Tropique de la violence

Couverture du livre « Tropique de la violence » de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard

4.638888888

36 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070197552
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Blanche
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

«Ne t'endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n'est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c'est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe... Lire la suite

«Ne t'endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n'est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c'est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu'à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré? Ils viennent pour toi.» Tropique de la violence est une plongée dans l'enfer d'une jeunesse livrée à elle-même sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.

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  • 0.2

    Après avoir rencontré l'auteure à Arras où elle venait de recevoir le prix Amila, je me suis précipitée pour sortir de ma PAL Tropique de la violence; ce n'est pas du tout ce que j'imaginais de Mayotte que Nathacha décrit peu car elle s'attache surtout au jeune garçon aux yeux pairs qu'une jeune clandestine a abandonné aux mains de Marie; tant que cette dernière était vivante, le gamin est élevé comme un blanc loin de la misère mais Marie meurt brutalement et c'est la rue, les bandes etc jusqu'au drame...

  • 0.25

    Une première pour moi que la découverte de ce roman et de son auteur...Dès la première page je me suis laissée entrainée par ce récit qui m'a fait entrer dans un monde inconnu et découvrir Mayotte sous son côté sombre...Un très bon roman qui se lit de manière étonnante et originale car se sont cinq personnages qui parlent et font avancer leur histoire ...A découvrir cet été et ne pas manquer !

  • 0.25

    Une grande claque que ce roman qui rappelle que Mayotte c'est la France, pas celle qu'on veut voir, juste une ile lointaine en désespérance, à l'abandon, livrée à toutes les violences. Pas de jugement de l'auteure, pas de solution miracle non plus, juste un état des lieux qui laisse un goût amer d'impuissance. Un magnifique récit qui mêle plusieurs destins tragiques. MO restera longtemps dans mes pensées ainsi que tous les autres sacrifiés.

  • 0.25

    Dès les premières lignes de son sixième roman, Nathacha Appanah suit les pas de Marie qui, à 23 ans, quitte sa vallée, termine ses études d’infirmière un an plus tard et craque pour Cham, infirmier lui aussi, originaire de Mayotte. Elle l’épouse et le suit, à 28 ans, lorsqu’il revient sur cette île française nichée dans le canal du Mozambique, entre Madagascar et le continent africain.

    L’auteure écrit simplement, de façon efficace et précise, permettant au lecteur de s’imprégner peu à peu de la vie, là-bas, où les clandestins ne cessent d’arriver sur ces embarcations de fortune, appelées kwassas kwassas. Devant la préfecture, la foule attend un permis de séjour alors qu’en face, c’est devant le dispensaire qu’une autre foule espère obtenir un ticket…
    Marie veut avoir un enfant, sans succès. Elle donne à manger, chaque jour à une petite fille de clandestins qu’elle croise sur la plage mais sa vie bascule lorsque Cham la quitte pour une Comorienne et refuse de divorcer. Aussi, elle n’hésite guère lorsqu’une jeune fille lui donne son bébé aux yeux de couleurs différentes, un noir et un vert, l’hétérochromie. Elle le prend, l’appelle Moïse et l’élève sans oublier tous ces enfants qui naissent dans la maternité de Mamoudzou, la plus grande de France !
    Moïse a grandi. Il lit et relit toujours "L’enfant et la rivière" de Henri Bosco mais sa mère qui souffre de maux de tête, rêve de revenir au pays et ses rapports avec son fils se dégradent de plus en plus.
    À partir de là, Nathacha Appanah qui est née à Mayotte et y a vécu les premières années de sa vie, nous plonge dans le drame avec une tension grandissante sous « ce soleil de Mayotte qui fait craquer les dalles de béton et éclater le goudron. » Tour à tour, parlent Moïse, Bruce, Olivier, Stéphane puis Marie à nouveau.
    Bruce, s’appelle en réalité Ismaël Saïd. Il est le caïd de Gaza, nom donné au quartier déshérité de Kaweni, à la lisière de Mamoudzou : « Gaza c’est un bidonville, c’est un ghetto, un dépotoir, un gouffre, une favela… » Et c’est la France !
    Nous partageons la vie de ces clandestins toujours plus nombreux sur cette île de 200 000 habitants mais qui en compte plus du double. Nous suivons les tentatives inutiles pour sociabiliser ces gosses qui sombrent vite dans le vol, la drogue (le chimique), et la délinquance.

