Tropique de la violence

Couverture du livre « Tropique de la violence » de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard

4.576923076

26 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070197552
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Blanche
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

«Ne t'endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n'est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c'est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui... Lire la suite

«Ne t'endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n'est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c'est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu'à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré? Ils viennent pour toi.» Tropique de la violence est une plongée dans l'enfer d'une jeunesse livrée à elle-même sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.

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  • 0.2

    Voici une lecture bouleversante et qui nous entraîne et nous montre de façon très réaliste et poétique à la fois, la misère qui peut régner dans un département français. Cette histoire se déroule à Mayotte et non pas dans des pays pauvres. Polyphonique, ce roman va nous raconter la vie de Marie, une infirmière métropolitaine qui a suivi un beau mahorien, ils travaillent tous les deux à l’hôpital de la ville mais une naissance tarde à venir et elle voudrait tant avoir un enfant. Elle se sépare alors de son bellâtre et se retrouve toute seule. Puis un jour, des clandestins sont accueillis à l’hôpital et une jeune mère lui confie son fils, il porterait malheur avec ses deux yeux de couleurs différents : ce serait le fils d’un djinn. Moïse va alors vivre avec Marie mais celui-ci va être tenté de se trouver, et va fréquenter des jeunes du quartier-ghetto, Gaza où règne la violence et la loi des bandes. Il va d’ailleurs intégrer la bande de Bruce, le Roi de Gaza. Nous allons aussi croiser le long des pages Stéphane, un jeune qui travaille dans une ONG pour quelques mois, car cela fait bien dans un Cv et pourquoi partir vers Haïti ou en Afrique, mais il va être très surpris de la situation qu’il va trouver sur cette île qui aurait tout pour être paradisiaque. Il y a aussi Olivier le policier et Bacar le pompier. L’auteure nous entraîne dans les vies de chacun de ses personnages et il y a aussi beaucoup d’humanité dans cette misère et de belles pages, en particulier quand Moïse arrive à faire une pose et lire et relire l’enfant et la rivière d’Hervé Bosco, il va d’ailleurs baptiser ainsi sont bâtard de chien. L’auteure nous décrit une situation si difficile mais elle nous parle avec beaucoup d’humanité du point de vue de chacun et il y a tout de même de l’humanité, de la solidarité dans ses relations humaines. Un livre coup de poing et très choquée que telles choses puissent se dérouler dans un département français. « C’est l’histoire de ces êtres humains qui se retrouvent sur ces bateaux et on leur a donné des noms à ces gens-là, depuis la nuit des temps : esclaves engagés, pestiférés, bagnards, rapatriés, juifs, boat people, refugiés, sans papiers, clandestins » (p53)

  • 0.25

    Un roman très fort , un personnage qu'on mettra du temps à oublier si on l'oublie un jour ...infiniment touchée

  • 0.2

    Mise en avant d'une réalité passée sous silence par les médias. Sans concession, ce livre, bien écrit, accroche jusqu'à la fin

  • 0.25

    C'est avec ce roman que je découvre cette auteure, et c'est un coup de coeur total!!

    D'abord pour l'écriture et la narration, l'alternance des voix, chacune avec leur style propre, leur point de vue, et les multiples émotions provoquées. Leur diversité permet un panorama très complet de la situation de l’ile.
    Puis pour le contenu. Voilà bien un des rôles de la littérature. Mettre le doigt là où ça fait mal. Et mieux qu'un essai, le roman, par les sentiments provoquées autour des personnages, est idéal pour toucher profondément le lecteur.

    On ne pourra plus dire qu'on ne savait pas. Et même si c'est de la fiction, parce que c'est de la fiction justement, il fait mouche.
    Des clandestins, des enfants livrés à eux-mêmes, des bidonvilles où règne la loi du plus fort, l'argent, la drogue, l'alcool... c'est la France.

    Les politiciens passent au grès des élections, les questions d'identités surgissent, à tous les niveaux, des quêtes de paternité au regard posé sur et par l'homme blanc. Les missions humanitaires, la police... un roman qui pose de nombreuses bonnes questions.

