Découvrir Venise et ses artistes avec "Concours pour le Paradis", le premier roman de Clelia Renucci

lundi 08 octobre 2018

Dans la Venise du 16ème siècle, après la destruction d'une partie du palais des Doges...

Découvrir Venise et ses artistes avec "Concours pour le Paradis", le premier roman de Clelia Renucci

Vous aimez Venise et ses artistes du 16ème siècle ? Vous aimez les livres qui vous racontent des histoires ? Alors vous aimerez vous aussi découvrir Concours pour le Paradis, le premier roman de Clelia Renucci.

 

Nous avons demandé à deux lectrices de nous donner leur avis sur ce voyage dans le temps, dans cette Venise en pleine mutation…

 

L’avis de Marie Kirzy :

Dès les premières pages, on est happé dans la Venise de la Renaissance, Venise au sommet de sa gloire après sa victoire retentissante de Lépante face aux Turcs ottomans. 1577, le palais des Doges brûle. Un concours pictural est lancé pour peindre une toile monumentale dans la salle du Grand Conseil, le Paradis … seulement achevé en 1592 !

De la masse de documentations qu'elle a du avaler dans les archives de Venise pour débusquer les détails passionnants de ce rocambolesque concours pictural, Clélia Renucci n'en a extrait que la vie, la chair, les passions bouillent sous sa plume alerte. 
Sous nos yeux, surgissent toute une farandole de personnages haut en couleurs, patriciens, doges, mécènes, courtisanes et bien sûr peintres prêts à tout pour remporter ce concours. Tout particulièrement, Le Tintoret et Véronèse, tout deux au sommet de leur gloire et se vouant une haine tenace, chacun incarnant une façon de vivre leur métier d'artiste radicalement opposée : au Tintoret, austère, bougon, adsorbé par son travail au point de verser dans la paranoïa s'oppose un Véronèse, charmeur, mondain, jouisseur. 

On prend énormément de plaisir à déambuler dans le roman-feuilleton de la genèse de cette toile qui court sur 25 ans. Et quelle ironie que peindre le Paradis révèle en fait toute les bassesses humaines : 

- Les rivalités politiques entre Rome et Venise, cette dernière cherchant à protéger son indépendance, ses valeurs, sa vision du monde et de la société alors que la Rome des papes du Concile de Trente pousse à la norme en envoyant l'Inquisition et ses jésuites traquer toutes les traces d'hérésie potentielle dans les œuvres picturales vénitiennes.

- Les rivalités entre patriciens, chacun mécène d'un peintre et voyant dans le triomphe de leur poulain le reflet de leur propre réussite, avec à la clef toutes les manoeuvres de l'ombre pour manipuler les décisions voire les faire changer.

- Les rivalités entre peintre lorsque l'auteur nous dévoile de truculentes anecdotes de plagiat ou de harcèlement subtil pour obtenir une commande à la place de son concurrent.

- Les rivalités au sein des familles, chaque peintre étant soit un patriarche à la tête d'un atelier familial mené de façon autoritaire ou un fils étouffant sous la coupe d'un père écrasant et rêvant d' une gloire toute individuelle.

Au final, il m'a juste manqué un peu de folie pour décoiffer ce premier roman réussi mais très sage pour lui donner un souffle romanesque plus puissant et inoubliable.

 

© Marie Kirzy

 

L’avis de Haros :

Ce roman nous plonge dans la Venise du 16ème siècle et démarre par un événement qui a détruit une partie du palais des Doges. Les plus belles toiles ont été détruites dont celle du Paradis. Afin de sélectionner le peintre qui aura la charge de peindre une nouvelle toile du Paradis, les politiques décident d'organiser un concours afin de sélectionner le peintre qui aura cette tâche de grande importance à la fois artistique et politique (les deux étant très liés).

Ce concours s'étale donc sur plusieurs années et oppose les plus grands peintres notamment Véronèse et Tintoret.  

 

L'auteure, Clélia Renucci, nous présente une Venise en mutation politique avec pour toile de fond la bataille artistique des peintres. Si la première partie du roman est plus axée sur le peintre Véronèse et sa vie de noceur, la décision du concours, la sélection des peintres, et la jalousie entre les artistes, je l'ai trouvé plutôt complexe, saturée de nombreux noms de personnages et manquant d'émotions. Cette première partie semble plus dirigée par des faits historiques. Et je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire. La lecture m'a paru longue et difficile malgré le style plutôt fluide de l'auteure.

 

Dans la deuxième partie, retournement de situation pour les peintres. Interaction des enfants d'un des peintres. Cette partie m'a plus intéressée car je l'ai trouvé plus empreinte d'émotions et d'intimité. Cette suite du roman est plus axée sur Domenico, le fils de Tintoret ( plus grand adversaire de Veronèse) et sur les liens familiaux et les sentiments. Notamment avec les longues lettres que Domenico écrit à sa sœur. On vit aussi le changement de politique et les débuts de l'Inquisition (c'est en tous cas ce que j'ai compris.) dans lequel la place de l'Eglise est plus dirigeante que celles des politiciens.

 

Si j'ai su apprécier le travail de recherche de l'auteure, qui m'a l'air plutôt pointu, cette lecture ne m'a pas transporté au Paradis. Je me suis étourdie avec le nombre de personnages introduit dès les premières pages. Et même si j'ai apprécié lire et découvrir la façon de peindre des artistes du 16ème siècle, cette histoire manque, pour ma part, de plus d'émotions dans l'écriture.

 

© Haros

 

 

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