Evariste

Couverture du livre « Évariste » de François-Henri Désérable aux éditions Gallimard

3.217391304

23 notes

Résumé:

Évariste Galois était le Rimbaud des mathématiques. À quinze ans, il les découvre ; à dix-huit, il les révolutionne ; à vingt, il meurt en duel. Il a connu Raspail, Nerval, Dumas, Cauchy, les Trois Glorieuses et la prison, le miracle de la dernière nuit, l'amour et la mort à l'aube, sur le pré.... Lire la suite

Évariste Galois était le Rimbaud des mathématiques. À quinze ans, il les découvre ; à dix-huit, il les révolutionne ; à vingt, il meurt en duel. Il a connu Raspail, Nerval, Dumas, Cauchy, les Trois Glorieuses et la prison, le miracle de la dernière nuit, l'amour et la mort à l'aube, sur le pré. C'est cette vie fulgurante, cette vie qui fut un crescendo tourmenté, au rythme marqué par le tambour de passions frénétiques, qui nous est ici racontée.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Lecteur, toi qui croit lire la biographie d’Évariste Gallois dans un registre relativement classique, passe ton chemin ! ici, nous avons un auteur qui hésite, qui brode, qui imagine, qui renonce, qui s’adresse, à toi à moi, à elle surtout, mais à qui nous n’en savons rien en fait…
    Et pourtant, voilà un auteur, François-Henri Désérable, qui retrace les grandes étapes de la vie d’Évariste, qui reconstitue des moments de vie, de tourment, de découverte, de déception, de fulgurance, pour tenter de faire revivre en quelques pages ce jeune génie qui de son temps était largement méconnu, rejeté et incompris.
    Précurseur et découvreur dans un monde où l’on espérait simplement de dociles élèves à polytechnique, ou à Normale, et qui ayant très certainement un niveau au-dessus de celui à qui il s’adressait, ne pouvait qu’en être ignoré, car il faudra « bien des commentaires pour saisir le sens profond de sa pensée ».
    L’auteur fait revivre Évariste, de sa jeunesse à Bourg-la-Reine à la longue nuit qui précède sa mort, celle où il couche ce qui sera son testament scientifique, cette nuit où il annote, ponctue de « on jugera », tant finalement son assurance et son aplomb étaient grands, lui qui interroge, interpelle, sur ces sept feuilles ou en marge de son livre, laissant aux autres le choix de « déchiffrer ce gâchis » « qu’il a en tête depuis bientôt un an » et qui se révélera comme étant une découverte majeure des mathématiques, lui qui meurt à vingt ans dans un stupide et bien étrange duel.
    Si l’on est peut-être parfois légèrement rebuté par l’écriture au style alerte et familier, débordant de jeunesse et d’enthousiasme, on ne peut malgré tout qu’apprécier ce récit. Vingt ans pour vivre, révolutionner les mathématiques, mourir, c’est une courte vie pour un génie incompris. Merci à l’auteur de nous l’avoir fait redécouvrir.

  • 0.2

    Sous une plume virevoltante, François-Henri Désérable romance la vie, courte certes, mais intense, du mathématicien Evariste Galois, duquel dira-t-on qu'il fut aux mathématiques ce que Rimbaud fut à la poésie. Courte vie donc, puisqu'à 15 ans, il découvrit les mathématiques qu'il révolutionna à 18 ans avant de tomber, à 20 ans, non au champ d'honneur mais dans un pré, malheureux perdant d'un duel ! La courte histoire d'un génie des mathématiques pourrait paraître peu enthousiasmante et plutôt rébarbative. Erreur ! Malgré sa jeunesse (27 ans) et le fait qu'Evariste soit son premier roman, François-Henri Désérable réussit ce tour de force de captiver d'entrée de jeu son lecteur (ah, l'incroyable chapitre II sur la conception d'Evariste !) en utilisant une narration vive et enlevée, ne laissant aucun temps mort dans un récit palpitant, intégrant de manière cocasse, des passages historiques et faisant des envolées de phrases, usant et abusant du point-virgule généralement boudé en matière de ponctuation... (ouf, j'ai moi-même l'impression d'être virevoltante dans ma façon de décrire tout cela !). On s'imaginerait presque Fabrice Luchini faisant une lecture théâtrale de ce livre ! Sa manière d'interpeler le lecteur en l'appelant "Mademoiselle", ou de l'inviter à mieux comprendre son personnage en se mettant dans "la peau" de son chapeau et donc d'être aux premières loges de l'histoire est également tout à fait originale !

