Le coeur battant de nos mères

Couverture du livre « Le coeur battant de nos mères » de Brit Bennett aux éditions Autrement

3.5

6 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Autrement
  • EAN : 9782746745728
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Tous les grands secrets ont un goût particulier ».
Nadia a 17 ans et la vie devant elle. Mais quand elle perd sa mère et avorte en cachette, tout change. Elle choisit alors de quitter la communauté noire et religieuse qui l'a vue grandir. Boursière dans une grande université, Nadia fréquente... Lire la suite

« Tous les grands secrets ont un goût particulier ».
Nadia a 17 ans et la vie devant elle. Mais quand elle perd sa mère et avorte en cachette, tout change. Elle choisit alors de quitter la communauté noire et religieuse qui l'a vue grandir. Boursière dans une grande université, Nadia fréquente l'élite. Elle a laissé derrière elle Luke, son ancien amant aux rêves brisés, et Aubrey, sa meilleure amie. Durant une décennie marquée des affres de la vie, les trajectoires des trois jeunes gens vont se croiser puis diverger, tendues à l'extrême par le poids du secret.
Dans la lignée d'Elena Ferrante et de Chimamanda Ngozi Adichie, Brit Bennett donne voix à des héros en quête d'accomplissement et nous offre un roman lumineux, inoubliable.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Un joli récit qui campe, sur les vingt dernières années, le parcours de Nadia, Luke et Aubrey, tous trois issus de la communauté noire et religieuse d’Oceanside en Californie.
    Nadia est belle, jeune et brillante, elle fait partie des privilégiées qui vont partir étudier à l’Université. Nadia est hantée par le suicide récent de sa mère, « un tremblement de terre qui l’arrachera à son sommeil ». Sa vie durant elle cherchera une explication à ce geste fatal et sera dépositaire des rêves (supposés) de sa mère, persuadée qu’elle n’était pas désirée. Sa mère était jeune, 17 ans, la naissance de sa fille a mis fin à ses projets d’études. C’est pourquoi, lorsqu’elle se découvre enceinte de Luke, Nadia prend la décision d’avorter. Un choix qui la hantera toute sa vie et dont le secret sera un poids terrible.
    Luke est le fils du pasteur, sportif, tombeur, beau garçon. Le départ de Nadia dont il est très épris va le laisser pantelant. Pourtant, ironie du sort, c’est lui qui a donné à Nadia l’argent nécessaire à son avortement, à l’origine de sa fuite. Un acte inimaginable dans cette communauté profondément religieuse.
    Aubrey est la meilleure amie de Nadia. Elle vit avec sa sœur ayant rompu avec sa mère et surtout le compagnon de celle-ci. Aubrey est douce, elle affiche un sourire permanent qui cache sa tristesse, lucide aussi. Elle a été adoptée par la communauté religieuse, la mère de Luke l’a prise sous son aile.
    Ces trois destins sont conditionnés et pétris de leur éducation. L’Eglise joue un rôle prédominant dans leurs trajectoires. Oppressante pour Nadia, salutaire pour Aubrey, omniprésente pour Luke, fils du pasteur.
    Les personnages sont attachants dans leur quête désespérée pour s’accomplir ou s’affranchir. De jolis moments d’émotion.
    Le lecteur découvre le récit conté par le chœur des femmes du Cénacle, femmes expérimentées, mères ou non, observant avec acuité les fidèles et tout le petit monde qui gravite autour de l’église.
    Le style est agréable à lire, le vocabulaire précis, le récit se déroule avec facilité. L’auteure est d’une grande délicatesse pour évoquer les émois et les doutes de ses personnages.
    Quelques sujets juste ébauchés auraient mérité un développement, le traumatisme des soldats (le père de Nadia, Russell), le sort des mexicains.
    J’ai lu avec plaisir ce récit. Je m’incline face au talent naissant de cette jeune romancière de 27 ans seulement.

  • 0.2

    Nadia, promise à un brillant avenir, tombe enceinte à dix-sept ans, du fils du pasteur. Elle décide d’avorter. Sa vie entière va se trouver marquée par cette décision qu’elle devra affronter seule.

    Au fil des pages, le lecteur suivra Nadia, Aubrey, sa meilleure amie et Luke, le fils du pasteur, pendant une dizaine d’années. Les mots de Brit Bennett permettent de ressentir intensément les blessures de chacun des personnages, tous abîmés par la vie.

