Qui ne dit mot consent

Couverture du livre « Qui ne dit mot consent » de Alma Brami aux éditions Mercure De France

4.272727272

11 notes

Résumé:

Émilie et Bernard vivent à la campagne avec leurs deux enfants. Pour quitter la ville, Bernard a parlé de qualité de vie, d'épanouissement et d'air pur ; Émilie a suivi docilement, abandonnant derrière elle parents et amis. Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante : il a... Lire la suite

Émilie et Bernard vivent à la campagne avec leurs deux enfants. Pour quitter la ville, Bernard a parlé de qualité de vie, d'épanouissement et d'air pur ; Émilie a suivi docilement, abandonnant derrière elle parents et amis. Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante : il a recruté par petite annonce une amie pour Émilie ! Depuis, les « amies » se succèdent, auprès d'Émilie comme dans le lit de Bernard. Sabine, Elsa, Odile, Aurélie... toutes interchangeables, et renvoyées aussitôt que Bernard se lasse... et trouve refuge auprès de sa petite femme adorée ! Vue de l'extérieur, la situation peut sembler cocasse ; mais dans l'intimité, Émilie souffre et perd pied... Comment exprimer sa colère et retrouver sa dignité ?

Sur le ton tragi-comique qui caractérise son oeuvre, Alma Brami nous entraîne au coeur d'une famille bien étrange. Oscillant entre le réalisme et le conte, elle dresse le portrait émouvant d'une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Emilie a suivi son mari en province, car il avait besoin de respirer après se journées de travail. Mais en province, la vie n’est pas facile, les enfants ont du mal à s’adapter et ont perdu leurs amis. Qu’importe, son mari est heureux. Pourtant Émilie déprime, alors monsieur poste des annonces pour lui trouver de nouvelles amies. Amies avec qui son mari partage de bien étranges intimités …
    Mais elle, quand va-t-elle enfin réagir ? Car les années passent, les amies aussi, dans la maison, dans la chambre et Émilie accepte année après année ce que son mari lui impose, ce pervers qui la détruit à petit feu. Jusqu’au moment où face au danger, ses enfants vont enfin ouvrir les yeux, car elle ne peut plus voir, pauvre femme anéantie par son tortionnaire depuis trop longtemps.
    Manipulation, perversité, soumission envers un homme qui détruit doucement sa femme, mais tout en finesse sans coups ni bleus, au travers d’un chantage affectif immonde. On a envie de bousculer Émilie pour qu’elle réagisse. Un peu comme le facteur qui passe chaque jour boire son café, et qui essaie de dire, enfin, lui, si peu… Quel roman oppressant et bouleversant.

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/09/qui-ne-dit-mot-consent-dalma-brami_8.html

    Émilie a suivi son mari Bernard à la campagne quand leurs enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Mais Bernard installe régulièrement dans leur maison une "invitée" trouvée par petite annonce, soit-disant pour tenir compagnie à sa femme qui s'ennuie à la campagne, il s'offre aussi quelques escapades avec des "vieilles copines"...

    Bernard se révèle être un homme pervers et manipulateur qui dit à Émilie avoir besoin de ces femmes pour son équilibre, avoir besoin de prendre l'air... Il se montre très gentil avec Émilie, la flatte et est aux petits soins pour elle. Jamais il n'est violent bien au contraire... Il lui exprime sans cesse son amour et ponctue toutes ses phrases de "mon Cœur".

    Émilie, qui a abandonné ses rêves professionnels pour suivre son mari, est complètement dépendante de lui, sans argent, sans permis de conduire, elle s'est retrouvée dans une sorte de prison sans s'en rendre compte. Elle réalise dans ses moments de lucidité et de révolte qu'elle n'est jamais sortie de chez eux sans son mari. Émilie souffre en silence et surtout se rend responsable de la situation, persuadée de toujours tout faire mal. Son mari a renversé les rôles et a fini par la persuader que tout est de sa faute à elle, s'il se comporte de la sorte c'est parce qu'elle l'étouffe avec sa jalousie et ses reproches...

