisé la couverture sur quelques blogs, mais sans jamais lire les chroniques associées. Je savais qu’il était question de handicap et de culture amérindienne, et cela me suffisait amplement pour avoir atrocement envie de le lire : ce sont deux sujets qui m’interpellent depuis que je suis toute petite, et c’est finalement assez rare de les voir associés ! J’étais vraiment curieuse de savoir ce qu’Agnès Marot nous avait concocté comme mélange, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la recette est parfaite et bien exécutée : c’est vraiment un bon livre, que j’ai pris un grand plaisir à lire (et qui m’a tellement captivée que même mon nouveau traitement, pourtant terriblement assommant, ne m’a pas empêchée de le dévorer en deux jours) ! Alors bien sûr, il y a quelques points sur lesquels je n’ai pas adhérée, quelques éléments qui m’ont un peu chagrinée, mais ils sont loin d’être rédhibitoires, car ils sont plus que contrebalancés par toutes les choses éminemment positives de ce roman !

    La première chose, et sans doute la plus belle et la plus importante à mes yeux, c’est l’amour qui unit Sora et Kay. Elles feraient tout l’une pour l’autre. Elles se sacrifieraient l’une pour l’autre. Et c’est d’ailleurs, finalement, la grande tension de ce récit : une seule pourra être guérie, et les deux sont bien décidées à sauver l’autre. Car Sora, au terme de ce long road-trip aux accents de quête initiatique, en a désormais la certitude : autant elle pourra vivre avec la douleur, autant elle ne pourra pas survivre sans sa sœur. Hors de question pour elle de guérir sa cheville si cela signifie abandonner sa sœur aux mains de Coyote, figure maléfique des mythes amérindiens. Mais Sora sait aussi que Kay ne la laissera pas faire … Jusqu’au dernier moment, on se demande si la jeune fille parviendra à sauver son ainée malgré elle. Kay veille si farouchement sur sa cadette que cela semble inimaginable qu’elle la laisse se « sacrifier » pour elle … A mes yeux, la relation entre les deux sœurs est vraiment LE pilier de ce roman, c’est ce qui lui donne toute son âme, toute sa force. On le sent, tant qu’elles sont ensembles, tant qu’elles se soutiennent mutuellement, rien ne pourra leur arriver, elles sont indestructibles et imbattables. C’est fort, c’est pur, c’est beau.

    Mais de nombreux obstacles se dressent sur leur chemin vers le rituel navajo qu’elles souhaitent mettre en œuvre. Il y a l’obstacle « visible » : le Coyote et ses sbires, lancés à leurs trousses pour les obliger à leur dévoiler le secret du hozho. Il y a Marc, malade, qui veut les forcer à le guérir. Entre eux et les deux jeunes filles, c’est le jeu du chat et de la souris, du loup et de l’agneau : c’est à celui qui sera le plus rapide, le plus malin, le plus fort. Sora et Kay se savent poursuivies, traquées, et elles passent leur temps à tenter de fuir ces redoutables adversaires. C’est là que ça pèche un peu je trouve : on retrouve un peu trop régulièrement le schéma « les filles rusent et parviennent à les semer, elles font ensuite preuve d’imprudence en se croyant tirées d’affaire, les méchants reviennent, et retour à la case départ ». Les deux premières fois, ça allait, mais je trouve que ça manquait un petit peu de diversité questions rebondissements … et ça manquait donc également de suspense ! Il y a, bien sûr, eu quelques fois où j’ai poussé une petite exclamation de surprise et de frayeur mêlées, car je ne m’attendais pas du tout à ce retournement, mais la plupart du temps, j’ai trouvé ça un peu trop répétitif …

    Cependant, les plus grands obstacles sont intérieurs. Ceux du corps, du cœur et de l’âme. Bien sûr, il y a en premier lieu le handicap de Sora : difficile d’échapper à ses poursuivants quand on se déplace avec des béquilles, et que le moindre mouvement de la cheville fait éclater un feu d’artifice de souffrance. L’autrice évoque ici avec beaucoup de justesse la question du handicap, du handicap invisible plus précisément : à travers la fameuse théorie des cuillères (j’aimerai beaucoup que mon père la comprenne aussi vite que Kay), à travers quelques scènes de la vie quotidienne (l’affreuse dame du bus), à travers aussi l’évocation rapide des luttes administratives (vous savez, quand vous tentez de remplir une demande d’aide financière à la Sécu, mais qu’aucune petite case ne correspond à votre profil) … Mais il y a également les peurs, les doutes, les souvenirs qu’on tente d’enfouir profondément. Avec ce road-trip désespéré, les deux sœurs ne tentent pas uniquement d’échapper à Coyote, ne cherchent pas uniquement à réaliser ce fameux rituel, mais bien plus à renouer avec leur héritage, avec leur identité. Derrière cette course-poursuite se cache un voyage initiatique, sur les terres de leurs ancêtres, sur les terres de leur mère. Chaque mésaventure, chaque déception, chaque incertitude, vient nourrir leur progression intérieure. Une sorte de réconciliation avec le passé pour mieux appréhender l’avenir …

