Nos richesses

Couverture du livre « Nos richesses » de Kaouther Adimi aux éditions Seuil

4.625

8 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021373806
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est de choisir, d'accoucher, de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de... Lire la suite

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est de choisir, d'accoucher, de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Placée sous l'égide de Giono, sa minuscule librairie est baptisée Les Vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d'un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres c'est aussi la sacrifier aux aléas de l'infortune et de l'Histoire.

En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre un local poussiéreux, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

Donner mon avis

Les derniers avis

  • 0.2

    L’Algérie, ce n’est pas seulement le bleu et le blanc, ce ne sont pas seulement les Evénements. C’est aussi la soif d’entreprendre des hommes, et notamment d’Edmond Charlot, libraire et éditeur passionné.

    Depuis le pas de porte de sa petite librairie, sont entrés des auteurs majeurs : Camus, bien sûr, mais aussi Roblès et Saint-Exupéry.

    En parallèle, nous suivons Ryad, jeune homme venu dans cette même librairie de nos jours pour la liquider et permettre l’installation d’un magasin de beignets.

    J’ai aimé suivre Ryad qui découvre en même temps que moi la société algéroise de ce quartier : tout le monde se ligue pour ne pas lui vendre de peinture ; l’école refuse les livres qu’il veut lui donner.

    J’ai aimé découvrir le personnage d’Edmond Charlot qui s’est engagé dans une entreprise trop grande pour lui.

    En refermant le roman, je me suis demandé où sont nos vraies richesses de nos jours.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des caisses laissées devant la librairie pour que chacun se serve en livres. Le lendemain, il y a toujours les livres, mais plus de caisse.

    http://alexmotamots.fr/nos-richesses-kaouther-adimi/

  • 0.25

    En 1936, à 21 ans, aidé par deux amis, Edmond Charlot ouvre la librairie de prêt « Les Vraies Richesses », 2 rue Charras à Alger. L’enseigne porte les mots empruntés à Giono avec son autorisation, louant entre autres la littérature comme une vraie richesse.
    Il va devenir « passeur de livres », sans frontière entre la langue et la religion ; il va braver la crise et les difficultés pour trouver du papier, de l’encre, et pour affronter les barrières érigées par le pouvoir politiques.
    « Ce sera une bibliothèque, une librairie, une maison d’édition, mais ce sera avant tout un lieu pour les amis qui aiment la littérature et la Méditerranée ».
    Camus, auteur encore méconnu, le sollicite pour imprimer en urgence la pièce « Révolte dans les Asturies », dont la représentation sera interdite par le maire d’Alger, « le sujet est brûlant et pourrait donner des idées de révolte ».
    Cette histoire est le rêve d’une vie accompli par Edmond Charlot, passionné de littérature et militant de la liberté d’expression, face à l’adversité d’une période historique et le déclin d’un monde culturel remplacé par une société assoiffée de profits.
    L’auteur imagine le cahier intime de Edmond Charlot et construit son roman en alternant la période des années 30, la véritable lutte de Edmond Charlot pour faire vivre sa librairie et maison d’édition, jusqu’en 1960, et 2017 lorsque Ryad bénéficie d’un contrat et vient de France pour liquider au sens propre du terme, livres et meubles sous le regard sans vie d’Abdallah le dernier libraire, et pour gommer toute trace de la librairie afin d’ouvrir une fabrique de beignets.
    Dans cette épopée, Kaouter Adimi retrace avec force émotionnelle la place des indigènes que « la mère patrie » avait promis de récompenser pour leur effort de guerre », la bataille de Sétif et les périodes de violence qui se sont succédées.
    L’immersion dans le milieu littéraire sur les pas de Giono, Gide, Saint-Exupéry, Roblès, Camus… les réunions aux côtés de Sartre et Simone de Beauvoir au Café de Flore, l’impression de côtoyer ces écrivains, leurs luttes menées au nom de la liberté, leurs combats contre la ségrégation, les portraits émouvants de Abdallah, dernier libraire des Vraies Richesses et de Ryad que la lecture n’atteint pas, et avec sa construc. tion originale … ce roman, est un petit chef-d’œuvre.
    C'est un hommage touchant à Edmond Charlot et à la littérature.