    Quand elle a rencontré Bernard, Émilie n'a jamais voulu écouter sa meilleure amie et ses parents qui se méfiaient de cet homme et l'avaient alertée "Ma décision s'était nourrie des doutes de tous ceux qui m'avaient sermonnée". Plus tard, elle ne réagit pas plus face à sa fille qui tente de la faire réagir. Quelques éléments donnés par l'auteure sur l'éducation qu'a reçue Émilie nous éclairent en partie sur sa soumission...

    Il s'agit donc d'une histoire d'emprise, de soumission racontée sous la forme d'un huis-clos oppressant. Alma Brami parvient à nous mettre dans la tête de cette femme qui vit un calvaire, consumée de jalousie. On a envie de la secouer mais on comprend peu à peu qu'elle sera incapable de réagir, tellement l'image qu'elle a d'elle-même est altérée. D'une efficacité redoutable, ce court roman m'a trotté dans la tête longtemps après l'avoir refermé, la construction du récit est habile et les dialogues très percutants. Alma Brami nous décrit une relation de couple toxique mais hélas plausible. Complètement bluffant !

  • 0.25

    Premier gros coup de coeur de la rentrée. Une plume que je ne connaissais pas et que j'ai bien envie de relire. C'est le septième roman d'Alma Brami.

    Elle nous propose un huis clos psychologique. Quelle claque !

    Emilie est tombée dans le piège de son couple. Quelle belle écriture ! La tension est palpable au fil du récit, elle monte. Une lecture addictive, Emilie, l'héroïne du roman restait au coeur de mes pensées et j'avais hâte de la retrouver pour connaître la suite, voir jusqu'où il est possible d'aller par amour..

    Emilie a suivi son mari Bernard à la campagne avec ses deux enfants. La citadine qu'elle était a tout laissée tomber car "Il" avait décidé que ce serait chouette, la maison avec la vigne, sa table en bois, les tomettes rouges du salon et la chambre d'amis. Elle l'a suivi car quand Bernard décide, c'est bien. Il l'aime et c'est le principal, il sait lui ce qui est bon pour elle.

    Bernard a ensuite décidé que ce serait chouette qu'elle ait une amie, quelqu'un pour lui tenir compagnie. Alors Emilie et Bernard vont accueillir leur invitée Sabine à la gare. Il dit à Emilie que ce sera top, une copine, quelqu'un pour l'aider...

    Emilie se souvient, la première fois : Elsa - la jument -, lorsque les enfants étaient petits..., ils ont quittés la maison aujourd'hui.

    Mais que se passe-t-il vraiment dans cette maison ?

    Je ne vous en dirait pas plus. C'est passionnant, tendu, flippant, interpellant. J'avais envie à plusieurs reprises de secouer Emilie, de lui dire "Remue-toi, fais quelque chose, réagis ..." mais l'amour, l'admiration, non que dis-je l'emprise de son mari, de son couple est tellement forte. Emilie est aveuglée par l'amour qu'elle porte à Bernard.

    Un roman qui nous démontre les effets pervers d'un manipulateur. Cela m'a secouée. Quelle force dans la manipulation.

    C'est magnifiquement écrit, cela tient en haleine, l'autrice nous parle avec beaucoup de réalisme de ce qui était inimaginable pour moi mais qui malheureusement existe plus souvent que l'on ne le pense.

    Le déni de la situation, l'impossibilité d'agir, cette emprise trouvant toujours une belle excuse au bourreau.


    Un livre choc qui ne laisse pas indifférent.

    Immense coup de coeur. ♥


    Les jolies phrases


    J'aurais aimé qu'il redevienne l'homme fragile qui s'aggripait à moi, comme un radeau de fortune. J'aurais aimé qu'il craigne de me perdre, qu'il soit jaloux à son tour, la même jalousie que j'éprouvais, celle qui consume, qui détruit.

