Abubakar Adam Ibrahim

Abubakar Adam Ibrahim

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis (4)

  • Couverture du livre « La saison des fleurs de flamme » de Abubakar Adam Ibrahim aux éditions L'observatoire

    Mumu Dans le Bocage sur La saison des fleurs de flamme de Abubakar Adam Ibrahim

    Rencontrer un jeune homme de 30 ans son cadet alors que celui-ci est en train de rafler dans la maison, bijoux et objets de valeur et se sentir irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, voilà déjà une histoire d’amour qui débute d’une manière peu banale. Même si elle sent à l’avance l’odeur...
    Voir plus

    Rencontrer un jeune homme de 30 ans son cadet alors que celui-ci est en train de rafler dans la maison, bijoux et objets de valeur et se sentir irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, voilà déjà une histoire d’amour qui débute d’une manière peu banale. Même si elle sent à l’avance l’odeur des mauvaises journées, elle n’aurait jamais pu imaginer découvrir à 55 ans le plaisir, le désir pour cet homme de 25 ans.

    Ce fut à ce moment précis, devait-elle songer plus tard, que les pétales de sa vie, pareils à un bourgeon qui avait enduré un demi-siècle de nuits, se mirent à s’ouvrir enfin. (p62)

    Dans ce roman qui est un premier roman récompensé par le Nieria Prize for Literature en 2016, Abubakar Adam Ibrahim évoque beaucoup de thèmes : l’amour mais sous l’angle d’un couple où c’est la femme qui est plus âgée que l’homme, sur un continent, comme sur bien d’autres, où l’inverse ne choque pas, plus. Scandale….. Autre thème abordé : la délinquance : drogue, trafic en tout genre mais aussi celle liée aux milieux politiques, où l’argent circule pour obtenir le pouvoir quitte à faire disparaître les éléments gênants.

    Le livre comporte deux parties : portant chacun le nom des deux héros. Hajiya Binta (Binta), veuve d’un homme à qui elle a été marié, sans amour mais qu’elle respectait, dont elle a eu quatre enfants mais qui surmonte difficilement la perte d’un de ses fils : Yaro, abattu par la police.

    Depuis la mort de son époux, elle se consacre à l’enseignement et élève Fa’iza, sa nièce de 15 ans, traumatisée par un massacre perpétré sous ses yeux, enfoui dans sa mémoire et qu’elle peine à surmonter. Dans sa maison vit aussi depuis quelques temps sa petite-fille Ummi, dont la mère est en conflit avec son deuxième mari car celui-ci veut prendre une seconde épouse.

    L’espace d’un instant, Binta songea comment le destin avait cruellement uni son sort et celui de cette enfant qui luttait encore pour trouver un sens à son existence. Comment elles avaient toutes les deux perdu les hommes de leurs vies, à environ dix ans d’écart, dans les conflagrations de la foi et des identités ethniques qui déchiraient Jos. (p110)

    C’est une maison vivante où l’on retrouve les activités d’adolescentes de notre époque, épluchant les magazines où elles retrouvent leurs idoles, se maquillant, ayant leurs premiers émois, les enfants devenus adultes, revenant avec leurs vies, leurs soucis, mais aussi l’amoureux de Binta, qui a demandé sa main à son fils aîné mais que celle-ci ignore, refuse. Mais c’est une maison où flotte encore les fantômes des absents, tués, massacrés dans des conflits ethniques, religieux ou politiques.

    La rencontre avec Reza, ce jeune homme de 25 ans va faire l’effet d’une bombe dans la vie de Binta, dont la vie était toute tracée. Il va lui ouvrir les portes du plaisir charnel, elle va découvrir son corps, des sensations inconnues jusque là. L’amour va lui donner une nouvelle jeunesse et elle prend des risques inouïs pour retrouver son jeune amant dans une ville où tout le monde se connaît, où tout se sait, où tout se voit, où les rumeurs soufflent aussi vite que le vent.

    Si Reza devient son initiateur au plaisir, Binta va tenter d’éveiller en lui, l’envie de reprendre des études, de ce que l’éducation peut lui offrir, elle va planter une graine en lui qui va germer, s’amplifier avec une autre rencontre, celle de Leila, jeune fille cultivée qui va croiser sa route.

    Les histoires d’amour finissent mal en général, dit la chanson et celle de ces deux amants est foudroyante car ils n’en sont pas les seuls acteurs. Beaucoup d’ingrédients vont entrer dans la ronde : les fantômes de chacun, les manques, les morts, les absents mais aussi les traumatismes de guerres civiles, de bandes armées qui circulent, de la drogue qui abîment les êtres.

    Reza est loin d’être un enfant de choeur, il règne sur une bande de voyous vivants de trafics et de travaux commandités par des hommes puissants qui manipulent à leur profit ces jeunes avides de d’argent et de reconnaissance.

    Pendant toute la lecture on est imprégné de la vie du pays : les journées rythmées par les prières, les parfums, la moiteur et la chaleur. La condition féminine est omniprésente : la bigamie, le mariage forcé, la place de la femme, de la veuve, de la mère dans la société africaine. Il y a beaucoup de détails sur le quotidien de cette femme : parfum, tissus etc….. c’est très sensuel, très féminin d’autant que la maison de Binta est une maison où vivent principalement que des femmes de générations différentes mais où le poids des traditions et de la famille reste très fort.