  • 0.25

    Nos richesses, c'est à la fois le titre du livre de Kaouther Adimi, son propos et sa matière. Des richesses qui ne restent vivantes que par la transmission d'une génération à l'autre, d'un pays à l'autre, entre deux rives, entre deux continents, par une Histoire faite d'amour et de haine mêlées jusqu'à colorer de sang l'eau des fleuves. L'aventure de la librairie-bibliothèque-maison d'édition Les Vraies Richesses au 2 bis de la rue Hamani (ex rue Charras) à Alger porte en elle ces mêmes richesses d'amitié, d'intelligence, de générosité et d'humanisme qui font la force et la fragilité des projets fous.

    Tout commence en 1936 par le rêve d'un très jeune homme, Edmond Charlot. Inspiré par la librairie parisienne d'Adrienne Monnier, il se lance dans la création d'une librairie qui serait lieu de rencontres et de partages, maison d'édition de jeunes auteurs encore inconnus, bibliothèque de prêt pour les étudiants et ouvriers désargentés. Le projet prend forme grâce au soutien d'amis tels que Giono, Camus, Amrouche, Roblès... Les premiers textes de Camus, de Jules Roy, de Temple et de bien d'autres sont publiés et rencontrent un public fasciné.
    Mais la guerre. Mais la pénurie de papier et d'encre. Mais les tiraillements entre membres fondateurs. Mais les difficultés financières malgré le succès incontestable des publications. Mais l'OAS. Le rêve d'une maison d'édition indépendante s'évanouit dans les attentats qui détruisent les locaux, le fonds et les archives de la librairie.

    Cette histoire extraordinaire c'est la voix d'Edmond Charlot qui la prend en charge par le biais des extraits de son Journal, alors qu'un "nous" collectif évoque le contexte historique dans lequel s'enracinent les valeurs défendues par Edmond Charlot et ses amis. Le récit des horreurs de la guerre d'indépendance, Charonne, Paris, 1961, les attentats, les humiliations, le sang qui recouvre les pavés algérois et parisiens, passe par une écriture vibrante, viscérale, qui fait jaillir l'émotion et la honte. J'en garde encore une boule de chagrin coincée entre le cœur et la gorge en même temps qu'une admiration infinie pour Kaouther Adimi qui sait exprimer l'inexprimable par la mouvance de son écriture.

    En imaginant l'arrivée, en 2017, du jeune Ryad, chargé de débarrasser la librairie et de la repeindre avant qu'elle ne soit transformée en échoppe de beignets, l'auteur place véritablement son roman en continuité avec le projet de Charlot. Ryad n'aime pas lire, connaît peu les livres, n'a jamais entendu parler de cette librairie qu'il doit vider afin de gagner quelques sous pour poursuivre ses études d'ingénierie. Attaché aux richesses matérielles, il ignore les vraies richesses. Celles des textes, celles de la solidarité des habitants de la rue Hamani, celles de l'âme d'Alger, celles d'Abdallah, le vieux libraire/bibliothécaire, véritable mémoire des lieux. Comme un veilleur, comme un passeur, celui-ci transmet le trésor accumulé entre les murs étroits de la librairie mythique. Mais, en 2017, le temps est-il encore à la quête des vraies richesses ? Les livres finalement déposés sur le trottoir en offrande aux passants sont délaissés au profit des caisses qui les contenaient. Dérisoire image de la fin d'un monde, adoucie par celle de Ryad, emportant vers sa fiancée quelques-uns des ouvrages abandonnés, comme une mémoire qui continue de se transmettre.

    La construction narrative entre faits réels, extraits de journal intime et pure fiction donne une profondeur incroyable au roman de Kaouther Adimi. Par la magie d'une écriture superbe, qui sait se faire précise, envoûtante, sensuelle ou factuelle, l'histoire de la librairie d'Edmond Charlot conduit à une réflexion sur la place de la littérature dans un système qui place au rang de valeurs la réussite économique et financière. C'est aussi une ode à Alger, à ses couleurs, à ses parfums, à ses gens et à son histoire. Mais je n'en finirais pas de dire tout ce que porte et apporte ce roman magnifique qui m'a saisi le cœur, l'esprit et le corps par sa beauté, sa pureté et sa puissance.
    Oui, Kaouther Adimi, un jour je viendrai au 2 bis de la rue Hamani. Un jour, j'irai aux Vraies Richesses et, assise sur la marche, à côté de la plante, j'attendrai le gardien des lieux en relisant votre roman.

  • 0.25

    Rentrée littéraire 2017 : Parution le 17 août 2017 aux Éditions Seuil.