    En conclusion, Evariste est un incroyable roman biographique qui sort complètement des sentiers battus et qui a donc le mérite d'attraper le lecteur et de le plonger dans un récit sans ennui et sans temps mort, osant faire la part belle aux interpellations et intégrant au détour de l'une ou l'autre phrase très littéraire, le vocabulaire actuel !...

    Jubilatoire ! Mais au fait... quelle est cette grande révolution des mathématiques qu'il fit ? Heeuuu, une histoire de théorèmes je crois... mais en fait, là n'est pas la question !

  • 0.05

    Découvrir la vie du mathématicien Evariste Gallois par un roman, oui quelle belle idée. Proposer un style intégrant "mademoiselle" , le lecteur car comme chacun il n'y a que des femmes qui lisent des romans, quel cliché! Partagée par la lecture je reconnais volontiers une recherche et un trait humoristique qui méritent d'être encouragés et j'espère être plus réceptive pour son prochain roman. Et pour ceux qui veulent découvrir un autre mathématicien je vous conseille vivement la lecture de "La déesse des petites victoires"

  • 0.15

    Pas facile à lire ... et pourtant, quel humour ! Un texte sympathique qui présente depuis sa naissance un personnage curieux et presque attachant qui ira mourir dans un duel sans laisser finalement grandes traces dans l'Histoire. Un premier roman intéressant qui installe l'auteur au premier rang.

  • 0.2

    Le bandeau du livre (qui n'apparaît pas sur l'image) claironnait : "Le Rimbaud des mathématiques". Autant vous dire que c'était très loin d'être attirant pour moi, qui ne suis ni un gourmand des vers (quoique les libres...), ni quelqu'un pour qui les mathématiques éclairent l'existence, elles auraient même plombé ma scolarité par leur capacité à rendre tout compliqué.
    Malgré cela, je me suis plongé dans cette ...évocation d'Evariste Galois, mathématicien de génie mort à 20 ans. Sa vie fut courte, on n'en sait quasiment rien. Il ne reste que sa brillante démonstration pour " qu'une équation irréductible de degré premier soit soluble par radicaux, il suffit que deux quelconques des racines étant connues, les autres s'en déduisent rationnellement". Je vous entends souffler et déjà rayer ce livre de votre future PAL (Plie à lire)... et vous aurez presque tort parce que ce sont le seules lignes sur les mathématiques que compte le livre, l'auteur étant une bille en algèbre pourtant révolutionnée par le truc recopié avant...
    Nous avons donc devant nos yeux une biographie de 164 pages sur quelqu'un de certes brillant mais très abstrait pour des millions de lecteurs et dont les traces de son passage sur terre se tiennent sur 4 feuillets même pas recto/verso. Mais, alors me direz-vous, il fait quoi François-Henri Désérable pour meubler ? C'est simple, il brode, dépeint l'époque, imagine des moments, s'adresse au lecteur qu'il appelle Mademoiselle (un peu dragueur François-Henri....), joue avec les mots, mélange le langage soutenu avec le familier, donne des avis sur tout, brille à cause de son érudition, trop parfois, donnant envie de lui donner des claques. C'est surtout totalement virevoltant, drôle, pétri d'humour, et sur la fin, quand Evariste mourra bêtement dans un duel, rempli d'émotion. Totalement ému par ce destin brisé, Mr Désérable (j'aime beaucoup ce nom) abat son masque d'amuseur goguenard pour devenir plus dramatique et d'une très jolie manière, démontrant que l'on peut être cavalier et érudit mais néanmoins pétri d'humanité. Sans tomber dans le mélodrame facile , il fait basculer son roman juste au bon moment, lorsque le lecteur que j'ai été, commençait à éprouver une légère lassitude à toutes ces digressions encyclopédico/historiques.
    Je peux comprendre que certaines personnes aient eu un peu de mal à digérer toute cette avalanche de détails, assénés parfois avec un peu de fatuité, mais j'ai vraiment apprécié cette évocation aussi étonnamment débridée. Je ne sais pas si le roman résulte d'un pari ou d'une réelle passion pour ce pauvre mathématicien, en tous les cas, Mr Désérable ( ça fait canadien ... pourtant il est d'Amiens dixit Wiki....ah il joue au Hockey.... un pseudo peut être ? ) m'a fait passer un joli moment de lecture aussi enrichissant que drôle. Je cours donc à la recherche du précédent...

  • 0.25

    J'ai trouvé dans cet auteur une écriture sensible, belle et séduisante, flirtant sur des tonalités XIXème accompagné de relent moderne. Un tour de mot comme je les aimes et qu'on rencontre si peu aujourd'hui.

