Repose-toi sur moi

Couverture du livre « Repose-toi sur moi » de Serge Joncour aux éditions Flammarion

4.107142857

28 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081306639
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 428
  • Collection : Litterature francaise flammarion
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s'y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l'affrontement... Lire la suite

Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s'y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l'affrontement mais ils finissent par apprendre à se connaître.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Dans "Repose-toi sur moi" de Serge Joncour, on est très vite happé par l'histoire. L'histoire improbable entre deux êtres que tout semble éloigner.
    Aurore , styliste dans sa propre entreprise, mariée et mère de deux enfants habite un magnifique appartement au cœur de Paris. Ludovic, veuf depuis trois ans a quitté sa campagne et la ferme de ses parents où il travaillait la terre. Devenu recouvreur de dettes, il s'acquitte de son mieux de ce métier peu reluisant et habite un petit appartement face à celui d'Aurore.
    Une simple histoire de corbeaux squatteurs de leur cour commune va les rapprocher et être à l'origine de la naissance de leur relation. Une relation aussi brutale que nécessaire mais qui les déstabilise, leur fait perdre pied. Une relation qui finit par devenir si toxique que le lecteur s'inquiète de savoir comment elle va finir. Bien ou mal ? Mal ou bien?
    Le roman, tout en finesse égrène les sentiments des deux protagonistes , leur intimité, Il s'agit bien d'une histoire d'amour qui se déroule sous nos yeux.
    Un très beau roman, fort, puissant, terriblement humain qui ne se contente pas d'évoquer les rapports amoureux de ce couple tout neuf mais également en filigrane les rapports filiaux, les rapports de pouvoir, les rapports humains, l'incommunicabilité aussi.

  • 0.2

    Ce roman auquel a été attribué le « Prix Interallié » est bien dans l'esprit des créateurs de cette récompense.
    C'est un roman sociologique, même si, et par chance pour la lectrice que je suis, aucun des acteurs de ce roman n'est grossièrement caricaturé comme souvent.
    Certes, deux mondes différents se télescopent: ; la parisienne bobo nantie, deux beaux enfants un mari solide, un bel appartement, et l'agriculteur reconverti dans le tertiaire, sans panache.
    Ces deux là bien qu'habitant la même adresse vivent dans deux mondes parallèles, l'une côté soleil , l'autre à l'ombre. Toute leur vie est ainsi organisée,et si deux affreux corbeaux ne gâchaient pas la vie d'Aurore, la cour qui les sépare serait restée une frontière .
    Ludovic, chasseur du temps de sa vie campagnarde la libère de ses peurs et une étrange amitié naît entre cette femme fluette et élégante et ce grand costaud au physique imposant qui le sert pour son travail parisien de recouvrement de créances.
    L'amitié se transforme en passion physique , en confidences aussi, et celles ci amèneront Ludovic a user de sa force pour protéger Aurore des soucis qui l' accablent, elle et sa petite entreprise de prêt à porter.
    Alors que l'époux d'Aurore, séduisant et fringant américain à qui tout réussi pourrait l'aider par l'intermédiaire de ses avocats , sa fierté l'empêche de lui demander de l'aide , et c'est donc Ludovic qui s'y colle.
    Cet homme, veuf, seul, qui paraît si solide est en fait un grand affectif, et plus d'une fois se pose à lui cette lancinante question : « Se sert -elle de moi ? » Il doute beaucoup, peut-être à juste raison, peut-être pas, c'est la fin du roman qui donne la réponse, et le « repose -toi sur moi «  en donne la signification.
    Un bien gros livre pour cette histoire, et pourtant je l'ai dévoré, tant l'incandescence entre ces deux êtres est addictive.