    A l’origine était Edmond Charlot en 1935. Il décide d’ouvrir une librairie à Alger, entouré d’une bande d’amis qui croient en son idée : elle portera le nom « Les vraies richesses », joli clin d’œil à Mr Giono. Son objectif majeur : mettre en lumière de nouveaux auteurs inconnus. Inconnus, ils ne le seront qu’un temps… Albert Camus y viendra faire publier son tout premier texte, et bien d’autres.
    L’atmosphère est lourde, veille de seconde guerre mondiale, la révolte algérienne est bien présente, rien ne facilite la mise en œuvre de cette belle aventure. Vivre de la passion des livres n’est pas aisé, Edmond Charlot est confronté aux contraintes qu’implique son nouveau métier de libraire éditeur : les factures qui s’accumulent, les manuscrits qui s’empilent, la pénurie de papier…
    En 2017, Ryad arrive en Algérie, en stage. Sa mission : vider la librairie « Les vraies richesses » et la repeindre, pour sa future transformation en magasin de beignets. Lorsqu’il arrive dans ces lieux, ces étagères couvertes de livres ne le touchent pas ; la littérature ne l’intéresse absolument pas. Il déambule dans ce local, y fait la rencontre du portrait de son propriétaire, qui le regarde, l’observe. Un autre le surveille aussi, dehors, de son trottoir, c’est Abdallah. Il y est attaché, lui à ce lieu, il y a travaillé, il les aime, ces livres, ces histoires…
    Dès le départ on sent déjà l’atmosphère, l’environnement dans lequel nous allons déambuler. Dès les premiers mots, les premières lignes, on s’aperçoit que notre voyage, paysager et littéraire, sera beau, passionné, touchant, la guerre et la révolution en trame de fond, lourde, chargée d’histoire et de ressenti.
    Un Ryad sauveur de livres, bien malgré lui, sans compter sur la fin, un cri intérieur, une larme à l’œil…
    Kaouther Adimi déroule un magnifique tapis rouge, pour les amoureux des livres et passionnés de lecture, que la destruction de cette librairie brisera le cœur. Ce fut un véritable plaisir à lire, à découvrir… avec aussi l’envie de s’ouvrir à d’autres auteurs, comme le défend si bien Edmond Charlot.
    Un vrai coup de cœur de cette rentrée littéraire !
    Je remercie les éditions Seuil de m’avoir donné la chance de faire connaissance avec Kaouther Adimi, à qui j’envoie un immense merci, pour nos échanges (et «oui, Kaouther, j’ai vraiment adoré votre texte »), pour cette formidable histoire, j’aime les livres qui parlent des livres, qui nous les racontent, et c’est ce que vous nous avez magistralement conté avec cette œuvre. Si un jour j’en ai l’occasion, le 2 bis de la rue Hamani fera partie de mon pèlerinage.

    Quelques jolies phrases :
    « Donne-les, garde-les, peu importe mais ne mets pas des livres à la poubelle ».
    « Un livre, ça se touche, ça se sent. Il ne faut pas hésiter à corner les pages, à l’abandonner, à y revenir, à le cacher sous l’oreiller… ».
    Petite anecdote :
    Fervente lectrice des transports en commun, je m’installe dans le métro, ligne 8 station Madeleine. J’essaie toujours de trouver une place où quelqu’un lit… En pleine lecture, dernière ligne droite de « Nos richesses » de Kaouther Adimi, je lève le nez de mon livre et constate que mon voisin de voyage lit « Le Mas Théotime » de Henri Bosco. Et c’est là que l’expression « Le monde est petit » prend tout son sens… et que les frissons traversent mes bras…
    Vous voulez comprendre pourquoi ? Lisez « Nos richesses »….

    Coup de coeur #RL2017 ! Amoureux des livres et des librairies, ceci est pour vous... https://littelecture.wordpress.com/2017/08/17/nos-richesses-de-kaouther-adimi-2/

  • 0.25

    L'avis de la page 100 :

    Je suis d'ores et déjà emportée par cette histoire de la librairie-maison d'édition-bibliothèque du 2 bis de la rue Hamani. Kaouther Adimi a l'art de nous transporter à Alger et de nous tenir en haleine - grâce à un habile jeu sur les narrations et les temporalités - sur le devenir de cette librairie atypique. J'ai hâte de connaître la suite des événements qui ont jalonné l'histoire des « Vraies richesses » et de découvrir le sort de cette librairie atypique, et des hommes qui l'ont façonnée.

