Découvrez le Jury du Prix : Portrait d'Emmanuel Delhomme, libraire

jeudi 26 avril 2012

Découvrez le Jury du Prix : Portrait d'Emmanuel Delhomme, libraire

Emmanuel Delhomme, libraire : la passion du livre

Pour être un bon libraire, il faut d’abord être un grand amoureux des livres.

Emmanuel Delhomme est fidèle à sa passion depuis qu’il est tout petit. « J’avais une tante, Lina, qui lisait bien cinq livres par semaines, se souvient le libraire attendri. Elle m’a inoculé le virus de la lecture en me sélectionnant des romans que je lisais, et dont nous discutions ensuite dans de belles empoignades ! Les bons moments de la vie, ce sont les échanges de point de vue autour de la littérature ». Mais très vite, le libraire s’assombrit. Depuis le 10 mai 1981, date à laquelle il a ouvert sa librairie Livre Sterling avenue Franklin Roosevelt sur les Champs-Elysées, la vie du livre a bien changé. « Franchir le pas de la porte d’une librairie semble pour certain, bien difficile aujourd’hui. L’époque souffre d’un manque de désir, de curiosité. On veut de l’immédiateté, des écrans, consommer quelque chose dont on pourra parler deux heures plus tard avec son collègue de bureau, sans beaucoup d’enthousiasme. Mais pour parler vraiment, il faut des mots. Avoir de la conversation c’est essayer de comprendre l’autre, affiner une idée. C’est tout cela que le livre apporte, même s’il faut parfois y consacrer un peu plus de deux heures. »
Devant la librairie d’Emmanuel Delhomme, des étals de livres hérissés de petits mots agrafés sur les couvertures, préconisent des lectures sur lesquelles le libraire s’engage et joue sa réputation. Les timides peuvent se lancer : ici le libraire n’est pas une grande Pythie mais juste un noble passeur. Il essaie de transmettre sa passion. « Je me vois plutôt comme un allumeur d’incendies, il y a des livres qui vont vous brûler, changer votre vie ! Ce n’est pas qu’une distraction : le livre est quelque chose de terriblement révolutionnaire. »                  
On peut rester des heures à flâner, à regarder les rayonnages, découvrir un jouet, respirer une fleur, tourner les pages d’un livre. Se ressourcer dans ces lieux de vie.
Cette librairie est avant tout un lieu atypique, dans un quartier un peu formaté, trop sérieux d’un côté, avec ses hommes d’affaires en costumes cintrés, trop glamour de l’autre, avec ses touristes qui picorent dans les boutiques de luxe.
Depuis quatre ans, Emmanuel Delhomme est un pilier du jury du Prix Orange du Livre. Arrivé par hasard, c’est en vrai mordu qu’il continue de défricher les rentrées de janvier pour rassembler chaque année la trentaine de livres dont il faudra ne retenir que cinq titres. « C’est amusant car les trois derniers primés étaient justement des livres que j’avais beaucoup défendus », s’amuse-t-il, satisfait de savoir qu’Orange a mis en place un système qui empêche le bourrage des urnes au moment du vote des internautes, ce qui limite les tricheries. « Mais si le Prix Orange donne le dernier mot aux lecteurs, ce public rétrécit. Les libraires et les passionnés doivent travailler main dans la main pour communiquer leurs bonheurs de lecture ». Pratiquer le fameux bouche-à-oreille restera toujours le véritable secret de la réussite d’un livre. « Et continuer à enflammer les conversations par le récit de tous ces textes, donner à voir et à entendre l’amour de la littérature », ajoute encore Emmanuel Delhomme, inoxydable libraire passionné.

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