Les larmes noires sur la terre

Couverture du livre « Les larmes noires sur la terre » de Sandrine Collette aux éditions Denoel

4.727272727

11 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Denoel
  • EAN : 9782207135570
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 332
  • Collection : Sueurs froides
  • Genre : Policier / Thriller grand format
Résumé:

Si une seule relève la tête, alors il leur reste à toutes une chance de s'en sortir...

Il a suffi d'une fois. Une seule fois, Moe a pris la mauvaise décision, partir, quitter son île natale pour suivre un homme à Paris. Elle n'avait que 20 ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour... Lire la suite

Si une seule relève la tête, alors il leur reste à toutes une chance de s'en sortir...

Il a suffi d'une fois. Une seule fois, Moe a pris la mauvaise décision, partir, quitter son île natale pour suivre un homme à Paris. Elle n'avait que 20 ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l'accroche à la vie, elle est amenée dans un centre d'accueil pour déshérités. Les officiels l'appellent le Haut Barrage, ses habitants l'appellent « la Casse ».
La Casse, c'est une ville de miséreux logés dans des voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d'automobiles embouties.
Chaque voiture est numérotée et attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera la 2167, une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Les règles de la Casse sont simples : si elle veut y survivre, il faudra travailler, pour quelques euros par jour. Si elle veut la quitter, il faudra verser un droit de sortie. Treize ans de travail, calcule Moe, et encore, en ne dépensant presque rien, du lait pour l'enfant, du riz pour elle.
Et puis, au milieu de ce cauchemar, de cette dégringolade qu'a été sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle cinq femmes, en cercle fermé, s'épaulent et affrontent ensemble la violence du quartier et la noirceur des temps. Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu'elle sait manier les herbes et soigne toute la Casse. Jaja, la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui n'arrive pas à se résoudre à la déchéance, celle qui veut quand même être jolie, danser et boire, espérer... Celle par qui le malheur reviendra.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Ça pourrait être aujourd'hui. Métaphoriquement c'est déjà aujourd'hui. Même si les casses ne sont pas (pas encore) transformées en centres d'accueil pour les déshérités. Même si ces derniers ne sont pas (pas encore) contraints de s'y retirer lorsqu'ils ne peuvent justifier d'un domicile, d'un travail, d'une identité.

    C'est dans un tel endroit, camp entièrement mis à l'écart de la ville, sorte de léproserie des temps modernes, que se retrouvent Moe et son bébé. L'époustouflant roman de Sandrine Collette ne fait finalement que prendre les clichés dans leur sens littéral : "A la casse", les êtres sans travail, sans famille ou sans toit. Ces "épaves" humaines, naufragées de la société contemporaine, se voient reléguées parmi les épaves mécaniques que la même société a mis au rebut et qui servent de "logement" à cette population désespérée. Dans ce cauchemar concentrationnaire, la vie continue malgré tout de semer quelques graines d'espoir. Moe puise en son fils et en ses compagnes d'infortune la force de supporter le pire. Obsédée par son rêve d'évasion, elle prend tous les risques pour sortir de l'enfer. Même le risque de s'avilir et de perdre jusqu'à la moindre parcelle d'humanité ?

    Ce roman m'a foudroyée ! Par l'histoire d'abord, mais aussi par la puissance réaliste de l'écriture qui ne nous laisse aucun répit et nous plonge jusqu'à la suffocation dans cet univers à peine dystopique, à peine métaphorique, à peine fictionnel, finalement. L'intrigue cache de vertigineuses profondeurs de sens et donne une autre dimension aux images que l'actualité nous a presque "habitués" à voir. "Les larmes noires sur la terre" dessille notre regard trop accoutumé à l'inacceptable et ouvre nos yeux sur ce que nous refusons de voir, par paresse, par confort, par inconscience ou par lâcheté. Par le biais du romanesque magistralement tenu, Sandrine Collette engage le lecteur à une réflexion à la fois philosophique, morale, économique et sociétale sans que jamais le propos ne soit pesant ou démonstratif. Tout passe par la force de l'intrigue et par cette écriture incroyable d'où jaillissent sensations, relations, sentiments, pulsions et toutes leurs nuances.

    Pour moi c'est un roman exceptionnel qu'il faut lire de toute urgence !

