Une américaine à Paris avec "Janet", le prochain livre de Michèle Fitoussi

mercredi 01 août 2018

Le portrait de la correspondante du New Yorker à Paris pendant un demi-siècle - Une saison d’écrivains, épisode 3

Une américaine à Paris avec "Janet", le prochain livre de Michèle Fitoussi

Une américaine à Paris, c’est le sujet du prochain livre de Michèle Fitoussi, Janet (Lattès), qu’elle consacre à celle qui fut la correspondante du New Yorker à Paris pendant un demi-siècle. Une femme iconoclaste, puissamment intelligente qui a vu monter la menace totalitaire dans les années 30 et qui, selon Michèle Fitoussi, s’improvisait journaliste politique comme elle inventait le journalisme littéraire. Une femme libre, qui bouscule les quilles, comme l’écrivain passionnée les aime. Pour lecteurs.com, elle raconte comment elle se prépare à sa rentrée, entre la sortie de son livre, la préparation d’une expo et ses lectures de jurée du prix de Flore.

 

 

Vous sortez un roman à la rentrée, comment vous y préparez-vous, quelles en ont été les grandes étapes depuis que vous avez rendu le manuscrit ?

Je publie pour la première fois aux Editions Lattes et tout s’est passé à merveille avec mes éditrices d’abord, Karina Hocine et Charlotte Von Essen, puis avec l’équipe efficace et sympa découverte au fur et à mesure.

Pour moi l’atterrissage après le rendu final du manuscrit s’est passé on ne peut mieux. Pourtant, c'est vrai, j'ai eu du mal à lâcher ce livre après trois ans de travail passionné : recherches à la Library of Congress à Washington et à La National Library à New York, lectures nombreuses en anglais et surtout, la formidable doc digitalisée du New Yorker où j'ai pu lire les papiers de Janet Flanner dans leur jus. Et le personnage m'a tellement plu.

J'ai vécu avec elle, avec ses amis, sa famille, d'Indianapolis à New York, de Paris à Berlin, d'Orgeval à la Californie. Et d'un coup, elle ne m'appartenait plus. Même si je commence à en avoir l'habitude, ce silence soudain est toujours un peu vertigineux.

Mais ensuite, tout s'est enchainé si aisément, les dernières corrections, le choix des photos pour la jaquette de couverture, le service de presse et surtout la tournée des libraires dans quelques grandes villes de France, en juin, avec Serge Bramly, Nina Bouraoui et Diane Mazloum qui publient chez Lattés à la rentrée. Efficacité là encore, mais aussi gentillesse,  amour des livres, respect des auteurs, bienveillance et fous-rires. Et aussi découverte des libraires  attentifs, enthousiastes, ça fait un bien fous de les rencontrer, c'est à eux qu'on se frotte pour la première fois, qu'on peaufine ce qu'on va dire du livre.

Du coup j’attends la rentrée avec un mélange d’impatience et de sérénité. Jusqu’ici tout va bien, me dis-je et c’est tellement important de se sentir soutenu par une équipe.  Et je vais retrouver, dans les salons, les festivals,  les librairies, des auteurs amis, que je lis, que j'aime, c'est une vraie fête.

 

Comment vous sentez-vous, quels sont vos trucs pour surmonter l'attente ?

Mes trucs? Je pense à mon prochain livre. Il est là, il flotte au dessus de ma tête, parfois il est si précis qu'il me semble qu'il est déjà écrit. Ce serait si beau. Et trop simple.  Mais il m'aide à oublier Janet.

Puis je prépare, en tant que commissaire, une expo pour le musée d’art et d'histoire du Judaïsme,  consacrée à Helena Rubinstein qui aura lieu l'an prochain de mars à aout 2018. C'est en écrivant la bio d'Helena Rubinstein (Helena Rubinstein la femme qui inventa la Beauté, Grasset octobre 2010)  que j'ai rencontré Janet Flanner. Ce clin d'œil m'amuse beaucoup. Je me replonge dans la vie de ce personnage hors normes, et je retrouve les époques et les lieux où elles se sont croisées. C'est un travail passionnant.

 

En attendant, cet été, qu'allez vous lire et pourquoi ?

D’abord les livres des auteurs Lattes : Pour Sensi de Serge Bramly, Tous les hommes désire naturellement savoir de Nina Bouraoui et je vais me plonger tres vite dans le roman de Diane Mazloum, L ‘Âge d'or.

Puis les romans de mes amies: Vivre Ensemble de Emilie Frèche et Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider. J’ai beaucoup aimé les deux. 

J’ai fait une petite sélection pour le Prix de Flore, je vais m'y employer cette semaine,

Et puis dans le désordre, Claire Fuller, Un mariage anglais, Dolores Redondo, Tout cela, je te le donnerai, Seules les bêtes de Colin Niel... La Poursuite du Vent de Claire Goll  (les mémoires d'une journaliste et écrivain allemande , encore une,  même époque que Janet, à Berlin et à Paris) Etc.. J’ai des piles et des piles qui m’attendent sur la table de nuit, les étagères, mon Kindle, des livres en retard, des poches, des nouveautés du printemps, des livres en retard, et la rentrée.  

Bonheur... 

 

Propos recueillis par   

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