    Ce livre est un roman magnifique sur la féminité et l’amitié. Sur la douleur qu’il y a à quitter l’enfance aussi. L’écriture est délicate et intense et les personnages sont vibrants de réalisme. On s’attache à chacun d’eux et il est difficile de les abandonner quand arrive la dernière page.

    A ne pas rater.

  • 0.15

    Rendez-vous page 100
    En lisant les toutes premières pages, je me pensais dans les années cinquante ou soixante. Mais non, le roman se déroule de nos jours dans la communauté noire de l’église du Cénacle en Californie. Nadia Turner, depuis le décès de sa mère (elle s’est tiré une balle dans la tête) erre physiquement et mentalement. Cette jeune fille, très intelligente, est prise dans une université lorsqu’elle se retrouve enceinte des œuvres de Luke, fils du pasteur et va se faire avorter seule dans la ville voisine. Cette gamine solitaire devient copine avec Aubrey, je dirai plutôt l’inverse. Aubrey est très active dans la communauté, sorte de grenouille de bénitier. En l’état actuel de ma lecture, l’emprise religieuse est très prégnante. Le Livre alterne les passages de la vie de Nadia et une voix, faisant partie de la communauté religieuse, qui raconte les évènements. Néanmoins la lecture reste fluide. Je suppose qu’à un moment, les deux parties vont se rencontrer. Très curieuse de connaître la suite.
    ================
    Voici la chronique en sa totalité :

    Vie ordinaire dans la Communauté noir de l’Eglise du Cénacle dont le pasteur Sheppard est le fondateur. Celles que l’on appelle « les mères » y sont omniprésentes sous la direction de Madame Sheppard. Le père de Nadia en est un adepte fervent depuis le décès de sa femme qui s’est suicidée en se tirant une balle dans la tête. Nadia, elle, erre depuis que sa mère lui a lâché la main.
    Son idylle avec Luke, le fils du pasteur Sheppard, porte ses fruits et, à la veille d’entrer dans une grande université, elle se retrouve enceinte. Pas question pour elle de réitérer le schéma maternel. Elle prévient Luke de son état et l’informe qu’elle ne garde pas l’enfant et se fait avorter dans la ville voisine. Luke pourvoit aux frais financiers mais, lâchement, l’abandonne. C’est vrai qu’ils sont jeunes et qu’elle n’a que dix-sept ans. Le racisme ordinaire, Nadia va le connaître en université, mais le sujet n’est qu’effleuré… Ce n’était pas le thème principal du livre.
    La vie continue, chacun mène son chemin droit ou tortueux. Nadia poursuit brillamment ses études, Luke végète et se cherche. Comme il n’y a que les droites parallèles qui ne se rencontrent pas, ils se retrouvent au mariage de Luke avec Aubrey, sa meilleure amie.
    L’absence d’adieu ou d’au revoir émaille ce livre. Nadia n’a pas pu dire adieu à sa mère et ignorera toujours les raisons de son suicide. Elle n’a pas su retrouver son père, ni lui dire au revoir lorsqu’elle est partie à l’université. Entre Luke et Nadia, il y a toujours ce fœtus et une fin d’amour avortée par la lâcheté de Luke. Chacun poursuit sa route avec ces amputations.
    Les personnages sont peut-être un peu trop manichéens. Nadia, la dévergondée, l’aventureuse, celle qui refuse l’ordre établi et Aubrey, la pure (elle se marie vierge), la soumise, celle qui rentre dans le rang. J’ai été étonnée pas la bigoterie, la mainmise de l’église sur la communauté. Ce livre se passe de nos jours et au début, j’ai eu l’impression que cela se déroulait quelques décennies en arrière.
    La construction du livre est très intéressante et donne sa force au livre. A chaque début de chapitre, une Mère raconte, sans émotion, comme une vieille histoire passée. D’ailleurs, à ce moment, le récit est au passé. Voici comment l’une d’elle résume l’histoire d’amour de Nadia et Luke : « Nadia avait batifolé dans le lit de Luke Sheppard, et au printemps, le bébé de Luke grandissait en elle. »
    L’écriture est agréable, sensible, émouvante, mais il m’a manqué un je-ne-sais-quoi (trop lisse). Un livre à l’américaine, très bien léché, très bien écrit sans trop d’aspérité, agréable à lire et qui va se transformer en film. Je comprends qu’il fasse un tabac, mais…

  • 0.1

    Chronique d'une Exploratrice de la rentrée littéraire

    En découvrant le premier roman de Brit Bennett je m'attendais à une histoire féminine certes, mais aussi féministe de par son sujet: l'avortement. Hélas, contrairement aux commentaires des nombreux journaux et critiques, je n'ai pas été happé ni par le style ni par l'histoire. "Une histoire pas comme les autres" dixit Vogue, oui, mais pas "le roman le plus excitant de cette année!" par LA Times. Effectivement, aborder ce sujet est audacieux mais l'angle est parfois dérangeant malgré une volonté de marquer les esprits.