    C'est dur, c'est un Mayotte bien loin de la carte postale du plus beau lagon du monde, c'est un roman à lire, et à faire lire.
    http://lecture-spectacle.blogspot.fr/2016/11/tropique-de-la-violence-nathacha-appanah.html

  • 0.2

    Un choc... La lecture de certaines pages est parfois insoutenable. Et pourtant, on ne décroche pas, tant on s'attache au destin de ces personnages marginaux. Avec des descriptions tellement évocatrices de contrées exotiques. Avec, en filigrane, la référence toute poétique au roman de Le Clézio, L'Enfant et la rivière. Une écriture incroyable!

  • 0.25

    Quelle claque, ce livre ! Je viens de le terminer et je me sens bouleversée, retournée, touchée au cœur, complètement soufflée par ce que j’ai découvert.
    Bien sûr j’avais lu des critiques positives à son sujet et justement, j’en attendais beaucoup ! Et franchement, ce que j’ai lu a dépassé toutes mes espérances : c’est un livre très fort et qui évoque dans une langue à la fois crue et poétique une réalité sociale déchirante : l’extrême pauvreté pour ne pas dire la misère et tout ce qu’elle entraîne avec elle que subissent de nombreux habitants et notamment les enfants et les adolescents du plus jeune département français : l’île de Mayotte dans l’océan Indien. Violence, délinquance, prostitution, meurtres, trafics de drogue et souffrances en tous genres, vies gâchées et perdues parce qu’il est impossible de se construire quand on est livré à la rue…
    Un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire …
    Dans ce roman polyphonique, c’est tout d’abord la voix de Marie que l’on entend et qui raconte qu’à vingt-trois ans, elle a quitté la vallée de son enfance pour préparer un diplôme d’infirmière. Elle mène une vie malheureuse et terne jusqu’à ce qu’elle rencontre le beau Chamsidine. A vingt-sept ans, elle se marie puis part à Mayotte. Le pays est magnifique et sent si bon. Elle est légère et espère porter rapidement un enfant. A trente ans, rien n’est venu et le beau Cham la quitte pour une autre.
    Deux ans plus tard, une clandestine attend avec un enfant emmailloté dans le hall de l’hôpital où Marie travaille. Elle est arrivée sur la plage de Bandrakouni par le kwassa sanitaire : elle montre les yeux de l’enfant. Il a un œil noir et un œil vert. Pour la mère, il est maudit : c’est un bébé du djinn, il va lui porter malheur. Le temps de préparer un biberon, Marie revient et trouve la chaise vide. La mère est partie, lui laissant l’enfant qu’elle adoptera et appellera Moïse.
    Chaque jour avec Moïse est un moment de grâce : ils jouent, font des pique-niques, lisent L’enfant et la rivière, écoutent Barbara. Leur chien Bosco les accompagne. Evidemment, cette belle histoire, vous vous en doutez, va mal tourner…
    C’est en prison que l’on retrouve Moïse, c’est de la prison qu’il va raconter son terrible parcours, comment il est devenu la loque qu’il est maintenant, comment un nommé Bruce, le chef du ghetto, celui qui s’appelait Ismaël Saïd quand il était un petit garçon et qu’il avait encore un nom, en a fait son esclave, sa bête…
    Le ghetto ? Oui, Mayotte n’est pas une île « où l’on joue du matin au soir » sous les bougainvillées, les frangipaniers et les manguiers qui embaument au soleil.
    Un quartier s’appelle Kaweni, pardon, « Gaza »: « c’est un bidonville, c’est un ghetto, un dépotoir, un gouffre, une favela, c’est un immense camp de clandestins à ciel ouvert, c’est une énorme poubelle fumante que l’on voit de loin. Gaza c’est un no man’s land violent où les bandes de gamins shootés au chimique font la loi. Gaza c’est Cape Town, c’est Calcutta, c’est Rio. Gaza c’est Mayotte, Gaza c’est la France. » Et l’on sent que ça va craquer parce que les gens ont faim, parce que les enfants plutôt que d’aller à l’école volent, rackettent et deviennent fous de drogues, parce qu’il n’y a aucun avenir pour eux ni pour personne.
    Et l’on ne peut même pas leur en vouloir, même aux pires : ils vivent l’enfer sur terre dans l’indifférence la plus totale. Ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, n’ont plus de nom, ne sont plus rien. C’est Olivier, le flic, qui dit cela. Il ajoute encore : « Depuis le temps qu’on prédit la guerre, qu’on guette le bruit des armes à feu et les cris des bêtes sauvages. Depuis le temps qu’il y a des articles, des reportages, des rapports, des missions, des visites, des pétitions, des pamphlets, des lois, des campagnes, des grèves, des manifestations, des émeutes, des promesses. Depuis le temps. »
    C’est étrange comme j’ai l’impression, ces derniers temps, de lire des livres qui semblent vouloir nous dire de faire attention, que tous ces gens privés de tout risquent de nous renvoyer à la figure, à tout moment, leur souffrance et leur haine. Je pense entre autres au magnifique 14 juillet d’Eric Vuillard et aux Nouvelles métropoles du désir d’Eric Chauvier.
    Et à ces gens là, ne leur dites pas que Mayotte, c’est la France, ils vous répondraient comme le fait Bruce en crachant par terre : « En France il y a des gens qui vivent toute leur vie dans les bois ? En France les gens mettent des grilles de fer à leurs fenêtres comme ça ? En France les gens chient et jettent leurs ordures dans les ravines comme ça ? »
    Même Stéphane, le bénévole de l’ONG, regrettait un peu de n’être pas parti en Haïti, au Sri Lanka ou au Bangladesh. Il pensait que partir à Mayotte, c’était un peu facile, limite « tourisme », il aurait aimé un truc un peu plus « chaud ». Il a à peine osé en croire ses yeux lorsqu’il a découvert le bidonville et s’est même demandé s’il serait à la hauteur, lui qui n’en a pas cru ses oreilles quand on lui a dit « que les équipements de l’île ont été conçus pour deux cent mille habitants mais qu’officieusement il y aurait presque quatre cent mille personnes sur l’île. »
    Alors, il a pensé que ça allait exploser, que ça ne pouvait être autrement.
    « Le pire est à venir » dira Marie… et elle a sûrement raison… « ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu’il suffira d’un rien pour qu’il s’embrase. »