    En bref, vous l’aurez bien compris, c’est vraiment un très beau livre que nous offre Agnès Marot ! Pour tout avouer, s’il n’y avait pas eu ce problème de répétition des péripéties, et le côté un peu « embrouillé » de la construction en double temporalité (l’autrice nous racontant en parallèle ce qui s’est passé « avant le départ » et ce qui se passe pendant le voyage), j’aurai sans aucun doute crié au coup de cœur ! A cause de ces menus soucis, Quelques pas de plus n’aura été « que » une excellente lecture, portée par une plume chargée en émotions, qui évoque avec beaucoup de délicatesse la thématique du handicap, et qui nous fait voyager sur les terres des navajos. C’est un roman tout simplement captivant, qui se dévore d’une traite, qui vous happe : combien de fois n’ai-je pas senti mon cœur s’affoler tandis que Marc et ses compagnons s’approchaient ? combien de fois n’ai-je pas senti les larmes couler sur mes joues face à une scène particulièrement émouvante ? et combien de fois n’ai-je pas ri de soulagement quand les deux sœurs se sortaient d’une situation délicate ? Bref, c’est une histoire qu’on ne lit pas uniquement, on la vie par procuration !

    https://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/02/quelques-pas-de-plus-agnes-marot.html

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    Couverture du livre « De l'autre côté du mur » de Agnes Marot aux éditions Chat Noir

    Marie Kacher sur De l'autre côté du mur de Agnes Marot

    Cela fait maintenant une bonne quinzaine d’années que j’ai arrêté la danse, que mon petit justaucorps et mes chaussons de demi-pointes sont entreposés dans un carton « souvenirs » au côté de ma barbichette de Dormeur, vestige de mon premier spectacle de théâtre. Quinze ans que je rumine ma...
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    Cela fait maintenant une bonne quinzaine d’années que j’ai arrêté la danse, que mon petit justaucorps et mes chaussons de demi-pointes sont entreposés dans un carton « souvenirs » au côté de ma barbichette de Dormeur, vestige de mon premier spectacle de théâtre. Quinze ans que je rumine ma déception : je n’ai rien d’une bonne danseuse, je suis une sorte de pantin de bois sans aucune grâce qui s’efforce de ne pas confondre sa droite et sa gauche pour tenter de faire les bons mouvements au bon moment. Quinze ans que je rêve secrètement de reprendre la danse malgré cette douloureuse désillusion, malgré le divorce entre mon corps et mon esprit, malgré mon manque profond de coordination et de rythme … Autant vous dire que la première phrase du résumé m’a immédiatement donné envie de découvrir ce livre : j’avais envie, par l’intermédiaire de Sibel qui semble vivre pour et par la danse, de ressentir le temps d’un roman l’harmonie que je n’ai jamais réussi à atteindre et qui m’attire tant …

    D’un côté les hommes, de l’autre les femmes. D’un côté la Science, de l’autre les Arts. Séparés depuis des générations, tant et si bien que chacun a oublié l’existence même de l’autre. Sibel est une Danseuse d’exception, amie du vent qui la soutient dans ses chorégraphies, amie de la nature qui lui offre son énergie et sa sérénité. Sibel est heureuse. Jusqu’au jour où la loi des Mères est bafouée : une de ses camarades la frôle, la touche, la souille et la brise. Isolée de ses Sœurs, Sibel tente désespérément de retrouver le lien qui l’unissait à son Art. Mais dans le jardin, c’est tout autre chose qu’elle trouve : une fille étrange et disgracieuse, inhabitée par l’Art, qui se définit comme un « homme » ... A cet instant précis, l’univers tout entier se disloque pour Sibel : se pourrait-il qu’il y ait quelque chose, de l’autre côté du mur ? se pourrait-il que les Mères ne connaissent pas tout, ou pire encore, qu’elles leur aient menti depuis toujours ? Gagnée par une inexplicable soif de liberté et de connaissance, Sibel se jette à corps perdu dans cette nouvelle danse vers l’inconnu et la révolte …

