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Les Correspondances de Manosque démarrent en trombe avec Enki Bilal en ouverture

jeudi 24 septembre 2020

L’auteur de BD, peintre et réalisateur raconte son énigmatique « Nu avec Picasso »

Les Correspondances de Manosque démarrent en trombe avec Enki Bilal en ouverture

Les Correspondances de Manosque sont lancées malgré les difficultés liées à la situation sanitaire, et ce n’est pas un mince exploit pour ce rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire. Bien sûr, les discours inauguraux insistent sur l’importance des mesures en place et on ne peut qu’encourager tous les visiteurs à respecter ces protocoles, par solidarité d’abord, et ensuite dans l’espoir que cela permette à d’autres événements culturels d’exister à l’avenir.

 

Pour ouvrir ces Correspondances, un invité de marque : Enki Bilal, venu présenter son intrigant Nu avec Picasso, publié dans la collection « Ma nuit au musée » des Editions Stock.

Auteur de bande dessinée, peintre, réalisateur, Enki Bilal captive l’assistance manosquine par la richesse de son imaginaire mais aussi son franc-parler. Il nous raconte ainsi les coulisses de cette nuit au musée  - sans alcool, regrette-t-il mi-frustré, mi-amusé – et explique avoir en réalité réinventé cette expérience a posteriori, au moment de l’écriture.

Il est donc à nouveau question de mémoire dans l’œuvre de Bilal : « dans mon album Bug, j’étais encore dans la thématique de la mémoire, mais sans m’en rendre compte : il a fallu qu’on me le dise » ! Cette fois-ci, l’artiste « s’invente » donc des souvenirs avec Picasso, « peintre si incontournable qu’on le connaît avant même d’avoir vu sa peinture ». Enki Bilal insiste sur le rôle qu’il attribue à la muse Dora Maar : « Elle a été l’œil de Picasso, j’en suis convaincu. Un artiste, seul, ne peut pas s’en sortir. »

Picasso est-il pourtant son peintre favori ? Si le dessinateur né à Belgrade l’admire, il aime par-dessus tout un autre maître espagnol, Goya, lui aussi convoqué dans son récit. Enki Bilal s’y délecte même de « l’odeur rance de l’huile de Goya », et ajoute au passage : « j'ai l'impression d'avoir une meilleure mémoire olfactive que visuelle. C'est mieux pour un artiste, cela laisse de la place à l'imaginaire ! »

 

Interrogé sur la science-fiction dont il semble provisoirement s’éloigner, Enki Bilal s’explique : « Avant, les gens disaient "la science-fiction, c'est ce qui ne peut pas arriver." Ils ne le disent plus car c'est arrivé ! J’ose affirmer qu’on y est, et c’est une façon de dire que désormais ça nous concerne tous. »

D’ailleurs, Bilal n’hésite pas à défendre avec passion cette SF qu’il a tant aimée et si magistralement illustrée : « Pourquoi la science-fiction est-elle méprisée ? On croit que c’est de l’imaginaire, enfantin, moins profond. C’est faux ! L’auto-fiction, ce serait plus fort ? Mais non, c’est de la paresse ! ».

Si Enki Bilal reconnaît qu’il y a un zeste de provocation dans sa formule, on retiendra avant tout qu’il défend ici plus que jamais un droit au rêve et à la création, lui qui conclura cette belle rencontre en revenant à son face-à-face nocturne avec Picasso : « Vous savez, en l’écrivant, j'ai fini par croire que j'avais vraiment vécu cette nuit… »

 

Pour tout savoir sur les Correspondances de Manosque qui se déroulent du 23 au 27 septembre 2020, rendez-vous sur le site officiel du Festival.

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