Un funambule sur le sable

Couverture du livre « Un funambule sur le sable » de Gilles Marchand aux éditions Aux Forges De Vulcain

4.888888888

9 notes

Résumé:

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de... Lire la suite

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s'il l'empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d'autres choses : rêver, espérer... voire parler aux oiseaux. Un jour, il rencontre l'amour en Lélie, une jeune femme déterminée qui s'éprend de lui. Ils vont s'aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple. Jusqu'au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l'ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s'adapter sans renoncer à soi ? Stradi devra découvrir qui il est, s'il est défini par son handicap, ou s'il peut lui échapper. Est-ce lui qui est inadapté, ou le monde qui est inadapté ?
Dans ce deuxième texte empreint de réalisme magique, Gilles Marchand, après le succès d'Une bouche sans personne, livre un beau et grand roman d'éducation, vibrant plaidoyer pour la différence, et pour les puissances de l'imagination, qui permettent de vaincre le réel, quand celui-ci nous afflige et nous opprime. Un roman plein de musique, de fantaisie, d'imagination, de lumière et d'optimisme, accompagné par la musique des Beach Boys, et brillant de mille éclats empruntés à Gary, Vian et Perec.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Je vous dis quelques mots de l'histoire :

    Le narrateur est né avec un violon dans le cerveau, de ces différences qui font de vous un être à protéger. De quoi ? De tout ! Des autres, du regard des autres, des enfants, de l'école, de la société en général. Son quotidien est ponctué de visites à l'hôpital, le diagnostic est incertain, il faut faire des examens, encore et encore. Ses parents l'entourent de leur amour, l'étouffent même. Lui, il a envie de vivre comme tout le monde. Mais ce monde lui est inaccessible. Il va trouver quelques êtres qui vont adoucir sa vie, lui offrir une complicité, une compréhension, le traiter d'égal à égal. Il y a les oiseaux d'abord, les cordes de son violon s'en donnent à coeur joie, ils parlent le même langage. Et puis, il y a Max, cet autre enfant, différent lui aussi, il boite. Partager ce même statut, celui d'enfant différent, va nouer entre eux une relation. La musique va venir en consolider les fondations, l'amitié qui va s'établir entre eux sera d'une force inouIe, elle résistera au temps, aux années, aux épreuves de la vie, mais là, c'est encore une autre histoire !

    Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, il faut que vous découvriez cette pépite par vous-même(s).

    Laissez-vous porter par la beauté de la plume. Tantôt grave, tantôt tendre, humoristique aussi. Gilles MARCHAND joue avec les registres, naviguant entre tous, suscitant en permanence l'ascenseur émotionnel. Vous allez pleurer, vous aller rire. La littérature contemporaine offre assez peu de romans qui vous donnent le sourire aux lèvres, c'est donc suffisamment rare pour être remarqué.

    Mais plus encore, la plume de Gilles MARCHAND se distingue par sa fantaisie, sa poésie. La 1ère partie de ce roman pourrait être un conte, elle vous plonge dans le monde de l'imaginaire, du fantastique, elle vous prend par la main pour vous émanciper de la société, ses tabous, elle vous porte au-delà des limites, elle les transcende.

    Mais que l'on ne s'y trompe pas, cette plume ne l'empêche nullement d'aborder des sujets graves. Gilles MARCHAND aborde la différence. Elle peut prendre beaucoup de formes. Il y a celles qui se voient, à l'oeil nu, qui vont faire de vous l'être à part, le bouc-émissaire de toutes les cours d'écoles, et il y a celles qui ne se voient pas. Plus subtilement, elles vont aussi envahir votre vie, vous faire souffrir, vous éloigner des autres, ceux qui rentrent dans la case des gens ordinaires. J'ai beaucoup vibré pour la 1ère partie de ce roman qui dissèque les effets de la différence et met des mots là où il est parfois difficile d'exprimer les choses. Elle vous fait prendre conscience de la fragilité de la normalité. Ne sommes-nous pas le différent de quelqu'un d'autre ? ne sommes-nous pas le handicapé d'un autre ? De quoi nous laisser méditer quelques heures...

    Ce roman, outre le fait qu'il soit bien écrit, il est beau, il est porteur d'espoir, d'optimisme.