  • 0.25

    Comme parlé de ce roman ? car il est plus que ça c'est une claque.

    Sandrine Collette sous prétexte de nous raconter la vie Moe nous embarque dans un camp de réfugiés, car oui c'est bien cela dont elle nous parle entre les lignes. Un roman d'anticipation ? c'est ce qu'elle voudrait nous faire croire alors que ça se passe aux portes de nos villes.

    Quel réalisme dans les conditions de vie ! Cette loi du plus fort omniprésente, la misère, la crasse, la violence parfois mais au delà de tout, alors que ce texte aurait pu être noir et plombant, la solidarité, l'espoir,

    6 portraits de femmes que la vie n'a pas épargné depuis le début, tous plus forts les uns que les autres.

    C'est un coup de poing un coup de coeur, je retrouve la Sandrine Collette de noeud d'acier, avec un réel plaisir.

  • 0.25

    Emportée dans les steppes de Patagonie avec son précédent roman, je me suis ruée vers le nouveau Sandrine Collette, Les larmes noires sur la terre. Depuis Des nœuds d’acier, son premier livre, cette auteure ne cesse de se renouveler et nous surprend à chaque fois avec des ambiances très différentes. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis littéralement plongée dans ce dernier opus et je n’ai pas été déçue.
    De polar il s’agit plutôt de roman noir, très noir sur fond de misère sociale avec un soupçon de dystopie. En effet, le décor est très vite planté : une casse de voitures où sont reclus tous les rebuts de la société dans un avenir qu’on imagine très proche. Moe et son petit garçon y atterrissent après avoir tout perdu et La Casse est la dernière solution offerte par les autorités. Elle est accueillie par un groupe de femmes tentant de survivre dans cet environnement hostile et violent. La galerie de personnages est particulièrement intéressante et le récit est ponctué de leurs histoires, leur passé respectif. Je me suis attachée à toutes ces femmes et surtout à Moe et son bébé, chaque page que je tournais me laissait dans un état de tension certain. J’avais peur de ce qui pouvait encore leur tomber dessus, le sort semblait s’acharner sur eux et rien ne leur est épargné. Heureusement, la tension retombe grâce aux truculences des personnages féminins secondaires : la battante Jaja, la sage Ada ou encore la radieuse Nini-peau-de-chien. De rebondissement en rebondissement, on ne s’ennuie jamais et on hâte de connaître le dénouement, une lueur d’espoir, présente en filigrane, nous laissant espérer une issue heureuse malgré la noirceur du roman.
    Comme à son habitude, Sandrine Collette manie la plume noire comme personne, une écriture efficace et unique qui nous plonge directement dans cette atmosphère oppressante et nous laisse rarement reprendre notre souffle. Après plusieurs romans, elle a de nouveau réussi à me surprendre avec ce nouvel ouvrage, véritable ode aux femmes déterminées face à l’adversité d’une société en plein déclin.

  • 0.25

    Je suis fan de Sandrine Collette, c'est un fait établi : chaque nouveau roman conforte sa place dans mon Panthéon des écrivains contemporains. J'aime ses thrillers, habiles et intelligents. J'aime quand elle essaie un autre style (son roman précédent était différent des précédents mais toujours excellent). Mais là...que dire ? ou plutôt, comment dire tout le bien que je pense de ce roman, à quel point il est bouleversant ?

    Quand Moe a quitté Papeete pour suivre Rodolphe en métropole, elle aurait sans doute dû réfléchir à deux fois.

    " Moe n’avait rien à dire, Fallait réfléchir avant, elle le chante presque, certains jours, en passant un doigt hésitant sur sa joue bleuie. Quelques gifles ici et là — pas pire que les insultes au fond, si ça en était resté là."

    Quand à traîner les bals pour suivre son conjoint violent et alcoolique qui la traite comme une esclave, elle s'est retrouvée enceinte d'un enfant illégitime, quand elle a atterri aux urgences avant d'être prise en charge par les Services Sociaux, elle aurait dû...
    Une suite de mauvais choix, de circonstances, qui la mènent dans un camp de survivants. Parce qu'elle n'est plus que ça, Moe, une survivante. Et une résistante, à sa manière, pour sauver son fils, pour repartir à Papeete, un jour...