    -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    La chronique complète :

    C'est l'histoire d'une librairie-maison d'édition-galerie d'art-bibliothèque. Une librairie située au 2 bis de la rue Charras à Alger. Une librairie ouverte en 1935 par le jeune Edmond Charlot, qui accueillera et accompagnera de grands écrivains. En 2017, Ryad vient vider ces "Vraies richesses" et permettre à ses futurs propriétaires d'y ouvrir une boutique de beignets. Au lecteur alors de plonger dans le passé et le présent de cette librairie, de ce quartier, de ce pays.

    Dès la première page l'auteure nous prend la main et nous emmène à la porte de la librairie. Par un usage habile des narrations, j'ai été immédiatement transportée dans l'Alger de 2017, celui de Ryad et de son émouvante et savoureuse rencontre avec Abdallah, puis dans les années 1935-1960 par le journal de bord d'Edmond Charlot qui nous fait partager effervescences littéraires, difficultés d'approvisionnement et économiques. Par le biais d'une écriture douce et précise j'ai fait connaissance avec ce grand éditeur du XXème siècle.

    J'ai ainsi lu l'histoire d'une librairie, d'un pays, mais surtout, en creux, celles d'hommes singuliers. D'illustres écrivains et de grands inconnus.

    C'est subtil, fort et beau à la fois. Ce roman est une très belle découverte qui me procure l'envie de me laisser emporter par les précédents – et les prochains - romans de Kaouther Adimi.

  • 0.15

    C’est l’histoire d’une librairie pas comme les autres.
    Elle est née à Alger sous le beau nom de Les vraies richesses. Son créateur Edmond Charlot mettra toute sa passion pour diffuser et éditer les textes qu’il aime.
    Bien des années plus tard, Ryad arrive à Alger pour vider et repeindre l’ancienne librairie laissée en désuétude. Il y rencontrera Abdallah, qui a était son gardien durant de nombreuses années, et découvrira que sa mission n’est pas aussi simple que ce qu’elle en avait l’air.
    C’est l’histoire d’une librairie et à travers elle du destin des hommes qui l’ont habitée.

    Avec ce roman, j’ai découvert l’incroyable aventure d’Edmond Charlot. Ce jeune étudiant, féru de littérature est alors l’ami d’un jeune inconnu Albert Camus. Il réussira à ouvrir sa librairie-bibliothèque et à créer sa propre maison d’édition grâce à sa passion, son enthousiasme et ses amis. Il sera le premier à publier Camus et sa librairie, comme sa maison d’édition, seront un lieu de résistance littéraire.

    Pour l’amoureuse des livres que je suis, cela a été un grand plaisir de pénétrer dans l’arrière-cour du monde littéraire pendant la deuxième guerre mondiale et de saisir le rôle de l’Algérie, devenant un refuge pour beaucoup d’auteurs. C’est une véritable entrée par la porte secrète qui s’ ouvre à nous, simple lecteur.

    L’écriture est brillante, elle entremêle des archives avec les carnets d’Edmond Charlot et le romanesque. J’ai aimé cette alternance des époques et de la forme narrative, mais aussi l’évocation de l’histoire d’un pays à travers l’histoire d’une librairie.

    Dans les carnets d’Edmond Charlot, on aperçoit Soupault, on croise Gide ou bien Saint Exupéry avec son unique exemplaire du Petit Prince édité aux Etats-Unis. Et l’on découvre pantois, qu’il a existé un tirage multicolore du Silence de la mer de Vercors.

    «21 octobre 1943
    Emmanuel sort à l’instant des Vraies Richesses. Il a collecté tout le papier qu’il a pu trouver de toutes les couleurs et de tous les styles possibles. Il en a assez pour tirer 20 000 exemplaires du Silence de la mer ! Ce sera un tirage multicolore sur papier vert, jaune, rose... mais ce sera lisible! Nous lançons immédiatement l’impression.»

    Le personnage d’Abdallah m’a particulièrement touchée, c’est un vieux sage, énigmatique et rassurant.

    «Des gouttes frappent les livres avec un bruit sec, militaire. Abdallah pense qu’on n’habite pas vraiment les lieux, que ce sont eux qui nous habitent.»


