Rouge armé

Couverture du livre « Rouge armé » de Maxime Gillio aux éditions Ombres Noires

4.25

4 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Ombres Noires
  • EAN : 9782081378520
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 352
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Policier / Thriller grand format
Résumé:

Patricia, reporter au Spiegel, retrouve une ancienne sympathisante de l'Armée rouge et de la bande à Baader, Inge, cachée sous une fausse identité dans un village de l'ex Allemagne de l'Est. Elle tente de la convaincre de lui raconter sa vie. Des morts suspectes d'anciens sympathisants ont lieu... Lire la suite

Patricia, reporter au Spiegel, retrouve une ancienne sympathisante de l'Armée rouge et de la bande à Baader, Inge, cachée sous une fausse identité dans un village de l'ex Allemagne de l'Est. Elle tente de la convaincre de lui raconter sa vie. Des morts suspectes d'anciens sympathisants ont lieu au même moment.

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  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/04/13/35168849.html

    Année 2006. Patricia Sammer, journaliste au Spiegel, enquête sur les personnes ayant fui l’Allemagne de l’Est dans les années soixante. Ses recherches l’amènent sur la piste d’Inge. Cette dernière a passé le Mur pour se rendre à l’Ouest elle mais est revenue à l’Est quelques années plus tard. Pourquoi cette fuite et surtout pourquoi ce retour ?

    La relation entre les deux femmes commence mal mais, au fur et à mesure, Inge se dévoile et détaille un destin extraordinaire qui commence bien avant sa naissance.

    Maxime Gillio, à travers un récit où on navigue sans cesse entre la Seconde Guerre mondiale, les années 70 et les années 2000, nous fait (re)découvrir tout un pan de l’histoire allemande : le nazisme, le sort des Sudètes, la construction du Mur, la Stasi, la fraction armée rouge (avec la bande à Baader en « première génération »), les Ostalgiques (nostalgiques de la RDA). Il est clair que le travail de documentation est important. Mais, au-delà de la narration historique, l’auteur a su construire des personnages d’une grande complexité psychologiques. Les femmes sont des personnages forts et fragiles à la fois, à l’instar de Patricia qui est alcoolique et consomme les hommes, d’Inge qui est troublée, marquée par ses origines familiales ou encore d’Anna, la mère d’Inge, qui a vécu le pire.

    J’ai été happée par l’histoire, par la façon dont Maxime Gillio déroule sa trame. Même si on devine progressivement la fin (du moins en partie), l’ensemble est bien huilé et efficace. Voilà un beau roman noir, politique et historique qui fait plaisir à lire.

  • 0.2

    Un bon roman sur les aspects méconnus d'une époque "trop" connue. Construit en flash-backs de 2006 à la fin de la Seconde guerre mondiale vu de Tchécoslovaquie, avec l'horreur trop commune des victimes devenant bourreaux, puis de la période "Mur" vue du côté Allemand de l'est. Une incursion intéressante dans ces univers qu'on ne connaît que du point de vue des vainqueurs, des "bons", qui prend le contre-pied de l'Histoire officielle en narrant la version de l'intérieur d'une descendante de Sudète, transfuge et militante communiste. On regrette que le personnage de la journaliste ait peu de substance par rapport au rôle dramatique que l'auteur a voulu lui confier, et que les passages "modernes" soient bien moins prenants que les retours historiques.

  • 0.2

    Rouge armé, signé Maxime Gillio, est un polar résolument politique. L'auteur nous ballotte à travers l'Europe centrale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'Europe est ruinée, dévastée et pillée par les Alliés. Ceux-ci se servent abondamment et se partagent une Allemagne exsangue. L'Allemagne de façon générale et Berlin en particulier, deviendront le symbole de la guerre froide qui opposera le bloc de l'Est au bloc de l'Ouest pendant un demi-siècle. C'est en plein coeur de ce contexte politique que Maxime Gillio a décidé de situer la "véritable" intrigue de son roman. Rouge armé ou plutôt la Fraction armée rouge, connue sous le sigle RAF, fait référence à une organisation terroriste allemande d'extrême gauche qui sévit en RFA de 1968 à 1998. Cette guérilla urbaine a été l'auteure de nombreux attentats à l'encontre du gouvernement allemand. Maxime Gillio nous plonge dans une période politique tumultueuse et décisive. Il maîtrise son sujet, ce qui rend la lecture fluide et agréable.