    Un grand livre, puissant, éblouissant, violent et juste qui dénonce, à travers les voix de ce véritable chœur tragique, dans une langue fascinante de poésie, de sensualité et de cruauté, l’enfer de cette île « en trompe-l’œil », où la beauté est un leurre, un pauvre cache-misère qui ne dissimule plus rien.
    Fort, très fort !

    Bravo, Madame Appanah, de tout cœur, bravo !

    http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.2

    Voici une lecture bouleversante et qui nous entraîne et nous montre de façon très réaliste et poétique à la fois, la misère qui peut régner dans un département français. Cette histoire se déroule à Mayotte et non pas dans des pays pauvres. Polyphonique, ce roman va nous raconter la vie de Marie, une infirmière métropolitaine qui a suivi un beau mahorien, ils travaillent tous les deux à l’hôpital de la ville mais une naissance tarde à venir et elle voudrait tant avoir un enfant. Elle se sépare alors de son bellâtre et se retrouve toute seule. Puis un jour, des clandestins sont accueillis à l’hôpital et une jeune mère lui confie son fils, il porterait malheur avec ses deux yeux de couleurs différents : ce serait le fils d’un djinn. Moïse va alors vivre avec Marie mais celui-ci va être tenté de se trouver, et va fréquenter des jeunes du quartier-ghetto, Gaza où règne la violence et la loi des bandes. Il va d’ailleurs intégrer la bande de Bruce, le Roi de Gaza. Nous allons aussi croiser le long des pages Stéphane, un jeune qui travaille dans une ONG pour quelques mois, car cela fait bien dans un Cv et pourquoi partir vers Haïti ou en Afrique, mais il va être très surpris de la situation qu’il va trouver sur cette île qui aurait tout pour être paradisiaque. Il y a aussi Olivier le policier et Bacar le pompier. L’auteure nous entraîne dans les vies de chacun de ses personnages et il y a aussi beaucoup d’humanité dans cette misère et de belles pages, en particulier quand Moïse arrive à faire une pose et lire et relire l’enfant et la rivière d’Hervé Bosco, il va d’ailleurs baptiser ainsi sont bâtard de chien. L’auteure nous décrit une situation si difficile mais elle nous parle avec beaucoup d’humanité du point de vue de chacun et il y a tout de même de l’humanité, de la solidarité dans ses relations humaines. Un livre coup de poing et très choquée que telles choses puissent se dérouler dans un département français.

