Un premier roman de Virginia Nuyen, oscillant entre réalité et fantastique

lundi 08 juillet 2019

La société de consommation passée au crible

Un premier roman de Virginia Nuyen, oscillant entre réalité et fantastique

Dans son premier roman, Les Aventures de Donovan S. aux éditions NIL, Virginie Nuyen, nous fait découvrir de sa plume féroce, un monde qu’elle connaît bien mais de manière décalée et avec beaucoup d’humour.

 

 

Ghislaine Degache, un des membres de notre Cercle livresque nous livre son avis.

 

 

Donovan S. est un boucher artiste, cher, mais excellent. Il a acquis une telle notoriété que, pour avoir un rendez-vous, il faut attendre deux mois minimum pour une découpe de filet de bœuf par le Maître et au moins trois semaines pour une côte de veau préparée par son assistant. Le cérémonial déployé lors du rendez-vous atteint des sommets presque inimaginables. Et si vous avez l’immense privilège de pouvoir goûter à cette viande, vous ne pouvez plus vous en passer.

 

Elena, la narratrice, diplômée d’une grande école, qui avait arrêté de travailler pour élever ses enfants, se voit offrir par le Maître, dès sa deuxième visite, une proposition pour travailler à ses côtés. Celle-ci saisit l’opportunité et devient son associée. Va alors naître un projet grandiose : « nous allons partir faire le tour du monde pour enchanter dans toutes les villes à fort pouvoir d’achat les futurs aficionados de la Maison S. Car comment faire sans faire goûter ? Une fois cela fait, il ne restera plus qu’à ouvrir une boutique dans chaque endroit que nous aurons visité. »

 

Avec Les Aventures de Donovan S., le boucher qui était à deux doigts de conquérir le monde, nous nous retrouvons embarqués dans des aventures plus drôles, plus burlesques, plus rocambolesques les unes que les autres.

 

C’est un premier roman complètement déjanté sur ce milieu délirant qu’est l’industrie du luxe. Virginie Nuyen ayant, entre autre, elle-même travaillé dans ce secteur pendant huit ans, brosse un portrait particulièrement intéressant de ce monde. Elle dépeint fort bien ces gens souvent très doués, avec de vraies vocations, comme ce fameux Donovan, qui font produire des choses extrêmement chères qu’ils vont vendre à des gens extrêmement riches. Leur notoriété établie, les élus leur seront entièrement dévoués puisqu’ils sont devenus de grands acteurs économiques et sociaux. Toutes les dérives peuvent alors en découler.

 

Dans ce milieu où l’argent est roi, des alliances se créent et l’entraide est de mise pour s’enrichir encore plus. Ici, Donovan S. va s’allier avec Monsieur P. et réussir à se faire offrir un jet pour transporter sa vache mais, en contrepartie, devra emmener une actrice célèbre et décrire l’immense qualité de service et la flexibilité de l’entreprise de Monsieur P. auprès de sa clientèle distinguée. Ce sont donc des questionnements sur les stratégies de communication et la soif d’expansion.

 

Un peu comme un fil rouge, l’auteure revient souvent sur ce livre de développement personnel, à priori très prisé par les vedettes : « Les quatre accords toltèques : la voie de liberté personnelle » de Miguel Ruiz – ou comment arriver à une sérénité/sagesse avec soi donc avec les autres ? Les quatre clés sont :

  • Avoir une parole impeccable
  • Ne pas faire une affaire personnelle de quoi que ce soit
  • Ne pas faire de suppositions
  • Faire toujours de son mieux

Quel humour lorsque l’auteure fait dire à la narratrice que ça ressemblait étrangement à ce que Mamie Zaza lui avait répété toute son enfance ! Virginie Nuyen met en avant également la toxicité que peuvent apporter certaines relations de travail lorsqu’une personne se met au service de l’autre et s’oublie.

 

Ce roman déjanté oscillant entre réalité et fantastique, satire d’une certaine classe sociale, d’un autre monde, se révèle beaucoup moins léger qu’il n’y paraît. Il se lit d’un trait ! J’étais, au départ, pas très emballée pour découvrir ce livre dont le thème récurrent est la viande dont il est fortement conseillé de diminuer la consommation pour l’avenir de notre planète. Mais le thème est en fait celui de la consommation en général et je n’ai pu qu’être gagnée par une certaine empathie vis-à-vis de cette vache Anastasia aux attitudes souvent très humaines.

 

 

Un grand merci à NIL édition et lecteurs.com grâce à qui j’ai découvert ce roman très distrayant dans le cadre des Explorateurs.

 

 

© Ghislaine Degache

 

 

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