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"Loin-Confins", au cœur de l'amour fusionnel entre un père et sa fille - Rentrée littéraire 2020

mercredi 16 septembre 2020

Elégant et poétique, le roman de Marie-Sabine Roger invite à ne jamais renoncer à la part de rêve...

"Loin-Confins", au cœur de l'amour fusionnel entre un père et sa fille - Rentrée littéraire 2020

Vous vous souvenez de La Tête en friche, publié en 2009, et de son adaptation cinématographique par Jean Becker ?

C’est Marie-Sabine Roger, déjà l’auteur d’une œuvre conséquente pour la littérature dite de jeunesse et les grands formats pour adultes. Loin-Confins (ed. du Rouergue) est le nouveau roman de cette écrivaine dont l’univers est peuplé de gens simples et bouleversants. Lucette, membre des Explorateurs de la rentrée littéraire 2020, est tombée sous le charme de cette histoire.

 

C’est l’histoire de l’amour fusionnel d’un père et de sa petite fille, amour qui se transformera mais durera tout au fil de leur vie.

Cette petite fille avait un père prodigieux, fantasque, à l’imagination sans limites. Il inventait pour elle seule un monde magique, fabuleux, où ils s’évadaient tous les deux.

 A 9 ans, tout s’écroule. Ce père merveilleux n’était en fait qu’un pauvre homme malade, hors normes, « zinzin » « maboule », « taré » disait-on. Fou disent les sages.  C’était 9 années de rémission, puis tout a craqué brutalement. Plus de monde merveilleux. Ou si peu.

En réalité c’était une vie de misère, une pauvre vie pour tous les autres. Les 6 frères ont supporté comme ils ont pu, puis ils ont fui. Tana les croyait «méchants ». Et la mère, elle a essayé d’improviser, elle a fait son boulot de mère, sans rien dire, juste en soupirant un peu de temps en temps. Son exutoire : le téléphone à ses copines. Son paravent : une certaine frivolité, qui cache son désespoir d’une vie massacrée.

Elle aurait voulu aimer cette petite fille.  Mais le père la lui a ravie avec ses fantasmes. Tana se croyait mal aimée. Bien plus tard, trop tard, Tana comprendra.

 

Quelle morale de cette curieuse histoire ?

Déjà tout simplement, il ne faut pas juger trop hâtivement sur les seules apparences. Les êtres sont souvent complexes.

Mais surtout une enfance heureuse est un trésor inestimable. Tana gardera toute sa vie l’empreinte de ce père un peu fêlé. On pense à Audiard « heureux les fêlés car la lumière passe au travers ». Et cette lumière va la guider toute sa vie. Elle l’aidera à devenir une femme libre et  heureuse.  Une « belle personne ».

Puis lorsque ce père tant aimé va se perdre « dans les sables mouvants de la démence sénile »  elle aura le courage de reprendre à  son tour la suite  de leur fabuleuse histoire, en revivant  avec lui ses beaux souvenirs d’enfance. Elle va réussir à « allumer encore quelques lueurs dans l’eau grise de ses yeux troubles ».   Belles pages émouvantes sur la fin de vie.

Et, ce qui conclut toute cette histoire, c’est qu’il faut toujours essayer de garder quelques miettes de rêve dans son raisonnable…  Merci Marie-Sabine de nous avoir fait sentir cela avec tant d’élégance, de poésie et de douceur.

En effet, je n’ai pas encore parlé du style de cette auteure que j’adore. C’est une grande créatrice de mots magiques, mais aussi la savante utilisatrice d’un riche vocabulaire, avec des coulées de synonymes, des métaphores originales et pittoresques. Mais tout en gardant des phrases courtes, précises, fluides.

Ce livre, on n’a pas envie de le ranger lorsqu’il est terminé. On a envie de le relire doucement pour en savourer encore quelques belles pages.

Merci Marie-Sabine !!!

Lucette Weiler

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