    Devant un tel constat, que faire ? "Tropique de la violence" ne propose aucune solution miracle mais ce roman à la fois très réaliste et très poétique suscite émotion et révolte. Il brise le silence qui s’installe aussitôt après l’agitation médiatique sporadique que suscite le passage d’un politique venu de métropole.

  • 0.2

    Bien que située au large des côtes africaines et à plus de 8000 kms de Paris, Mayotte est le 101ème département français. C’est dans ce cadre, en apparence paradisiaque, que Marie, une infirmière française va adopter Moïse, un jeune comorien abandonné par sa mère, une immigrée clandestine de dix-sept ans, lors de son arrivée sur l’île. Après la mort de Marie, Moïse va sombrer dans la misère et rejoindre un bidonville d’adolescents, « Gaza », où il se liera avec des jeunes enfants de clandestins dont les parents ont été renvoyés à la frontière et au côté desquels il se perdra petit à petit dans la violence.

    Roman aux multiples voix, qui dessine toute la complexité de Mayotte, Tropique de la violence est avant tout le portrait d’une jeunesse délaissée et sans espoirs, entassée dans des quartiers soumis aux gangs et à la drogue.

    Dans ce récit sombre, l’hypocrisie des politiques et l’impuissance des ONG sont à la hauteur de la démission, voire de la résignation, des pouvoirs publics. Pourtant, « Gaza c’est Mayotte, Gaza c’est la France » rappelle un personnage du roman. Si Nathacha Appanah ne porte pas de jugement, préférant laisser la parole à ses personnages, son livre sonne malgré tout comme nécessaire un cri de colère.

  • 0.25

    Qui, en métropole, parle de Mayotte ? Qui se préoccupe de cette miette de France, comme abandonnée dans l'Océan Indien ? Sa proximité avec les Comores en fait un lieu où des vagues de réfugiés viennent s'échouer espérant trouver asile et vie meilleure dans ce petit bout de France. A peine né, Moïse fut l'un de ceux-là mais ses yeux vairons considérés comme la marque du démon ont conduit sa mère à le confier à Marie, l'infirmière de métropole installée à Mayotte par amour et asséchée par l'absence d'enfant. Moïse grandit, enveloppé par l'amour de sa mère adoptive, protégé par le quartier résidentiel où il vit. Mais vient le temps des questions et de la culpabilité : privilégié par son adoption, il n'en reste pas moins un réfugié dont même sa mère n'a pas voulu. Où est sa véritable place ? La mort de Marie le précipite sous la coupe de Bruce, à "Gaza", le bidonville effroyable de Mamoudzou, parmi les autres jeunes livrés à eux-mêmes et n'ayant pour foyer que la violence.

    Les voix de Marie, de Moïse, de Bruce, de Stéphane, l'éducateur candide, et d'Olivier, le policier désenchanté s'enchaînent et nous cognent le coeur par le récit de leurs destinées fracassées. Mariant dans de déchirantes épousailles le sublime des paysages paradisiaques, la douleur inconsolable des mères impuissantes et l'abjecte brutalité des âmes corrompues, l'écriture nous empoigne, nous malmène, nous apaise quelques instants avant de nous replonger dans un déchaînement de sauvagerie. Je ne cesse de m'interroger sur le choix de décrire aussi précisément des scènes d'une violence épouvantable et j'en garde une sorte de malaise, tout en reconnaissant à ce roman une force sidérante.

    Avec la brièveté d'un uppercut, Natacha Appanah nous fait un portrait âpre et cruel de Mayotte, là où la frontière entre vie et mort est si ténue que chacun peut la traverser sans retour, là où les règles sociales sont peu à peu délaissées pour faire place à de nouvelles lois : loi de la terreur, loi de la violence, loi du plus fort... En mêlant la voix des morts à celle des vivants, l'auteur nous montre une humanité en sursis, une agonie en quelque sorte, et pointe de percutante manière les défaillances de l'Etat à Mayotte. J'ai émergé de cette lecture complètement sonnée, pantelante et endolorie par l'histoire et par l'écriture qui nous la fait vivre.

