Abdourahman A. Waberi

Abdourahman A. Waberi
Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l'actuelle République de Djibouti, il vit entre Paris et Washington où il enseigne la littérature. Depuis le Pays sans ombre (1994), trilogie consacrée à son pays d'origine, jusqu'à la Divine Chanson (Zulma - Prix Louis Guilloux 2015), son oeuvre romanesq... Voir plus
Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l'actuelle République de Djibouti, il vit entre Paris et Washington où il enseigne la littérature. Depuis le Pays sans ombre (1994), trilogie consacrée à son pays d'origine, jusqu'à la Divine Chanson (Zulma - Prix Louis Guilloux 2015), son oeuvre romanesque est traduite dans une douzaine de langues.

Articles (1)

Avis (5)

  • add_box
    Couverture du livre « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » de Abdourahman A. Waberi aux éditions Lattes

    Eve Yeshé sur Pourquoi tu danses quand tu marches ? de Abdourahman A. Waberi

    Un jour, alors qu’il accompagne sa fille à l’école, celle-ci lui pose une question : « Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ?», sous-entendu, pourquoi je ne t’ai jamais vu faire du vélo ou de la trottinette. Un peu décontenancé par la question, il se met à réfléchir et les souvenirs du...
    Voir plus

    Un jour, alors qu’il accompagne sa fille à l’école, celle-ci lui pose une question : « Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ?», sous-entendu, pourquoi je ne t’ai jamais vu faire du vélo ou de la trottinette. Un peu décontenancé par la question, il se met à réfléchir et les souvenirs du passé remontent. Il va les partager avec elle.

    « Après le silence, tu m’as souri comme pour mettre un terme à mon angoisse naissante. Soudain, tu as lâché assez brutalement :

    — Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ?

    — Euh… »

    Aden n’a pas eu une enfance heureuse, c’est le moins qu’on puisse dire.

    Bébé, il pleurait beaucoup, sa mère ne lui témoignait aucune tendresse et quand elle en avait assez des pleurs, elle le donnait à une autre personne de la maison, comme un vulgaire paquet (de linge sale !). Son père rentrait tard du travail, guère disponible non plus, alors c’était la grand-mère Zahra qui s’occupait un peu plus de lui.

    C’était un gamin triste, maigrichon, qui très tôt a eu la mort à ses côté: on pensait qu’il était trop fragile pour vivre. En gros, cet enfant devait avoir le mauvais œil…

    Quand il est entré à l’école, il est bien-sûr devenu le souffre-douleur de Johnny, le petit caïd qui repère à distance les proies faciles. Dès le premier jour il a droit à un croc-en-jambe qui le fait tomber la tête première dans la fontaine, avec des plaies, notamment une sur la jambe. On va se contenter de suturer sans chercher plus loin.

    Mais, il n’y a pas seulement la violence physique il y a tous les surnoms dont on l’affuble, du fait de son côté chétif. Entre parenthèses, il faudra plusieurs années pour qu’on le montre à un médecin et que le diagnostic de poliomyélite tombe ; il aurait suffi d’un vaccin pour éviter de souffrances…

    Dans son malheur, Aden fait la rencontre de sa vie en la personne de son institutrice, Madame Annick, qui va lui donner le goût de la lecture et de l’écriture. Mais les livres ne sont pas les bienvenus à la maison, alors il fait des kilomètres à pied pour trouver des livres, même des revues style « Nous deux » pour étancher sa soif de lecture, avec le risque de tomber sur Johnny ou de se faire découvrir tout simplement.

    Zahra, qu’il appelle Grand-Mère Cochise (car elle règne sur la maison, sur sa tribu, et a hérité une certaine sagesse de sa famille de Nomades), lui a donné le goût des mots, en lui racontant des histoires, éveillant ainsi sa curiosité et son amour des mots.