    Il était si gentil, si aimant, il ne me manquait rien. Je devenais une femme pathétique, il avait raison, il falait que je me reprenne. Après ce serait trop tard.

    Plus les enfants étaient bruyants, moins j'vais peur. Il m'abandonnerait peut-^tre mais ne les abandonnerait jamais, eux. J'avais de précieux otages, il reviendrait forcément, je pourrais me racheter.

    Ma chérie, la clef d'un mariage réussi, c'est la politique des petits singes, on fait semblant de ne pas voir, de ne pas entendre, et on ne pose aucune question, m'avait enseigné ma belle-mère.

    Mon mari me rapportait ses proies, comme un chat victorieux qui dépose aux pieds de son maître un oiseau, un lézard ou un mulot.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/08/qui-ne-dit-mot-consent-alma-brami.html

  • 0.25

    Il y a cette maison. Dans un coin reculé de la campagne. Quelque part, nulle part, loin de tout. Il y a la tonnelle, la cuisine, les tomettes sur le sol, et par-dessus tout le silence.

    Il y a Emilie. Et Bernard. Elle l’aime tant ! A la folie… C’est cet amour absolu qui a fait d’elle une ombre, acceptant docilement la soumission imposée par un tyran qui la brise peu à peu, l’enserrant de ses griffes, sous couvert de la protéger, parce que sans lui, bien sûr, elle est perdue.

    Ce cher époux, si attentionné, si tendre, si bienveillant, va jusqu’à ramener régulièrement des « amies » dans ce nid douillet qui est supposé être le leur, afin de pallier l’ennui de sa femme si mélancolique, si seule. Des amies qui bien sûr, ne l’égaleront jamais, Elle, son élue, son Cœur. Les amies se succèdent. Et elle, Emilie, se tait. Se mure dans ce silence qui l’étouffe, qui l’éteint. Elle se contient, se tait, accepte, persuadée que Bernard lui reviendra, terrassée à l’idée de le perdre, de perdre cet indispensable repère qu’il est devenu au fil du temps.

    « Peu m’importait qu’elle soit là, s’il restait ici, s’il continuait à s’allonger près de moi, s’il continuait à m’embrasser dans le cou, et à m’appeler mon Cœur ».

    Alors elle subit. Elle subit cette dépendance qu’il distille, telle un venin, passant par cet état de sidération propre aux victimes. Elle lui trouve mille excuses, elle attend. Toujours. Elle fait bonne figure, sourit. Attend encore. Jusqu’au dénouement final, inattendu, glaçant.

    La plume d’Alma Brami est percutante, juste, et apnéique. J’ai dû faire des pauses pour reprendre mon souffle, coupé par cette histoire oppressante, et qui m’a ramenée vers des méandres passés. Le mécanisme de la relation toxique et les ravages qu’elle engendre sont parfaitement décrits, d’une écriture acérée. Je quitte Emilie avec les tripes nouées, et la gorge serrée.

  • 0.25

    Ce nouveau roman de Alma Brami fait partie de cette riche rentrée littéraire. J'ai choisi de le découvrir car j'aime l'écriture de l'auteure, sans détour mais tout en subtilité pour amener le lecteur là où il ne l'imagine pas...

    Emilie et Bernard forme un couple singulier. Pour le bonheur de sa tribu (de lui surtout ?), Bernard décide d'emmener tout le monde vivre à la campagne. Et puis pour agrémenter le quotidien d'Emilie, il veut lui trouver des amies...et en profiter également.

    Alma Brami nous plonge dans un univers du quotidien très particulier. Ce temps passé par Bernard à choisir les amies de sa femme reflète déjà son tempérament. Comment peut-on imaginer choisir les amis d'une autre personne ?