    Dans la banlieue de San Diego, Nadia a dix-sept ans lorsqu'elle tombe amoureuse de Luke Sheppard, le fils du pasteur de sa paroisse. En débutant une liaison cachée, ils ne se doutaient pas que Nadia tomberait enceinte et avorterait aussi rapidement. Admise à l'université du Michigan, elle compte bien venger le destin de sa mère suicidée six mois plus tôt à qui cet avenir a été refusé. Mais voilà, malgré le choix, l'avortement est une décision bien difficile à assumer surtout lorsqu'on fait partie d'une communauté aussi religieuse que la leur. En trouvant du réconfort auprès d’Aubrey une jeune bénévole de la paroisse, Nadia trouve, le temps d’un été, le salut en son amitié. Le poids du secret entre Luke et Nadia, l'amitié ambivalente et les amours contrariés vont mener la vie dure à ces personnages durant des années.

    "En commençant ce récit j'ai d'abord été désarçonnée par l'époque, puisqu’il s’agit de la nôtre. Non seulement je pensais que l'histoire se déroulait dans les années 50 mais j'ai été choquée par l'excès de religion et de communautarisme. Si effectivement l'histoire se passait à cette époque j'aurais pu comprendre, mais non, le récit se déroule bien à notre siècle. Surprise, je me suis interrogée de savoir si ces excès sont une volonté propre de l'auteure pour soulever la question religieuse et raciale ou un effet de communautarisme récurrent aux Etats-Unis. Puis j'ai réalisé que le thème de l'avortement était un moyen de parler de ces sujets. Je ne suis pas sortie d’un profond sentiment de malaise. La religion dominant, j'ai l'impression que les personnages n'ont pas le choix de croire ou de ne pas croire. La communauté prenant le pas sur le reste, des barrières sont érigées entre "noirs", "blancs", "latinos"... L'auteure désigne les personnages par leur couleur de peaux, non par leurs caractères ou autres désignations. Je suis restée perplexe quand j'ai lu que Nadia n'aimait pas les fêtes de "blancs". Il me paraît non seulement choquant mais surtout très triste que le communautarisme et les questions raciales soient encore aussi présents aux Etats-Unis et c’est l’une des constantes du livre.

    S'ensuit la question de l'avortement qui devient l'élément central du roman puisque tous les personnages gravitent autour. Je suis un peu dubitative quant à l'impact que cet acte a sur les vies de Luke et Nadia, non pas que je minimise la procédure qui est discutable mais les conséquences qui les lient à tout jamais. Luke n'est-il finalement pas nostalgique d'une époque où il maîtrisait sa vie, veut-il se complaire dans une vie de famille imaginée comme si la vie de famille est forcément une position sociale "normale"? Quand à Nadia en faisant ce choix et en y repensant régulièrement n'est-elle pas tout simplement en quête de son amour perdue?

    A travers un troisième axe qu'est l'amitié entre Aubrey et Nadia, l'auteure m'a immédiatement fait penser au roman d’Elena Ferrante, "L'amie prodigieuse". Cette amitié improbable entre deux jeunes filles aux caractères différents, où l'ambiguïté pointe le bout de son nez pour finalement développer une certaine jalousie et des rancœurs m'a assez plu. D'ailleurs pour moi, de cet aspect plus intéressant et profond, se dégage une plume forte et mieux maîtrisée que le reste du roman. Je trouve dommage que l'auteure n'ait pas creusé plus que ça et n'en dégage pas plus d'émotions.

    Pour finir, j'aurais aimé connaître la raison du suicide de la mère de Nadia. Je comprends la volonté de l'auteure de n'en faire qu'un événement mineur pour expliquer le comportement de Nadia, ses réflexions sur ses propres choix et sa situation familiale, mais il est vrai qu'une fois ma curiosité piquée, j'aurais aimé qu'elle soit assouvie. Néanmoins ce qui est bien choisie est l'emploi du "nous" pour raconter l'histoire. En utilisant les "mères" de la paroisse, Brit Bennett prends un certain recul pour retracer l'affaire et n'en faire qu'un fait puisque finalement en parlant de Nadia, elles parlent d'elles-mêmes.

