Phobos T.1 ; il est trop tard pour regretter

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    Aussi étonnant que cela puisse paraitre, je n’ai entendu parler du phénomène Phobos que très récemment : j’étais en train de regarder la liste des invités aux Imaginales 2016 quand mon regard a été attiré par la couverture qui trônait sur la page de Victor Dixen, auteur que je ne connaissais que de nom. Intriguée, j’ai jeté un coup d’œil au résumé et ça a été le coup de foudre : depuis toute petite, je suis passionnée par l’espace et l’astronomie, les planètes et la conquête spatiale. De plus, la dernière phrase du résumé m’intriguait : qu’allait-il se passer pour que cette situation idyllique se métamorphose en véritable drame ? J’étais très curieuse.

    En entamant ma lecture, je n’étais cependant pas parfaitement convaincue : ne supportant pas les émissions de télé-réalités, j’avais très peur de cette facette du livre. Mais je me félicite d’être passée outre cette réticence : ce livre a été un véritable électrochoc, un coup de cœur monumental. Moi qui craignais de ressentir la même pointe d’agacement et d’ennui que devant Les anges de la téléréalité ou autre  émission du même acabit, j’ai été littéralement absorbée par cet aspect-même du roman. Victor Dixen est un chimiste littéraire de haut niveau ! Il a parfaitement bien équilibré les choses : si la télé-réalité est le fil rouge de l’intrigue, ce qui permet de donner une cohérence entre les différentes perspectives, tout ne s’y rapporte pas continuellement. La structure est particulièrement intéressante, puisqu’en fonction des chapitres nous suivons plusieurs points de vue.

    Le premier, intitulé « Champ », nous plonge dans les pensées de Léonor, l’une des six prétendantes, apparemment intrépide et inébranlable mais rongée par un terrible secret. Grâce à elle, nous vivons « en direct » le quotidien de ces six filles embarquées au sein d’un vaisseau symboliquement nommé Cupido pour un voyage sans retour vers la planète rouge. Léonor est différente des autres : elle ne croit pas au Grand Amour promis par le générique, elle ne pense pas que son Ame Sœur sera miraculeusement l’un des six garçons choisis par la production. Léonor est typiquement l’adolescente révoltée qui refuse de se conformer aux règles des adultes : dès le premier speed-dating, elle met les choses au clair : elle suivra ses propres principes. Mais elle va rapidement se rendre compte que la raison n’a aucune chance face aux sentiments, et que tous les programmes du monde, aussi réfléchis soient-ils, ne peuvent rien contre le cœur.

    La seconde perspective, le « Contrechamp », nous invite à suivre les organisateurs du programme Genesis, et en particulier Serena McBee, psychiatre de renom et présentatrice adulée, que les adolescents perdus au milieu de l’espace considère comme leur sauveuse : c’est elle qui les a sélectionnés, leur a donné une nouvelle chance, une nouvelle vie. Très rapidement, au cours des discussions entre les membres de l’équipe, on découvre que tout n’est pas aussi féérique qu’on ne le pense : les candidats, mais aussi les téléspectateurs et la majorité du personnel, sont bien loin de se douter de la terrible réalité qui se cache sous ce programme. Très rapidement, le lecteur apprend ce que Serena et ses collaborateurs cachent au monde entier, et c’est terrible de constater à quel point personne ne se rend compte de rien.  Vous n’imaginez même pas le nombre de fois où je me suis retrouvée à parler à mon bouquin en exhortant Léonor à se méfier ! Serena est un personnage très antipathique à partir du moment où on découvre son vrai visage, cependant on apprend quelques éléments de sa vie qui font qu’on ne parvient pas totalement à la détester.

    Le dernier point de vue est nommé « Hors-champ ». Nous suivons Andrew, un adolescent qui n’a apparemment aucun lien évident avec le programme Genesis, mais qui va s’avérer être celui qui, le premier, va avoir des doutes sur le ce-dit programme. Personnellement, j’ai été très touchée par ce personnage, dévasté autant par la mort d’un être cher que par le sentiment d’avoir été trahi par ce dernier. Andrew est un jeune homme déterminé et obstiné : il ne fait pas les choses à moitié et, surtout, une fois qu’il a un projet en tête, pas question de renoncer, quitte à se mettre en danger. Bien que son rôle reste assez limité dans ce premier tome, on devine qu’il va avoir une place capitale dans la suite de l’histoire.

    En plus de ses trois angles narratifs, certains chapitres sont ciblés sur la « Chaine Genesis ». Il s’agit alors des retranscriptions des émissions, permettant de se faire une idée de ce que voient les téléspectateurs lors des speed-dating. Il s’agit donc de descriptions très proches du langage cinématographique, avec des « plan fixe », des « voix off », des « titrages » et des « zoom ». Les dialogues sont présentés comme dans un scénario ou une pièce de théâtre. Personnellement, j’ai adoré ces chapitres : ayant moi-même réalisé des courts-métrages après avoir suivi quelques courts théoriques sur le cinéma, je prenais un grand plaisir à imaginer ce que cela pouvait donner après montage. Bref, un vrai « plus » pour le roman !

    Cela ne fait aucun doute : j’ai adoré cette histoire, j’ai apprécié la plume de l’auteur et j’ai terriblement envie d’en savoir plus sur le complot dont les prétendants semblent être victimes. J’adore les complots, les dissimulations, les mensonges et les manipulations dans les livres, ça ajoute du piquant et de la profondeur à l’histoire. Cependant, un élément me chagrine : après plus de 400 pages, on ne sait pas grand-chose des personnages. Certes, certains décrivent rapidement leur passé durant les speed-dating, mais j’ai regretté de ne pas en savoir plus sur eux. Même Léonor reste très incompréhensible, alors que la narration est de son point de vue ! Je pense qu’il aurait été bien plus intéressant d’approfondir un peu plus ces personnages ainsi que les relations entre les filles : elles ont quand même passées plus d’un an de formation ensemble, et on a quasiment l’impression qu’elles ne se sont jamais parlé avant d’embarquer … et c’est dommage. 

    Malgré ce petit détail, Phobos reste une excellente lecture, un coup de cœur tel que je n’en ai pas eu depuis des mois voire des années. A peine la dernière page tournée qu’on a envie de se plonger sans attendre dans le second tome, car le suspense final est insoutenable !

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