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Adeline Fleury

Adeline Fleury
Adeline Fleury a été journaliste pendant quinze ans au Journal du dimanche. Aujourd'hui romancière et essayiste, auteur d'un essai remarqué sur le désir, Petit éloge de la jouissance féminine (François Bourin), elle se fait reporter de l'intime pour explorer la féminité.

Articles en lien avec Adeline Fleury (1)

Avis sur cet auteur (20)

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Francois Bourin

    Virginie Vertigo sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/08/25/34212627.html

    « Même si elle peut en lire à satiété sur sa Linum, le plaisir n'est pas le même. Il ne sera jamais plus le même ! Il n'y aura plus jamais cette sensualité au tourner des pages, cette légère odeur d'encre séchée, cette...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/08/25/34212627.html

    « Même si elle peut en lire à satiété sur sa Linum, le plaisir n'est pas le même. Il ne sera jamais plus le même ! Il n'y aura plus jamais cette sensualité au tourner des pages, cette légère odeur d'encre séchée, cette rugosité du papier vieilli qui faisaient que les personnages s'animaient à la lecture, que l'auteur lui parlait, l'enrobait de ses mots. Non, la magie des mots n'opère plus du tout par écran interposé. »

    Avec Rien que des mots, je suis tombée sur un roman dont le thème m’a plu mais le traitement un peu moins.

    Adèle, traumatisée par un père écrivain qui ne lui a accordé que trop peu de tendresse et un mari lui-même accaparé par ses écrits, décide de préserver son fils Nino des livres. Hors de question qu’il mette la main sur l’un d’entre eux. Elle sera vite aidée par le revirement de la société sur le sujet : dès 2017, les livres en papier sont supprimés au profit des livres numériques lus sur des liseuses nouvelles générations, les Linum. Mais, Nino est comme tous les enfants, curieux, désireux d’apprendre et de braver les interdits…

    L’écriture d’Adeline Fleury est fluide, agréable. Elle rend un très bel hommage aux livres, à la littérature et à son leur importance dans la vie. Cependant, le choix du roman d’anticipation, beaucoup trop proche de notre réalité, ne m’a pas convaincue. Je ne sais pas si l’auteure a voulu rendre hommage à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury mais j’y ai pensé en lisant le roman.

    Une lecture rapide, agréable mais qui m’a trop déroutée.

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Francois Bourin

    Geneviève Munier sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    "Rien que des mots", oui, mais justement les mots me manquent pour parler de ce premier roman.
    Alors, en attendant de les trouver, je vais commencer par l’histoire. C’est celle d’Hugo et d’Adèle ou peut-être davantage d’Adèle et d’Hugo, deux passionnés de livres, de lecture, d’écriture. Adèle...
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    "Rien que des mots", oui, mais justement les mots me manquent pour parler de ce premier roman.
    Alors, en attendant de les trouver, je vais commencer par l’histoire. C’est celle d’Hugo et d’Adèle ou peut-être davantage d’Adèle et d’Hugo, deux passionnés de livres, de lecture, d’écriture. Adèle est enceinte et tout à coup, un soir, elle prend conscience que l’écriture l’a privée de son père qui, plutôt que de s’occuper d’elle, se retranchait dans son antre et écrivait, écrivait, écrivait. Pour protéger son fils à venir d’une telle malédiction, elle édicte un unique commandement : "Tu n’écriras point !" et décide qu’il ne verra jamais de livres, au point de provoquer un autodafé dans son appartement ! Mais le destin ?
    Dérangeant, c’est le mot qui me vient pour qualifier ce récit. Dérangeant par l’attitude de la mère, elle décide, commande, met en œuvre. Elle prive, empêche, trace une seule voie : la sienne. J’avoue n’avoir pas accepté le rôle de cette mère pleine d’amour pour son fils, mais d’un amour égoïste, est-ce parce que cela ramène à mes erreurs de mère ? Dérangeant par l’absence du père, Hugo écrit, certes, mais il semble falot, sans envergure, relégué en arrière-plan. Bon, même s’il s’agit d’une vraie déclaration d’amour aux livres et aux belles lettres, même s’il s’agit d’une fable, je n’ai pas réussi à m’en régaler.
    Reste l’écriture originale, fouillée, travaillée, reste, naturellement, l’érudition de l’auteur jouant des titres et des auteurs, reste un bel équilibre dans le récit. Oui, je reconnais bien toutes ces qualités mais décidément, elles n’ont pas suffi à mon plaisir.

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Francois Bourin

    Sophie Gauthier sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    Amies lectrices, amis lecteurs, avez-vous déjà culpabilisé de préférer poursuivre votre lecture plutôt que de préparer le repas ou plutôt que de faire une partie de "1000 bornes" avec la chair de votre chair, le sang de votre sang ? Ces mots posés sur le papier, réunis en histoires, agglomérés...
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    Amies lectrices, amis lecteurs, avez-vous déjà culpabilisé de préférer poursuivre votre lecture plutôt que de préparer le repas ou plutôt que de faire une partie de "1000 bornes" avec la chair de votre chair, le sang de votre sang ? Ces mots posés sur le papier, réunis en histoires, agglomérés en plongées dans un monde juxtaposé au réel sont-ils une prison ou le seul moyen d'accéder à la liberté ? Grilles ou appels d'air ?