    Et puis, il y a enfin la place de choix faite à la littérature. Gilles MARCHAND évoque celle qui met du baume sur les plaies, la fameuse bibliothérapie, et quand on est différent, il s'agit là d'un véritable trésor, la voie de la liberté. Qui plus est, la force de la littérature, c'est qu'elle est "inépuisable".

    Pour moi, c'est un coup de coeur, et je le partage !

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2017/08/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand.html

  • 0.25

    J'avais déjà eu un énorme coup de coeur pour "Une bouche sans personne" et me voilà de nouveau chamboulée par ce funambule qui m'a accompagnée sur la plage. Une écriture toute en sensibilité avec de l'humour et tellement d'amour. Certains passages m'ont émue aux larmes.
    Comme j'aurais aimé que mon mari fasse preuve de tendresse comme le fait Stradi vis à vis du bébé et de Lélie durant la grossesse ... la vision de vieillir ensemble m'a aussi bouleversée.
    J'ai eu la chance énorme de rencontrer Gille Marchand plusieurs fois, c'est un homme adorable, toujours gentil et plein d'attention aux autres.
    Par ce nouvel opus, il confirme que c'est un écrivain magnifique.
    J'ai maintenant hâte de lire son prochain roman. Merci Gilles pour toutes ces belles émotions !

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/08/29/35586282.html

    Un petit garçon naît avec un handicap : il a un violon dans la tête et personne ne sait quelles conséquences cet instrument aura sur la vie de l’enfant. Surnommé Stradi en référence au fameux Stadivarius, le petit garçon, puis le jeune homme qu’il devient, doit faire face aux regards des autres d’autant plus qu’il a une autre particularité : il sait parler aux oiseaux. Heureusement, l’amitié est au rendez-vous avec son complice Max, un féru de musique et handicapé lui-aussi, mais aussi l’amour avec Lélie… Nous suivons ainsi étapes par étapes la vie de Stradi, son rapport au handicap et ses relations avec ses proches.

    Gilles Marchand a réussi dans ce roman à retranscrire avec beaucoup de justesse et de sensibilité la vision du handicap et de son ressenti. Certaines scènes serrent le cœur et d’autres sont enlevées voire très drôles : sacré tour de force ! J’ai été sensible notamment au père de Stradi, un homme haut en couleur qui passe sa vie à créer des inventions ou à se trouver de nouvelles lubies. Mais, derrière cette façade un peu folle, se cache un homme qui cherche l’échappatoire, tellement impuissant face à la maladie de son fils.

    Tout l’univers absurde, farfelu qu’on avait déjà dans le premier roman se retrouve avec plaisir dans ce nouvel opus : on croise un demi-chien, des attrapeurs d’idées en l’air, un plombier attachant qui fait du porte à porte. Bien entendu on pense à Boris Vian, à Romain Gary quand on lit mais ce n’est pas une simple et pâle imitation mais véritablement l’univers propre à Gilles Marchand et qu’il déploie davantage dans ce funambule. La fantaisie et la poésie sont ainsi au service d'un thème fort.

    Les fans de la musique des années 60/70 vont apprécier fortement les nombreuses références glissées dans le roman : The Beatles, The Turtles, The Beach Boys… Je ne peux que vous conseiller d’écouter ces morceaux tout au long de votre lecture. Je ne vous parle même pas des références littéraires, nombreuses elles aussi.

  • 0.25

    Retrouver Gilles Marchand c'est la promesse de retrouver du rêve, de la douceur et de l'amour pendant un temps (toujours trop court d'ailleurs)...

    Stradi, notre personnage principal, a une particularité : un violon a élu domicile dans sa tête ! Bizarre, direz-vous ! Quelle supercherie penserez-vous ! Gilles Marchand nous prendrait-il pour des fous avec son histoire de violon ?

    Bref, vous passerez par toutes ces étapes pour finalement vous demander pourquoi votre enfant ne s'appelle pas Stradi ?

    Je vais vous le dire !

    Stradi est unique et en même temps il est chacun de nous. Il est cet enfant qu'on a laissé derrière nous sur la cour d'école à se demander quand l'amitié naîtra ou encore à se demander quand les moqueries cesseront.

    Il est cet enfant qui choisit de ne pas subir les autres mais bien d'avancer et mener SA VIE. Ne devrions-nous pas suivre son exemple ?

