Le jour d'avant

Couverture du livre « Le jour d'avant » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

4.3

10 notes

Résumé:

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous... Lire la suite

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n'avaient jamais payé pour leurs crimes.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Encore un roman de cette rentrée littéraire de septembre 2017 : "Le jour d'avant" de Sorj CHALANDON.

    De cet auteur, j'avais lu "Le quatrième mur", couronné par le Prix Goncourt des Lycéens en 2013. Je me souviens avoir été profondément touchée par la puissance émotionnelle du livre, et bien, je viens de renouveler l'expérience. Je sors complètement "sonnée" de ce roman, c'est une claque magistrale que nous donne l'auteur sur la base d'un fait historique, méconnu mais ô combien révélateur de la vie de toute une partie de la population française.

    Le 27 décembre 1974, 42 mineurs périssent dans la fosse 3 bis de Saint Amé de Liévin. Nous sommes dans le bassin houiller du Nord Pas de Calais. Joseph aurait dû assurer la relève de ses parents à la ferme mais il a été attiré comme les jeunes du village par la mine, cet univers industriel qui donnait du travail aux hommes, jeunes et moins jeunes, au péril de leur vie. Ceux qui ne mouraient pas d'un coup de grisou ne vivraient pas vieux, les poumons altérés par la poussière de charbon qui s'infiltrait partout, dans les tissus des vêtements comme dans les pores de la peau. Joseph était fier de son matricule 1916, de cette reconnaissance que lui offrait la mine. Il avait l'habitude de dire "C'est comme ça la vie", surtout quand il vivait des moments de grande complicité avec son frère, le narrateur, tous deux invincibles sur leur mobylette, le grand confiant le guidon au plus jeune de 16 ans. Ils en ont fait des tours, épris d'insouciance qu'ils étaient, comme la veille de l'accident.

    Sorj CHALANDON décrit avec beaucoup de minutie l'univers de la mine et la vie les familles rythmée par l'activité de la fosse, les femmes préparant la gamelle, les hommes saluant les enfants comme s'ils se voyaient pour la dernière fois, le changement de vêtements à l'arrivée sur place, la descente à la mine, la remontée avec la relève des "pendus", les douches communes pour enlever le plus gros du charbon qui restait collé au corps des hommes, et puis l'offrande du pain d'alouette, le quignon de pain qui ayant accompagné le mineur pendant sa journée et remis au bambin resté dans la rue pour signaler aux voisins le retour du père ou du frère, ce soir encore. J'ai été touchée par la description des conditions de vie de ces ouvriers qui ont marqué une page de l'Histoire de la France. Par le passé, les corons avaient été honorés par Pierre BACHELET dans une chanson, ils le sont aujourd'hui par Sorj CHALANDON dans un roman.

    Mais l'auteur va beaucoup plus loin, il revient sur un fait historique qui a laissé une empreinte à jamais dans le coeur des familles endeuillées ou meurtries par les blessures des mineurs descendus à la fosse 3 bis ce 27 décembre. C'était la reprise de l'activité de la mine après quelques jours de repos passé en famille à fêter Noël. Sorj CHALANDON tient un discours militant dans ce livre, il rend justice à des hommes victimes de l'absence de précautions suffisantes pour assurer leur sécurité. Cet événement aurait pu être évité et la vie de ces 42 hommes préservée. Il en assure la mémoire.

    L'écrivain explore longuement la souffrance des familles, la peine des victimes collatérales de la mine avec le personnage du narrateur, le frère de Joseph, humainement très affecté par le décès de son frère. Toute son existence en sera marquée, il donnera un tournant à sa vie et partira pour la capitale pour devenir mécanicien, hanté par les fantômes des mineurs ayant péri ce 27 décembre. Il essaiera bien de construire sa vie mais sera malheureux en famille, accompagnant sa femme, malade, jusque dans les derniers instants.

    Sorj CHALANDON cherche la voie de la résilience pour un homme dont la vie est enkystée par le malheur et la présence de la mine.

    Mais ce qui m'a bouleversée le plus, c'est cette petite bombe lâchée par l'écrivain et dont la déflagration résonne comme l'explosion produite ce 27 décembre 1974. Il va générer un véritable séisme dont les secousses vont largement impacter la nation toute entière. Sorg CHALANDON a un talent fou, il assure un tour de force d'une puissance extraordinaire, chapeau bas.