    Sandrine Collette nous emmène au milieu des carcasses de voitures, dans ce monde cerné de grillages où chaque jour est une lutte, au milieu des trafiquants, des vigiles, de ceux que la misère indiffère ou fait prospérer (certains propos font frémir, ce sont ceux dont certains de nos politiciens contemporains usent en ce moment...).

    "D’une certaine façon, ils admettent que c’est mérité et, même si c’est trop facile, pensent tout bas que les autres, ceux qui vivent là-bas, n’avaient qu’à travailler."

    C'est un coup de maître, un presque chef d’œuvre ! De ce genre de bouquin qu'on classe immédiatement dans les indispensables, pas tant pour le style (encore que la dame manie la langue comme personne) mais pour tout ce qu'il remue en nous, lecteurs.

    Une histoire universelle, une vie ratée, une cascade de pas-de-bol pour l'héroïne, et puis, en filigrane, l'humanité toute entière en quelques centaines de pages : la rage, le désespoir, la fraternité, la misère, la solidarité, l'amour, le renoncement, l'espoir.
    Du brut, une écriture à l'os qui n'épargne personne, qui fait cogiter, qui tire quelques larmes. Un bouquin qui prend violemment aux tripes, qui fait frissonner devant ce que devient notre monde (à ce rythme-là, vers 2030, époque à laquelle se situe l'intrigue, ça risque de faire super mal !).

    "(...) ce n’est pas ce monde-là qu’elle veut, tentaculaire et dévorant, où la seule façon de s’en sortir est de se battre bec et ongles pour gagner quoi, pas même un petit morceau de bonheur, juste la hargne pour survivre, boire, manger et mettre de l’essence dans la voiture, un combat stérile et épuisant, trouver une place de misère et la conserver coûte que coûte."

    Alors, roman noir ou pas ? Noir de violence, noir de tristesse, mais roman social avant tout, de ceux qu'il faut lire absolument pour ouvrir les yeux, pour ne pas accepter certains discours, pour qu'il reste encore une part d'humanité et de bonté en chacun de nous.
    Une sacrée claque !

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/03/les-larmes-noires-de-la-terre-de.html

    Dans ce nouveau roman noir, Sandrine Collette situe cette fois son récit dans un futur proche en France dans une ville qui n'est pas nommée.

    Moé a quitté son île pour les beaux yeux de Rodolphe qui se montre vite sous son vrai jour, odieux et violent une fois qu'ils sont installés en Métropole. Elle doit aussi subir le racisme ambiant dans le village où ils vivent. Elle a un enfant avec un homme rencontré dans un bal, ne sait pas aimer ce bébé les premiers mois et tente de le rendre invisible pour que Rodolphe supporte sa présence, ainsi elle n'appelle jamais son fils par son prénom.

    Un jour elle décide de partir dans l'espoir de pouvoir regagner Papeete. Après quelques jours passés chez une copine, c'est dans la rue puis aux urgences de l'hôpital qu'elle trouve refuge. Mais les services sociaux interviennent pour les envoyer, elle et son fils, dans un camp où sont regroupés tous les sans-abris, tous les laissés pour compte de la société. Ce camp est une Ville-Casse, ce qui signifie que tous ces déshérités sont logés dans des voitures, la Ville-Casse est un cimetière de voitures organisé par quartiers.
    Ce bidonville regroupe 8000 personnes et frappe par sa crasse, ses odeurs, la promiscuité imposée, l'intimité impossible et l'insécurité permanente, il faut toujours que les femmes se méfient "des mains toujours à l'affût pour détrousser une jupe ou un portefeuille ". Il convient aussi de se méfier des gardiens, dans ce lieu où règne la loi de la jungle.
    Moé découvre vite qu'ici chacun est appelé par le numéro de la voiture qui lui est attribué, qu'il faut travailler dans les champs et les vergers pour payer le loyer et se nourrir. Comment économiser l'argent du retour à Papeete avec le salaire de misère qui leur est octroyé, d'autant plus qu'il faut s'acquitter d'un droit de sortie exorbitant de 15000 euros?