    Pourquoi vouloir ressembler à M. Tout le monde ?

    Stradi a compris très vite qu'il aurait une place dans ce monde, LA SIENNE et que personne ne pourrait lui voler. Il lui suffira juste de garder à l'esprit sa singularité et en faire sa FORCE.


    Stradi grandit avec son violon et si vous vous laissez guider par vos émotions en lisant ce livre et même après, sa petite musique résonnera en vous !


    Gilles Marchand nous propose une nouvelle fois de laisser l'imagination prendre une grande place dans notre vie, le temps de faire corps avec Stradi pour nous redéposer en douceur sur le monde dans lequel on vit ! La descente n'est pas des plus simples...quitter Stradi c'est accepter que nos parents aient commis des erreurs mais rester convaincus de leur amour, c'est accepter de laisser notre enfant intérieur prendre le dessus et se réconcilier avec lui, c'est aussi retrouver un monde compliqué mais savoir que parmi la population il reste des poètes capables de vous transporter en moins de deux dans leur univers.

    Ce livre m'a touchée en plein cœur... il est optimiste, chaleureux, porteur de messages joliment et habilement transmis. Il est question d'amour, de musique, de littérature, de différence, d'humanité...

    J'ai aimé "Une bouche sans personne" mais j'ai un attachement encore plus particulier pour ce nouveau roman (il a fait parler ma petite fille bien tapie au fond de moi habituellement mais qui a laissé ses ailes pousser au fil de ma lecture).


    Il représente ce que j'aime dans la littérature, imaginer et voguer aux rythmes des pages sans jamais perdre le fil voire même en fermant les yeux et surtout en faisant confiance à l'auteur !

    Un concentré de magie à lire sans faute !

  • 0.25

    Histoire très belle , vraiment a découvrir ,entre sa tête pleine de musique ,il rencontre l amour ,plus ceux de ses parents et sa vie qui va peut être changer un roman plein d espoir sujet tres interessant a découvrir avec plaisir

  • 0.25

    Mon premier est "une bouche sans personne", mon deuxième est "un funambule sur le sable", paru il y a quelques jours, mon tout est un écrivain de grand talent. Oui, j’ose l’avouer, je voue une grande admiration et un profond respect à Gilles Marchand, auteur talentueux.

    Je n’avais pourtant pas classé son premier roman parmi mes préférés. Certes, j’avais beaucoup apprécié le thème abordé, certes j’étais tombée sous le charme de son écriture. Mais le diable se cache dans les détails et justement dans ces détails j’y avais retrouvé des moments douloureux de ma vie. Mais là, j’ai dansé sur le sable au son d’un violon, joué les funambules derrière un Max qui traînait sa jambe, souri et même ri aux mots tricotés au point de riz par Gilles Marchand, je me suis réjouie des progrès de Stradi… oh ! mais suis-je bête, je ne vous ai encore rien dévoilé de l’histoire racontée.

    Que dire de ce roman ? Je pourrais dire Ô dieu bien des choses en somme, et même sans varier le ton : par exemple, tenez, je pourrais dire qu’il s’agit d’une histoire de différence. Stradi, le narrateur, est un enfant né avec un violon dans la tête. Oui, c’est très étrange et le corps médical semble sans voix devant un tel phénomène. Max, lui, est porteur d’un handicap physique, il boîte. Alors forcément visible ou invisible, la différence change le regard des autres. Mais ces deux-là vont se construire avec cette différence et en faire une force et comme le dit l’auteur : "Les vrais héros ne sont pas ceux qui ont des super pouvoirs, mais ceux qui en sont dénués et qui continuent à avancer." Je pourrais dire aussi qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre Lélie et Stradi, qu’il s’agira bientôt d’une histoire de paternité. Mais je n’aurais dit qu’une infime partie de ce que représente cet ouvrage.