    Des dystopies, j’en ai lu pas mal, ces dernières années …. Mais j’ai rarement été aussi conquise qu’avec De l’autre côté du mur. Agnès Marot nous offre un récit d’une beauté inouïe malgré la noirceur du futur qu’elle nous dépeint. Un futur qui s’appuie, malheureusement, sur la tendance actuelle à séparer les arts et les sciences : si un enfant à des prédispositions pour les mathématiques, on voudra en faire un champion d’échec (hors de question qu’un scientifique dans l’âme aille faire de la peinture sur soie !), et si au contraire il a des aptitudes pour le patinage artistique, on attendra de lui qu’il fasse un bac L (parce que c’est bien connu, les artistes sont nuls en science). Les stéréotypes ont la vie dure, et l’autrice a fait le pari de les exploiter à l’extrême pour créer ce monde dystopique, où hommes et femmes, science et art, sont séparés, chacun ignorant même l’existence de l’autre. Les Filles suivent aveuglément les lois des Mères, convaincues que celles-ci œuvrent pour leur bonheur – après tout, c’est ce qu’on leur apprend depuis le plus jeune âge – et les Fils font de même avec les lois des Pères de leur côté du bâtiment, de leur côté du monde.

    On s’en doute bien, les choses ne vont pas en rester là : il n’y aurait pas d’histoire sans élément perturbateur pour venir remettre en question et en cause l’ordre établi. Sibel subit cet élément perturbateur : elle est loin d’être aussi curieuse et rebelle que son amie Aylin, dont les extravagances et questionnements l’effrayent. Elle n’aspire qu’à s’unir toujours plus à son Art, à parfaire toujours plus ses pas de Danse, à avancer toujours plus vers la perfection. Elle est heureuse, ou du moins se croit heureuse. C’est la question sous-jacente de toute cette histoire : peut-on réellement être heureux quand on vit dans l’ignorance complète ? peut-on vraiment être heureux quand on vit sans liberté ? sans même savoir ce qu’est la liberté, ce qu’est la vérité ? Sibel va découvrir avec horreur et stupéfaction ce qui se cache dans les « coulisses » de son monde qui s’avère n’être qu’un gigantesque théâtre où tout est factice, où tout est mensonge. Cruelle désillusion pour cette adolescente bien formatée, qui n’était pas prête à affronter cette vérité. Mais est-on un jour prêt à découvrir qu’on nous a menti, manipulé, trahi ?

    Le choc est rude pour notre jeune héroïne, et le lecteur partage sa peine. Et sa stupeur, au fur et à mesure des révélations. Comment a-t-on pu en arriver là ? La question semble sans réponse … jusqu’à ce qu’on se plonge dans la préquelle, intitulée Notes pour un monde meilleur. Le décalage entre le titre – reflétant la volonté d’Isaac, « héros » de cette préquelle – et la réalité racontée dans De l’autre côté du mur a de quoi faire rire ou pleurer. Comme beaucoup de scientifiques, Isaac a toujours été persuadé d’agir pour construire ce monde meilleur dont il rêvait. C’était devenu son obsession, l’attrait du progrès technologique, tant et si bien qu’il s’est laissé dépasser par la Science … et tout est parti en vrille. Car tout le monde n’est pas aussi altruiste qu’Isaac – que j’affectionne beaucoup malgré ses erreurs dramatiques – et il y a toujours quelqu’un pour transformer cet idéal fort honorable en quête de pouvoir et de gloire. Et il y a aussi la question de la paix, de la sécurité : pour atteindre ces deux objectifs, que peut-on et doit-on sacrifier ? Peut-on abolir les libertés et l’amour au nom de la prospérité ? Ce livre a l’avantage de nous présenter à la fois la genèse et l’écroulement de ce système, et c’est vraiment très intéressant, d’autant plus que le jeu de miroir est vraiment bien mené !

    En bref, vous l’aurez bien compris, je suis à la fois sous le charme et sous le choc ! C’est un livre aussi doux que cruel, aussi beau qu’effrayant. Il y a la rudesse de ce monde, de ce futur, placé sous le signe du respect des règles et des interdits pour le bien de tous – c’est du moins ainsi qu’il est présenté, et aussi ce que pense Sibel et ses camarades –, et la tendresse de cette rencontre inattendue, de cet amour naissant, de l’éclosion du papillon de la liberté. Sibel et Aslan sont tellement attachants, on a envie de les soutenir dans leur quête de savoir et de bonheur réel, on a envie de les voir sortir de cette prison qui s’ignore. On rêve avec eux et pour eux, on tremble avec eux et pour eux, on rit avec eux et pour eux. En clair, on se laisse complétement embarquer par cette histoire, où les opposés s’attirent, où les paradoxes s’entremêlent. La plume d’Agnès Marot est juste magnifique, c’est un vrai régal, on se délecte ! Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir cette merveilleuse histoire, allez-y les yeux fermés. Qu’est-ce que j’ai aimé, mais qu’est-ce que j’ai aimé !