    Rapidement j'ai compris la nature de Bernard et cet homme m'a mis hors de moi. J'avais envie de me révolter à la place d'Emilie et de lui dire ses quatre vérités.

    Et en face, il y a Emilie, qui assiste douloureusement aux faits et gestes de son mari. Elle est perdue dans un labyrinthe dont elle ne voit pas où peut se situer la sortie. Jusqu'au moment où la réalité s'éloigne et laisse place à un monde brumeux !

    Ce roman est prenant, il nous fait rentrer dans un espèce de huis-clos où seul d'autres personnes peuvent entrer et pour cela il faut avoir été sélectionné par Bernard. Nous autres, lecteurs, ne pouvons qu'être spectateurs ! C'est dur, car rapidement, mon instinct me donnait envie de pousser Emilie à ouvrir les yeux.

    Ce roman est angoissant, se retrouver à la campagne, perdue au milieu de nul part est à double tranchant. Pour Bernard, c'est le bonheur mais pour Emilie en sera t'il de même ?

    Ce roman est poignant, j'ai été touchée par la sensibilité d'Emilie et par le lien qui l'unit à ses enfants. Ils apparaissent en filigrane sur une bonne partie du roman mais ils figureront en première place lorsqu'il n'y aura d'autres choix...

    Ce roman est réaliste, malheureusement, il met en scène une situation qui n'a rien d'extraordinaire mais qui ici est relatée de manière à vous tenir en haleine et ne plus vous lâcher jusqu'au dénouement. Au fur et à mesure de la lecture on peut s'imaginer quelles auraient été nos réactions face à ce couple.

    J'ai adoré la plume d'Alma Brami une nouvelle fois car elle décrit une situation extrêmement dure avec justesse et psychologie. La manipulation est un thème récurrent dans notre société et bien qu'on croie parfois pouvoir y échapper, ce livre démontre que finalement, il tient à peu de chose d'y succomber !

    Un roman à lire !

  • 0.2

    QUI NE DIT MOT CONSENT DE L’AUTEUR ALMA BRAMI 165 PAGES EDITIONS MERCURE DE France 24 AOUT 2017

    COUP DE CŒUR <3

    Résumé :

    Emilie a suivi son mari à la campagne quand les enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Dehors, il y a une vigne qui donne des raisins, il y a aussi une table en bois, des chaises, un banc, pour les petits-déjeuners copieux, il y a des tommettes rouges dans le salon, un grand escalier qui mène à l'étage, et à l'étage, une chambre d'ami.
    Chaque famille a ses secrets.
    Que se passe-t-il dans cette maison au bout de la route du grand chêne?
    Dans ce terrible huis-clos, Alma Brami dresse brillamment le portrait d'une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

    Mon avis :

    Emilie ne travaille pas. En suivant son mari qu’elle aime, se doutait-elle qu’il allait non seulement l’éloigner de tous mais aussi lui imposer ses étranges amies… Les enfants ne sont pas idiots, ils subissent mais ils ne sont pas en âge de se révolter. Et il faudrait que leur mère combatte ce mari indigne…

    La maltraitance par les mots, les faits, sont des coups aussi durs que des gifles, des bleus, des plaies…

    Comment une femme peut-elle supporter l’insupportable…

    A l’âge ou la retraite va bientôt sonner, c’est une loque que ses propres enfants auront à sauver !

    Alma comme à son habitude, a une écriture qui percute, qui nous transperce au plus profond de nous. Un récit qui déroute, l’adultère est un sujet qu’elle manipule très bien. Un auteur que j’adore, qui nous surprend à chaque fois avec des histoires déconcertantes.

    Des répliques originales qui sont sa marque de fabrique. Un petit bout de femme dont j’attends à chaque fois le nouveau roman. Je suis fan et fidèle à l’auteur. Découvrez-là, ça vaut vraiment le coup !

    Courez, volez, à votre librairie !