    Dans cette cour des miracles Moé a la chance d'être affectée dans un îlot de voitures occupées par cinq femmes qui la prennent sous leur aile. Il s'agit de Poule, Nini, Marie Thé, Jaja et enfin d'Ada, une vieille Afghane qui soigne rhume et fièvre avec ses plantes mais qui délivre aussi les femmes des grossesses indésirables par des avortements qu'elle pratique avec respect et peine. Ce groupe de femmes bénéficie de la protection d'Ada dont les dons de guérisseuse lui assurent une certaine immunité dans le camp. La plupart de ces femmes vivent dans ce lieu depuis de nombreuses années.

    Peu à peu Moé s'installe dans cette vie qui n'en est pas une, une vie sans avenir " Vivre elles ont laissé cela de côté, il ne reste que la survie", économise pièce après pièce mais se retrouve aussi confrontée au problème de son fils qu'elle peut enfin nommer par son prénom Côme. Dans ce camp les enfants peuvent être adoptés jusqu'à l'âge de un an, n'est-ce pas le moyen par lequel elle doit passer pour que son fils échappe à son destin, n'aurait-il pas plus d'avenir ailleurs en étant adopté?
    Moé se bat, veut y croire, tente par différents moyens illégaux de gagner quelques billets, aspirée par une terrible spirale.

    Au fil du récit chacune de ses voisines-amies va raconter son histoire à Moé, Poule a subi les conséquences du terrorisme en France, Ada a fui le régime taliban en Afghanistan, Marie-Thé a été adoptée par un couple de français à Haïti... Moé découvre aussi l'histoire de Jo qui occupait sa voiture avant... Pour chacune la vie a basculé à un moment...
    Ce sont des récits de vies brisées qui vont de l'extrême pauvreté subie au bout du monde au drame de l'abandon et de l'esclavage domestique en passant par la guerre...

    Cette lecture a été un vrai choc pour moi !
    J'ai trouvé Moé terriblement émouvante dans son amour fou pour son fils, dans sa volonté de s'en sortir et de se battre pour son fils, j'ai adoré la très belle relation faite de solidarité qui s'instaure entre les six femmes, j'ai été émue par ces personnages très forts aux destins bouleversants dont on suit la vie pendant une dizaine d'années.
    Sandrine Collette a toujours la même capacité à créer une atmosphère et dans ce cas à la rendre malheureusement plausible. C'est vraiment une auteure que j'affectionne de plus en plus.
    Noir, désespérant mais captivant !

  • 0.25

    Tant pis si je me répète : ouvrir un roman de Sandrine Collette, c’est savoir que l’on va plonger dans un univers noir.

    Et ce roman-ci l’est à plus d’un titre : noir de crasse, noir d’avenir bouché, noir d’une humanité qui tente de survivre, noir de mauvais sentiments.

    Une seule lueur : le bébé de Moe pour qui elle se battra bec et ongles, jusqu’à commettre de nombreux forfaits pour s’en sortir.

    Je me demandais pourquoi une casse en couverture du roman : c’est parce que l’action se déroule dans une casse transformée en camp de détention des services sociaux.

    J’ai aimé les digressions qui nous racontent l’histoire des filles du bloc de Moe. Nous découvrons ainsi leur parcours et comment la vie les a malmené. Toutes les filles, sauf une : la moins résignée.

    Une fin en happy end que je n’attendais pas. Je ne saurai dire si elle m’a déçu. Mais le roman est poignant.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la petite voiture attribuée à Moe, dans lequel elle va faire son nid tant bien que mal.

    http://alexmotamots.fr/les-larmes-noires-sur-la-terre-sandrine-collette/

  • 0.25

    Il est où le bonheur , il est où
    Il est où
    Il est pas là le bonheur , il est pas là
    Il est pas là...
    Pourtant, elle y croyait Moe quand elle a quitté son île pour suivre Rodolphe en France.
    Mais elle a bien vite déchanté, corvéable à merci, battue, sans l'amour ni la tendresse espérée, elle tombe de haut.
    C'est ailleurs qu'elle ira chercher le bonheur, et lorsqu'elle ramènera dans son ventre le fruit de ses plaisirs, elle devra faire le choix, pour sa survie et celle de l'enfant, de tout quitter.
    Errante, elle se retrouve.... à la Casse.
    Avec pour toit, la carcasse d'une vieille voiture, attribuée par les services sociaux.
    Un roman noir, magnifique, signé de la plume d'une auteure qui ne cesse de nous surprendre.
    Le destin de six femmes, des écorchées de la vie, qu'elle nous livre ici est dramatique.
    Ou, comment la vie bascule, face à une société inhumaine et violente, d'où que l'on soit, quel que soit notre passé, seule la solidarité et l'entraide aident à survivre dans un monde où il n'y a rien à espérer.
    Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...
    Moe n'aspire qu'à une chose, ne pas entrainer son fils dans les sombres abîmes de notre monde, et pour ça, elle devra faire des choix.
    Un grand roman, un de plus pour Sandrine Collette et moi, j’attends déjà avec impatience le suivant.