  • 0.25

    Aurore est la parfaite incarnation de la bobo parisienne. Styliste, sa propre marque, un beau mari, de beaux enfants, un très bel appartement.
    Ludovic est lui un déraciné de la campagne, ancien agriculteur, reconverti dans le recouvrement, veuf, solitaire….
    Rien ne les réunit mis à part la cour de l’immeuble et un couple de corbeaux qui terrorisent jusqu’à la dépression Aurore.
    Voilà, à partir de là, vont se dérouler plus de 400 pages de récit, que je pensais impossible à tenir….Et pourtant, si.
    On est porté par cette rencontre entre une jeune quarantenaire à la dérive, dans sa vie personnelle et professionnelle, et un homme qui va se révéler providentiel.
    Je n’en révèlerai pas plus, j’ai crains pour la fin et même elle, est une belle surprise.
    Si vous voulez rester chez vous au chaud, avec ce mauvais temps, ce livre vous sera d’une excellente compagnie !!

  • 0.25

    Ne vous laissez pas duper par la sérénité émanant du titre de ce roman, les rebondissements sont omniprésents. Ce roman a double voix nous narre la rencontre amoureuse entre Ludovic, un ancien agriculteur veuf reconverti dans le recouvrement de dettes avec Aurore, styliste et mère de famille accomplie. Si tout oppose nos deux protagonistes, des corbeaux ayant élu domicile dans leur cour commune vont les rapprocher et précipiter leur rencontre. Ces volatiles de mauvaise augure se jouent d’Aurore en évoquant métaphoriquement sa part d’ombre. Ludovic, tel un preux chevalier va alors les tuer et les offrir en trophée auprès de sa belle. Ce geste pourtant rustre et maladroit va être le début d’une complicité et d’une histoire d’amour forte où péripéties ne cesseront de se succéder sans ébranler ce nouveau couple si différent.

    Serge Joncour utilise les thèmes de l’amour et de la passion qui sont omniprésents dans la littérature sans pour autant jouer avec le pathos mais bien la sincérité et la contemporanéité de sa plume. Le rythme du roman est haletant, entre autre par la multiplicité des obstacles que le duo est amené à affronter mais également par l’alternance des narrateurs. S’ils sont distincts au début du roman se donnant la réplique selon les chapitres ils vont fusionner pour devenir une voix unique, symbole de la solidité établie de leur relation. Joncour s’illustre également par la justesse qu’il fait preuve en dépeignant un panorama élargi de la société actuelle : du monde agricole dont vient Ludovic jusqu’au milieu aisé et urbain d’Aurore en passant par la détresse des clients endettés présents tout au long du roman.

  • 0.25

    Un grand livre. Qui part (et parle) du vertige de la femme, soudain perdue (entre 2 hommes, 2 apparts, 2 parties de son immeuble, ...). Un grand livre sur l’engrenage de la violence (qui commence gentiment). Une écriture maîtrisée, précise, implacable.

    Quand je pense qu'en plus Serge Joncour est drôle (par ailleurs, pas lors de ce livre ci), je me dis qu'il a beaucoup de talents. Et qu'il s'en sert de mieux en mieux ("L'écrivain national" était déjà très bon).

    Et un vrai suspense, une envie de savoir ce qui va advenir des personnages, pour couronner le tout.

    Un grand moment de lecture.

  • 0.2

    Tout d'abord merci à vous de m'avoir offert ce roman qui m'a permis de passer un très bon moment de lecture.
    Deux êtres qui n'ont absolument rien en commun vont se rencontrer par hasard et s'aimer.
    Lui le rustre solitaire, fermé, ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Il intervient auprès de ménages endettés, parfois imprévoyants, qui ont certainement manqué de discernement. Il a migré en ville après le décès de sa femme et il survit dans cet univers qu'il déteste.
    Elle bobo parisienne, styliste vivant dans un immense appartement. Tout pour être heureuse, réussite professionnelle, famille, mari brillant, enfants. Tout va se gripper avec un associé pas honnête, et des corbeaux dans la cour de son immeuble.
    Et là c'est la rencontre entre ces deux êtres que tout sépare. Ils vont se découvrir et s'aimer intensément.
    La naissance de leur amour est un ravissement
    Pour autant, si Serge JONCOUR excelle dans la description du milieu urbain, des campagnes, des banlieues, j'ai trouvé les cent dernières pages un peu lentes.
    Je conseille néanmoins la lecture de ce roman. Vous passerez un bon moment de lecture !

