Pour les vingt ans de la parution des mémoires de Frank McCourt, on aime "Les cendres d’Angela"

mercredi 20 décembre 2017

Quand les éditeurs nous font découvrir les classiques contemporains

Pour les vingt ans de la parution des mémoires de Frank McCourt, on aime "Les cendres d’Angela"

Parce que les classiques sont aussi une valeur sûre, nos lectrices vous parlent du plaisir qu’elles ont eu à redécouvrir le roman réédité par les éditions Belfond à l'occasion des vingt ans de la parution des mémoires de Frank McCourt Les cendres d'Angela.

 

L’avis de Lilia :

Il a suffi d’un tremblé de genoux.

Ainsi est conçu Frank McCourt lors d’une soirée à Brooklyn en 1930.

Il devient l’aîné d’une famille misérable avec un père, irlandais du Nord, peu responsable, qui dépense son salaire en alcool et ivre réveille au milieu de la nuit ses fils pour entonner des chants irlandais, et une mère, irlandaise du Sud, courageuse mais qui accepte non sans émotions son sort.

Le froid et la faim assaillent, et Frank, dès son plus jeune âge doit faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour survivre et s’en sortir tout d’abord dans les rues de Brooklyn pendant ses quatre premières années, puis les quinze années suivantes dans les rues de Limerick, en Irlande.

 

Avec une plume romanesque, Frank McCourt décrit avec émotion et humour son enfance misérable. Il dresse un récit autobiographique qui sollicite nos cinq sens : On voit ce petit garçon en culotte courte, on a faim, la nausée ou on se délecte avec lui, on a froid, les habits nous grattent, on a envie d’un bon bain, on sent les rues nauséabondes et les odeurs de whisky …

Une totale immersion dans Brooklyn puis dans une Irlande Catholique des années trente touchée par la ruine et la famine.

La magie de l’écriture de Frank McCourt opère, on se laisse emporter par son histoire et on s’attache à tous ces personnages qu’il dépeint avec bienveillance, tendresse et générosité. On ressort ému de son enfance captivante.

Un très beau roman qui semble être aussi un hommage à la mère de Frank McCourt.

Si vous deviez le conseiller :

A tous ceux qui souhaitent se plonger dans l’Irlande des années trente / quarante et s'immerger dans un superbe récit autobiographique plein d’émotions et d’humour.

© Lilia Tak-Tak

L’avis de Joëlle :

Avec cette autobiographie sur son enfance de ses cinq à ses dix-neuf ans, Franck McCourt nous retrace l'histoire d'une famille irlando-américaine qui vit dans la misère la plus totale.

Malachy et Angela McCourt, installés en Amérique, regagnent l'Irlande après le décès de leur petite fille, Franck a alors quatre ans. La famille rejoint Limerick, la ville natale d'Angela. Mais Malachy est un alcoolique invétéré qui ne garde pas longtemps son travail.  Quant à Angéla, elle pleure beaucoup, les enfants vivent dans la misère et ont faim et froid.

Franck est l'ainé des enfants, il se rend compte que le retour en Irlande ne change rien à leur situation misérable. Devenu adolescent, il trouve son premier emploi et décide de mettre de l'argent de côté pour pouvoir retourner en Amérique.

J’ai été déconcertée au début par le langage oral de Franck qui se remet dans la peau du petit garçon qu'il était, l'écriture évolue un peu au fur et à mesure du récit mais reste selon moi assez ordinaire.

Ce qui m’a le plus frappée dans ce récit autobiographique de Franck McCourt c'est qu’il semble s'étonner d'avoir survécu à cette enfance misérable, qu’il ne manifeste aucune révolte, aucun ressentiment envers ses parents. Il a juste eu envie de s'en sortir et semble être ressorti sans séquelles de son enfance misérable. Il ne juge jamais ses parents, observe tout avec lucidité, il est même capable de raconter certaines anecdotes avec un certain humour alors que moi, lectrice, j’étais révoltée par ce qu’il subissait. Bien entendu ce roman est triste mais je n’y ai trouvé aucun misérabilisme, le fait que le tout soit vu par un regard d'enfant avec des mots d'enfant allège considérablement le récit.

J’ai aimé que le contexte de l'Irlande catholique de l'époque et du vécu des irlandais soit bien rendu sans trop d'explications superflues sur la situation politique même si à certains moments j’ai trouvé le récit très voire trop détaillé avec quelques longueurs.

© Joëlle Guinard

 

Vous avez aimé ces chroniques qui vous ont donné envie de lire Les cendres d'Angela ?

N’hésitez pas à suivre Joëlle Guinard et Lilia Tak-Tak pour découvrir vos nouvelles lectures.

 

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Commentaires

  • Veronique Donard le 30/01/2018 à 16h05

    j'ai lu ce roman dès sa parution. J'ai l'habitude de passer quelques jours en Irlande tous les ans.
    Je suis très intéressée par ce qui touche à l'histoire de ce pays,
    Les Irlandais ont traversé des périodes noires, la vie quotidienne y était très dure. Avec la guerre entre catholiques et protestants, l'intégrisme religieux en plus de la colonisation anglaise à l'origine de la famine, et chassé la population vers les Etats Unis et l'Australie,
    Ce livre est un témoignage , vécu de l'intérieur, d'une réalité dramatique et terrible.
    Quand on connaît l'histoire récente de ce pays, les mots, les anecdotes prennent encore plus de poids.
    A lire et à relire.

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  • Chantal LAFON le 27/01/2018 à 17h37

    Premier d'une trilogie que j'ai lu dès sa sortie. Une belle plume pour dire cette vie qui fut la sienne, un bel enseignement. Lu il y a donc 20 ans, jamais oublié et recommandé en bibliothèque et souvent offert. C'est bien de fêter cet anniversaire !

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