    Assurément, cette lecture qui s'inscrit dans le challenge 1% rentrée littéraire de Délivrer les livres est une lecture coup de poing, de celles qui envahissent votre mémoire et y laissent leur empreinte à jamais.

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2017/08/le-jour-d-avant-de-sorj-chalandon.html

  • 0.25

    Livre coup de coeur. Livre coup de poing. Livre coup de gueule, cri de rage.

    Rage que Sorj Chalandon a en lui depuis très longtemps. Il est jeune journaliste à "Libération" lorsque le 27 décembre 1974 éclate la catastrophe minière de Lens-Liévin. 42 mineurs y trouvent injustement la mort.

    Non ce n'est pas la fatalité, cela aurait pu être évité. Non, ce n'est pas normal pour un mineur de finir ainsi au fond du trou. Non, ces travailleurs et la profession n'ont pas reçu l'hommage et la reconnaissance nationale qu'ils auraient dû avoir.

    Alors resté tapie au fond de lui, cette colère gronde et pour la première fois l'auteur nous livre un récit qui sort de l'autobiographie.

    Comment nous parler de ce drame ? En créant le personnage de Michel Flavent, le frère du mineur. Michel et son frère Jojo sont des enfants de paysans et le Nord c'est aussi cela le combat entre la terre du dessus (les paysans) et la terre du dessous (les mines). Leur père espère qu'ils reprendront l'activité agricole mais au village, au bistrot en particulier il y a les "rabatteurs", qui dénigrent la profession liée à la terre et font miroiter que la mine, elle, chauffe les foyers, bitume les routes, apporte la richesse à la nation, les mineurs de la mine sont utiles... et ils enrôlent les jeunes.
    Jojo a 20 ans lorsqu'il devient mineur, il devient la fierté de son frère Michel qui il faut bien l'avouer sans cet accident l'aurait suivi dans le fond.

    Le 27/12/1974 cela faisait cinq jours que l'on n'était plus descendu dans la mine, on aurait pu éviter cette tragédie mais au nom de la rentabilité et des économies, on n'avait pas pris les mesures de sécurité de base nécessaires : pas d'arrosage du fond, pas de dégrisoutage, de ventilation correcte, à quoi bon, le filon était en fin d'exploitation...

    Michel ne se remettra pas de la catastrophe et de la mort de Jojo et de son père. Il vouera à la mine et au mineur une ferveur, une dévotion mais aussi une grande envie de vengeance. Il retournera au pays quarante ans après la catastrophe...

    Michel à travers la plume de Chalandon nous réservera quelques surprises : trahison, mensonges, besoin de vérité, de vengeance...

    Un récit captivant, bouleversant. un roman truffé de fausses pistes, de rebondissements. Un personnage trouble celui de Michel qui fait de son drame personnel le procès de la mine.

    L'écriture de Chalandon est comme toujours percutante. Des phrases courtes allant droit au but, à l'essentiel. C'est bouleversant, touchant. Il cerne comme toujours ses protagonistes avec beaucoup de psychologie. La plume est tout en justesse, magnifique remplie d'une belle humanité.

    C'est pour moi un incontournable de la rentrée.

    Un gros coup de coeur. ♥


    Les jolies phrases

    Un mineur aujourd'hui, c'est un mécanicien, a répondu l'aîné. C'est Germinal robotisé, a rigolé son copain en nous ouvrant la porte.

    Elle se gavait d'hommes la mine. Elle avait faim de nous. Jamais elle ne nous laisserait en repos.

    Eux fouillaient la terre pour éclairer le pays, chauffer les familles, produire le ciment, le béton, goudronner nos routes.

    Ne fais jamais d'enfant, Michel. S'il te plaît. C'est trop de souffrances.

    Blessé, c'est un mot triste pour dire qu'il est vivant.

    Il a commis un crime pour en payer un autre.

    Au nom du rendement, nous demandions aux hommes de faire plus que ce qu'ils pouvaient.

    La prison n'est pas une halte, c'est le bout du chemin. Le mur de briques au fond de l'impasse. L'antichambre du sépulcre.