  • 0.25

    Roman époustouflant! Un récit qui peut sembler cruel.
    Une écriture rythmée, animée par des personnages qui malheureusement pourraient être bien réels.

  • 0.1

    Alma Brami, Qui ne dit mot consent ( Mercure de France, 2017 )


    Emilie et Bernard ( Gary pour les intimes ) vivent à la campagne avec leur deux enfants. Pour quitter la ville au préalable, Bernard a trouvé un prétexte dans la qualité de la vie, en son désir d'épanouissement et d'air pur. Quant à Emilie, elle a suivi docilement son époux, abandonnant ainsi derrière elle parents et amis. Du coup, tout au long du roman, on a affaire à un long huit-clos dans une maison isolée en rase campagne où vit au jour le jour un couple formé par Emilie et Gary.


    Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante, celle de recruter par petite annonce une compagne pour Emilie. Depuis, les " amies " se succèdent auprès d'Emilie comme dans le lit du couple, telle Sabine qu'ils sont allés chercher à la gare le 2 juin. Puis il y a Elsa, Odile, Aurélie … qui n'ont guère d'identité romanesque et s'avèrent interchangeables.


    Je suis précisément captivé par l'entrée en scène de ces anti-héros dans la vie de ce couple. Leur mode d'apparition relaté par Emilie, la narratrice de ce roman, s'avère original et forme un atout clé de l'intrigue. Toutefois, Bernard finit par tous les renvoyer tant il s'en lasse : tout passe, tout casse, tout lasse … Et alors Bernard trouve finalement refuge dans les bras de sa femme, Emilie … Du coup, cela peut paraître cocasse au lecteur. Mais tout compte fait, c'est la réaction d'Emilie qui prend le dessus dans le cours de la narration et on se rend compte de sa souffrance et de son désarroi … Cette protagoniste a l'impression d'avoir perdu sa dignité. Pourquoi ? Parce que " qui ne dit mot consent ".


    Tout au long de ce " roman de gare ", la langue d'Alma Brami est caractérisée par un problème de ponctuation : il y a trop de virgules, donc trop de phrases complexes; il y a aussi trop de points d'interrogation, en tout cas dans les quarante premières pages : c'est donner l'impression de poser une problématique alors qu'il y en a pour ainsi dire aucune, si ce n'est celle d'un couple qui se sent seul … et alors le seul ressort de l'intrigue réside dans cette idée de recruter une compagne pour Emilie puis de la remplacer. Par ailleurs, en terme de forme, j'estime que cette auteur aura beaucoup trop utilisé l'écriture italique. Mais malgré ces quelques médiocres faits de langue, ce roman aura été un bon passe-temps.


    En définitive, je pense qu'Alma Brami a voulu nous raconter une histoire ordinaire d'un couple dans une maison isolée en rase campagne. En fait le huis-clos a pris un tour peu ordinaire avec l'idée de Gary de recruter par annonce une compagne pour son épouse. Et puis il y a eu un turn-over, avec d'autres recrues … C'est-ce qui m'a fait aimer cette histoire, ce roman, malgré un style de roman de gare et des faits de langue médiocres.


    Avis initial de la page 100 : QUI NE DIT MOT CONSENT, par Alma Brami, est un huit-clos dans une maison isolée où vit au jour le jour un couple formé par Emilie et " Gary ". Je suis captivé par l'entrée en scène de nouveaux personnages dans la vie de ce couple : d'abord Sabine qu'ils sont allés chercher à la gare le 2 juin, puis Elsa ... Toutefois, il y a un problème de ponctuation : trop de virgules, trop de points d'interrogation, en tout cas au cours des quarante premières pages. Malgré ces quelques médiocres faits de langue, je suis plutôt bien entré dans cette histoire banale de couple ...

