Elle marchait sur un fil de Philippe Delerm

vendredi 30 mai 2014

Le fil et le fils

Elle marchait sur un fil de Philippe Delerm

Romancier, nouvelliste et auteur de poèmes en prose, Philippe Delerm est né en 1950 à Auvers-sur-Oise. En 1997, son opuscule, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, rencontre un grand succès et est adapté au théâtre, en 2009. Son dernier roman, Elle marchait sur un fil, est tout en subtilité…et d'une délicate poésie.

 

 

 

 

 

 

Marie vient d'être quittée par Pierre, son compagnon. Une rupture sans heurts qui a su préserver une bienveillante tendresse et La petite Roquette, cette "maison où ils ont été heureux ensemble" et où elle retourne seule, le temps d'un été.
Et doucement, avançant vers son nouveau demain, Marie réveille ses hiers endormis.
Par petites touches impressionnistes, Philippe Delerm, pose des instants de vie qui dessinent de grands regrets, d'immenses incompréhension et d'abyssales frustrations… qu'il est temps de combler.
Alors Marie, qui a poussé son fils dans la voie du théâtre, avant qu'il n'abandonne pour se consacrer avec sa femme Sarah à la décoration d'intérieur, voit une formidable occasion de réaliser son rêve avec le groupe de jeunes comédiens qui vient d'emménager dans la maison voisine de la sienne.

Olivia, Louise, Jeanne, Joseph et Mickaël, qui ont une vingtaine d'années et aspirent tous à brûler les planches, insistent pour que Marie les conseille "Marie, cela nous ferait tellement plaisir si vous veniez nous voir répéter un de ces jours… (…) Et puis, je crois que ça pourrait nous porter chance !". Et de regards en conseils "Le spectacle – déjà ils disaient le spectacle – leur apparut comme une évidence".
La pièce s'appellera Le fil, celui que l'on tire, celui sur lequel Marie est en équilibre. Entre fragilité et obstination, dans son irrépressible désir de création théâtrale, elle emporte dans le sillage de son enthousiasme Léa, sa petite-fille.

Et le fil se déroule, laissant apparaître les déchirures intimes d'une famille, où il y a pourtant tant d'amour, tandis que le quotidien s'écoule dans une solide permanence : Agnès et sa galerie-restaurant, André et sa passion pour Proust qui mourra à La petite Madeleine, la maison de retraite où il faisait semblant d'être bien et Clémence Valadier sa découverte littéraire qui prend de l'assurance.

Agathe Bozon

Photo : AFP/Etienne de Malglaive

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