  • 0.25

    "De là où je vous parle, les mensonges et les faux-semblants ne servent à rien. Quand je regarde le fond de la mer, je vois des hommes et des femmes nager avec des dugongs et des cœlacanthes, je vois des rêves accrochés aux algues et des bébés dormir au creux des bénitiers. De là où je vous parle, ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu’il suffira d’un rien pour qu’il s’embrase."
    Le cœur du récit se situe sur l’île de Mayotte, département français d’outre-mer, petit paradis pour touristes oublié de la métropole.
    Dans ce roman polyphonique, cinq personnages donnent leurs voix, et lancent leurs émotions épidermiques, leurs colères, leurs désespoirs, au fil des pages de cette somptueuse, sombre et puissante histoire, laissant le lecteur totalement bouleversé, ce qui fut mon cas.
    Il y a Marie, infirmière au grand cœur, désespérée de ne pas avoir d’enfant avec son époux, jusqu’au jour où le destin lui apporte Moïse, « l’enfant de la rivière », qu’elle va adopter et entourer d’amour et de tendresse….Moïse a été abandonné par sa mère biologique, venue chercher à Mayotte une issue à la misère désespérante de ses Comores natales, parce qu’il a les yeux vairon, symbole du Diable et de la fatalité.
    Ce bonheur fugace s’effondre le jour où Marie décède brutalement, laissant un Moïse adolescent livré à lui –même.
    Ses errances le conduisent alors à rencontrer Bruce (la troisième voix) , chef du bidonville à ciel ouvert qui « accueille » tous ces mineurs des rues. Ravagé au plus profond de son âme, il est dévoré par la haine et la colère. Il est à la fois monstre et victime... Monstrueux par ses agissements, victime par son enfance effroyable.
    C’est alors une plongée dans le monde de la violence, de la drogue, des viols, des humiliations, des exactions de toutes sortes. Survivre devient un combat quotidien.
    Olivier et Stéphane, respectivement policier et éducateur dans une ONG, sont le symbole de l’impuissance et de la désillusion de ceux qui essaient d’endiguer cette terrible hémorragie, ignorée du monde bien-pensant.
    Inspiré un pan de vie de Natacha Appanah à Mayotte, ce roman est un coup de poing, coup de cœur, une immense claque.
    On se sent pris dans un étau qui enserre le ventre, et on ne peut qu’admirer la plume de l’auteure, qui sait faire du beau avec du laid, de la lumière avec du sombre. Une formidable humanité qui fait mal, une juste dénonciation du phénomène des bandes de rues, du chaos, des migrations vers un pseudo Eldorado, font de ce bijou un inoubliable coup de foudre (oui, oui !) . Et oui, il ne faut pas oublier que Mayotte n'est pas uniquement un petit paradis sur Terre...La misère la plus profonde ronge, érode, et ce dans le plus grand silence. Chape de plomb sur fond de bidonvilles.
    "Il faut me croire. Ici, je suis un souvenir qui surgit, une ombre qui s'allonge au crépuscule, une brume au coin de l'oeil. Je tourne avec le vent mais je ne brûle plus au soleil. Les heures et les jours et les années passent sur ce même chemin sans couleurs, sans relief, sans lumière. Seuls subsistent la vie et l'enfer des autres."
    Je ne l’oublierai pas de sitôt, et je pense , pour effacer la noirceur, m’orienter maintenant vers du tout léger, en espérant que le cataplasme fera son effet.

  • 0.25

    En 2007, j'ai découvert une écriture poétique et forte, douce et puissante, et j'ai été stupéfiée par la prose incroyable de Nathacha Appanah dans Le dernier frère. Depuis, j'ai tout lu de cet auteur, tout aimé, et encore plus quand elle raconte Maurice, la belle île qui fait rêver et qui possède pourtant son avers...

    "Qu'est-ce qu'on sait de nos cœurs et de ces choses de notre enfance qui nous rattrapent par la cheville et nous retournent brusquement ?"


    S'il y a toujours de la tendresse et beaucoup de poésie, ses romans n'épargnent aucune "violence", et je place volontiers ce terme entre guillemets parce que dans ce nouvel opus qui porte le presque effrayant titre de "Tropique de la violence", ça n'est pas seulement ça : c'est surtout la vie comme elle vient, avec le bon et le mauvais, le pire et le meilleur.

    "Je me suis demandé si, en réalité, il n'était pas foutu d'avance, ce garçon-là, et, avec lui, tous les garçons et les filles nés comme lui, au mauvais endroit, au mauvais moment."