    La construction est complexe mais maîtrisée. Les confidences d'Inge à Patricia sont l'occasion pour le lecteur de se plonger dans le passé de cette femme. À travers l'histoire de sa famille, l'auteur retrace les bouleversements de cette période houleuse. Le récit commence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et nous entraîne jusqu'aux années de plomb. La construction du roman implique une multitude de retours en arrière, de sauts chronologiques et de changements de période d'un chapitre à l'autre. Cela peut surprendre, voire décontenancer le lecteur. À certains moments, je ne savais plus du tout à quelle époque on était et quels personnages j'allais retrouver. Cette façon de jouer avec la temporalité a pu rendre ma lecture fastidieuse par moment. Néanmoins, tout finit par s'emboîter parfaitement. Ce livre me fait penser à un gigantesque puzzle. L'auteur nous guide à travers les époques. Chaque chapitre, chaque révélation nous donne la possibilité de récupérer une des pièces manquantes. Le puzzle prend forme au fil des pages. La construction narrative est ainsi admirablement maîtrisée. Je tiens à préciser que Rouge armé n'est pas ce que l'on peut appeler un thriller. Si le lecteur recherche du suspens, de la tension et des rebondissements, je ne pense pas qu'il soit pleinement satisfait. Le rythme est lent certes mais ce n'est pas pour autant particulièrement dérangeant. Je pense que si l'enchaînement des plans avait été plus rythmé, on aurait perdu en clarté. Le rythme se cale sur les confidences d'Inge. Je n'étais pas sur le qui-vive, mais plutôt curieuse de découvrir où l'auteur nous entraîne. Évidemment, on se doute que la rencontre entre ces deux femmes n'est pas fortuite. Que Patricia cache un mobile. Cette interrogation perdure au fil des pages mais je ne trouve pas que l'essentiel du roman se situe là. Pour moi, l'essentiel est dans les chamboulements politiques, la haine entre les peuples et les tensions nées de l'atomisation de l'Europe Centrale et Orientale de la seconde moitié du 20e siècle.

    L'affrontement entre les deux blocs Est vs Ouest est ce qui m'a le plus plu dans Rouge armé. D'un point de vue historique, sociologique et politique cette période est extrêmement riche. L'affrontement du bloc l'Est et du bloc de l'Ouest apparaît comme un sujet galvaudé en littérature. Néanmoins, ici l'auteur ne cherche pas à vanter les mérites de l'Ouest sur l'Est mais analyse la montée en puissance des mouvements contestataires en Allemagne de l'Ouest. C'est ce qui fait l'intérêt du livre. La vision de l'auteur n'est pas binaire, il n'y a pas le bien d'un côté et le mal de l'autre. La preuve, ces contestations politiques naissent en RFA. En lisant ce roman j'ai pu recréer une sorte de fresque chronologique débutant à la sortie de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à l'effondrement du Mur de Berlin. Les éléments de cette fresque suivent une véritable logique. En nous contant l'histoire européenne sur cette période, on nous donne les clés de compréhension des tensions qui vont survenir. Je me suis rendue compte à quel point les frontières politiques étaient mouvantes. Si je devais émettre un souhait, ce serait que l'auteur décortique encore plus cette période d'instabilité politique et de contestation étudiante. J'aurais adoré suivre de plus près la Fraction armée rouge, de sa formation à sa dissolution.