    Le chef du siège 19, lui , a été condamné à 10 000 francs d'amende et 1 000 francs de dommages et intérêts, versés à trois syndicats. "42 morts = 10 000 francs. Une ligne dans un bilan comptable"


    Je n'ai pas relu les 42 noms. Je les connaissais depuis ma jeunesse, appris par coeur comme les lettres de l'alphabet. Celui de Jojo n'était pas dans la pierre, rejeté par les Houillères et par la mémoire. Mort trop tard pour être des martyrs. Mort trop loin pour être célébré. Mort entre deux draps pas entre deux veines. Mort en malade de la ville, pas en victime du fond.


    J'ai raconté son enterrement de rien. Trop tard pour les honneurs, trop seul pour l'Histoire. Inconnu au bataillon des braves. Ni sur les plaques de cuivre, ni dans les coeurs de pierre. J'ai raconté sa veuve, crachée par les vivants. Ma jeunesse sans Jojo. La mort de mon père. Sa fin de paysan. Sa lettre . "Venge-nous de la mine."

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/09/le-jour-davant-sorj-chalandon.html

  • 0.25

    Sorj fait parti de mes auteurs incontournables. Après ses derniers livres où il a tant mis de lui, Je me demandais se qu'il aurait encore à nous dire.« Venge-nous de la mine »
    Encore une fois dès les premières pages parues dans le "magazine lire " je me suis fait happer par le style !
    Au départ, il s'agit d'une histoire vraie, 42 mineurs morts dans la fosses St-andré de Liévin-Lens... Et l'histoire devient fiction, comme il sait bien le faire Sorj Chalandon distille subtilement les émotions, accroche le lecteur, déroule le fil au point de croire à un récit.
    La dernière page n'est par encore tournée, mais je sais déjà que je ne suis pas au bout de mes surprises !

  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/08/20/35586265.html

    Le 27 décembre 1974, à Saint-Amé de Liévin, un coup de grisou coûte la vie de 42 mineurs. Cette catastrophe minière – l’une des dernières – emporte également le grand frère de Michel Flavent, Joseph dit Jojo. Cette perte est une véritable douleur pour Michel qui était très proche de lui au point de l’accompagner souvent dans la salle des pendus de la mine et de porter sa taillette avec son matricule – le numéro 1979. En 2014, à la mort de sa femme, Michel décide qu’il est temps de venger son frère, de faire payer les coupables comme son père le suggérait à sa mort : « Michel, venge-nous de la mine ». Il s’installe ainsi incognito à Saint-Vaast-Les-Mines et élabore un plan.

    Ce pitch pourrait laisser penser à un banal polar mais tout le génie de Sorj Chalandon est d’avoir su instaurer un formidable twist au milieu du récit, le faisant ainsi totalement basculer et donnant une dimension humaine forte au personnage de Michel.

    À travers ce roman, Sorj Chalandon renoue avec ses obsessions sur un thème qui n’est, cette fois-ci, pas personnel. L’auteur montre la force du déterminisme social dans ce nord de la France des années 70, la fausseté des hommages des élus pour les victimes. Nous sommes proches du roman social et de l’univers d’Émile Zola : il évoque d’ailleurs Germinal. Enfin, le sentiment de culpabilité est également le fil rouge de ce récit fort. Bref, tous les ingrédients favoris de Sorj Chalandon sont présents… et c’est peut-être aussi ce qui pourrait agacer certains lecteurs. Si personnellement je n’ai aucune réserve sur le roman, je peux comprendre tout à fait que certains soient lassés par la récurrence des ces thèmes. On peut estimer qu’il en fait trop sur cette première partie avant le twist, notamment sur les liens fraternels et l’entretien du souvenir. Mais, la seconde partie du roman est tellement magistrale qu’elle balaie selon moi les réticences.

