2019 est l’année Vinci, l’occasion de découvrir pour de bon un génie trop connu

mercredi 10 avril 2019

Qui était Léonard de Vinci ? La biographie de William Isaacson apporte une multitude de réponses passionnantes

2019 est l’année Vinci, l’occasion de découvrir pour de bon un génie trop connu

Léonard de Vinci est un génie, un monstre, une encyclopédie à lui seul. Pléthore de biographies lui ont été dédiées. William Isaacson les a digérées dans Léonard de Vinci, la Biographie (Quanto), pour en proposer une synthèse impressionnante qui se place à hauteur de l’homme dont on fête cette année le quincentenaire de la disparition.

 

La première chose est de braver la taille du livre qui semble fait tout exprès pour déclencher de fulgurantes scolioses. En réalité, il n’y a qu’environ 500 pages de lecture, en exceptant les notes et l’appareil critique, ni plus ni moins qu’un bon gros roman ; c’est finalement ainsi que cette biographie de Vinci se lit le mieux. On commence en se disant qu’on aura bien le droit de sauter des pages et on n’en rate pas une. Mieux, on retourne dans le livre pour compulser différentes illustrations que l’auteur nous apprend à regarder minutieusement.


Qui était Léonard ? Un homme solaire, entouré, bel homme, gaucher, végétarien et dévoré d’angoisses, mais surtout parfaitement autodidacte. Un homme qui a été l’enfant illégitime d’un bourgeois de Vinci, une chose fréquente au moment de sa naissance en 1452. A l’époque, la guerre de 100 ans vient de s’achever, Gutenberg imprime ses premières bibles et Christophe Colomb est à quelques années de découvrir l’Amérique. Avec Léonard, c’est la Renaissance qui va se déployer, avec notamment Laurent de Médicis, César Borgia qui seront ses protecteurs avant François Ier, l’orageux  Michel-Ange et le célèbre Nicolas Machiavel qui sera son ami.

 

Evidemment la Joconde, mais aussi l'homme de Vitruve, l’Annonciation, son Saint Jérôme jamais achevé : pour dessiner les corps, Léonard passe un temps fou au-dessus des tables de dissection pour comprendre les mécanismes des muscles, des nerfs, de la peau. Une des raisons pour lesquelles il ne finissait pas toujours ses toiles. Outre ses réalisations hors du commun, le génie de Vinci s’illustre en effet dans beaucoup de ratages, à l’instar de ses machines de guerre imaginées, jamais réalisées.

Ses réussites ne sont pas forcément ce qu’on connaît le mieux de lui : il est  le premier à définir le meilleur alliage de métaux pour réduire le frottement… qu’on attribuera généralement à un Américain, Isaac Babbitt en 1839, ou, dans un domaine tout à fait différent, à découvrir le vortex du sang dans la racine de l’aorte. Hydraulicien et spécialiste du vol des oiseaux, il doit son génie, selon Isaacson, à une absence totale d’idée préconçue et une curiosité sans bornes.

 

Ainsi, William Isaacson, auteur de best sellers biographiques avec son Einstein ou son Steve Jobs, entraîne à grand pas le lecteur dans la formidable découverte d’un homme exceptionnel. A mesure que l’expérience de Léonard gagne en complexité, le livre lui aussi s’approfondit : c’est vers la fin du texte qu’on trouve les traités d’hydrologie, ses recherches sur les pigments, son codex sur le vol des oiseaux, et où les mystères de la Joconde sont élucidés jusqu’à la dilatation de ses pupilles.

 

Léonard de Vinci, la biographie (Quanto) met en exergue l’humanité d’un homme hors du commun, dont l’œuvre conduit une longue méditation sur le sens de la condition humaine, resserrant en une seule vie la quintessence de la pensée universelle.

 

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