    Quand sa mère se retrouve enceinte, sept ans plus tard, on ne lui explique rien, d’où sa surprise en découvrant un bébé dans le panier lorsqu’elle rentre à la maison. Bébé qui, bien-entendu, sera beau, souriant et captera toute l’attention. Aden, qui était délaissé le sera encore plus : comment lutter sinon en lisant, en travaillant bien à l’école…

    Abdourahman A. Waberi nous replonge dans le Djibouti du temps de la colonisation, quand on parlait encore de Territoire Français des Afars et Issas alias TFAI, sur les conditions de vie de l’époque, sous le regard de de Gaulle, un personnage aussi de l’histoire, en fait.

    Il décrit la vie d’Aden, pendant son enfance mais aussi plus tard, au cours de sa scolarisation, avec des anecdotes sympathiques, comme un passage de relais entre lui et sa fille. Le retour sur l’enfance permet de réfléchir à la manière dont on peut transcender, se sortir d’un statut de victime dans lequel on a tendance à s’enfermer et mettre en place un processus de résilience pour pouvoir transmettre plus tard à ses enfants.

    Une image que je garde en mémoire: Aden prenant sa revanche sur les « tortionnaires en herbe » de son enfance en écrivant leurs rédactions.

    J’aime beaucoup les histoires de transmission familiale, de résilience alors ce roman m’a beaucoup touchée, tant par le thème que par l’écriture, nous laissant imaginer les couleurs et la culture de sa terre natale. Comment résister à quelqu’un qui aime autant les livres, les mots, se les approprie, devenant le roi de la dissertation ?

    Un grand merci à NetGalley et aux éditions J.C Lattes qui m’ont permis de découvrir un superbe conteur dont j’ai très envie de connaître les autres livres…
    https://leslivresdeve.wordpress.com/2019/10/10/pourquoi-tu-danses-quand-tu-marches-de-abdourahman-a-waberi/

    #PourquoiTuDansesQuandTuMarches #NetGalleyFrance

  • add_box
    Couverture du livre « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » de Abdourahman A. Waberi aux éditions Lattes

    Matatoune sur Pourquoi tu danses quand tu marches ? de Abdourahman A. Waberi

    RENTRÉE LITTÉRAIRE 2019

    PREMIÈRE SÉLECTION DU RENAUDOT 2019

    @vagabondageautourdesoi.comPour cette rentrée littéraire 2019, Abdourahman A. Waberi nous livre un roman de transmission avec « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » paru chez JC Lattès. Pour répondre à cette question posée par...
    Voir plus

    RENTRÉE LITTÉRAIRE 2019

    PREMIÈRE SÉLECTION DU RENAUDOT 2019

    @vagabondageautourdesoi.comPour cette rentrée littéraire 2019, Abdourahman A. Waberi nous livre un roman de transmission avec « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » paru chez JC Lattès. Pour répondre à cette question posée par sa fille un jour sur le chemin de l’école, Abdourahman A. Waberi va dérouler les souvenirs de sa jeunesse à Djibouti dans les années 70, dans le quartier du Château d’eau avec ses parents, Papa la tige et une mère un peu jeune et trop fragile, et sa tendre grand-mère Cochise.

    Alors lorsque le garçon grandit plus sensible et plus fragile que les autres, avec une patte qui traîne, sa tendre grand-mère Cochise est autour de lui pour l’entourer. L’enfant qui, sans soin minima, aurait pu rabâcher toute sa vie sa rancœur s’il n’avait rencontré la tendresse pour s’ouvrir aux mots.

    A lire la suite sur
    https://vagabondageautourdesoi.com/2019/10/02/pourquoi-tu-danses-a-waberi/

  • add_box
    Couverture du livre « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » de Abdourahman A. Waberi aux éditions Lattes

    AudreyT sur Pourquoi tu danses quand tu marches ? de Abdourahman A. Waberi

    Alors qu'ils marchent main dans la main sur le chemin de l'école, Aden et sa fille Béa, profitent de ces moments suspendus. Un jour Béa se lance et ose enfin demander à son père d'où lui vient son étrange démarche. C'est aussi avec beaucoup de courage qu'Aden racontera alors à sa petite fille...
    Voir plus

    Alors qu'ils marchent main dans la main sur le chemin de l'école, Aden et sa fille Béa, profitent de ces moments suspendus. Un jour Béa se lance et ose enfin demander à son père d'où lui vient son étrange démarche. C'est aussi avec beaucoup de courage qu'Aden racontera alors à sa petite fille son enfance à Djibouti... Et sa jambe si fragile...