  • 0.25

    « Repose-toi sur moi », quatre mots que l’on souhaite entendre quand nos vies pèsent trop lourdement sur nos épaules. Aurore voudrait qu’on les lui dise, ces mots, tant la pression qu’elle ressent lui paraît insurmontable. Chef d’entreprise et styliste, elle doit faire face à son associé, Fabian, qui lui met des bâtons dans les roues. Et ce n’est pas auprès de sa famille qu’elle trouve le réconfort espéré. Richard, son conjoint, est un homme d’affaire brillant qui ne pense qu’à conquérir de nouveaux marchés. Entre Aurore et lui, les conversations tournent principalement autour des soucis financiers de l’entreprise d’Aurore. La seule chose qu’ils partagent désormais est leur appartement. Quant aux enfants, ils grandissent et apprennent peu à peu à se débrouiller sans leur mère. Accaparée par son travail, notre héroïne se sent coupable de ne pas passer assez de temps avec ses jumeaux.

    Aurore ne sait comment gérer tous les aspects de sa vie. Aussi, quand deux corbeaux font irruption dans la cour de son immeuble, son havre de paix qui la sépare du tumulte parisien et lui offre un repos éphémère avant de rejoindre son appartement, c’est comme si sa vie entière s’effondrait. Ces deux corbeaux l’observent et lui rappellent chaque jour à quel point elle se sent seule et désespérée. Elle aurait bien besoin de quelqu’un pour s’en débarrasser, elle qui se sent incapable d’affronter ses problèmes. Ça tombe bien, Ludovic, qui vit de l’autre côté de l’immeuble, du côté vieux et non rénové, n’a rien contre le fait de tuer ces oiseaux pour rassurer cette voisine qu’il ne comprend pas. Mais la mort des corbeaux n’arrange rien aux soucis professionnels d’Aurore et Ludovic est entraîné dans une série d’événements dont il perd vite le contrôle.

    Les deux voisins n’ont a priori rien en commun. Elle est l’archétype de la working girl parisienne toujours pressée et toujours bien habillée. Ancien fermier, il a quitté la propriété familiale pour laisser le futur héritage à sa soeur et à son beau-frère. Elle voyage souvent. Il ne connaît que les paysages qui bordent la route qu’il prend pour rendre visite à ses parents. Elle aime la ville et lui ne se sent bien que près des champs. Elle est styliste, il travaille dans le recouvrement de dettes. Elle prend tout à coeur alors que lui, rien ne paraît l’atteindre. Cette alliance des contraires bouleverse l’ordre établi. Ensemble, Aurore et Ludovic brisent leur solitude mais cette histoire d’amour naissante est bien trop risquée. Ils se livrent et se dévoilent l’un à l’autre, et cette mise à nu les fragilise. Peuvent-ils se faire confiance ? Aurore ne se sert-elle pas de Ludovic pour résoudre ses problèmes ? Ludovic ne profite-t-il pas de l’apparente fragilité d’Aurore ? Lancés dans une course contre la montre pour sauver l’entreprise d’Aurore, les deux amants vont devoir apprendre à lâcher prise et à accepter que l’on prenne soin d’eux.