  • 0.25

    Chapeau bas madame Sandrine Collette !

    Que dire de plus...
    J'en perds mes mots, vraiment !
    Cette histoire, c'est juste pas possible de lui trouver un qualificatif pour exprimer combien elle m'a touchée au coeur, combien elle m'a prise aux tripes...

    Happée dès les premières pages.
    Mon attention n'a pas flanchée un seul instant, tout le long de ma lecture.
    J'avais hâte de connaitre l'histoire de Moe, de son petit garçon et de toutes ces femmes que l'on découvre au fil des pages de ce roman.
    J'ai dû toutefois entreprendre quelques pauses tant la peur m'a tenaillée par moment...

    "Allez ! J'tourne la page ! ... Oh nonnnnn... J'peux pas... Trop peur de la suite ! ... Mais si ! Courage ! Sandrine Collette, elle peut pas être aussi méchante !!! ... Mais, mais, ... et si... Ahhhh !!! Trop dur ! J'veux pas savoir ! ... Enfin... Si ! Mais non.... Trop difficile..."
    Un petit exemple de ce que j'ai enduré...

    Si peur pour elles, si peur pour lui...
    Peur pour leur destin.
    L'attachement aux personnages est si fort...
    Il est intense, gigantesque, immesurable...
    On tremble pour eux, vraiment !
    Ils vivent pas si loin de nous !

    Qui sait si ce n'est pas ce que nous réserve le futur ?
    Un futur très proche.
    Ici, Sandrine Collette, par le biais des différents portraits des protagonistes de cette histoire, aborde différentes situations , des faits de sociétés, des catastrophes passées et événements marquants qui ont faits notre actualité et chamboulés notre planète.
    Là ! hier... aujourd'hui !
    Elle nous projette dans quelques années...
    Un monde qui est loin de s'être arrangé.

    Difficile pour mon ventre de trouver un peu de répit...
    Le noeud qui s'y trouvait, a été présent, toujours bien serré, d'un bout à l'autre...

    Sandrine Collette m'a bouleversée !
    Par son écriture, son style, unique !
    Exceptionnel !

    En un rien de temps, elle nous plonge dans l'univers, qu'elle a crée.
    Elle nous embarque, littéralement !
    Impossible de décrocher.
    L'art de nous planter le décor ! D'y être ! En seulement quelques lignes...
    D'y vivre... D'y survivre, plutôt !
    De longues phrases, comme pour nous empêcher de respirer, tant l'atmosphère est austère, hostile, oppressant...
    Une longue peine... sans limite, à perpétuité...
    Le temps qui passe, interminable, qui nous broie les entrailles, par sa noirceur...

    Je n'ai pas pu retenir mes larmes, face à la destinée de ces femmes et de ce petit bout.
    Ce rayon de soleil, seule lumière de cette terre si sombre.

    Une lecture qui n'a pas fini de me tourmenter !
    Merci pour tout ça, madame Sandrine Collette..

  • 0.15

    L'écriture, à la fois ample et précise, est toujours là. Les personnages, puissants et désarmés, sont bouleversants. La construction du roman avec ses histoires enchâssées laisse malheureusement peu de place à l'intrigue. Petit bémol donc pour ce dernier roman d'un grand auteur français.