    Rouge armé met en scène deux femmes : Inge et Patricia. Inge est un vieille dame au passé extrêmement lourd et douloureux, dont la famille a été frappée d'ostracisme et s'est vue dans l'obligation de fuir la Tchécoslovaquie. Sa mère et son frère sont passés par les camps pour finir par s'installer en Allemagne. Patricia quant à elle, est enfermée dans un processus d'autodestruction. Son parcours et par conséquent ce qui la lie à Inge n'est révélé qu'à la toute fin donc je ne vais pas vous spoilier le roman. ;) Autant j'ai beaucoup aimé le personnage de la vieille dame au caractère bien trempé et à la volonté farouche, autant Patricia ne m'a pas convaincue. Pire, je l'ai trouvée agaçante. J'aurais préféré que les passages qui lui sont consacrés soient dédiés à la vie d'Inge. C'est d'ailleurs pour cela que l'épilogue m'a laissée sur ma faim. Lorsque j'ai découvert les motivations de Patricia, je les ai évidemment comprises mais de là à aller aussi loin, cela manquait cruellement de crédibilité en ce qui me concerne. Encore une fois, ce n'est que mon avis et je conçois tout à fait que la fin ait pu contenter d'autres lecteurs. Le constate de maturité entre les deux femmes est abyssal, pourtant au jeu de celle qui a écopé de la vie la plus sombre et torturée je pense que Inge gagne haut la main. À partir de ce constat, il m'était compliqué de ressentir de la compassion pour Patricia.

  • 0.25

    Heidenau, Basse-Saxe, 2006. La journaliste Patricia Sammer se présente chez une certaine madame Lamprecht : elle a entrepris un travail sur la période du Mur, épluché de long en large les archives de la Stasi et elle enquête notamment sur les gens qui ont réussi à passer à l’Ouest au péril de leur vie et qui, déçus par le modèle occidental, ont choisi finalement de retourner vivre à l’Est.
    Visiblement, madame Lamprecht, méfiante et un tantinet sauvage, n’a pas envie d’aborder le sujet, a fortiori avec une inconnue. Petite femme discrète d’une soixantaine d’années environ, elle semble préférer vivre un peu loin de l’agitation du monde. Aussi, s’apprête-t-elle à lui fermer la porte au nez lorsque la journaliste lui dit : « … dois-je vous appeler Inge Oelze ? » La porte s’ouvre alors et l’histoire commence…
    La question centrale de ce roman est évidemment : qui est en réalité Inge Oelze, est-elle ce qu’elle dit être, cache-t-elle quelque chose d’inavouable, des blessures de l’Histoire ?
    Mais une autre personne se révèle, elle aussi, bien étrange : la journaliste elle-même !
    Que cherche-t-elle précisément, cache-t-elle quelque chose, pourquoi se réfugie-t-elle régulièrement dans l’alcool, quelle blessure explique cet état dépressif profond ?
    Et c’est bien là ce que j’ai préféré dans ce roman, à savoir ce lien ambigu et toujours tendu à l’extrême qui se tisse entre les deux femmes, une espèce de jeu de cache-cache, d’aveux plus ou moins tronqués, de complicité, de tendresse même mêlés d’un je-ne-sais-quoi de haine voire de répulsion.
    Sont-elles sincères ? S’il y a manipulation, qui manipule l’autre ? Leurs tête-à-tête plongent le lecteur dans une tension extrême, presque insoutenable… Tout semble opposer ces deux femmes et pourtant…
    En mettant en place deux temporalités (et trois générations) : le passé (1943-1977) et le présent (2006), l’auteur révèle petit à petit les événements vécus par les personnages et leur famille. S’offre alors au lecteur une véritable plongée dans la Grande Histoire : la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide que l’on redécouvre à travers le point de vue de personnages qui se trouvent malgré eux pris au piège d’une vraie tragédie. On découvre alors l’intimité de ces gens écrasés par l’Histoire, leurs terribles souffrances et l’incapacité finalement qu’ils ont à se projeter dans l’avenir.
    Rouge armé est un roman policier comme je les aime : des personnages complexes, mystérieux, dont on ne perçoit pas tout de suite les motivations, un suspense vraiment haletant jusqu’à la dernière page, des effets de surprise, des fausses pistes, un nouvel éclairage sur une période historique terrible et notamment ce qu’ont vécu les Sudètes (et que l’on ne connaît pas forcément très bien), enfin et peut-être est-ce là le plus important, c’est un roman qui nous pousse à nous interroger sur les notions de bien et de mal et la difficulté parfois de les distinguer. A-t-on le droit de tuer pour des idées, au nom de la liberté ? Peut-on (doit-on) pardonner les crimes passés ?
    Bref, un roman qui nous montre que rien n’est simple (mais ça, on le savait déjà !)
    Une réussite !

    Lireaulit: http://lireaulit.blogspot.fr/

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