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Adeline Fleury

Adeline Fleury
Éditrice, essayiste et romancière, Adeline Fleury s'est fait connaître par un premier essai remarqué, Petit éloge de la jouissance féminine (François Bourin, 2015, La Musardine 2018) avant de poursuivre sa réflexion sur le corps féminin avec son essai Femme Absolument (JC Lattès, 2017). Suivront ... Voir plus
Éditrice, essayiste et romancière, Adeline Fleury s'est fait connaître par un premier essai remarqué, Petit éloge de la jouissance féminine (François Bourin, 2015, La Musardine 2018) avant de poursuivre sa réflexion sur le corps féminin avec son essai Femme Absolument (JC Lattès, 2017). Suivront trois romans : Je, tu, elle (Les Pérégrines, 2018, finaliste du prix Anaïs Nin), Ida n'existe pas (Les Pérégrines, 2020) et Les Frénétiques (2022).

Articles en lien avec Adeline Fleury (2)

Avis sur cet auteur (25)

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Les Peregrines

    Martine26 sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    Rien que des mots, ces mots écrits, ce sont ceux dont Adèle, jeune journaliste, choisit de priver son fils, Nino, pour le protéger d'une hérédité qu'elle ne souhaite pas lui voir endosser. Nous sommes dans un futur projeté à quelques 15 ans de notre Histoire. Adèle est la fille d'un écrivain qui...
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    Rien que des mots, ces mots écrits, ce sont ceux dont Adèle, jeune journaliste, choisit de priver son fils, Nino, pour le protéger d'une hérédité qu'elle ne souhaite pas lui voir endosser. Nous sommes dans un futur projeté à quelques 15 ans de notre Histoire. Adèle est la fille d'un écrivain qui a toujours priorisé les mots et la chose écrite, le livre, et l'épouse d'Hugo à qui elle reproche plus ou moins clairement de ne pas l'avoir suffisamment soutenue, de ne pas avoir été assez présent lorsque son unique livre, un recueil de poésie dans lequel elle avait mis beaucoup d'elle-même, a été vilainement plagié. Deux situations dont elle a beaucoup souffert et qui l'amènent à cette extrémité : priver son fils de tout contact avec l'objet livre. Mais même si cette histoire se déroule dans 15 ou 20 ans, peut-on vraiment l'imaginer réelle? Cet héritage, cet état de fait a-t-il la possibilité de se concrétiser? Et peut-on vraiment vivre sans livres autour de soi? sans aucun contact avec l'objet "livre"?

    C'est à toutes ces questions qu'Adèle va se trouver confrontée et va devoir répondre. Et, par la même occasion, ce sont toutes ces interrogations qu'Adeline Fleury nous pose à nous lecteurs. Tout au moins c'est ce ce qui ressort essentiellement de ma lecture de ce premier roman.

    Comme toute première réaction: la surprise, même si la quatrième de couv' m'a avertie. Puis un malaise, et une hésitation, est-ce que je le lis ... ou pas? Heureusement ma curiosité a été la plus forte (bien encouragée également par la taille de ce roman, 177 pages vite lues). Et si je ne regrette pas d'être allée au bout de cette lecture, j'éprouve cependant un sentiment partagé.

    D'une part parce que cela m'a fait toucher du doigt une attitude que j'ai de plus en plus vis à vis des livres : le fait que je lise de plus en plus sur ma liseuse alors que j'aime par-dessus tout les livres, les vrais, ceux qui ont un poids, une forme, une couleur, une image, une odeur. Et que, du coup, je me surprends à faire abstraction de cette "personnalité" attribuée aux livres pour ne plus favoriser que le texte, les mots et donc "rien que les mots".

    Et d'autre part parce qu'il m'est vraiment impossible de concevoir un monde sans livres, une maison, une habitation où il n'y aurait aucun livre. Je ne peux pas et même je ne veux pas l'imaginer.

    Une lecture qui donc m'a dérangée, m'a interpellée, m'a posée question. Et tout ceci renforcé par la qualité d'écriture d'Adeline Fleury, claire, nette et concise et laissant cependant la place nécessaire aux émotions.

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Les Peregrines

    Virginie Vertigo sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/08/25/34212627.html

    « Même si elle peut en lire à satiété sur sa Linum, le plaisir n'est pas le même. Il ne sera jamais plus le même ! Il n'y aura plus jamais cette sensualité au tourner des pages, cette légère odeur d'encre séchée, cette...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/08/25/34212627.html

    « Même si elle peut en lire à satiété sur sa Linum, le plaisir n'est pas le même. Il ne sera jamais plus le même ! Il n'y aura plus jamais cette sensualité au tourner des pages, cette légère odeur d'encre séchée, cette rugosité du papier vieilli qui faisaient que les personnages s'animaient à la lecture, que l'auteur lui parlait, l'enrobait de ses mots. Non, la magie des mots n'opère plus du tout par écran interposé. »

    Avec Rien que des mots, je suis tombée sur un roman dont le thème m’a plu mais le traitement un peu moins.

    Adèle, traumatisée par un père écrivain qui ne lui a accordé que trop peu de tendresse et un mari lui-même accaparé par ses écrits, décide de préserver son fils Nino des livres. Hors de question qu’il mette la main sur l’un d’entre eux. Elle sera vite aidée par le revirement de la société sur le sujet : dès 2017, les livres en papier sont supprimés au profit des livres numériques lus sur des liseuses nouvelles générations, les Linum. Mais, Nino est comme tous les enfants, curieux, désireux d’apprendre et de braver les interdits…

    L’écriture d’Adeline Fleury est fluide, agréable. Elle rend un très bel hommage aux livres, à la littérature et à son leur importance dans la vie. Cependant, le choix du roman d’anticipation, beaucoup trop proche de notre réalité, ne m’a pas convaincue. Je ne sais pas si l’auteure a voulu rendre hommage à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury mais j’y ai pensé en lisant le roman.