  • 0.15

    Cela commence toujours à la gare. Invariablement le même sourire charmeur, la même prévenance délicate. L’éternel bouquet de fleurs, l’invariable visite guidée du village, le sempiternel trajet musical jusqu’à la maison. Commence alors l’installation de l’« invitée », officiellement conviée pour tenir compagnie à Emilie. Trois rôles à jouer. Deux acteurs immuables. Des comédiennes intérimaires qui ignorent la mise en scène. Emilie n’a pas envie d’apprendre à connaitre ces « amies sur mesure » qui accaparent toute l’attention de son mari durant le temps, plus ou moins long, que dure leur passage. Emilie ne souhaite qu’une seule chose : ne plus avoir à partager son homme avec d’autres, ne plus avoir à être polie et agréable avec ces convives indésirables. Mais Emilie accepte tout, supporte tout, attendant le jour où il comprendra enfin qu’elle suffit seule à son bonheur …

    « Qui ne dit mot consent » est un roman terriblement bouleversant. Dès les premières pages, mon petit cœur s’est serré de peine à l’unisson avec celui d’Emilie, narratrice de ce douloureux récit : impossible de rester impassible face à cette souffrance intérieure, à ces larmes sans cesse retenues, à cet espoir maladif et pernicieux. Emilie raconte sans rien omettre ce quotidien malsain, explique sans détour les raisons qui la pousse à accepter cette situation sans rien dire, relate son enfance au milieu de parents refusant de la laisser grandir et décider par elle-même. L’auteur nous offre ici un roman très psychologique à la thématique intéressante : tout comme les femmes battues s’accrochent à leur couple en dépit de tout, Emilie, femme trompée cohabitant avec ses rivales, s’obstine à considérer que tout est normal.

    Mais ce roman est surtout particulièrement révoltant, presque insupportable. On s’attache très rapidement à Emilie, très probablement du fait de la narration à la première personne. Une narration qui semble légère au premier abord, à cause d’une certaine dose d’humour grinçant et d’ironie, mais qui cache finalement le mal-être profond d’Emilie : si cette dernière ne cesse de dénigrer ses « rivales », de traquer le moindre défaut physique ou caractériel, le moindre faux pas de leur part, c’est tout simplement pour se rassurer, s’assurer à elle-même qu’elle vaut mieux qu’elles et qu’elle n’a rien à craindre d’elle. A partir du moment où cette constatation s’est imposée à moi, je dois avouer avoir été très proche des larmes quasiment en permanence. Parfois, je n’osais même plus continuer, de crainte que la situation se détériore … j’ai rapidement abandonné l’espoir de la voir s’améliorer !

    Car il ne faut pas se voiler la face : ce roman est loin d’être facile à lire. Bien au contraire. C’est un roman déstabilisant, perturbant, troublant, dont on ne sort pas véritablement indemne. Il m’a beaucoup secouée, d’autant plus que je ne lis que très rarement ce genre de récits : connaissant les limites de ma sensibilité, j’ai généralement tendance à m’auto-materner et à éviter tout ce qui pourrait potentiellement me troubler. Cependant, je ne regrette absolument pas cette découverte littéraire : je suis tombée sous le charme de la plume d’Alma Brami, qui m’a fait ressentir avec énormément de force des tas d’émotions, qui m’a émue aux larmes et qui m’a véritablement captivée. Un très beau livre sur le plan de la narration, mais un récit particulièrement dramatique qui bouleverse et qui indigne. Un récit très court, mais très dense : j’ai du mal à croire qu’il ne fait que 165 pages !