  • 0.25

    Quand j’avais vu, et surtout entendu, Natacha Appanah lors de son passage à "La Grande Librairie", j’avais été subjuguée par cette jeune femme souriante, sereine, au filet de voix si doux. Elle avait parlé de son dernier roman avec une telle passion teintée d’empathie que j’avais, sur le champ, décidé de le lire. C’est chose faite et je dois avouer que le plaisir de lecture que j’en attendais est allé crescendo au fil des pages.
    Marie, jeune infirmière rencontre Chamsidine, infirmier lui aussi et, par amour, le suit sur son île : Mayotte. Hélas, petit à petit le bonheur de cette vie à deux se délite. Son grand désir de maternité ne se concrétise pas et chaque mois "quand vient le sang chaud dans [sa] culotte", elle entre dans un profond désespoir. Son métier ne lui apporte pas davantage de bonheur, qui voit chaque jour arriver des hordes de réfugiés comoriens et la douleur à la vue de cette détresse. Quand Cham finit par la quitter, le chagrin l’envahit. Elle se retrouve alors seule jusqu’au jour où arrive à l’hôpital une très jeune comorienne tout juste débarquée d’un Kwassa (embarcation de fortune) sanitaire avec un bébé emmitouflé dans ses langes… et nous entrons dans le corps du roman.
    Car, c’est bien d’une étude riche, profonde et sensible de la jeunesse vivant sur l’île de Mayotte, une jeunesse en proie à l’oisiveté, une jeunesse sans repères, violente, faite de clandestins, que l’auteur a su tirer un roman aussi magnifique. Moïse, ce bébé recueilli par Marie et devenu son fils adoptif va très vite, à l’adolescence, faire partie de ces hordes d’adolescents voleurs, fumeurs, alcooliques, prostitués, sans foi ni loi, qui hantent l’île. Noir, il ne supporte plus de vivre une vie de "blanc". De l’histoire de Moïse, elle tire un véritable chant choral à cinq voix qui chacune raconte à sa manière et même par-delà la mort, décortique les malheurs, difficultés, aléas de la vie. A tour de rôle, elle fait parler Marie, Moïse, Bruce, le mauvais garçon, mais aussi Stéphane et Olivier éducateur et policier. J’ai aimé l’écriture, sans ostentation, mais riche d’une grande palette de tons : sèche et dure pour décrire la violence, la peur ou la colère mais tellement tendre et ronde lorsqu’il s’agit d’amour. Loin de tout manichéisme, de recherche de sensationnel, Natacha Appanah essaie de traduire au mieux l’intimité des personnages et nous dresse un portrait à la fois sombre et lumineux de Mayotte.
    La fin, belle et délirante, rajoute aux qualités. Décidément, j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman.

  • 0.2

    Dans un "anglais sous les tropiques", William Boyd montrait comment les îles paradisiaques pouvaient devenir l'enfer de ceux qui pensaient y trouver le repos et l'absolution. C'est ce qui fait la force du roman de Natacha Appanah : une banale histoire de banlieue transposée dans le décor doucereux de Mayotte. Certes, on pourra regretter quelques facilités narratives, voire des clichés : le héros malheureux et sa difformité marquée, la déchéance qui passe par son humiliation de mâle, les bêtes plus gentilles que les hommes, les français de métropole qui sont des crétins idéalistes... Mais il se dégage de ce roman une humanité pure et brute, une beauté sauvage, une implacable vérité qui font oublier les travers du récit. Un beau voyage littéraire qui laisse des souvenirs indélébiles.

  • 0.25

    J’ai censuré la fin de la quatrième de couverture, elle en disait trop.

    De Mayotte, je savais qu’elle subissait la pression d’un flux migratoire venu des Comores voisines. Mais j’ignorais que son lagon était si beau. Tant de misères et tant de beautés sur le sol français.

    Un roman trop court, qui oscille entre description de la petite délinquance, compromissions politiques et volonté des ONG qui tentent de construire quelque chose.

    Une fin émouvante mais si pessimiste, comme si il n’y avait aucun échappatoire possible.

    Une lecture forte et marquante.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Moïse lisant et relisant L’enfant et la rivière de Bosco, lecture le reliant à sa mère.

    http://alexmotamots.fr/?p=2324

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