    Une lecture rapide, agréable mais qui m’a trop déroutée.

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Les Peregrines

    Geneviève Munier sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    "Rien que des mots", oui, mais justement les mots me manquent pour parler de ce premier roman.
    Alors, en attendant de les trouver, je vais commencer par l’histoire. C’est celle d’Hugo et d’Adèle ou peut-être davantage d’Adèle et d’Hugo, deux passionnés de livres, de lecture, d’écriture. Adèle...
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    "Rien que des mots", oui, mais justement les mots me manquent pour parler de ce premier roman.
    Alors, en attendant de les trouver, je vais commencer par l’histoire. C’est celle d’Hugo et d’Adèle ou peut-être davantage d’Adèle et d’Hugo, deux passionnés de livres, de lecture, d’écriture. Adèle est enceinte et tout à coup, un soir, elle prend conscience que l’écriture l’a privée de son père qui, plutôt que de s’occuper d’elle, se retranchait dans son antre et écrivait, écrivait, écrivait. Pour protéger son fils à venir d’une telle malédiction, elle édicte un unique commandement : "Tu n’écriras point !" et décide qu’il ne verra jamais de livres, au point de provoquer un autodafé dans son appartement ! Mais le destin ?
    Dérangeant, c’est le mot qui me vient pour qualifier ce récit. Dérangeant par l’attitude de la mère, elle décide, commande, met en œuvre. Elle prive, empêche, trace une seule voie : la sienne. J’avoue n’avoir pas accepté le rôle de cette mère pleine d’amour pour son fils, mais d’un amour égoïste, est-ce parce que cela ramène à mes erreurs de mère ? Dérangeant par l’absence du père, Hugo écrit, certes, mais il semble falot, sans envergure, relégué en arrière-plan. Bon, même s’il s’agit d’une vraie déclaration d’amour aux livres et aux belles lettres, même s’il s’agit d’une fable, je n’ai pas réussi à m’en régaler.
    Reste l’écriture originale, fouillée, travaillée, reste, naturellement, l’érudition de l’auteur jouant des titres et des auteurs, reste un bel équilibre dans le récit. Oui, je reconnais bien toutes ces qualités mais décidément, elles n’ont pas suffi à mon plaisir.

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Les Peregrines

    Sophie Gauthier sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    Amies lectrices, amis lecteurs, avez-vous déjà culpabilisé de préférer poursuivre votre lecture plutôt que de préparer le repas ou plutôt que de faire une partie de "1000 bornes" avec la chair de votre chair, le sang de votre sang ? Ces mots posés sur le papier, réunis en histoires, agglomérés...
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    Amies lectrices, amis lecteurs, avez-vous déjà culpabilisé de préférer poursuivre votre lecture plutôt que de préparer le repas ou plutôt que de faire une partie de "1000 bornes" avec la chair de votre chair, le sang de votre sang ? Ces mots posés sur le papier, réunis en histoires, agglomérés en plongées dans un monde juxtaposé au réel sont-ils une prison ou le seul moyen d'accéder à la liberté ? Grilles ou appels d'air ?

    Adèle, l'une des narratrices du roman d'Adeline Fleury, a subi les contrecoups de cette addiction à la "chose écrite". Délaissée par son père, écrivain uniquement occupé d'écriture, elle est devenue journaliste, transformant ainsi le monde en mots, et a épousé Hugo, écrivain-poète enfermé entre les pages qu'il crée et celles qu'il lit. Mais lorsque naît Nino, son fils, elle décide de lui offrir un monde sans le filtre des mots, un monde sans livre, sans lecture, sans écrits. Et sa décision arrive juste au moment où La Grande Numérisation fait disparaître en de gigantesques autodafés toutes les oeuvres imprimées. L'écrit devient immatériel, rangé au même titre que les milliards d'informations qui transitent par le virtuel.
    Nino grandit donc confiné dans l'amour de sa mère, en ignorant ce que font son grand-père et son père lorsqu'ils se retirent dans leurs chambres d'écriture. Par périodes de cinq ans, il nous raconte, en alternance avec Adèle, ses découvertes, ses interrogations, ses remises en question et les mystères qu'il pressent sans en avoir forcément conscience. Mais, comme souvent dans les romans, l'émancipation passe par des mots écrits par d'autres à d'autres époques et qui viennent irriguer l'existence de ceux qui sont sensibles à leur musique. En se déliant du pacte conclu à son insu par sa mère, Nino se délivre et délivre les livres...

    C'est un roman un peu foutraque, un peu bancal, un peu maladroit, souvent peu crédible, avec une construction parfois un peu fragile, mais qui dégage une telle énergie vivifiante qu'il laisse une impression réjouissante. Adeline Fleury rend un bel hommage aux livres en faisant preuve d'une sacrée lucidité aussi bien à propos de la numérisation que de la glaciation de la langue. La figure de l'écrivain, tâcheron ventousé à sa page et à son clavier (ou son stylo), s'esquisse de manière touchante, compatissante et juste. Un jour, une auteure m'a confié que ses enfants détestaient le moment où elle écrivait car elle n'était plus disponible pour personne et ils ne le supportaient pas. A croire que le roman d'Adeline Fleury c'est du vécu !