Embarquer pour Alger avec "Une vie de pierres chaudes" d’Aurélie Razimbaud

lundi 24 septembre 2018

Ce premier roman est un souffle qui emporte le lecteur !

Embarquer pour Alger avec "Une vie de pierres chaudes" d’Aurélie Razimbaud

Cette semaine, nous avons proposé à Christine Zottele  et Sandrine Blicq deux fidèles lectrices de découvrir Une vie de pierres chaudes, le premier roman d’Aurelie Razimbaud.

 

 

L’avis de Sandrine Blicq :

Rose, bourgeoise à Alger dans les années 60 et 70, qui rêve d’un bonheur parfait et de danses. Louis, regard noir et flou, plongé dans sa souffrance, dans sa culpabilité. Tentant de faire de son mieux, détruisant beaucoup malgré tout.

L’Algérie, sa souffrance, cette indépendance acquise au prix de tortures et d’horreurs inimaginables.  

Les secrets qui bouffent les liens, les cauchemars, et les sursauts d’humanité qui libèrent quelques bouffées d’air.

La première partie nous narre ce que l’on voit. La seconde nous emmène plus en profondeur, nous révèle les déclencheurs, nous rappelle l’incroyable construction des sentiments, des émotions.  Nous invite à découvrir une Rose moins futile, perdue, un Louis doux et inquiet.

Un roman sur la révolte aussi, surtout !

Quel roman que ce premier roman d’Aurélie Razimbaud. Un souffle qui emporte le lecteur et l’empêche de s’arrêter de lire !

Une auteure que je vais suivre à coup sûr tant j’ai aimé cette plume, ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas aussi.

Merci à lecteurs.com, à son opération Explorateurs et à Albin Michel pour l’envoi de ce roman.

 

© Sandrine Blicq

 

L’avis de Christine Zottele :

Le titre de ce roman est tiré d’un texte de Camus, « Noces à Tipasa », dont l’auteure Aurélie Razimbaud reproduit un extrait en exergue. Les pierres chaudes sont celles des rivages méditerranéens, Alger ou Marseille, les principaux lieux de l’histoire. L’extrait de Noces n’est donc pas choisi par hasard mais on n’en comprend vraiment la portée qu’à la fin du roman. Quant à la chronologie du récit – événements se déroulant de 1959 à 1998 – elle n’est pas linéaire et s’offre comme un puzzle à reconstruire.

 

Je dois confesser que mon ressenti à la lecture des deux parties est très contrasté. Dans la première, on suit plutôt le point de vue de Rose après l’Indépendance de l’Algérie, qui entre dans l’âge adulte avec toute son innocence et sa fraîcheur. Elle boit du champagne comme les amis de son âge mais se distingue des autres parce qu’elle danse jusqu’au matin et nage beaucoup trop loin, c’est un peu Scarlett O’Hara transposée aux soirées de l’Ambassadeur. Entre bals et bains de mer, elle est attirée par deux hommes un peu plus âgés, Antoine et Louis, qui eux, ont faire cette sale guerre. Elle choisit d’épouser le plus mystérieux, le plus dur et le plus sauvage, Louis. Cette partie – que pardonnez-moi je qualifierais d’ « à l’eau de Rose » –  m’a un peu agacée par quelques images stéréotypées ainsi que des passages un peu trop faciles : Louis ne dégustait les derniers morceaux ; il saisissait la viande par chaque extrémité de l’os et la déchiquetait en retroussant les lèvres, avec de petits mouvements secs de la mâchoire. Rose étudiait chacun de ses gestes comme si elle allait chercher à les reproduire un par un. Elle était tour à tour ce morceau de viande serré entre ses dents et sa bouche remplie de chair et de sang. Bien sûr, Rose va souffrir par cet homme aux yeux noirs, qu’on devine violent et cruel. Cependant, quelques jolis passages sur la mer, le ciel et la lumière cependant me pousse à poursuivre la lecture.

 

Tout bascule à partir de la deuxième partie parce que tout ce que l’on « devinait » ou croyait savoir est faux. Le mystère de Louis petit à petit se dévoile, c’est son point de vue qui est privilégié – Rose étant privée de ses souvenirs par la maladie. Elle ne reconnaît plus sa fille Violette, ni sa petite fille Iris. Deux nouveaux personnages apparaissent dont je ne dévoilerai rien sous peine de spolier la surprise. Le récit gagne en puissance jusqu’à la péripétie finale et je suis sortie bouleversée de cette lecture. D’autant plus que la dédicace initiale À toi qui ne liras jamais ce livre laisse penser qu’il y a un fond autobiographique, mais ça seule l’auteure pourrait nous le préciser.

 

© Christine Zottele

 

Vous avez aimé ces chroniques qui vous ont donné envie de lire Une vie de pierres chaudes ?

N’hésitez pas à suivre Christine Zottele  et Sandrine Blicq pour découvrir vos nouvelles lectures.

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