  • 0.2

    Mais que vois-je dans la vitrine de mon libraire ?
    Sorj Chalandon a écrit un autre livre ! Vite, pousser la porte, l’acheter.
    A peine rentrée, le commencer.
    Mais tiens, bizarre, j’ai beaucoup de mal à rentrer dedans, je dois même m’accrocher.
    Le 27 décembre 1974, une catastrophe a eu lieu dans la mine de Liévin. Bilan, 42 morts, plus Jojo, le frère de Michel.
    Et depuis, Michel passe son temps à ressasser la mine, ses dangers, l’inconséquence des patrons.
    Une vie entière à encenser Jojo et ses confrères d’infortune, à ruminer sa vengeance.
    Oui donc, j’ai eu un peu de mal avec la première partie, que j’ai trouvée intéressante mais dans laquelle je ne m’impliquais pas à fond.
    Et puis voilà qu’au milieu du livre, retournement de situation, ça s’emballe, je suis complètement accrochée. Je retrouve mon engouement sans faille pour l’auteur.
    C’est donc encore une fois un beau livre. Un hommage aux mineurs. Une analyse de la culpabilité et de ses dérives. Une belle histoire d’amour fraternel.
    Ressort encore la précision journalistique de Sorj Chalandon pour décrire le sacrifice de tous ces mineurs et la dureté de leurs conditions de travail. Et puis aussi bien sûr sa grande sensibilité dans les rapports humains en nous faisant découvrit tout cela à travers les émotions de Michel. Et son immense talent pour nous faire partager des situations profondes et souvent dramatiques.
    « C’est comme ça la vie »

  • 0.1

    Certes, le texte rend hommage aux 42 mineurs de Liévin et à tous ceux qui sont morts, blessés, anéantis, meurtris, silicosés après des années de dur labeur au fond des mines de tous les pays ...

    Mais, je n'ai pas réussi à me sentir vraiment concerné par ce roman à charge, un "trop quelque chose" que je n'ai pas su définir. Une grande déception pour moi alors que j'attendais avec impatience le petit dernier de Sorj Chalandon, auteur que j'apprécie beaucoup.

  • 0.25

    Quel livre MAGISTRAL !!
    Idée de génie de prendre l’angle de la folie, de la fragilité, de la peur, du chagrin , de la rancœur et de l’obsession de vengeance d’un homme habité par un sentiment de culpabilité, dévasté par la douleur et le remords, prisonnier de lui-même, pour faire ressurgir le drame de Liévin.
    Quarante ans après la catastrophe des fosses 3-3bis, Michel Flavent va vouloir tuer Dravelle un petit contre maître à l’époque, qu’il juge être responsable et jamais inquiété. Après l’avoir agressé, la tentative de meurtre a échoué. Ils vont se retrouver au tribunal. Dravelle, âgé, en fauteuil roulant et muni d’une assistance respiratoire va faire une révélation fracassante : « 42 garçons sont restés au fond par ma faute. … Le rendement, les économies, c’était l’obsession de la Compagnie. Une politique brutale imposée à tous. .. Au nom du rendement, j’étais devenu une sorte de petit caporal. Je voulais que les marteaux-piqueurs ne s’arrêtent jamais. J’engueulais celui qui perdait du temps à mettre ses gants de sécurité ou à ajuster des bouchons d’oreilles… Pour faire des économies en temps et en personnel, les ventilations, les taffanels, les moyens de protection n’avaient pas été convenablement vérifiés… Lorsque les hommes sont redescendus, le 27 décembre après cinq jours de congé, le fond n’avait pas été arrosé. L’air était saturé de charbon. Le grisoumètre n’était pas en activité. Un gazier sur deux avait été supprimé par la direction. Un seul homme restait pour effectuer les relevés manuels et la galerie Six-sillons n’entrait pas dans son parcours de contrôle. Le matin de l’accident, sa ronde avait même été supprimée. C’est là qu’a eu lieu l’explosion, le 27 décembre 1974, à 6h19. C’est là que 42 personnes ont été tuées par la mine, le rendement et le souci d’économies. Ce drame n’a rien à voir avec la fatalité. Il aurait pu être évité. De la direction des Charbonnages de France au plus humble des surveillants, nous en sommes tous responsables. Et jamais personne n’a vraiment été jugé pour cela. »
    Pourtant le réquisitoire de l’avocat général assénera un coup de massue sur la suite de l’histoire. La plaidoirie de l’avocate de Michel Flavent brûle le cœur…
    Texte écrit à coups de piolet sur la surface noire et luisante d’une veine de charbon dégageant les copeaux de l’âme humaine si fragile et si solide à la fois. Les descriptions du monde ouvrier des mines besogneux, courageux, fourbus, atteints par la silicose et celles des paysages des terrils et des corons sont tracées à l’encre de la suie incrustée dans les peaux, les ongles, les corps, les visages, les vêtements et les maisons avec leurs « petits jardins de poussière ».
    Ce livre lu d’une traite tellement l’histoire est prenante et le suspense tendu, a été un grand coup de grisou qui m’a traversé le corps et l’âme, qui m’a empoigné l’estomac, serré le cœur, laissé un goût de poussière amère dans la gorge. Sorj Chalandon rend grâce au monde ouvrier d’hier et aujourd’hui mais aussi à nos fragilités.
    « Germinal » n’est certes pas convoqué mais un immense talent d’écrivain, lui, est bien présent en la personne de Sorj Chalandon. Je serais surprise que ce roman ne reçoive pas les prix des plus hautes distinctions littéraires voire même le summum qui conduirait à une reconnaissance amplement méritée pour l’ensemble de l’œuvre de cet auteur remarquable. Quel talent !
    Coup de cœur absolu et bien entendu, conseil de lecture

