Un pur roman détox pour démarrer le printemps

jeudi 08 mars 2018

Laissez-vous surprendre par ce roman qui se consacre à un écrivain très très discret : Gustave Roud

Un pur roman détox pour démarrer le printemps

Faites un pas de côté et laissez-vous surprendre par ce roman qui se consacre à un écrivain très très discret. Si discret qu’on ne l’a quasiment pas connu : Gustave Roud, dont l’œuvre immense est d’une simplicité et d’une profondeur bouleversante.

 

Vive la lenteur, la discrétion et la liberté ! Rien de trompétant dans Là-bas, août est un mois d'automne (ed. Zoé), un très beau roman écrit par un tout jeune auteur, Bruno Pellegrino, qui aura 30 ans cette année. L’histoire est celle d’un frère et d’une sœur qui vivent tous deux dans leur maison familiale aux confins de la campagne romande. Le roman raconte les dernières années de cette vie-là, simple et silencieuse, où la nature s’invite au regard, au milieu des fleurs, de la forêt, des petits insectes et des animaux, du minuscule au banal. Il s’agit de Madeleine, la sœur aînée, qui veille sur son frère photographe, considéré comme l’un des plus grands poètes suisses : Gustave Roud.

Dix ans de leur vie d’adultes déjà mûrs s’égrènent, entre 1962 et 1972, au cours desquelles Roud va vouloir écrire un roman. Bruno Pellegrino s’approche au plus près de ses personnages, délicat et retenant son souffle, pour mieux saisir celui du poète qui, décidément, cherche tous les prétextes pour ne pas écrire.

 

Gustave Roud est sans doute l’un des poètes contemporains les plus malmenés par la postérité. Il est pourtant proche de ce qu’on aime et qui ravit chez Yves Bonnefoy ou Christian Bobin, de Philippe Jaccottet avec lequel il a entretenu une correspondance estimable. Sa poésie est méditative, cruciale, sans effets, essentielle.

 

Mais le livre est en lui-même une petite perle de lecture, qu’on connaisse ou non le personnage auquel il est dédié. C’est, pourrait-on dire, un roman détox, dont la simplicité et la force nettoient des violences de certaines histoires et de la brutalité des romans sans style. Bruno Pellegrino a été lauréat du Prix du jeune écrivain pour L’Idiot du village (Buchet-Chastel 2011). Il est membre fondateur du collectif Ajar qui explore depuis 2012 les possibilités de l’écriture collective à travers divers ouvrages et collaborations, comme le roman Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016). Dans Là-bas, août est un mois d'automne, Pellegrino dit toute sa tendresse à un grand écrivain solitaire et discret, et partage avec lui une proximité de silence et d’ouverture au monde des choses simples. Ca fait beaucoup de bien.

 

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