"La baleine thébaïde" de Pierre Raufast

vendredi 06 janvier 2017

Rentrée littéraire janvier 2017 Alma éditeur

"La baleine thébaïde" de Pierre Raufast

Le Club des Explorateurs permet chaque semaine à deux lecteurs de lire un même titre et de confronter ainsi leur point de vue.

 

Cette semaine, Virginie et Delphine ont lu La baleine thébaïde de Pierre Raufast sorti le 5 janvier chez Alma éditeur.

 

L’avis de Virginie :

Pierre Raufast sort en cette rentrée littéraire de janvier son troisième roman chez Alma éditeur après La fractale des raviolis (2014) et La variante chilienne (2015).

Dans ce nouvel opus, aussi fascinant et jubilatoire que les deux premiers, Pierre Raufast a choisi d’aborder le thème de la solitude à travers le jeune Richeville. Après plusieurs années d’études à l’ESSEC de Cergy-Pontoise, l'idéaliste Richeville ne souhaite pas se lancer dans le business. Il tombe sur une annonce pour être mousse sur l’Hirundo, un bateau de recherches scientifiques affrété par le cruel Dr. Álvarez, et décide de se lancer. La mission dévolue à l’équipe est de suivre la baleine 52 Hz. Cette baleine, découverte pour la première fois en 1989 mais jamais aperçue, intrigue le milieu scientifique en raison de son chant particulier. En effet, elle émet un chant d’amour de 52 Hz alors que les autres baleines oscillent entre 12 et 25 Hz. Cette particularité la condamne à la solitude. Richeville se prend de passion pour cette mission mais rien ne se déroule comme il l’espérait. Cette mission scientifique est le point de départ d’une série d’aventures extraordinaires, drolatiques mais aussi bien sombres où l'on rencontre un sculpteur de « Vierges » Marie, où on évoque le projet « Popeye » et la conférence d’Asilomar, où on suit l’ascension et la chute d’une start-up de baleines etc.

 

Pierre Raufast raconte une multitude d’anecdotes scientifiques, aussi bien dans l’informatique, les sciences ou les mathématiques. C’est un roman très documenté où les faits véridiques se mêlent à l’imagination bouillonnante de l’auteur. Le monde des sciences est rendu accessible, captivant grâce à une écriture fine et malicieuse de l’auteur. La patte raufastienne est reconnaissable avec une construction narrative très élaborée, renforcée d’autant plus par l’ambiance un peu polar adoptée dans ce roman. On y retrouve toujours autant cette folie, ce ton facétieux, l’humour à froid et surtout cette sensibilité et poésie. L'auteur offre aussi à tous ses lecteurs de la première heure une foule d’explications et de clins d’œil complices sur ses deux premiers romans : on retrouve ainsi la fameuse « inadvertance », les rats taupes, le rhum vénézuélien, le capateros, le syndrome Sheridan, les pluies diluviennes à Rambarane… Ces ajouts, toujours judicieusement placés, forment des sortes de mises en abyme… encore une histoire de fractales renforcée par l'emboîtement des différentes histoires des personnages.

Au fil du temps et de ses romans, l’auteur construit une œuvre riche, originale, sincère où l’imagination n’a pas de frontières mais où le réel est cependant bel et bien présent. Pierre Raufast est un auteur qui repousse sans cesse les limites du possible en mélangeant tout, en osant tout, tout en étant ancré dans notre monde (un peu) morose, (un peu) effrayant, (un peu) cynique. Les différentes aventures narrées permettent des critiques sur le sentiment de toute puissance des hommes à travers les sciences mais aussi des critiques sur notre monde consumériste et peu écologique. Ce sont ces aspects lancés, mine de rien, qui font la richesse et la subtilité du récit.

 

© Virginie Vertigo

Pour découvrir vos prochaines lectures, vous pouvez suivre Virginie sur lecteurs.com.
Vous pouvez également découvrir son blog Les lectures du mouton

 

L’avis de Delphine :

 

Je tiens tout d'abord à remercier Alma éditeur et lecteurs.com pour l'envoi de ce roman dans le cadre du club des Explorateurs. De quoi ça parle?

Cela parle d'une baleine et d'un tas d'autres choses voilà... Je plaisante, il est toujours plus facile d'écrire une chronique sur un livre que l'on a peu ou pas apprécié et ce n'est pas le cas de celui-ci.

Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast nous emmène prendre le grand air en pleine mer, enfin au début. Pour ceux qui connaissent cet auteur vous savez qu'il sait manier les histoires comme des contes et les lient d'une façon inattendue. Pour les autres imaginez le monde des poupées à Disneyland, à bord du bateau vous découvrez des décors qui vous transportent de pays en pays.

Eh bien ce roman vous emmène d'histoires farfelues en histoires encore plus farfelues avec une facilité déconcertante. Moi qui aime les choses structurées et cohérentes , la découverte d'un livre de cet auteur est ma parenthèse littéraire enchantée de l'année et ce depuis trois ans maintenant.

Le personnage central de ce roman appelé Richeville va mener tout au long de son aventure une quête d'identité et un combat final inattendu. On se prend très vite d'amitié pour cet homme un peu perdu, peu sûr de lui et naïf. On ouvre les yeux aussi sur le monde technologique qui nous entoure.

J'ai passé trois heures en compagnie d'une baleine et croyez moi c'est une sensation sans pareil.

 

© Delphine Poussin

 

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