    J’aurais oublié de vous parler de la poésie jamais absente, de la tendresse présente à chaque détour de phrases, de la gravité tempérée d’humour, de cette tolérance qui rejaillit sur tout. J’aurais oublié de vous dire l’optimisme, la bienveillance, l’absence de préjugés. J’aurais oublié de vous parler du monde magique de Gilles, de ce charme dont il saupoudre ses écrits, de sa fantaisie, des expressions avec lesquelles il jongle. J’aurais oublié de vous faire écouter la bande son qui accompagne le roman, et m’a enchantée, des Beach Boys à Colette Renard en passant par Gainsbourg et Dire Straits ou encore l’aigle noir de Barbara. J’aurais oublié de vous dire l’importance de la littérature, toujours là, en embuscade. J’aurais oublié de vous narrer les facéties de l’auteur qui subrepticement trouve un interstice pour glisser dans sa nouvelle histoire le titre de son précédent roman. J’aurais oublié de relater l’imaginaire porté à son paroxysme sans jamais perdre de vue l’essentiel du propos. Tout est subtil, gracieux, musical, à la fois léger et profond et tellement, tellement beau.

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/08/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles.html

    J'avais beaucoup aimé l'originalité du premier roman de Gilles Marchand, Une bouche sans personne, et me demandais bien comment il allait se renouveler tout en gardant son univers si personnel...Ici, Gilles Marchand traite du handicap, de la différence mais à sa manière bien particulière. Le narrateur est un jeune garçon né avec un handicap plus qu'étrange : il est né avec un violon dans la tête ! C'est une énigme scientifique pour les médecins qui sont totalement dépassés.

    Dans un premier temps ses parents qui le surprotègent par ignorance ne le scolarisent pas. Sans copains, cet enfant intelligent et sensible trouve refuge dans les livres et ses conversations avec les oiseaux car son violon lui permet d'engager le dialogue avec eux (sauf avec les pigeons et les mouettes...) Le titre provisoire de ce roman était d'ailleurs "Les oiseaux n'ont rien à dire".

    Quand il intègre l'école, le jeune garçon se retrouve confronté aux moqueries de ses camarades de classe qui le surnomment Stradi, car même si son handicap est invisible, même s'il parvient à contrôler la plupart du temps son violon au prix d'une extrême concentration, son violon se manifeste parfois ... Jamais invité aux goûters d'anniversaire, il va de frustration en frustration. Seule éclaircie dans sa vie, l'arrivée d'un autre enfant différent dans sa classe, Max, atteint de boiterie, ce passionné de musique va devenir son ami pour la vie. Ce sont deux enfants différents, l'un atteint d'un handicap visible, l'autre d'un handicap invisible. A chaque changement d'école, du collège au lycée, il leur faudra apprivoiser leurs camarades pour se faire accepter.
    Le violon est un tyran qui harcèle Stradi. En effet, avec de la musique en permanence dans la tête, il est privé de silence. Le seul moment où son violon est silencieux c'est lorsque Stradi se trouve au bord de l'océan avec le bruit des vagues et du vent. Comme seul traitement, il subit des injections mensuelles très douloureuses dans l'oreille pour humidifier les cordes de son violon et éviter leur rupture. Une opération serait possible mais tellement risquée! Et puis comment Stradi peut-il envisager de vivre sans son violon qui fait partie de lui, qui le définit ?
    En leur cachant sa mélancolie Stradi protège au maximum ses parents inquiets et dévorés de culpabilité. Son père, un inventeur un peu fou, qui un temps a fait des recherches sur le bâillement, torturé par son impuissance face au violon de son fils, cherche désespérément l'explication de son violon en perçant les secrets de la grammaire...

    Après une première partie où nous faisons connaissance avec Stradi, les deux parties qui suivent nous racontent la vie de cet enfant devenu adolescent puis adulte, confronté au monde professionnel, à l'amour, à la question du droit à se reproduire, à mettre au monde un enfant qui risque de vivre les mêmes souffrances que lui.

    C'est à partir de la deuxième partie, après avoir bien décrit la situation de Stradi de façon relativement sérieuse, qu'on retrouve le style si particulier de Gilles Marchand qui donne libre cours à la fantaisie qui le caractérise. Avec des parents partis en Grammairie centrale, l'achat d'un demi-chien Jean-Louis, une entreprise qui trie et classe les idées, un plombier qui erre à la recherche d'éviers à déboucher, les métiers tous plus farfelus les uns que les autres que choisit Max, un lord et son musée du papier cadeau, un stage d'observation paternel dans les parcs publics pour Stradi accroché à son manuel du futur père, une bouteille qui contient les dernières paroles du grand père de Max... Gilles Marchand nous offre un vrai régal, mais attention cette fantaisie ne nous fait jamais perdre de vue le sujet traité.