    L’amour, la solitude, la ville et la campagne, le business, le règne des apparences, autant de thèmes abordés dans ce roman dont le sujet, finalement, est notre société. Une société dans laquelle les voisins ne se parlent pas alors qu’ils se voient tous les jours. Une société dans laquelle les pesticides s’imposent aux agriculteurs. Une société dans laquelle l’ami de toujours peut devenir un concurrent redoutable. Dans tout ça, on se construit des boucliers pour ne pas être détruit par les autres, et on en vient à oublier que parfois, on nous veut du bien. Avec poésie, tendresse et sensualité, Serge Joncour nous montre que ces quatre mots, « Repose-toi sur moi », peuvent être prononcés par des personnes inattendues. La fragilité n’est pas toujours là où on le croit.

    https://vagueculturelle.wordpress.com/2016/12/17/repose-toi-sur-moi-serge-joncour/

  • 0.25

    Deux personnages principaux : Ludovic et Aurore. Lui, à 46 ans, agriculteur dans la vallée du Célé, s’est reconverti suite à un drame familial personnel. Il est recouvreur de dettes à Paris. Elle, quelques années de moins, épouse d’un Américain dirigeant d’une boîte bien plus importante que celle de son épouse ( !), toujours entre Paris et les Etats-Unis, est styliste et codirige l’entreprise « Aurore Dessage » à Paris.
    Leur point commun, c’est la cour d’un vieil hôtel particulier où elle vit côté rue côté chic, par opposition au fond de cour, « les bâtiments sont plutôt antiques…c’est comme un autre monde, un monde où elle ne va jamais », où vivent des personnes seules qui ne sortent guère, et lui. Un soir, leur rencontre, au-delà des « bonjour, bonsoir » tient à la présence de deux corbeaux venus depuis peu prendre la place de deux tourterelles, autrement plus belles et fragiles (comme elle) que ces deux oiseaux noirs énigmatiques (un peu comme lui).
    L’attention que porte Ludovic sur les peurs qu’Aurore n’arrive plus à surmonter, créée entre eux des relations, distantes, parfois même suspicieuses, mais brisant l’indifférence et apportant à chacun une sorte de réconfort moral.

    Dès le contexte posé, il est possible d’imaginer les suites d’une telle rencontre, ce qui pourrait orienter le roman vers une version romantique, voire à l’eau de rose. Ce serait mal connaître le talent de Serge Joncour. En effet, dès le début, l’auteur nous conduit sur un chemin de sensibilité, de romantisme en mettant en scène la vie des deux principaux personnages qui incarnent l’un et l’autre des univers bien différents.
    Pour lui, ce sont par exemple, ses attaches à la vallée du Célé, aux traditions d’une famille rurale, qui, dans un même milieu, distinguent cependant les différences sociales de l’agriculteur avec ses terres incultes, mais saines, par opposition à la noblesse du viticulteur avec sa terre à vigne, plus noble, soignée à coups de traitements phytosanitaires… présumés meurtriers de Mathilde, l’épouse de Ludovic.
    Pour elles, ce sont les difficultés d’une femme chef d’entreprise, de l’incompréhension entre elle et Richard, son mari, entièrement animé par son job, inexistant au foyer.
    De cette lecture, émergent des comportements et des analyses, avec parfois l’impression que plusieurs mondes s’affrontent sans possibilité ni de se rejoindre ni de se comprendre, entretenant doutes et questionnements. Pour franchir ces ponts, Serge Joncour met en scène les sentiments comme vecteurs entre les humains. Les références aux sources et le déracinement sont également très présents, parfois comme éléments déstabilisateurs, ou bien seulement distillateurs de nostalgie.

    L’auteur explore les difficultés de la société dans laquelle nous évoluons, les manques de repères, les difficultés en tout genre, sans en exclure les remèdes. Il emploie un langage simple, précis, qui traduit les sentiments et fait naître les émotions ; ce sont des phrases plutôt brèves qui ne délaient pas l’essentiel et qui accroche le lecteur. Malgré les thèmes abordés, espoir et bienveillance sont les fils conducteur d’une lecture qui ne laisse pas insensible.