  • 0.2

    LE JOUR D’AVANT DE L’AUTEUR SORJ CHALANDON 326 PAGES EDITIONS GRASSET 16 AOUT 2017

    COUP DE CŒUR <3

    Résumé :

    "Venge- nous de la mine", avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n'avaient jamais payé leurs crimes.

    Mon avis :

    Un fait divers dont je ne me souviens pas. Etant petite, je n’ai pas fait attention à ce genre d’actualité. L’auteur m’a entraîné dans l’événement du vendredi 27 décembre 1974. La mort de 42 miniers à Lievin. Je dois dire que c’est un métier qui m’est inconnu. J’ai seulement vu le film « Germinal ». J’ai suivi le narrateur dans ce passé, noir comme le charbon… Son frère, son père, sa mère, les miniers…

    J’ai tourné une à une les pages, imprégnée par cette région, par cette souffrance… Ce métier de mineur !

    Un magnifique roman rempli d’émotions pour comprendre un homme et sa vengeance. Le talent de cet auteur, c’est de m’avoir fait basculé après 200 pages dans un retournement de situation dont je n’avais aucunement prévu le dénouement.

    Une grande claque, du très beau et bon « Chalandon ».

    A lire absolument car ce livre est génial.

    Courez, volez à votre librairie !

  • 0.25

    1974, du côté de Liévin : Michel Flavent a seize ans, et depuis son plus jeune âge, il n’a d’yeux que pour son frère, Joseph. Il est son modèle, Michel rêve de se mettre dans les pas de son grand frère. Après avoir été apprenti en mécanique, Jojo, son Jojo, répond à l’appel de la mine, en dépit de l’avis paternel. Le 26 décembre 1974, après cinq jours de fermeture de la fosse 3bis, là où est affecté Jojo, l’horreur surgit. Au petit matin, une explosion, un coup de grisou. 42 victimes parmi les ouvriers…

    2014-2015, entre Paris et le Nord : tout juste veuf, et après avoir longuement mûri son projet de vengeance, Michel quitte son quotidien parisien et retourne sur les traces de sa jeunesse, vers Liévin. Son objectif, retrouver Lucien Dravelle, le contremaître responsable de la sécurité des ouvriers morts à la mine, l’assassin de son frère…

    Avec ce nouveau roman, Sorj Chalandon nous plonge au cœur du bassin minier, dans le Nord-Pas-de-Calais, entre passé et présent. L’immersion dans le milieu est totale. Ainsi donc, c’est comme si nous étions, nous aussi, issus de ce monde dont nous ne connaissions jusqu’alors peut-être pas grand-chose. Le vocabulaire, l’atmosphère globale du roman renvoient constamment à la mine. Et bien que ce livre soit une fiction, Sorj Chalandon s’appuie sur un fait réel : la catastrophe minière du 27 décembre 1974, à Liévin, dans le Nord. Les recherches que j’ai effectuées sur ce désastre minier m’ont permis d’ancrer encore davantage le récit dans le réel.

