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Le black note

Couverture du livre « Le black note » de Tanguy Viel aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707316318
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Paul, le saxophoniste, ils l'ont surnommé john, à cause de john coltrane.
Georges, à la contrebasse, c'était jimmy, et christian, c'était devenu elvin. même la maison sur l'île, quand ils se sont installés ensemble pour jouer, ils ont voulu la surnommer : ils l'ont appelée black note. mais... Voir plus

Paul, le saxophoniste, ils l'ont surnommé john, à cause de john coltrane.
Georges, à la contrebasse, c'était jimmy, et christian, c'était devenu elvin. même la maison sur l'île, quand ils se sont installés ensemble pour jouer, ils ont voulu la surnommer : ils l'ont appelée black note. mais la maison maintenant n'existe plus, et le quartet non plus. de la clinique oú on l'a conduit, le narrateur et trompettiste du groupe continue de ressasser ce temps de la vie commune. très vite, le récit se concentre autour d'un événement : paul, sa mort, et les circonstances obscures qui l'entourent.

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Avis (1)

  • "Le Black Note" est le premier roman publié par Tanguy Viel, auteur de Paris-Brest, Article 353 du Code Pénal, etc.) par lequel il nous plonge dans l’univers de personnes marquées par la fatigue et le sentiment de l’échec.
    Le titre « Le Black Note » fait référence à ‘Blue Note records’, le...
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    "Le Black Note" est le premier roman publié par Tanguy Viel, auteur de Paris-Brest, Article 353 du Code Pénal, etc.) par lequel il nous plonge dans l’univers de personnes marquées par la fatigue et le sentiment de l’échec.
    Le titre « Le Black Note » fait référence à ‘Blue Note records’, le label que John Coltrane a rejoint fin de l’année 56.

    C’est l’histoire de 4 musiciens de jazz.
    A l’exception du narrateur (le trompettiste) qui n’a pas de surnom parce qu’il ne joue pas de piano, deux ont été baptisés 'Jimmy' et 'Elvin', clin d’œil au ‘classic quartet’ fondé par Coltrane (Jimmy Garrison /Bass et Elvin Jones/Batterie) et 'John' pour le 3eme, en référence à Coltrane.
    « Et il (Paul alias John) s’entrainait à reprendre les morceaux de Coltrane, il espérait qu’un jour on les jouerait devant le public, en concert, qu’un jour on serait assez frais pour faire un concert. Mais à cause de moi, disait Jimmy, ça resterait toujours impossible, parce qu’on ne reprend pas le quartette de Coltrane avec une trompette, mais avec un piano. John me demandait de me mettre au piano, il disait que si je me mettais au piano ils pourraient me surnommer Thelonious, comme Thelonious Monk. Mais en tant que trompettiste, me disait John, décidément t’appeler Miles c’est impossible … Ils n’ont jamais voulu m’appeler Miles comme Miles Davis, ni Monk comme Monk Thelonious. »

    Ces 4 jeunes provinciaux de bord de mer rêvent de succès et se défoncent beaucoup. Ils habiteront ensemble, une maison sur une toute petite île, qu'ils appelleront le Black Note.. Cette maison brûlera entrainant la mort de Paul. Paul (alias John) était le meneur de la bande. Le récit, concentré sur les circonstances de cet accident, est traduit par un monologue en perpétuelle tension, le monologue du trompettiste au cerveau dérangé et que Tanguy Viel va radiographier. La plume de Tanguy Viel va dessiner la personnalité disjonctée du narrateur en hachurant ses phrases, en accumulant des répétitions, des répétitions épinglant ainsi l’indécision et l’incapacité de dire la vérité, cette terrible vérité enfermée dans le narrateur qui lui-même évolue dans un lieu restreint qu’on imagine être un hôpital psychiatrique sans que jamais ce ne soit dit. Les âmes peuplent son esprit… Visibles et invisibles. Il raconte l’histoire du groupe. Il sait. Il se tait. Il ment. Il ne dira jamais. Il racontera tout. Une histoire dans laquelle les 4 garçons liés par l’amour du jazz et par le projet commun de devenir célèbres, d’enfin vivre pour de bon, se seront aimés, détestés, agacés, griffés et écorchés, enfoncés dans l’alcool et la cocaïne. Tanguy Viel, comme une marque de fabrique, fait miroiter un ascenseur social qui restera portes fermées pour des personnages enlisés.

    Avec une écriture déliée, simple, incisive et un rythme soutenu, ce livre a connu un succès phénoménal tout à fait mérité. Tanguy Viel photographie, filme en zoomant, colore, estompe, incise, aime entrainer le lecteur dans des décors resserrés où on s’englue. Des phrases qui ont commencé à m’entortiller jusqu’à me ligoter au livre, lu d’une traite, en écoutant Coltrane. En écoutant Coltrane, bon sang, je l’ai bien entendu le piano de McCoy Tyner…

    « … comme les musiciens du quartette de Coltrane, comme les vrais des années 60, ils ne peuvent pas être amis, parce qu’amis on peut se fâcher, et plus rien n’est jamais comme avant, et on s’oublie. Il y a toujours la brouille qui peut avoir lieu, entre amis mais pas entre frères. Entre frères, on peut se tuer même, mais toujours il y a quelque chose qui résiste, on ne se quitte pas, jamais. Voilà la vérité sur nous dans mon idée… Même morts, on se surprend encore à s’aimer. Ce n’est pas un fantôme dans ma chambre, debout sur la fenêtre. … C’est seulement un homme mort qui me salue, ça n’a rien à voir. »

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