    https://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2019/10/de-lautre-cote-du-mur-integrale-agnes.html

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    Couverture du livre « Erreur 404 » de Agnes Marot aux éditions Gulf Stream

    Les Lectures de Sophie sur Erreur 404 de Agnes Marot

    Cette lecture a été compliquée pour plusieurs raisons, la première étant que l’univers dans lequel se déroule l’intrigue a déjà fait l’objet d’un premier roman de l’autrice, IRL, et les nombreuses références à ce titre que je n’ai pas lu ont un peu gâché ma lecture. On peut tout à fait suivre...
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    Cette lecture a été compliquée pour plusieurs raisons, la première étant que l’univers dans lequel se déroule l’intrigue a déjà fait l’objet d’un premier roman de l’autrice, IRL, et les nombreuses références à ce titre que je n’ai pas lu ont un peu gâché ma lecture. On peut tout à fait suivre l’intrigue sans avoir lu l’autre roman, la preuve, je l’ai fait. Mais j’ai vraiment l’impression d’avoir manqué de certaines clés concernant l’univers et les personnages, en particulier Orion et Link. J’espérais fort que ça ne serait pas le cas, étant donné qu’Erreur 404 fait partie des 21 sélectionnés du PLIB2019, et que seuls les premiers tomes et tomes uniques en font partie. Stricto sensu, Erreur 404 est un tome unique, mais il est tellement inscrit dans l’univers créé par Agnès Marot que je crains d’avoir gâché ma découverte en n’ayant pas lu IRL avant.
    La deuxième raison, qui rejoint un peu la première, est que je ne suis pas particulièrement familière de l’univers des jeux vidéo. Ou du moins, je ne le suis plus. Du coup, un paquet de références me passent sous le nez… à l’exception des plus anciens jeux, que j’ai connus plus jeune. Ce jeu, basé sur des interactions dans le monde réel, avec de la réalité augmentée, et des puces implantées dans les cerveaux, était un point de départ intéressant pour une réflexion sur les dérives des entreprises numériques au sujet de l’ingérence dans nos vies privées, mais je n’ai pas trouvé ce côté assez exploité.
    De plus, l’identité de genre de Moon est au centre du roman (on ne la connait de façon certaine que très tard, passé la moitié du livre). Et l’autrice insiste vraiment sur les désagréments de cette identité par rapport aux ambitions professionnelles de son héroïne. A tel point que ça a fini par devenir trop, d’autant plus que cette identité, grande révélation de la mi-roman, était pour moi une évidence dès le début. Ceci dit, j’ai apprécié le tour de force d’Agnès Marot d’avoir crée un personnage asexué pendant si longtemps. Aucune conjugaison, aucun accord, rien ne révèle la réponse à l’interrogation de départ.
    Concernant le caractère de Moon, j’ai trouvé le personnage assez exaspérant. Une sale gosse un peu trop égoïste à mon goût, comme trop d’adolescents de nos jours d’ailleurs. J’ai par contre adoré sa relation avec Loop, son personnage qui fait pouic. Il est adorable, et Moon se comporte comme un parent avec, c’est très touchant. Ça renforce d’autant plus son manque de maturité dans la vie courante, que ce soit avec Orion, qui a bien du courage, ou avec les autres joueurs et ses followers.
    Je ne saurais pas trop quoi dire concernant Orion. Il est apparemment un personnage d’IRL, et je trouve que l’autrice présuppose trop qu’on a lu le premier roman pour bien pourvoir le comprendre. On reste trop en surface à mon goût.
    Autant j’avais envie de découvrir le résultat du tournoi et j’attendais avec impatience le moment où Moon révélerai son identité de genre, de voir comment iel allait le faire, autant la deuxième moitié du livre m’a un peu perdue. On revient au décalage culturel dû à l’écart de génération…
    Tout n’est pas négatif pour autant dans ma lecture. J’ai passé un agréable moment, notamment grâce au style de l’autrice, qui se laisse lire avec plaisir, mais aussi avec les références « vintage » à des jeux que j’ai appréciés étant plus jeune. Par curiosité, j’irai à l’occasion jeter un œil à IRL, pour voir si mes intuitions se confirment...

    https://leslecturesdesophieblog.wordpress.com/2019/01/08/erreur-404-agnes-marot-plib2019/