Lire la nouvelle saga ukrainienne "Une ville à cœur ouvert" de Zanna Sloniowska

lundi 15 janvier 2018

Lire la nouvelle saga ukrainienne "Une ville à cœur ouvert" de Zanna Sloniowska

Les éditions Delcourt nous proposent de découvrir un nouvel auteur, avec Une ville à cœur ouvert de Zanna Sloniowska.

Traduit du polonais par Caroline Raska-Dewez, cette saga moderne nous conte l’histoire de quatre générations de femmes en butte aux cahots politiques de leur pays. Ukrainienne d’origine polonaise, l'auteur Żanna Słoniowska est journaliste et traductrice. Elle est née à Lviv en 1978. Une ville à cœur ouvert, pour lequel elle a reçu le Conrad Award, est son premier roman.

 

L’avis de Geneviève :

Il n’est pas courant pour moi de lire des ouvrages de littérature étrangère. Żanna STONIOWSKA est la première romancière polonaise que je viens de lire à travers son roman "Une ville à cœur ouvert" traduit par Caroline RASZKA-DEWEZ, dans le cadre du Club des explorateurs de Lecteurs.com. J’en suis ravie.

Il s’agit de l’histoire de quatre femmes : Mémé Stasia, la grand-mère, Aba la mère, Marianna la fille et la narratrice qui est la petite-fille. Elles ont toutes une histoire hors normes, des destinées contrariées, mais surtout, le désir commun chevillé au corps d’une Ukraine émancipée de l’URSS. Car, l’Ukraine est bien le cinquième personnage et plus encore la ville de Lwów, initialement (en polonais), puis Lvov (en russe) et Lviv désormais (en ukrainien) qui représente l’évolution de cette région soumise à de nombreuses tensions : "Il aurait fallu deux villes en parallèle, avec deux noms différents, Lwów et Lviv. Est-ce qu’on y a seulement pensé à l’époque ? …. Mais il n’y en avait qu’une, c’est pourquoi la guerre a éclaté, séparant la ville en deux finalement."

Si j’ai lu ce roman sans m’ennuyer et parfois même avec plaisir, j’avoue que mon avis est malgré tout mitigé. J’ai aimé ces quatre femmes volontaires, engagées, fières, féministes, attachantes. J’ai aimé leurs destins tourmentés : Aba qui rêvait d’être artiste-peintre obligée par sa mère d’abandonner ce rêve pour des études de médecin ; Marianna, chanteuse arrêtée en plein vol dans son rêve d’indépendance pour son pays "Le jour de sa mort… sa mort était une couleur. Des hommes ont rapporté son corps à la maison, enveloppé dans un immense drapeau bleu ciel et jaune… à un endroit une tache sombre, sanglante, transparaissait." J’ai également apprécié les détails relatifs à l’histoire politique de l’Ukraine, ses temps difficiles, ses avancées et ses reculs, ses peines et ses chagrins.

J’ai déploré en revanche un manque de fluidité entre les chapitres et j’ai eu parfois l’impression que des "coqs à l’âne" cassaient le rythme du récit. J’ai, par ailleurs, été déroutée par une écriture qui m’a paru pesante, lourde, sans grande délicatesse. Je l’aurais souhaitée plus aérienne, plus simple peut-être.

Pour autant, "Une ville à cœur ouvert" reste une saga familiale et historico-politique agréable à lire.

Si vous deviez le conseiller :

Je conseillerais volontiers ce livre à tous ceux qui sont intéressés, qui se sentent concernés,  par l'histoire de l'Ukraine mais aussi aux fans de sagas.

© Geneviève Munier

 

L’avis d’Isabelle :

Quatre femmes vivent sous un même toit, mémé Stasia l’arrière-grand-mère, Aba, la grand-mère, Marianna la mère et la narratrice. Le roman s’ouvre sur la mort de Marianna, tuée par un snipper lors d’une manifestation de patriotes ukrainiens contre le pouvoir soviétique. Marianna est le pivot de cette histoire, le roman s’articule avant et après sa mort.

Nous découvrons peu à peu le destin contrarié de ces femmes qui à l’instar de la ville de Lviv où se situe l’action, se trouvent ballotées par des évènements qu’elles n’ont pas choisis. Je pense particulièrement à Aba qui se rêvait artiste peintre et a dû se contenter d’entreprendre des études de médecine.

J’étais très impatiente de découvrir ce livre reçu dans le cadre du Club des explorateurs organisé par lecteur.com. D’autant plus que j’y voyais une excellente occasion de découvrir la littérature polonaise qui m’est totalement inconnue. Seulement voilà, rien n’a fonctionné. Est-ce dû au manque de fluidité de la narration ou à mon ignorance totale de l’histoire Ukrainienne ? Je ne sais pas vraiment. Je pense qu’un repère temporel au début de chaque chapitre m’aurait aidée à la compréhension de ce texte.

Je me suis rapidement perdue dans cette lecture au point de la terminer « en diagonale ». De plus, mis à part quelques belles descriptions dans la première partie du livre, je n’ai pas été sensibilisée par l’écriture que j’ai trouvé assez sèche, peut-être un problème de traduction ?

Des rendez-vous ratés, il en existe dans ma vie de lectrice, il n’en reste pas moins que j’en éprouve à chaque fois un léger sentiment de culpabilité et de regret face au travail d’un auteur et d’un traducteur que je n’ai pas su aimer.

Il n’est pas dans mon caractère de rester sur un échec, aussi est-ce avec curiosité que je poursuivrai ma découverte de la littérature polonaise, qui j’en suis convaincue recèle certainement des pépites malheureusement méconnues en France.

 

Si vous deviez le conseiller : 

Je crois qu'il peut intéresser les lecteurs qui connaissent l'histoire de l'Ukraine et les évènement qui ont suivi l'effondrement du bloc soviétique.

© Isabelle PURALLY-BOISSEL

 

Merci à Isabelle et Geneviève pour ces deux avis, certes ce ne sont pas forcément des coups de cœur, mais bien la découverte d’une littérature méconnue et d’un nouvel auteur.

Ce qu’en disent Les échos : « Un plaidoyer vibrant pour une indépendance bien tempérée, qui respecte le métissage du passé. »

 

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