La bibliothèque idéale de Victor Jestin

mardi 15 octobre 2019

Quels sont les livres conseillés par le jeune et talentueux auteur de "La chaleur" ?

La bibliothèque idéale de Victor Jestin

Avec La chaleur et à seulement 25 ans, Victor Jestin signe l’un des romans les plus remarqués de cette rentrée littéraire.

A la fois moite et glaçant, ce premier roman intense enferme le lecteur avec son narrateur au milieu d’un camping plongé dans la torpeur estivale.

 

« Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »

C’est sur ces premiers mots que s’abat sur nous La chaleur (éditions Flammarion), mais avant cela, il y a eu les lectures qui ont marqué ce jeune auteur, dont nous avions très envie de connaître la bibliothèque idéale.

Rencontré à Manosque dans le cadre du festival des Correspondances, Victor Jestin a eu la gentillesse de concocter pour vous cette liste de 10 romans. Des conseils avisés qui renferment peut-être également quelques clés permettant de comprendre les secrets de La chaleur

  • Les 10 livres de la bibliothèque idéale de Victor Jestin

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      Couverture du livre « Le livre de l'intranquillité » de Fernando Pessoa aux éditions Christian Bourgois

      Le livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa

      « Les yeux me brûlent d’avoir pensé à pleurer. La vie me fait mal à petit bruit, à petites gorgées, par les interstices. Tout cela est imprimé en caractères tout petits, dans un livre dont la brochure se défait déjà. »
      Pour accompagner la dépression et les lendemains difficiles. Le fond du gouffre, sur lequel rebondir pour remonter à la surface.

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      Couverture du livre « Jules renard - journal » de Jules Renard aux éditions Robert Laffont

      Jules renard - journal de Jules Renard

      « Si l’on m’annonçait la mort de mon père entre deux strophes de Victor Hugo, je dirais : Attendez »
      Pour l’humour du vieux Renard, à hauteur d’homme, avec toutes ses bassesses et ses peurs.

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      Couverture du livre « Woyzeck » de Georg Buchner aux éditions Christian Bourgois

      Woyzeck de Georg Buchner

      « Nous avons un beau temps, mon capitaine. Vous voyez, ce ciel d’un gris ferme, ça donne envie d’y enfoncer une bûche et de s’y pendre »
      Pour les fulgurances à chaque réplique, la densité d’un texte aussi ramassé.

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      Couverture du livre « Du monde entier ; dix-neuf poèmes élastiques » de Blaise Cendrars aux éditions Gallimard

      Du monde entier ; dix-neuf poèmes élastiques de Blaise Cendrars

      « En ce temps-là j’étais en mon adolescence, j’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance »
      Pour l’envie bien concrète de voyager, de vivre, que procurent ces poèmes.

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      Couverture du livre « Lumière d'août » de William Faulkner aux éditions Gallimard

      Lumière d'août de William Faulkner

      « Il quitta la véranda sombre, entra dans le clair de lune et, la tête sanglante, l’estomac vide, brûlant, sauvage et brave sous l’effet du whiskey, il s’engagea dans cette rue dont il ne devait voir le bout que quinze ans plus tard »
      Pour la complexité de sa structure.

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      Couverture du livre « Mort à crédit » de Louis-Ferdinand Celine aux éditions Gallimard

      Mort à crédit de Louis-Ferdinand Celine

      « Je pourrais moi dire toute ma haine. Je sais. Je le ferai plus tard s’ils ne reviennent pas. J’aime mieux raconter des histoires. J’en raconterai de telles qu’ils reviendront, exprès, pour me tuer, des quatre coins du monde. Alors ce sera fini et je serai bien content »
      Pour la découverte de l’oralité d’un texte, et donc l’envie, pour la première fois, de lire à voix haute, ou plus exactement à voix basse.

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      Couverture du livre « Capitaines des sables » de Jorge Amado aux éditions Gallimard

      Capitaines des sables de Jorge Amado

      « Sous la lune, dans un vieil entrepôt abandonné, les enfants dorment. Autrefois ici c’était la mer »
      Pour l’alliance de l’onirisme et du regard social.

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      Couverture du livre « Les Frères Karamazov » de Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky aux éditions Bibebook

      Les Frères Karamazov de Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky

      « Mais alors, que deviendra l'homme, sans Dieu et sans immortalité ? Tout est permis, par conséquent tout est licite ? »
      Pour le vertige et l’humilité qu’en procure la lecture, mais ce pourrait être un autre roman de Dostoïevski, n’importe lequel.

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      Couverture du livre « Notre-Dame-des-Fleurs » de Jean Genet aux éditions Gallimard

      Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet

      « Notre-Dame-des-Fleurs fait ici son entrée solennelle par la porte du crime, porte dérobée, qui donne sur un escalier noir mais somptueux. Notre-Dame monte l’escalier, comme l’ont monté bien des assassins, n’importe lequel. Il a seize ans quand il arrive au palier »
      Pour cette syntaxe si particulière qu’elle donne envie de l’imiter, en vain, et force ainsi, en s’en défaisant, à chercher sa propre voix.

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      Couverture du livre « Une histoire de la musique » de Lucien Rebatet aux éditions Robert Laffont

      Une histoire de la musique de Lucien Rebatet

      « Car l’effort a toujours été nécessaire pour pénétrer dans la musique, pour la vivre ; c’est à ce prix seulement qu’elle révèle ses beautés »
      Pour la radicalité, l’insolence et l’érudition de ce livre énorme sur la musique.

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