    Un seul petit défaut qui n'en est pas un. Désérable choisit, pour nous conter l'histoire de d’Évariste Gallois sous sa plume et son cœur, le parti d'écrire à une femme. Une magnifique idée. Développée à fond ce roman aurait certainement fait parti de mes chefs d’œuvre littéraires du XXIème siècle.

    Et pour ceux qui le trouvent arrogant, ne soyez pas aussi susceptibles. Cette arrogance, s'il y en a, ne vous est pas destinée.

    Voilà, j’attends désormais beaucoup de cet auteur et surtout qu'il aille encore plus loin dans son écriture, car je suis sur que le plaisir y sera tout aussi grand.

  • 0.1

    C'était un beau projet de mettre en scène la vie de Evariste Galois, jeune génie des mathématiques qui a révolutionné l'Algèbre durant sa brève existence. Un destin romantique, que l'auteur a choisi de traiter de façon distancée, en s'adressant à une demoiselle inconnue, d'un ton moqueur, parfois sarcastique ou irrévérencieux.

    Evariste Galois nous est présenté depuis sa naissance, dans un contexte historique et politique en effervescence. Passionné de mathématiques, il s'oriente vers les classes préparatoires mais échoue à Polytechnique. Il s'engage pour la République et se retrouve en prison. Développant des innovations en Algèbre, son mémoire, admiré et vénéré plus tard, est à peine lu, vaguement annoté, par les mathématiciens reconnus et frileux de l'époque, et se perd... Ce génie mourra hélas à 20 ans lors d'un duel.

    Il faut reconnaître que cette écriture possède de belles qualités : un ton alerte et libre, du lyrisme, une truculence un peu rabelaisienne. Mais à la longue, l'irritation nous gagne. L'auteur se gausse de nombre de références culturelles, qu'il brasse selon son bon plaisir, du ton de celui qui est revenu de tout, n'hésitant pas à déraper dans le vulgaire. Ce ton se ressent un peu comme une posture. Pourtant il y avait de beaux passages, des petits éclats d'authenticité, perdus dans cette arrogance.

  • Lechoixdeslibraires.com

    Évariste Galois fut une étoile filante («... il fut aux mathématiques ce qu'à la poésie fut Arthur Rimbaud...), mathématicien brillant, surdoué («On le nommera Évariste, du grec, aristos... le meilleur. Tout est déjà écrit.»), jeune homme beau, fougueux, passionné et sans compromis, engagé et révolté, mort à vingt ans lors d'un duel. Talent gâché par la jalousie et la bêtise, rien ne lui fut épargné, ni par son entourage, ni par ses collègues et pairs. L'auteur revient sur son parcours, sur son extraordinaire découverte, l'infini, la puissance et la beauté des mathématiques, mais l'inscrit aussi dans l'Histoire de la France («Les nobles qui ont les terres, ne font rien et font de l'argent ; le clergé, qui a le ciel, ne fait rien et fait de l'argent ; le tiers état par ce qu'on lui a promis dans l'autre vie, le ciel du second, s'échine dans celle-ci sur les terres des premiers, fait tout, n'a rien, ne fait pas d'argent.») comme dans l ?Histoire littéraire et scientifique. Le style est singulier, et l'auteur retrace avec fougue et passion le parcours de ce jeune homme qui découvrit les maths à 15 ans, mourut à 20 et néanmoins, laissa une trace éternelle. Après un recueil de nouvelles très remarqué, un excellent premier roman qui ravira les matheux et tous les autres !

  • 0.05

    J'abandonne très rarement la lecture d'un livre. Mais "Evariste" m'est tombé des mains. La vie de ce "Rimbaud des mathématiques" est racontée avec une telle prétention que cela devient vite insupportable.
    L'auteur ne cesse d'essayer de nous éblouir par son génie, notamment en usant et abusant de la formule "comme chacun sait". Rien de tel pour ridiculiser un lecteur qui n'a pas la science infuse contrairement à F-H Désérable.
    Et pourtant, cet auteur n'y comprend rien en math et il est incapable de vulgariser les théories de Evariste (il le concède). Cela devient donc compliqué de comprendre pourquoi ce jeune homme a marqué l'histoire de sa discipline.
    Enfin, cette manie de s'adresser à son audience à coup de "mademoiselle" est particulièrement agaçante. On a l'impression de lire un dandy cherchant à impressionner une groupie par son immense savoir.
    Trop ébloui par la flamboyance de ce livre, j'ai décidé d’interrompre la lecture à la page 90 de peur de perdre la vue.

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