    Ce roman de la rentrée littéraire m'a paru doux et tendre. Pourtant, la vie d'Aden n'a rien d'un conte de fée... Il vit à Djibouti, dans les années 70, avec sa grand-mère Cochise, seule figure féminine à l'entourer de gentillesse. Sa mère trouve que son fils est trop fragile, trop malingre, fiévreux et pleurnichard.

    A 7 ans, sans qu'aucun médecin ne pose de diagnostic, Aden souffre terriblement de sa jambe. Il en gardera une démarche claudiquante. La polyomélite expliquera beaucoup plus tard la douleur qu'il aura enduré...
    Moqueries, surnoms, regards qui se détournent... Aden les affrontera grâce aux livres qui lui permettront de s'évader...

    Si j'ai aimé ce roman c'est parce que c'est un retour à la vie. La vraie, la lumineuse, celle qui accepte de danser... C'est en replongeant dans son enfance, en affrontant ses peurs et ses douleurs, en pardonnant au sort, qu'Aden renoue avec la beauté du monde.
    C'est en nommant la maladie, l'angoisse et les non-dits que ce petit garçon deviendra enfin un homme.
    C'est en murmurant à l'oreille de sa fille qu'il fera entendre sa voix...

    Merci à NetGalley et aux Éditions JC Lattès pour leur confiance...

  • add_box
    Couverture du livre « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » de Abdourahman A. Waberi aux éditions Lattes

    coquinnette1974 sur Pourquoi tu danses quand tu marches ? de Abdourahman A. Waberi

    Je remercie chaleureusement les éditions J.-C. Lattès pour l'envoi, via net galley, de Pourquoi tu danses quand tu marches ? d'Abdourahman A. Waberi. Il fait partie de leur rentrée littéraire 2019.
    Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : «...
    Voir plus

    Je remercie chaleureusement les éditions J.-C. Lattès pour l'envoi, via net galley, de Pourquoi tu danses quand tu marches ? d'Abdourahman A. Waberi. Il fait partie de leur rentrée littéraire 2019.
    Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ».
    La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ?
    Le père ne peut pas se dérober.
    Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d’eau, au pays de l’enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d’abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l’ont rendu différent, unique.
    Il était le « gringalet » et « l’avorton » mais aussi le meilleur élève de l’école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations....
    Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? est un joli roman de cette rentrée littéraire. Je ne connaissais pas du tout Abdourahman Waberi et j'ai beaucoup aimé sa plume.
    Le narrateur nous emmène avec lui dans son enfance, dans ses souvenirs à Djibouti. Il saute parfois du coq à l’âne car il retourne en arrière, il parle à sa fille, lui explique plein de choses.
    Je ne connais pas Djibouti, son enfance a été très différente de la mienne et j'ai trouvé ça très intéressant. Son enfance a été difficile, les enfants sont souvent cruels entre eux, on le sait. On oublie que les adultes aussi peuvent parfois être cruels...
    L'enfant qu'il était a mal été soigné, voilà donc pourquoi il danse quand il marche, comme on le découvre au fur et à mesure que nous tournons les pages.
    J'ai trouvé ce roman très touchant, avec un narrateur attachant. J'imagine sa petite fille écouter attentivement ses explications et découvrir avec surprise, et intérêt l'histoire de son papa.
    Pourquoi tu danses quand tu marches ? n'est pas tout à fait un coup de cœur, mais je lui mets quatre étoiles. C'est une bonne surprise de cette rentrée littéraire :)

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !