"La Nuit du mal" : de l'art de conjuguer Histoire et thriller ésotérique

lundi 24 juin 2019

Avec le deuxième volet de la Saga du Soleil noir, Ravenne et Giacometti captivent plus que jamais

"La Nuit du mal" : de l'art de conjuguer Histoire et thriller ésotérique

Ceci est une suite qui n’est pas une suite : on aura pu, et c’est vivement conseillé, commencer la saga du Soleil noir avec Le Triomphe des ténèbres (JC Lattès), mais on peut enclencher cette Nuit du mal qui en est le tome 2 sans handicap : les habitués le savent, les romans de Giacometti et Ravenne se dégustent sans préambule.

 

On se retrouve en novembre 1941, quelques semaines avant le bombardement de Pearl Harbor, au moment où l’Allemagne est sur le point de gagner la guerre. La quête des swastikas sacrées n’a jamais été aussi intense, aussi bien du côté des sbires de Himmler que des agents secrets de Churchill. Il s’agit là de retrouver la troisième swastika qui pourrait faire basculer la guerre. Tout repose sur cet agent double si trouble, Tristan Marcas, associé à la belle archéologue allemande, Erika. Contre eux, le commander Malorley du SOE britannique va dépêcher une résistante française, Laure, rencontrée dans le tome 1, et un officier du renseignement naval, un certain Ian Fleming.

Les pions sont tous sur l’échiquier, la partie peut-elle commencer ? Pas tout à fait, car il manque une clef, que les deux romanciers Jacques Ravenne et Eric Giacometti iront chercher dans la jeunesse d’Hitler.

 

L’histoire semble compliquée, mais elle ne l’est pas pour le lecteur qui saute, sans se perdre, dans les époques et la géographie par la grâce d’une construction totalement maîtrisée. On imagine en revanche quel boulot il a fallu fournir pour élaborer une histoire aussi bondissante, de Londres à Berlin en passant par la Crète et Venise. Une histoire servie par des personnages de plus en plus affinés, tel Tristan Marcas, l’énigmatique agent double du premier tome qui commence ici à révéler sa personnalité et ses déchirements. Si Marcas se dessine de mieux en mieux, interviennent également des personnages nouveaux, directement inspirés de l’ésotérisme celte, de l’Histoire ou de l’imagination des auteurs, à l’instar de la fée écarlate qui travaille étroitement avec le sulfureux Aleister Crowley, dernier grand mage britannique, ou Ian Fleming, ce passionnant personnage historique qui semble sorti des romans de… James Bond.

 

Avec leur art subtil de bâtisseurs de romans à intrigue, Giacometti et Ravenne entrainent dans une superproduction tissée d’Histoire et d’ésotérisme dont on n’a pas envie de sortir. Outillés comme à leur habitude d’une sérieuse documentation et d’une enquête historique irréprochable, ils parviennent par la fantaisie de la fiction à montrer de façon vivante et intelligente dans La Nuit du mal, comment l’Histoire, cette matière faite d’actions, de choix et de pulsions parfois, est à son origine ce qu’on appelle la politique, avec tout le mépris que ce mot inspire aujourd’hui. Mais ils racontent essentiellement une histoire originale, infidèle mais plausible, qui laisse ouvertes les portes du réel sur l’imaginaire, et un peu plus loin encore.

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