    Véritablement fan de l’écrivain et de ses romans précédents, je reste là encore béate d’admiration et je suis heureuse de constater l’accueil que lui font de nombreux lecteurs ainsi que le monde littéraire et de la presse en consacrant son talent du Prix Interallié et du Prix du magazine Lire. Je verrais très bien l’adaptation de ce roman à l’écran.

    Merci à Lecteurs.com et à l'éditeur pour ce beau cadeau.

  • 0.25

    Un homme, une femme, deux escaliers, une cour, des "je", des thèmes, pas qu'amoureux, consistants comme les timbres du nom Joncour, actuels, fins, sensibles, décrits à un rythme humain, lent, dans un livre rare.

    Il y a les thèmes habituels de l'auteur: les enfants, qu'il n'a pas eu, lointains, l'humour, aiguisé, le sens de la chute, les angles de vues, la pudeur, Paris, les moyens de transports, les gens..

    Mais il y a cette fois beaucoup plus qu'un roman et des t'aimes, il y a des pans entiers de lui, comme s'il était temps qu'il se livre enfin à nous.

    "Repose toi sur moi" nous donne à lire deux monologues de solitude intérieure qui brisent la nôtre de manière singulière. Car ils décrivent nos colères muettes face à notre société, cet empire construit, ses mécanismes économiques hors contrôles, ses dettes humaines multiples, et ses recouvrement d'argent intolérables, injustes.

    Il écrit nos peurs, parfois stupides, comme face à ces corbeaux, parfois construites, comme face à cet amour inouï qui apparait, parfois justifiées, comme face à ces personnes intouchables à la tête de sociétés énormes, qui peuvent mentir face à la justice, ou même la contrôler, et nous détruire tout à fait grâce à leur pouvoir financier. Il peint nos doutes dans tous ses labyrinthes et en est presque thérapeutique car il le fait de ses grandes mains tremblantes, en suivant toutes les courbes de nos paradoxes, nos attentes incomprises, et de tous nos partages devenus inutiles.

    L'amour, les gestes, il les écrit presque comme depuis la tête d'une femme, ça en est déroutant, comme écrits à 4 mains. Il nous apparaît ainsi comme un homme sans fioritures, infiniment attentionné, sans complexes, qui peut manier avec efficacité tour à tour la douceur ou la violence.

    La violence, la mort, le suicide, la mélancolie, qui nous traversent tous quand on est seul, en difficultés ou déraciné, il les vit avec culpabilité, et les chasse avec la tendresse de sa vieille voisine, qui croit voir une tisane dans un cocktail mortel, avec un oxymore subtil, comme le fait souvent la vie, sans tambour et en vitesse.

    L'envie de changer les choses, souvent de manière maladroite- difficile d'être un sauveur, la voie du don aux autres sans calculs-c'est bien cela qui nourrit-, voir tous ces thèmes écrits là sans détours, comme un rappel de sagesses fait un bien fou.

    La campagne, la famille qu'il a quitté pour faire carrière, fallait bien s'émanciper, et le juste retour des choses, difficile d'être émigré de sa terre natale, on se sent étranger même chez soi, voilà bien un thème à la fois authentique, personnel et actuel.

    La perte des siens, ceux qui nous constituent, sa femme, sa mère bientôt, le cancer du sein, alzheimer, le tableau est complet, on le sent en chacun de nous.

    Les corbeaux, quelle belle métaphore, en faire un plumeau noir, pour nous écrire, pas un roman, ce que nous sommes et vivons..

    Merci Serge Joncour.

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2016/10/repose-toi-sur-moi-de-serge-joncour.html

    Une rencontre improbable

    A la mort de sa femme Mathilde, Ludovic 46 ans, a quitté la vallée du Célé en Corrèze où il était agriculteur. Cet ancien rugbyman vit depuis deux ans à Paris où il s'occupe de recouvrement de dettes à domicile, "Il récupère l'argent de gens qui en ont vraiment besoin, chez des gens qui en ont encore plus besoin". Cet homme parait brut de décoffrage mais sait faire preuve de psychologie dans son métier qui l’écœure parfois.
    "Plus le débiteur doit d'argent, et moins il se laisse impressionner. Comme si les plus faibles étaient les plus scrupuleux, les plus honteux, moins ils devaient d'argent et plus ils en souffraient."

