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"La race des orphelins", un récit fort, aux mots percutants !

Un roman sur une page d’histoire trop souvent méconnue.

"La race des orphelins", un récit fort, aux mots percutants !

Nathalie Chartier, un des membres de notre Cercle livresque, a chroniqué pour nous La race des orphelins d’Oscar Lalo ( Belfond)

 

La seconde guerre mondiale, comme toutes les guerres, charrie son lot d’atrocités, de barbarie ; si nous avons tous en mémoire la Shoah, les camps, l’extermination à grande échelle d’un peuple, les Lebensborn restent dans l’ombre. Que sont devenus tous ces enfants, ces orphelins à la fin de la guerre ? L’une d’elle magnifiquement incarnée par l’auteur, Oscar Lalo, livre son histoire : Hildegard, soixante-seize ans a choisi de parler. Elle se confie à un scribe chargé de reconstruire son passé, un journal intime par personne interposée. Son passé et son présent renaissent. Hildegard et tous ces enfants ont supporté une double peine. En effet, ils n’ont pas de passé, d’identité et de filiation et ils n’ont pas de place dans un monde nouveau où l’idéologie nazie est bannie.

 

Elle nous plonge dans un monde terrifiant où des enfants rejetés et maltraités, au passé honteux enfoui dans l’oubli et au présent sans avenir, payent le prix fort car ils incarnent à jamais le régime nazi. « Nous sommes la vitrine d’une boutique qui représente le mal absolu, l’échantillon toujours en vie de l’Allemagne nazie » résume Hildegard.

 

Le récit est fort, les mots d’Hildegard percutent. La forme du texte, petits paragraphes qui se succèdent, contribue à cet effroi – une construction qui peut surprendre au départ mais qui insuffle un vrai rythme. A noter que le texte est par ailleurs très documenté. J’ai particulièrement été atterrée par le sort réservé à ces enfants et notamment la description des orphelinats abandonnés que les américains découvrent à la libération. Les SS et les puéricultrices n’avaient pas hésité à prendre le large laissant sur place des bébés et de très jeunes enfants sans soin, sans alimentation.

 

C’est un texte glaçant et émouvant sur une page d’histoire trop souvent méconnue qu’il m’a été donné de lire et que je n’oublierai pas. J’ai d’ailleurs prolongé la quête d’Hildegarde en fouillant sur le net les photos d’archive et les quelques témoignages de ces orphelins sacrifiés.

 

© Nathalie Chartier

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