    J'ai été très touchée par ce nouveau roman tout autant réussi que le précédent, Gilles Marchand se donne à cœur joie en y insérant de multiples références musicales. Il traite ici avec une très belle fantaisie d'un sujet grave, j'ai retrouvé son style si personnel qui évoque Boris Vian. Il nous parle, dans cette belle histoire d'amitié et d'amour, de différences, de solitude, de paternité et de société de l'apparence. Il y a de l'humour, de la poésie, de la tendresse et beaucoup de bienveillance dans cette fable que je relirai certainement un jour. J'ai déjà hâte de lire le prochain roman de Gilles Marchand tant j'aime son univers.

    Pour finir, j'ai envie de citer les mots de Nicolas Houguet, un bloggeur handicapé. Magnifique preuve de la justesse des propos de Gilles Marchand :

    "J’ai vu passer ma vie dans une métaphore"

    "C’est étonnant de voir des secrets qu’on n’a pas dits s’étaler sur les pages"

    "Je m'y suis totalement retrouvé, les sensations de mon enfance, de mon adolescence, mes questions d'adulte"

  • 0.25

    Lien : http://livresselitteraire.blogspot.fr/2017/08/un-funambule-sur-le-sable-gilles-marchand.html

    Dans Une bouche sans personne, Gilles Marchand masquait la cicatrice de son personnage en le cachant derrière le réel d’une écharpe et l’imaginaire d’un monde bâti par un grand-père extraordinaire. Dans Un funambule sur le sable, il ne masque plus, il dévoile au grand jour la différence, le handicap, jamais sans oublier la part d’imaginaire qui le définit et qui nous amène à voir le monde avec nos yeux d’enfants.
    Avec tendresse et douceur, il nous présente Stradi ce petit garçon né avec un violon dans la tête qui parle aux oiseaux, passant pour fou auprès des autres. Stradi, jamais invité aux anniversaires car il n’est pas comme les autres, il n’est pas dans la norme vous comprenez, et c’est gênant, dérangeant, « c’est compliqué ». Stradi, à moitié accepté, à moitié délaissé. Mise en lumière de la cruauté des Hommes, de la solitude de l’être à part.
    Et la souffrance ne s’arrête pas là, elle se veut aussi physique. Un violon dans la tête c’est du jamais vu. Alors les médecins cherchent le pourquoi, le que faire. Scruter sa boîte crânienne pour tenter de comprendre mais… « A’comprend rin ». Une chose est sûre, les cordent ne doivent pas rompre. Ainsi, Stradi sera contraint à un traitement extrêmement douloureux. Qui nous fera souffrir, avec lui. Main dans la main.
    Mais Stradi possède en lui une force incroyable, s’il doute parfois, souvent, il continue de vivre, de croire, porté par l’amour inconditionnel de sa famille voire déraisonnable de son père. Et puis il y a son ami, l’unique qu’il ait, Max. Un petit garçon différent aussi. Lui son petit faible c’est qu’il boîte. Mais ensemble, ils se sentent plus forts. Ils se sauvent mutuellement, aidés également par la littérature et la musique qui tout au long du livre nous accompagnent, rendant tour à tour hommage aux écrivains et aux œuvres musicales telle une bande originale de roman, jusqu’à l’obsession. Puis un jour vient le trouble, l’amour, la rencontre, Lélie. La tendresse et la blessure. Le désir et la passion. Le corps et le cœur. Et ces questions qui tourmentent : peut-on être aimé lorsque l’on est différent ? Comment aimer quelqu’un qui a un violon coincé dans le crâne ? Un violon qui risque bien de tout faire capoter. Evidemment il a bien pensé à le faire enlever. Mais pourrait-il vivre sans ? Ne serait-ce pas une part fondamentale de ce qu’il est qui disparaîtrait ?
    L’océan s’impose alors à lui. Seul lieu où il peut trouver un peu de tranquillité. Où son violon se met en sourdine, laissant place aux bruits des vagues, à la solitude des âmes vagabondes. Jusqu’à ce que le vent tourne.

