Les lectures de Blandine Rinkel

lundi 17 juillet 2017

Les conseils lecture des écrivains

Les lectures de Blandine Rinkel

Elle chante, elle danse, mais surtout elle écrit, et son premier roman, L’Abandon des prétentions (Fayard), sorti en janvier 2017, a fait sensation avant même sa parution, ce qui est toujours d’excellent augure dans le landerneau des lettres.

A 25 ans, Blandine Rinkel signe ainsi son premier ouvrage qui est aussi le « livre sur la mère », étape redoutée, souvent incontournable à bon nombre d’écrivains. Elle s’y emploie avec une langue délicieusement précise et sensuelle, sans que le refrain n’en soit jamais convenu, et un charme fou, littéraire s’entend. On ne réduira pas ce talent à son avenante physionomie.

Avec grâce, encore, Blandine Rinkel nous a ouvert le tiroir de ses lectures passionnées, avant de nous enjoindre à la rejoindre dans ses affinités romanesques, à travers quelques conseils bien sentis. On s’empressera surtout de la lire, si ce n’est pas déjà fait.

 

 

Que lisez-vous cet été, Blandine Rinkel ?

Il y a ça de bien avec l’été que les polémiques de l’actualité nous laissent un peu en paix — et je profite de ces mois pour lâcher les essais et la littérature « à thème » pour m’adonner à des romans plus strictement romanesques, plus magiques ou métaphysiques sans doute, longs, dans lesquels on peut s’immerger. Je viens de finir Les rêveuses de Frédéric Verger (qui sort à la rentrée), ainsi qu’ Arden, son précédent — deux romans de 400 pages, bourrés d’images affolantes, nerveuses et étonnantes, des espèces de contes monstrueux, j’ai adoré. Impression d’être partie en vacances avec lui et sa malice nostalgique tant c’est une écriture qui m’est sympathique.

Aussi romanesque mais plus moderne sans doute, je viens de relire Un amour d'espion, de mon ami Clément Bénech, qui parait en août et brille. Pour le reste, j’ai apporté avec moi au Danemark plusieurs Kafka, dont son journal que je veux lire depuis très longtemps. Et comme tous les étés, je feuillèterai sans doute Nabokov, roi de la littérature estivale, en me souvenant que la libre sensualité que je suis toujours surprise de redécouvrir l’été est contenue là, depuis cinquante ans, dans chacun de ses romans.

 

Quelles lectures conseillez-vous à nos lecteurs ?

Ada de Nabokov, donc, à lire dans un champ, dans une forêt, à la mer, n’importe où en extérieur, puis la nuit encore, avec un verre d’alcool ou de lait, jusqu’à ce que la fatigue l’emporte et que le roman se poursuive en rêve. Plus léger et tout aussi libre, La Crucifixion rose de Henry Miller, ou sa correspondance avec Lawrence Durrell, si vivifiante, qui donne envie de faire l’amour et de ne plus jamais dormir. Sinon Joan Didion, éventuellement en V.O, qui se prête très bien aux voyages. Et plus récent, le très beau N’être personne de Gaëlle Obiégly paru en Janvier chez Verticales, qui déstabilise et console.

 

 

Propos recueillis par Karine Papillaud

 

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