    Adèle, l'une des narratrices du roman d'Adeline Fleury, a subi les contrecoups de cette addiction à la "chose écrite". Délaissée par son père, écrivain uniquement occupé d'écriture, elle est devenue journaliste, transformant ainsi le monde en mots, et a épousé Hugo, écrivain-poète enfermé entre les pages qu'il crée et celles qu'il lit. Mais lorsque naît Nino, son fils, elle décide de lui offrir un monde sans le filtre des mots, un monde sans livre, sans lecture, sans écrits. Et sa décision arrive juste au moment où La Grande Numérisation fait disparaître en de gigantesques autodafés toutes les oeuvres imprimées. L'écrit devient immatériel, rangé au même titre que les milliards d'informations qui transitent par le virtuel.
    Nino grandit donc confiné dans l'amour de sa mère, en ignorant ce que font son grand-père et son père lorsqu'ils se retirent dans leurs chambres d'écriture. Par périodes de cinq ans, il nous raconte, en alternance avec Adèle, ses découvertes, ses interrogations, ses remises en question et les mystères qu'il pressent sans en avoir forcément conscience. Mais, comme souvent dans les romans, l'émancipation passe par des mots écrits par d'autres à d'autres époques et qui viennent irriguer l'existence de ceux qui sont sensibles à leur musique. En se déliant du pacte conclu à son insu par sa mère, Nino se délivre et délivre les livres...

    C'est un roman un peu foutraque, un peu bancal, un peu maladroit, souvent peu crédible, avec une construction parfois un peu fragile, mais qui dégage une telle énergie vivifiante qu'il laisse une impression réjouissante. Adeline Fleury rend un bel hommage aux livres en faisant preuve d'une sacrée lucidité aussi bien à propos de la numérisation que de la glaciation de la langue. La figure de l'écrivain, tâcheron ventousé à sa page et à son clavier (ou son stylo), s'esquisse de manière touchante, compatissante et juste. Un jour, une auteure m'a confié que ses enfants détestaient le moment où elle écrivait car elle n'était plus disponible pour personne et ils ne le supportaient pas. A croire que le roman d'Adeline Fleury c'est du vécu !

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    Couverture du livre « Rien que des mots » de Adeline Fleury aux éditions Francois Bourin

    Joëlle Guinard sur Rien que des mots de Adeline Fleury

    Ce roman est une déclaration d'amour aux livres sous la forme d'une sorte de conte.

    Adèle est une jeune femme qui a été privée de la tendresse de son père écrivain, un homme qui a dédié toute sa vie à l'écriture, c'est un "géniteur qui lui a injecté le venin des mots dans les veines" , elle...
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    Ce roman est une déclaration d'amour aux livres sous la forme d'une sorte de conte.

    Adèle est une jeune femme qui a été privée de la tendresse de son père écrivain, un homme qui a dédié toute sa vie à l'écriture, c'est un "géniteur qui lui a injecté le venin des mots dans les veines" , elle souffert de la "montagne de lignes entre eux".

    Enceinte de son premier enfant, elle décide de le protéger en le tenant à l'écart de la lecture. Elle édicte à son fils dans son ventre le commandement "tu n’écriras point!" et forme avec Hugo, son conjoint lui même écrivain, un pacte pour le préserver des mots.

    Ensemble ils cachent tous les livres qu'ils possèdent dans une chambre interdite à l'étage où Hugo va vivre cloîtré pour que leur fils Nino ne le voit jamais à sa table d'écriture. Il doit s'épanouir sans la littérature, il faut "vider l'appartement de ces maux nommés mots".

    Adèle va quitter son travail de journaliste pour s'occuper de Nino et lui fait l'école à domicile.

    Ce roman est aussi un cri d'alerte car l'auteur, en choisissant une forme d'anticipation qui nous entraine jusqu'en 2035, nous plonge dans une société du tout numérique dans laquelle les livres ont été brûlés au cours de bûchers érigés en 2017, où la Grande Numérisation a réduit les livres à être exposés derrière des vitrines dans le Musée des Arts Écrits. La presse écrite et le métier de journaliste ont également disparu, des Cyber citoyens fournissant l'information via Internet.

    Nino qui ignore tout de ce que son père fait dans la chambre interdite vit sous l'emprise de sa mère jusqu'au jour où il va découvrir des livres, il comprend alors tout ce qu'elle lui a caché et s'éloigne d'elle.

    Ce petit garçon est très émouvant, on assiste à sa découverte de la beauté de l'écriture et de la lecture et on le voit se lancer dans la conservation du livre papier en créant la Société Protectrice des Livres en Papier.

    Adeline Fleury nous livre ici un bel hommage au livre papier bien entendu en forçant souvent le trait, mais ce roman est une fable...

    L'écriture est agréable même si je l'ai trouvé un peu inégale et le très léger côté science-fiction ne doit pas rebuter les réfractaires à ce genre.

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2016/06/rien-que-des-mots-dadeline-fleury.html