    L’écriture est très agréable, très descriptive même si j’ai trouvé que la deuxième partie (celle sous l’identité de Reza) était beaucoup plus vive, plus dynamique. J’ai lu cette dernière partie avec avidité : on sent que l’histoire prend un tour dramatique, les pions se mettent en place, un à un. Binta, elle, a la charge d’une famille même si elle devient une femme amoureuse, oubliant toute règle, quant à Reza, c’est un jeune loup solitaire, intelligent, mais chef d’un réseau de voyous, de petites frappes qui vont tous se trouver enrôlés dans un événement qui va les dépasser. Ils pensent être les maîtres du jeu mais ils vont trouver sur leurs routes bien plus manipulateur qu’eux, bien plus puissant.

    L’auteur avec ce roman, qui est un premier roman, fait preuve d’une maîtrise dans la construction du récit, où les sentiments des deux personnages principaux mais surtout ceux de Binta, dont on suit la lente transformation mais aussi les doutes, les désirs mais les douleurs qui restent ancrées en elle. Pour les deux protagonistes cette rencontre va les faire se pencher sur leurs existences, leurs passés, leurs présents et jouer un rôle dans leurs futurs.

    Comme je l’ai déjà dit concernant la qualité des couvertures des livres édités par les Editions de l’Observatoire, celle-ci est très représentatif de l’ambiance du récit : une histoire de femme, peu commune dans un contexte de traditions, de religion et de violence.

  • Couverture du livre « La saison des fleurs de flamme » de Abubakar Adam Ibrahim aux éditions L'observatoire

    Claudia Charrier sur La saison des fleurs de flamme de Abubakar Adam Ibrahim

    C'est en voyant la couverture de ce roman que j'ai eu envie d'en savoir plus...
    Je la trouve très belle et très mystérieuse à la fois, invitant le lecteur à voyager.
    Le résumé de la quatrième couverture a confirmé mon envie de le découvrir.

    Je me suis donc plongée avec intérêt, dans le...
    Voir plus

    C'est en voyant la couverture de ce roman que j'ai eu envie d'en savoir plus...
    Je la trouve très belle et très mystérieuse à la fois, invitant le lecteur à voyager.
    Le résumé de la quatrième couverture a confirmé mon envie de le découvrir.

    Je me suis donc plongée avec intérêt, dans le quotidien d'une famille Nigérienne où assurément j'allais m'immerger dans les us et coutumes du Nigéria.

    Innovateur et moderne, Abubakar Adam Ibrahim nous parle de sujets forts, indispensables et essentiels que l'on rencontre dans le monde musulman.

    La morale, les tabous, la pauvreté, les guerres civiles, la politique, l'éducation, le mariage arrangé, la polygamie, la jeunesse, la pression familiale etc.
    Tous ces thèmes évoqués dans cette fiction suscite l’intérêt et la curiosité du lecteur qui va suivre la rencontre d' une femme cinquantenaire, veuve et d'un jeune dealer.

    Un amour impossible et improbable... Une relation cachée, tabou et condamnable.
    C'est l'histoire d'une passion amoureuse et sensuelle que l'on va suivre dans cet ouvrage mais c'est aussi l'émancipation d'une femme !
    La découverte et l'acceptation de son corps et de ses désirs enfouis au plus profond d'elle car cela lui est interdit.
    Une libération qui ne se fera pas sans conséquence !

    En lisant ce roman, j'ai eu l'impression de ressentir les odeurs, les parfums, d'entendre le bruits, les sons et de voir les couleurs, les paysages, les habits colorés de ce pays lointain. J'ai eu la sensation de voyager.

    Je me suis laissée porter tout simplement par ces personnages touchants.

    Si les thématiques abordés par l'auteur vous intéressent, alors je vous invite à le lire.
    L'écriture est belle, poétique et riche.
    C'est un roman atypique, original et surprenant.

    La saison des fleurs de flamme est une fresque littéraire, une belle réussite et une ouverture sur le monde indéniablement.
    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/10/la-saison-des-fleurs-de-flamme.html

  • Couverture du livre « La saison des fleurs de flamme » de Abubakar Adam Ibrahim aux éditions L'observatoire

    Aa2liiinee sur La saison des fleurs de flamme de Abubakar Adam Ibrahim

    Avec ce roman nous partons au Nigeria suivre l'histoire de Binta veuve qui s'occupe de sa nièce et de sa petite fille. Une histoire d'amour va naître entre elle et Reza, jeune dealer qu'elle pense pouvoir sauver de ce monde. Plusieurs thèmes sont abordés tels que la femme et sa renaissance, la...
    Voir plus

    Avec ce roman nous partons au Nigeria suivre l'histoire de Binta veuve qui s'occupe de sa nièce et de sa petite fille. Une histoire d'amour va naître entre elle et Reza, jeune dealer qu'elle pense pouvoir sauver de ce monde. Plusieurs thèmes sont abordés tels que la femme et sa renaissance, la pauvreté et un contexte politique avec des policiers corrompus. Une histoire d'amour illicite qui va nous questionner sur la bienséance, la morale et la tradition bien ancrée dans ce pays. Une bonne découverte.

    Merci à Lecteur.com et aux éditions de l'Observatoire pour l'envoi de ce livre.

Voir tous les avis

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !

Récemment sur lecteurs.com