"Pennac tournait autour de Malaussène depuis un certain temps"

vendredi 20 janvier 2017

"Pennac tournait autour de Malaussène depuis un certain temps"

Malaussène revient pour de nouvelles aventures sous la plume de Daniel Pennac (voir notre article). Derrière le livre et l’auteur, un homme discret veille : Jean-Marie Laclavetine est l’éditeur et l’ami intime de l’écrivain qui lui dédie son livre. Nous l’avons rencontré, il nous a raconté les coulisses du retour de Pennac.

 

- Vous publiez en cette rentrée le nouveau roman de Daniel Pennac qui signe le grand retour de son Malaussène. Publier un ami ?

 

Publier un ami ne représente pas forcément une difficulté. Daniel et moi entretenons un rapport très fraternel, très fort depuis trente ans, en dehors du cadre éditorial. Daniel est très engagé dans l’écriture, il y consacre une énergie impressionnante. Quand nous travaillons sur son texte je dois le prendre au sérieux, être franc sans être perturbant. Il est tout à fait capable de mettre de côté son amour propre, comme moi quand nous travaillons sur les miens puisqu’il est mon premier lecteur. Chacun sait que les remarques de l’autre ont pour seul but de conduire à des améliorations possibles.

 

- Comment Daniel Pennac s’est-il remis aux Malaussène ?

 

Il tournait autour de Malaussène depuis un certain temps. Il y a dans cette saga un plaisir qui est de l’ordre de la pure joie narrative, qu’il n’a peut-être pas trouvée de façon aussi intense dans ses livres intercalaires, plus autobiographiques. Il avait très envie de retrouver le plaisir de la fiction débridée. Daniel peut aller très loin dans l’invention et la jouissance langagière. Il y a dans ses livres à la fois une grande liberté, des histoires fondamentalement déjantées mais tenues dans un scénario très maîtrisé. La construction de ses intrigues est très rigoureuse. À partir de cet espace précisément cadastré, les possibilités d’évasion et de digressions philosophiques, politiques, poétiques sont fabuleuses. Je lui envie la force que lui donne le caractère prémédité de ses histoires.

 

- Ce Malaussène s’arrête sur un suspens. A quand la suite ?

 

Il est en train de l’écrire ! Au départ, ce ne devait être qu’un seul livre et il s’est acheminé rapidement vers deux tomes. Beaucoup d’éléments scénaristiques sont prêts mais le succès de ce nouveau Malaussène est une grosse pression pour Daniel. Je ne suis pas inquiet : il est sur les rails, il va avancer et nous aurons le deuxième tome dans quelques mois. Et qui sait, son histoire ne tiendra peut-être pas en deux tomes…

 

- Comment expliquez-vous le succès et la réception hors du commun de la saga Malaussène ?

 

Il y a chez lui quelque chose de positif et joyeux, que l’on trouvait très rarement dans la Série noire où les premiers Malaussène ont été publiés. C’est ce qui a tout de suite plu, débordant très vite le public habituel de cette collection. Ce qu’il montre de l’humanité n’est pas uniquement désespéré, amoché ou cabossé : les personnages vont de l’avant et n’oublient pas de rire ni de jouir.

 

Propos recueillis par Karine Papillaud

 

Suite de l'entretien avec Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur

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