Le roman nigérian qui a conquis la rentrée littéraire

lundi 17 septembre 2018

L'amour impossible de deux jeunes filles dans un pays ravagé par la guerre

Le roman nigérian qui a conquis la rentrée littéraire

Nos explorateurs ont traversé la rentrée littéraire dès cet été et nous vous proposons de découvrir parmi leurs meilleures chroniques.

Cette semaine, Marie-Julie Peters a lu Sous les branches de l’Udala, de Chinelo Okparanta (Belfond, trad. Carine Chichereau).

L’écrivain nigériane raconte la vie d’une petite fille dans les années 70 jusqu’à l’âge de femme, dans un pays ravagé par les guerres et contenu dans une culture religieuse très fermée aux amours homosexuelles.

Le roman a tout de suite conquis la rentrée littéraire, Marie-Julie l’a lu en avant-première pour lecteurs.com.

Karine Papillaud

 

Pendant la guerre civile au Nigéria, Ijeoma, onze ans, perd son père, et sa mère se retrouve alors complètement démunie. Cette dernière envoie donc sa fille à l’abri chez des amis qui l’emploieront comme bonne. Là-bas, elle rencontre Amina et en tombe amoureuse. Mais, dans le Nigéria très conservateur des années 70, l’homosexualité est perçue comme une abomination et Ijeoma va devoir se soumettre et refouler ses désirs.

Je lis très peu de littérature africaine, j’étais donc ravie de pouvoir découvrir ce premier roman d’une jeune auteure nigériane en avant-première. Dès les premières pages et malgré mes petites lacunes historiques, j’ai été happée par l’histoire poignante d’Ijeoma à laquelle il est impossible de ne pas s’attacher. D’un style fluide et grâce à des chapitres courts, Chinelo Okparanta nous embarque de manière magistrale dans son pays natal. J’ai trouvé l’intrigue remarquablement maîtrisée pour un premier roman. À travers l’histoire particulière d’Ijeoma, l’auteure aborde les difficiles relations inter-ethniques, le poids de la religion dans la société nigériane et la guerre du Biafra. Mais surtout, elle dénonce le fait que l’homosexualité soit taboue et considérée comme un délit passible de la lapidation.

Certes, le roman se passe dans les années 70 mais rien n’a changé aujourd’hui et l’homosexualité est encore violemment réprimée dans le pays. J’ai beaucoup aimé la manière subtile dont l’auteure s’est intéressée à ces sujets sociétaux importants par le biais du récit. J’ai découvert un pays gangréné par la peur de l’autre et l’omniprésence de la religion. On sent que l’auteure sait de quoi elle parle et cela ne rend le roman que plus réaliste.

Il s’agit également d’un formidable roman d’apprentissage dans lequel Ijeoma découvre l’amour et des sentiments très forts mais aussi la violence et l’intolérance. Elle va devoir se construire dans ce pays hostile à son identité, à ce qu’elle est au plus profond d’elle-même et lutter contre l’adversité pour espérer s’épanouir un jour. Une ode à l’espérance !

Bref, cette pépite de la rentrée littéraire fut une excellente surprise. D’une belle plume, l’auteure nous livre un roman puissant dont il faut également souligner l’excellente traduction de Carine Chichereau.

© Maju Twin Books

 

Photo by Noah Buscher on Unsplash

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