    La personnalité, le profil psychologique de Michel sont si précisément dessinés que le tout en devient toujours plus intense. La tension s’installe progressivement. On attache de l’importance à certains détails de l’histoire, en espérant trouver la clé au fil des pages. Et puis, on s’en éloigne, jusqu’au moment où. Ce livre m’a cueillie au vol à un moment où je ne m’y attendais franchement pas. Le lecteur accède à une autre partie de l’histoire, qui prend alors une autre dimension. Je me suis retrouvée complètement déstabilisée, et j’ai aimé cela. Il est difficile d’évoquer mon ressenti au sujet de ce roman sans prendre le risque de trop en dévoiler. C’est pourquoi je m’arrêterai là, et n’irai pas plus loin dans les détails.

    Jusqu’où la douleur de la perte d’un être cher peut-elle conduire ? Jusqu’où la culpabilité et le désir de vengeance peuvent-ils mener ? Sombre, puissant, bouleversant. Le nouveau roman de Sorj Chalandon est incontestablement une surprise, à découvrir d’urgence à l’aube de cette nouvelle rentrée littéraire…

  • 0.2

    Sorj Chalandon est un auteur discret, mais ô combien talentueux ! Depuis son sublime Quatrième mur, il n'est plus à présenter. Chacun de ses livres est un voyage au cœur de l'humanité qui provoque un réel chamboulement intérieur. Et bonne nouvelle, il faudra compter avec lui pour la prochaine rentrée littéraire. Le jour d'avant sera disponible chez votre libraire préféré dès le 16 Août prochain. Save the date !

    Enfant, Michel a rêvé de rejoindre son frère Joseph à la mine. Mais la catastrophe du 27 décembre 1974 a mis fin à ses rêves. Ce jour-là, 42 mineurs étaient tués par le grisou à la fosse Saint-Amé. Grièvement blessé dans l’accident, Joseph Flavent devait mourir quelques semaines plus tard. «Venge-nous de la mine», lui avait écrit son père. Ses derniers mots. Michel a promis, poings levés au ciel. Il allait venger son frère, mort en ouvrier, venger son père, parti en paysan, venger sa mère, esseulée à jamais. Il allait punir les Houillères et tous ces salauds qui n'avaient jamais payé pour leurs crimes. C'est cette vengeance que Michel nous raconte.

    Le Jour d'avant est tiré de la plus grande tragédie d'après-guerre qu'ait connu le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais. Le 27 décembre 1974 à 6 h 30, un violent souffle dévasta à 710 m de profondeur une part de la fosse 3, dite Saint-Amé de Lens-Liévin, à Liévin. Quarante-deux gueules noires y laissèrent leur vie. A cet instant, cent seize enfants devinrent orphelins, des femmes veuves, des parents, des frères, des sœurs meurtris. L'émotion fut considérable. Ce drame ne fut pas dû à la fatalité, mais à la négligence de la société exploitante, les Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais. Des années de procès furent nécessaires pour que leur responsabilité soit reconnue, ce fut une grande première dans l'histoire de la mine.

    C'est donc sur fond de fait divers, que Sorj Chalandon nous revient. C'est à ces gueules noires, aux galibots et autres porions, à tous ces hommes qui descendent dans les entrailles de terre, qu'il rend hommage. Il évoque avec beaucoup d'humanité le Nord de la France de cette époque, le dur labeur de ces mineurs, leurs difficiles conditions de travail, leur solidarité et le nécessaire syndicalisme pour défendre leurs droits. Nous découvrons les gestes et rituels de ces ouvriers aujourd'hui disparus.

    Le Jour d'avant est un peu le Germinal des temps modernes. Il l'est jusqu'au moment où tout bouscule, jusqu'au moment où Sorj Chalandon va nous surprendre pour nous embarquer sur un tout autre terrain, celui de la psychologie, de la folie. Dès lors, on retrouve l'ambiance et le thème de son précédent roman, Profession du père. Un magnifique retournement de situation qui survient lors de l'enquête et du procès qui sont magistralement reconstitués.

    A n'en pas douter, la rentrée littéraire de septembre prochain devra compter avec Sorj Chalandon et son très bon roman, Le jour d'avant.

    https://the-fab-blog.blogspot.fr/2017/07/mon-avis-sur-le-jour-davant-de-sorj.html

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