    Alors oui décrit comme ça, on pourrait penser qu’Un funambule sur le sable ce sont des larmes à chaque page tournée. Et pourtant il n’en est rien. Ceux qui ont lu Une bouche sans personne ne seront pas surpris d’y retrouver l’humour, le comique de l’absurde et de répétition (où personnellement j’y retrouve des notes de Ionesco) qui caractérisent l’univers de Gilles Marchand et dans lequel il nous fait en plus le plaisir d’y glisser quelques références de son premier roman, nous rappelant aux doux souvenirs. On rit donc du début jusqu’à la fin ou presque. On se prend de tendresse pour ces personnages qui rythment la vie de Stradi et même pour Jean-Louis le demi-chien, la dame du premier ou encore le plombier qui, réglé comme une horloge, viendra proposer ses services inlassablement (j’aurais presque envie de voir passer le plombier, n’y voyez là aucun fantasme).
    On voyage dans un monde où le réel laisse place à l’imaginaire et où ce dernier vous rappelle à la réalité, accompagné de musique, celle des Beatles, des Beach Boys, des Pogues (et j’en passe) mais aussi celle du violon et celle des mots. Cette poésie, cette sensibilité qui toujours murmurent à notre oreille. Une mélodie qu’on ne veut pas voir prendre fin et qui nous soutire parfois une larme.

    C’est une partition qui se dessine sous nos yeux. Gilles Marchand est un conteur de la vie qui passe, des rencontres qui la ponctuent, des tournants et des épreuves qui la forgent. Mais dans ce roman, il y a une chose supplémentaire qui me fait dire qu’il confirme son talent : la sensualité qui en émane. Vous savez, cette petite étincelle de désir que vous avez envie de capter dans le regard de l’autre. Eh bien, Gilles la retranscrit à merveille dans le rapport au corps sublimé, dans ce regard que Stradi porte sur Lélie, avec finesse et justesse et sans jamais tomber dans le cliché. Et puis il y a la sensualité dans le regard qu’il pose sur l’homme effrayé de devenir père pour la première fois. En fait, je crois, non j’en suis sûre, qu’il y a de la sensualité dès qu’il est question d’amour dans ce roman.

    Un roman à découvrir au plus vite donc, à savourer comme la douce mélodie d’un Stradivarius. Un roman qui changera sans conteste le regard que l’on porte sur les oiseaux même s’il s’agit d’une mouette ne sachant dire que « poisson, poisson, poisson » mais également sur le monde, sur ceux que l’on appelle handicapés, sur ces différences qui composent chaque être et font leur singularité. Et il parviendra même peut-être à porter un regard différent sur vous-même.

  • 0.2

    Stradi avait bien quatre cordes à son violon, la difficulté c’est qu’il était né avec cet instrument dans sa tête… Contrôler l’archet était compliqué, il se mettait à jouer sans préambule, sans prescription. En fait, l’enfant devait composer chaque moment de sa vie avec ce compagnon de fortune. Cette particularité s’accompagnait d’un pouvoir magique, Stradi pouvait converser avec les oiseaux.
    Dans sa classe, Stradi aurait été bien isolé sans la présence de Max, qui se déplaçait en traînant la jambe et vivait au rythme perpétuel de la musique dont chaque morceau était pour lui une référence. Tous les deux ayant une particularité au regard des autres enfants et des adultes, ils étaient devenus amis et partageaient leurs expériences comme leurs plaisirs, leurs déboires et leurs douleurs.

    Un roman sur les différences, le handicap, l’amitié et l’intolérance. Ceci dit, tout reste à dire sur les qualités de l’écriture de Gilles Marchand, sur ses idées et la poésie qui les égraine. Il se dégage une émotion constante de chaque situation, qu’elle soit du fait du handicap des deux enfants ou induite par le comportement des adultes.
    Certes les regards portés sur le handicap pourraient paraître « clichés », mais la plume de Gilles Marchand est si légère et si lourde à la fois, alternant la dérision, l’expression de la douleur due à l’exclusion et les scènes cocasses que le plaisir de la lecture est total, entre dérision et froideur, offrant au lecteur un beau moment d’humanité.
    Juste un petit bémol sur la seconde partie comportant des passages qui alourdissent l’ensemble sans apporter de véritable plus- value au roman. Je reste cependant sur mon impression globale qui est excellente.

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