"Où bat le cœur du monde" de Philippe Hayat - Explorateurs de la rentrée littéraire

mardi 03 septembre 2019

"Un livre émouvant, vibrant d’amour, qui m’a apporté un sentiment de plénitude que peu de romans m’ont fait ressentir."

"Où bat le cœur du monde" de Philippe Hayat - Explorateurs de la rentrée littéraire

C’est son deuxième roman, celui qui voit habituellement l’auteur chanceler ou se confirmer.

Où bat le cœur du monde, de Philippe Hayat (Calmann-Levy) est incontestablement une grande réussite.

 

Après Momo des Halles, prix du premier roman de Chambéry en 2014, le très dynamique entrepreneur Philippe Hayat montre qu’on peut avoir deux bosses, celle des affaires et celle de l’écriture.

Isabelle, quant à elle, en est définitivement convaincue.

 

L'avis d’Isabelle sur Où bat le cœur du monde, de Philippe Hayat

Où bat le cœur du monde est un bain de musique et d’amour qui m’a séduite dès les premières pages.

Darius, c’est un vieillard qui fait ses adieux à la scène, mais aussi un musicien paumé et drogué de New York et à l’origine, un enfant d’une communauté juive persécutée à Tunis. Pour l’amour de la musique, il va quitter son pays la Tunisie, briser le cœur de sa mère qui ne le laisse pas vivre sa passion, et s’engager dans l’armée américaine, pour peut-être, un jour, réussir une carrière de musicien dans le pays du jazz et du be-bop.

Et s’il est tous ces personnages à la fois, il est avant tout un musicien de génie qui a émerveillé les passionnés de jazz pendant des décennies.

 

Il y a une sensibilité extraordinaire dans les mots de Philippe Hayat, et son personnage de Darius le clarinettiste et saxophoniste, dont il retrace tous les âges de la vie, est d’une telle grandeur qu’il traverse avec dignité toutes les déceptions et les échecs, parce qu’il est un musicien blanc jouant une musique de noirs.

J’ai vécu intensément les moments éprouvants, la guerre, la ségrégation raciale, l’amour perdu d’une mère. Mais je me suis laissé porter par des instruments et des notes que je ne connaissais pas, en découvrant un monde lumineux qui a enflammé cette époque difficile.

C’est émouvant, vibrant d’amour et cela m’a apporté un sentiment de plénitude que peu de romans m’ont fait ressentir.

Et puis il a fallu éteindre la musique, mettre en sourdine ces airs de jazz enivrants, pour refermer, dans le silence, ce très beau roman.

 

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