    Dans ce roman qui se déroule dans cette France du bout du monde et qui raconte les migrants, les abandons d'enfants, les bidonvilles et les "politiques sociales" qui foirent, la drogue et la faim, rien n'est facile, rien n'est tendre.


    "Ils connaissent plein de choses ces gars-là, ils connaissent les chiffres de la misère, ils connaissent les chiffres de la délinquance, ils étudient les graphiques de la violence, ils ont des mots comme culture et loisirs à la bouche mais ils ne comprennent jamais rien, en réalité."

    Aucun jugement de la part de l'auteur qui, avec la plus grande finesse, alterne les voix de ce roman polyphonique : celles des enfants (Bruce le caïd de Gaza qui a déjà basculé dans l'enfer, et surtout Moïse le comorien adopté qui ne trouve pas sa place), celle de Marie l'infirmière, d'Olivier le flic ou encore de Stéphane, travailleur social à qui la réalité du terrain fait perdre ses illusions.


    C'est un uppercut, un regard lucide sur ce qui se passe partout, en Occident ou ailleurs. Ça pourrait être Lesbos ou Lampedusa, mais c'est à Mayotte, en France, et rien n'est fait réellement, pas plus qu'ailleurs, pour ces gamins perdus.

    "Mayotte, c'est la France, et ça n'intéresse personne."

    J'ai lu ça et là que ce roman était violent, choquant, difficile à lire...C'est tout le contraire : c'est un roman puissant, un roman lumineux, à la prose hypnotique et c'est pour moi, encore une fois, un vrai coup de cœur !

  • 0.25

    "Tropique de la violence" est un très beau roman qui nous fait découvrir l'île de Mayotte, sa beauté mais surtout la situation intolérable dans laquelle vivent ceux qui viennent y trouver refuge. Sachant que cette île est un territoire français, c'est d'autant plus insoutenable.
    Nathacha Appanah nous fait entrer, avec son personnage, dans un tourbillon de violence incroyable, malheureusement bien actuel. Ce livre se lit d'une traite et laisse un goût amer.

  • 0.2

    Voici une lecture bouleversante et qui nous entraîne et nous montre de façon très réaliste et poétique à la fois, la misère qui peut régner dans un département français. Cette histoire se déroule à Mayotte et non pas dans des pays pauvres. Polyphonique, ce roman va nous raconter la vie de Marie, une infirmière métropolitaine qui a suivi un beau mahorien, ils travaillent tous les deux à l’hôpital de la ville mais une naissance tarde à venir et elle voudrait tant avoir un enfant. Elle se sépare alors de son bellâtre et se retrouve toute seule. Puis un jour, des clandestins sont accueillis à l’hôpital et une jeune mère lui confie son fils, il porterait malheur avec ses deux yeux de couleurs différents : ce serait le fils d’un djinn. Moïse va alors vivre avec Marie mais celui-ci va être tenté de se trouver, et va fréquenter des jeunes du quartier-ghetto, Gaza où règne la violence et la loi des bandes. Il va d’ailleurs intégrer la bande de Bruce, le Roi de Gaza. Nous allons aussi croiser le long des pages Stéphane, un jeune qui travaille dans une ONG pour quelques mois, car cela fait bien dans un Cv et pourquoi partir vers Haïti ou en Afrique, mais il va être très surpris de la situation qu’il va trouver sur cette île qui aurait tout pour être paradisiaque. Il y a aussi Olivier le policier et Bacar le pompier. L’auteure nous entraîne dans les vies de chacun de ses personnages et il y a aussi beaucoup d’humanité dans cette misère et de belles pages, en particulier quand Moïse arrive à faire une pose et lire et relire l’enfant et la rivière d’Hervé Bosco, il va d’ailleurs baptiser ainsi sont bâtard de chien. L’auteure nous décrit une situation si difficile mais elle nous parle avec beaucoup d’humanité du point de vue de chacun et il y a tout de même de l’humanité, de la solidarité dans ses relations humaines. Un livre coup de poing et très choquée que telles choses puissent se dérouler dans un département français. « C’est l’histoire de ces êtres humains qui se retrouvent sur ces bateaux et on leur a donné des noms à ces gens-là, depuis la nuit des temps : esclaves engagés, pestiférés, bagnards, rapatriés, juifs, boat people, refugiés, sans papiers, clandestins » (p53)

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