Découvrez le Jury du Prix : Portrait de David Thomas, écrivain

mardi 12 juin 2012

Découvrez le Jury du Prix : Portrait de David Thomas, écrivain

« Le prix Orange m’a rassuré », confie le lauréat de l’édition 2011, récompensé pour Un silence de clairière (Albin Michel). « La particularité de ce prix  est qu'il est un "deux en un" puisqu'il est à la fois une reconnaissance, et donc un encouragement, de la part de professionnels du livre, qui sélectionnent les finalistes, et de lecteurs, qui votent ». David Thomas est un observateur du monde, de ses travers et ses décalés. Il les restitue en concentrés de vie dans les pièces, les romans et les nouvelles qu’il écrit depuis longtemps et qu’il publie depuis cinq ans. « J’écris depuis très jeune mais comme beaucoup d’auteurs, mes débuts ont été timides. Je m’y suis vraiment mis vers trente ans. J’écrivais des nouvelles qu’un journal appelé Le Jour s’est mis à publier dans son édition du samedi. Je me suis alors dit que c’était peut-être pas si mal. J’ai écrit un roman qui a été refusé par des éditeurs, puis un deuxième, refusé également, enfin une pièce de théâtre, Tais-toi et parle-moi en 2007. Elle a été mise en scène à la Manufacture des Abbesses et a été jouée six mois. Un miracle ».

Depuis peu, David Thomas a laissé tomber son métier de journaliste pour se consacrer à l’écriture. « Des Prix comme le Prix Orange, doté de 15 000 euros, m’ont permis d’écrire un autre livre sans trop me soucier de mes rentrées d’argent. Un vrai luxe pour un écrivain débutant ». Sur son temps d’écriture, David Thomas empiète un peu pour remplir son devoir de juré du Prix Orange, mais à l’évidence sans beaucoup se forcer : « Je n’ai jamais été juré de ma vie, et je joue le jeu ! C’est l’occasion de rencontrer des gens, les autres jurés, mais aussi des livres que je n’aurais pas eu la spontanéité de lire. J’ai ainsi découvert des auteurs comme Isabelle Monnin, Dominique Fabre ou Rithy Panh dont je n’avais rien lu. C’est plutôt une expérience très agréable».

En bonne place dans la bibliothèque de David Thomas, on trouve beaucoup d’auteurs américains : Miller, Brautigan, Carver, Fante, des écrivains de la mouvance du Nature writing comme Rick Bass, John Haines ou David Vann, ou plus récemment des auteurs norvégiens et danois car il confesse aimer le sens de l’humour scandinave. Mais côté français, ses auteurs préférés sont invariablement Philippe Djian, et Jean-Paul Dubois qui a même écrit la préface de son premier livre, La Patience des buffles sous la pluie (ed B. Pascuito). « En tant que lecteur je cherche un style plus qu’une histoire. J’ai ainsi beaucoup aimé Djian à 20 ans. Et c’est aussi la raison pour laquelle Jean-Paul Dubois reste l’écrivain que je préfère, pour son style très pointu, très beau. C’est vraiment l’écriture plus que l’histoire qui me permet d’en apprendre sur l’humain et nos contemporains parce que le style révèle la sensibilité ou le point de vu d’un auteur ».

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