    Ce livre m’a donné envie d’aller errer dans les rues d’Alger en lisant Camus et en découvrant les livres de Vercors. D’autant plus qu’après Le loup pour l’homme de Brigitte Giraud, c’est le deuxième livre de cette rentrée littéraire qui m’amène à Alger, et je sais déjà que je vais y retourner avec Alice Zeniter !


    L'avis de la page 100:

    J’ai plongé dans ce roman avec délice, car ici il est question d’une librairie «Les vraies richesses» et à travers elle de l’histoire de trois hommes qui l’ont habité. Je découvre ce merveilleux éditeur que fut Edmond Charlot et l’arrière-cours de la littérature à Alger durant les années de la Seconde Guerre mondiale. L’écriture de Kaouther Adimi me tient en haleine.

    Un bonheur ! J’y retourne.

  • 0.25

    Rendez-vous de la centième page :

    Nous suivons la vie d’une librairie à différentes époques, de sa création par un jeune homme plein d’enthousiasme à sa destruction par un jeune homme blasé pour accomplir son stage. C’est un roman plein de fraîcheur, d’enthousiasme et de fatalité dans le même temps. La librairie sert à évoquer la situation de l’Algérie d’un point de vue totalement original avec une plume toujours douce. On voyage sans cesse dans le temps et les souvenirs sans pour autant se perdre. Je vais dévorer la suite pour en apprendre plus sur cette extraordinaire et minuscule librairie et sur le mystérieux Abdallah.

    Avis Explolectrice :

    C’est l’histoire d’un minuscule local dans une petite rue d'Alger. C’est là-bas qu’Edmond Charlot s’établit en 1935 pour ouvrir une librairie promouvant les auteurs de la Méditerranée. C’est aussi là que, 82 ans plus tard, Ryad s’apprête à faire disparaître toutes les traces d’activité passée pour transformer ce local en boutique de beignets. Mais le vieil Abdallah, dernier gérant de cette annexe de bibliothèque, le guette du trottoir d’en face. Le roman nous emmène à travers les époques à la découverte de l’histoire des éditions Charlot, de l’importance des livres, et de l’histoire, coloniale, de l’Algérie.

    Le roman nous balade donc en Algérie, entre un passé pas si révolu et un présent qui ne conduira pas forcément au futur que l’on croit. Je dois avouer que je ne connaissais Edmond Charlot que de nom avant de me pencher sur ce livre. J’en avais entendu parler, mais sans plus m’y intéresser. Avec mes maigres connaissances, je suis peut-être passée à côté d’éléments, comme lors des disputes au sein de l’équipe d’édition par exemple, mais Kaouther Adimi fait en sorte de toujours donner les clés pour qu’on comprenne. Ainsi, j’ai parfaitement pu suivre la vie littéraire de cet amoureux des livres, et avec un réel plaisir.

    Mais il n’y a pas que l’extraordinaire aventure des éditions Charlot. Il y aussi l’aventure de Ryad, cet étudiant français venu faire un stage ouvrier. Sa mission est de vider la bibliothèque et de la repeindre. Alors qu’il accomplit cette tâche, il est surveillé par le mystérieux Abdallah. Sa vision et celle de Ryad se confrontent, opposant les générations mais aussi les cultures. Ryad quitte Paris et son impersonnelle effervescence pour Alger, plus calme et chaleureuse. Lui qui n’aime ni les livres ni la lecture va découvrir grâce à Abdallah la véritable valeur des livres. Le personnage d’Abdallah m’a profondément touchée. C’est un vieillard qui ne possède pas grand-chose mais qui a une richesse d’âme sans égale. Il est sage et sème le texte de réflexions plus profondes qu’on ne s’y attend.

    Mais il y a aussi le narrateur qui nous guide en de rares occasions mais avec une précision telle qu’il n’a pas besoin d’en faire plus. Il se fond dans le décor, tant et si bien qu’on se demande s’il s’agit de la voix de l’auteur elle-même ou de la voix d’un simple habitant du quartier.