    -------------------------------------------------------------------------------------------------------

    [Avis de la page 100] Un couple qui n’en est plus vraiment un, sans cesse contrarié par l’irruption des « invitées » du mari, contre lesquelles la femme ne fait rien, trop heureuse d’être la seule à ne pas être mise à la porte pour oser se révolter. Un début de roman captivant bien que dérangeant. En tant que narratrice, Emilie nous raconte sans rien omettre ce quotidien malsain, elle nous explique sans détour les raisons qui la pousse à accepter cette situation sans rien dire, elle nous relate son enfance au milieu de parents refusant de la laisser grandir et décider par elle-même. Je me sens mal pour elle, j’espère vraiment qu’elle va finir par réagir, même si j’ai également peur de ce que cela pourrait donner. Un roman très psychologique à la thématique intéressante : tout comme les femmes battues s’accrochent à leur couple en dépit de tout, Emilie, femme trompée cohabitant avec ses rivales, s’obstinent à considérer que tout est normal. Je suis à la fois curieuse et anxieuse de connaitre le dénouement de l’histoire : la situation va-t-elle s’arranger, se maintenir ou pire, s’aggraver ?

  • 0.2

    Mon avis d'#Explolectrice :

    Qui n'a jamais opposé le fameux adage, Qui ne dit mot consent à celui ou celle qui s'obstinait à se taire ? Mais le silence vaut-il vraiment acceptation y compris s'agissant de l'inacceptable ? Qui ne dit mot consent est le dernier roman d'Alma Brami et il va faire parler de lui à l'occasion de cette rentrée littéraire.

    Prétextant qu'ils y auraient une vie plus saine, Bernard, dit Gary pour les intimes, a convaincu sa femme de quitter la ville pour s'installer à la campagne. Isolée de ses amis et de ses parents, Émilie n'a d'autre choix que d'accepter docilement la visite des amies de son mari. C'est donc sous le toit familial que les maîtresses de Gary seront accueillies au vu et au su de leurs deux enfants. D'apparence cocasse et consentie, la situation fait en réalité souffrir Émilie et les enfants. Même si cette femme est rompue aux relations triangulaires, enfant déjà elle faisait partie du trio qu'elle formait avec ses parents, elle va prendre conscience de l'anormalité de la situation et manifester son mécontentement et sa colère jusqu'à s'en rendre malade.

    Qui ne dit mot consent est un huis clos psychologique dont la narratrice n'est autre qu'Émilie, la femme humiliée, manipulée par son mari. Tout l'intérêt de ce roman réside dans sa construction et l'écriture d'Alma Brami. En effet, l'auteure restitue à merveille l'atmosphère malsaine et pesante de cette cellule familiale. Tel un insecte emprisonné dans une toile d'araignée, le piège nuptial se referme sur cette femme qui se révèle de plus en plus meurtrie. Alma Brami prend le lecteur à témoin de cette descente aux enfers à laquelle il assiste impuissant. De plus, elle fait monter crescendo la pression, si bien que c'est le souffle court et poisseux que l'on achève la lecture de ce récit. On renferme Qui ne dit mot consent avec l'irrépressible besoin d'aller se décrasser.
    Vous l'aurez compris, toute la force de Qui ne dit mot consent tient à l'écriture et au style d'Alma Brami. Elle nous livre là une vraie performance d'auteur et un récit que l'on ne pourra oublier de sitôt.



    L'avis des 100 premières pages :

    100 pages et déjà Alma Brami illustre parfaitement le fameux adage, "Qui ne dit mot consent".
    Suffit-il de se taire pour accepter l'inacceptable ?

    Qui ne dit mot consent traite de la manipulation. Un homme a tout mis tout en œuvre pour que sa femme accepte sans broncher ses écarts, qu'elle accueille sous le toit familial ses maîtresses au vu et au su de leurs deux enfants. Un huis clos particulièrement pesant. Il l'est tellement que l'on aimerait qu'Emilie se révolte, quelle se réveille enfin. Mais elle n'a toujours connu que les relation à trois. Enfant déjà elle faisait partie du trio fusionnel qu'elle formait avec ses parents.
    D'une emprise à l'autre où se situe la limite acceptable d'Emilie ? Va t-elle enfin explicitement mettre un terme à cette situation ?

    La réponse dans 65 pages...

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