    Ludovic, 1,95 m et 102 kgs, renvoie une image de force, il en impose "Une force pure, cette force n'était pas de celles que l'on acquiert par un statut ou une envergure sociale, non, sa force à lui, elle était simple, humaine, propre."
    Cet homme est un bloc de sang-froid, un doux géant extrêmement bienveillant.
    Il habite dans l'escalier C d'un immeuble sur cour, dans la partie délabrée de l'immeuble. L'escalier A dessert la partie chic avec ses beaux et grands appartements.

    Aurore est une bourgeoise qui vit dans l'escalier A dans un immense appartement tout blanc situé face aux fenêtres de Ludovic. Richard, son mari, est un homme qui a réussi et qui vit le téléphone collé à l'oreille et pense au travail 24h sur 24. Vivent avec eux le beau-fils adolescent d'Aurore et leurs jumeaux de 6 ans Iris et Noé.

    Parisienne, styliste de mode, Aurore vit d'importantes difficultés professionnelles dont elle ne peut pas en parler à son mari pour qui la réussite professionnelle prime sur tout, elle ne veut pas lui montrer' sa faiblesse. Elle se sent coupable de ses échecs face à son mari qui réussit tout et se sent seule sans amie à qui se confier. De plus elle soupçonne son ami et associé de travailler à sa perte derrière son dos, Aurore veut fabriquer ses vêtements en France alors que son associé ne pense que délocalisation. Aurore a de plus ne plus de mal à supporter ce monde du business, ce milieu où on t'encense mais où on te lâche à la première faiblesse, elle veut juste créer des vêtements...

    C'est donc une Aurore stressée par ses soucis professionnels et fatiguée d'être celle sur qui tout le monde se repose qui va faire la rencontre d'un Ludovic qui va être la seule personne à comprendre sa phobie des corneilles qui envahissent leur cour. Il va voler à son secours en tuant ces volatiles qui l'effraient tant.

    C'est la rencontre de deux êtres que tout sépare mais une rencontre qui se produit à un moment clé de leur vie. Aurore va découvrir en Ludovic un homme qui écoute sans juger et elle va se confier à lui alors qu'elle ne se confie jamais à personne, un homme qui donne. Ludovic est en fait le parfait opposé de son mari.

    Aurore aime en Ludovic sa force, son invulnérabilité. Quant à Ludovic il n'a que sa force à offrir à Aurore qu'il veut sauver alors qu'il n'a pas pu sauver sa femme.

    Ludovic est un roc, il est impossible de ne pas y superposer l'image de Serge Joncour quand on a eu la chance de le rencontrer et de l'entendre... Serge Joncour dit avoir pris son immeuble pour décor et avoir eu l'idée de ce roman en étant invité par des voisins dans l'immeuble en face du sien, dans un appartement d'où il pouvait voir son propre logement.

    C'est un livre qui parle de la ville, de la banlieue où Ludovic va faire ses recouvrements, de la campagne où il retrouve régulièrement sa famille, du monde avec les projets de mondialisation de la société d'Aurore.

    Ce roman est délicat et sensible, il comprend des moments de tension, de beaux passages sur la solitude et sur le complexe de classe que ressent Ludovic et de magnifiques citations sur le sentiment amoureux. J'ai aimé l'histoire mais j'ai surtout aimé le personnage de Ludovic, un homme sain, vrai et solide même si peu à peu on découvre ses fragilités. Un homme terriblement émouvant.
    Le titre est magnifique, Aurore peut se reposer sur Ludovic mais on va aussi se rendre compte que l'inverse est aussi vrai.

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