    C’est la plume merveilleuse de Kaouther Adimi qui permet à cette histoire d’être aussi saisissante et envoûtante. Les mots sont choisis avec justesse et simplicité. Les phrases portent, tantôt « littéraire », tantôt proches de l’oralité dans les journaux de Charlot. Les descriptions sont superbes. Elles invitent au voyage, avec juste ce qu’il faut de détails et d’images pour qu’on imagine parfaitement les lieux. De simples paysages se teintent d’émotions sous l’écriture merveilleuse de l’auteur. Mais bien que cette écriture soit pleine de douceur, le roman relate souvent des événements cruels et violents, ceux qui jalonnent la vie d’un homme, mais aussi la vie d’un peuple. Le contraste entre la délicatesse du style et la brutalité de l’histoire m’a laissé une drôle de sensation car le fond, n’est autre que la colonisation de l’Algérie et ses très nombreuses conséquences.

    Kaouther Adimi m’a emmenée avec elle rue Hamani, ancienne rue Charas, à travers l’histoire de son pays natal et d’une minuscule librairie qui aura vu bien des choses. Nos richesses est une merveille, un bijou que j’ai lu le cœur serré ou sourire aux lèvres, avec l’impression de partager un café en compagnie de tous ces auteurs d’une autre génération.

  • 0.25

    C’est à travers le regard de trois hommes que Kaouther Adimi fait revivre une minuscule librairie, serrée entre une pizzeria et un marchand de légumes dans une ruelle d’Alger.
    En ouvrant « Les vraies richesses » dans les années 30, Edmond Charlot, libraire, imprimeur et éditeur a voulu partager sa folle passion pour les livres.

    Au fil du temps, la librairie, devient une bibliothèque de prêt, faute d’acheteurs. Abdallah, le nouveau maître des lieux n’aime pas lire, mais les livres sont un trésor qu’il doit protéger.

    En 2017, lorsque Ryad à son tour investi l’endroit, c’est pour faire le vide, débarrasser, donner où jeter les vestiges d’un temps révolu.

    En découvrant par hasard cette petite échoppe, lors d’une promenade à Alger, l’auteure a été intriguée par ce lieu étrange et a fait des recherches sur son créateur Edmond Charlot.
    Les carnets qu’elle a retrouvés et son imagination ont donné corps à un personnage hors du commun qui deviendra au fil des années l’ami et confident de Camus, d’Emmanuel Robles où de Jean Giono.

    Dès les premières lignes, je me suis laissée envoûter par une écriture aussi élégante que précise. En nous faisant découvrir Alger l’auteure nous invite dans des ruelles baignées de soleil où le bleu du ciel rejoint celui de la mer. Tous les sens sont sollicités dans une ronde de senteurs et de sons.

    Chaque personnage de cette histoire vraie, en grande partie, est brossé avec beaucoup d'application et une grande sensibilité.
    L’immersion dans le monde de l’édition m’a passionnée et j’ai aimé suivre Edmond Charlot, dans ses succès mais aussi dans ses terribles moments de doute et de découragement.
    Outre l’hommage au monde des livres, de l’édition et des libraires, ce livre est aussi une chronique du temps qui passe, il s’en dégage beaucoup de nostalgie.

    Kaouther Adimi signe un très beau roman peuplé des fantômes de grands écrivains.
    Je garderai longtemps en mémoire l’image de Saint-Exupéry, assis sur un trottoir fabriquant de petits avions en papier de chocolat pour des enfants hurlant de rire sous un soleil éclatant.

    J’ai lu ce livre deux fois, non par passion (quoique…), mais mon mari ayant quasiment perdu la vue depuis deux ans, j’aime lui faire partager les lectures qui me touchent.
    L’oralité transcende la beauté et la musicalité d’une écriture en la rendant plus vivante.
    Ce fût pour nous deux une très belle et émouvante découverte.

    Un coup de cœur !







    L'avis de la page 100 :

    J’ai immédiatement été frappée par la beauté et la précision de l’écriture.
    En nous faisant découvrir Alger l’auteure nous invite dans des ruelles baignées de soleil où le bleu du ciel rejoint celui de la mer. Tous les sens sont sollicités dans une ronde de senteurs et de sons.
    J’ai aimé également découvrir Abdallah, le vieux libraire amoureux des livres plus que de la lecture désespérément accroché à son paradis.
    Si la suite est à l’avenant, ce roman pourrait être un gros coup de cœur… A suivre.

Voir tous les avis

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre
Soyez le premier à en lancer une !

Les articles associés

Widget

Code à intégrer dans votre page

Code à intégrer dans votre page

Les lecteurs en parlent...

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !

Du même auteur

L'envers des autres Kaouther Adimi ACTES SUD

4.5

Voir tous les livres de Kaouther Adimi