  • 0.2

    Quel choc! L’expression souvent à tort et à travers prend ici tout son sens. Voilà en effet un roman dont on ne sort pas indemne. La noirceur, le désespoir et l’enchaînement des drames qui collent aux basques des femmes que l’on va suivre durant près d’une dizaine d’années ne pourra vous laisser de marbre. Sur son île, Moe croise Rodolphe. L’homme, qui a deux fois son âge, va lui faire miroiter les charmes de la métropole. Que n’a-t-elle pas écouté sa grand-mère qui lui disait de toujours réfléchir avant d’agir? « elle n’a pas réfléchi. Ou alors un peu, mais pas trop, pas si bête, elle savait bien que ça ne serait pas rose tous les jours. N’avait pas envie de se l’avouer avant même que l’histoire se noue, malgré le pincement au fond du ventre qui venait la titiller le soir, après, quand Rodolphe dormait et qu’elle le regardait, ses quarante ans, les rides au coin des yeux et les veinules parce qu’il buvait trop. » Loin des lumières de la Tour Eiffel, elle va découvrir un village où elle est tout sauf bienvenue. Méprisée, insultée, maltraitée, la «colorée» devient la «taipouet», objet des moqueries de Rodolphe et de ses amis de comptoir.
    Six ans plus tard, sa joie de vivre a disparu. Elle est battue, vixtime de coups de plus en plus violents. Et songe à fuir cet enfer, surtout pour protéger Côme, ce fils qui vient de naître. Réjane, la fille d’une de ses vieilles clientes, va l’accueillir chez elle le temps de se retourner. Mais comment trouver un emploi avec un nouveau-né dans les bras? De petits boulots en expédients, elle va se retrouver dans la rue, essayer de trouver refuge aux aurgences de l’hôpital, avant de finir dans une sorte de camp où sont regroupés tous les sans-abri, rebuts de la société, délinquants ou filles perdues. Des milliers de personnes qui n’ont pour seul abri, les véhicules destinés à la casse. D’où le nom de cette prison aux règles aussi strictes qu’inhumaines.
    Moe et Côme doivent se contenter d’une vieille épave, mais fort heureusement, ses cinq voisines viennent l’aider: Marie-Thé, Nini, Jaja, Poule et Ada.
    Construit en trois parties, le roman va désormais nous raconter comment survivre dans ce milieu hostile, comment ne pas se tuer à la tâche, comment ne pas mourir de désespoir en constatant la quasi impossibilité de quitter ce camp de concentration d’âmes perdues. Et, au fil des chapitres, revenir sur l’histoire des femmes qui côtoient Moe, condamnée « à ruminer sur ce qui l’a amenée ici, et les erreurs, et les folies, et les directions manquées».
    Poule avait fini par installer sa roulotte dans le camp, après avoir parcouru des milliers de kilomètres avec son cheval et ses poules et avoir usé son corps jusqu’à ce qu’il cède. Doit-elle pour autant se résigner? Gagner l’argent demandé par les gardiens pour sortir du camp, 15000 euros, tient de la mission impossible. Mais Moe veut encore y croire et n’hésite pas à donner son corps pour gagner quelques billets de plus, puis de jouer la mule auprès des trafiquants de drogue. Ce faisant, elle ne se rend pas compte qu’elle s’enfonce dans une terrible spirale, «descendant jusqu’au tréfonds de la terre, dévastée et saccagée»
    Ada l’afghane, qui a surmonté l’invasion soviétique et fuira le régime taliban, n’aura guère plus de chance que ses compagnes d’infortune. Après un long calvaire vers l’exil, elle se retrouvera également prise au piège de La Casse. «Son existence entière s’est découpée en longues tranches, vingt ans en Afghanistan, dix ans à Clermont-Ferrand, cinq ans en prison, vingt-cinq ans dans la ville-Casse qu’elle connaît par cœur». Mais ses dons de guérisseuse lui donnent une sorte de statut particulier, d’immunité et une volonté de fer: « Mon histoire n’est pas terminée : un jour je quitterai cet endroit et j’irai vivre libre, au milieu des arbres, pour me consoler de toutes ces années de gris et d’enfermement.»
    Marie-Thé, avec son passé d’esclave domestique, et Jaja qui a connu l’univers carcéral thaïlandais veulent aussi y croire. Même si leur espoir tient davantage du vœu pieux que d’un plan bien orchestré. Dès lors, l’issue fatale est davantage prévisible.
    C’est dans une encre très noire que Sandrine Collette trempe sa plume. Du coup le lecteur doit, comme les femmes dont on suit l’histoire, avoir le cœur solidement accroché et qui sait, être un peu inconscient, pour imaginer une fin heureuse à ce roman. Il paraît que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir…
    http://urlz.fr/4JhS

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