    Un roman qui soulève bien des questions sans toutefois y répondre, un style plutôt fluide mais sans véritable patte, je reste perplexe face à ce scenario qui avait l'air prometteur. Je ne sais pas si j'ai aimé ou pas, si j'ai compris où la romancière voulait en venir mais en tout cas il a le mérite de m'avoir interloqué et n'est-ce pas le but d'une lecture ?
    http://bookncook.over-blog.com/

  • 0.15

    Le cœur battant de nos mères se déroule dans une communauté noire américaine religieuse en Californie et nous raconte l'histoire de Nadia, 17 ans. Au sein de sa communauté Nadia n'est pas une fille comme les autres, d'abord parce qu'elle va rentrer à l'Université l'an prochain (ce qui n'est pas donné à tout le monde dans son milieu), ensuite parce que sa mère s'est suicidee de façon violente et inexplicable quelques mois plus tôt la laissant avec un père deboussolé, encore parce qu'elle est tombée enceinte du fils du pasteur et qu'elle va se faire avorter. Bref tout ça est compliqué à vivre pour une tout jeune fille.
    Pour le moment je ressens ce roman comme un fruit un peu trop vert : le style est appliqué, parfois presque scolaire. Mais à certains passages on voit vraiment l'auteur et dans ce passages le livre est vraiment bon, il a vraiment du style.
    Le suspense monte et j'ai de plus en plus envie de savoir ce qui va arriver à Nadia. Encore un peu tôt pour vous donner mon avis ferme et définitif donc : rendez vous à la page 336 ! :)

  • 0.25

    page 100 :

    Nadia est belle et intelligente, elle va entrer à l'Université, elle a 17 ans et la vie s'ouvre à elle comme un cadeau ... sa mère se tire une balle dans la tête, Nadia est enceinte, Luke paie, mais se détourne ... la vie est un drame. A travers cette histoire fort bien contée, avec tendresse et humour, c'est celle des femmes que je lis entre les lignes, celles des mères qui veulent éviter à leurs filles de rencontrer des salauds ... Roman au style vif et alerte que je ne lâche pas ...

    ... la suite :

    « Mais, les filles n’écoutent pas leur mère, jamais. » Et pourtant, la grande leçon de ce roman (1er roman écrit par une jeune diplômée de littérature âgée de 27 ans et salué par la critique américaine) c’est justement qu’il faudrait s’inspirer des messages de nos mères pour ne pas faire les mêmes erreurs qu’elles.
    Le décor : la communauté noire et religieuse du sud de la Californie, trois personnages s’aiment, se déchirent, s’admirent, se détestent mais toujours se cherchent au détour d’un secret dévoilé en tout début de texte. Durant une dizaine d’années, nous suivons les sentiments et les errances de Nadia, Luke et Aubrey : Nadia a eu une brève relation avec Luke avant de devenir la meilleure amie d’Aubrey qui épousera quelques années plus tard Luke (qui ignore les liens qui unissaient Nadia et Luke). Enceinte, Nadia avait fait le choix de l’avortement et ce secret a changé le cours de sa vie, celle de Luke, puis d’Aubrey. Amour et amitié, où commence l’un, où finit l’autre ?
    Mais au-delà de cette situation tragique et vécue comme telle par nos trois personnages, mais également toute une communauté bien pensante, c’est le destin des filles et des femmes qui subissent depuis des générations le pouvoir des hommes, mais également l’hypocrisie de la société, sans réellement trouver de réponses à leurs questions. Luke est fils de pasteur mais ses parents paient pour l’avortement. Et tout autour de ce secret, plus ou moins bien gardé, chacun ira de son commentaire. Si l’histoire est contemporaine, on sent bien que de vieilles croyances sont toujours bien présentes. Se greffe également sur le texte, le sujet glaçant du racisme mais sans être réellement développé par l’auteur, peut-être volontairement n’est-il qu’effleuré ?
    Ce qui me touche tout particulièrement, c’est au final la solitude implacable de Nadia, belle et rebelle, mystérieuse, avocate reconnue qui multiplie les aventures amoureuses mais sera toujours en quête de comprendre pourquoi sa mère s’est suicidée et l’a abandonnée.

    Même si le roman développe à certains endroits quelques lieux communs et lourdeurs, cela reste un très beau texte qui mérite d’être lu pour son sujet grave, mais également pour une écriture agréable et de beaux sentiments. A noter qu’il s’agit d’un premier roman d’une jeune femme de 27 ans.

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