Évangile pour un gueux

Couverture du livre « Evangile pour un gueux » de Alexis Ragougneau aux éditions Viviane Hamy

4.222222222

9 notes

Résumé:

À la veille de Noël, un groupe de SDF investit Notre-Dame de Paris, revendiquant un logement pour tous. Les médias se déchaînent. Après l'éviction manu militari, le calme revient jusqu'à ce que, peu avant Pâques, on repêche dans la Seine le corps étrangement mutilé de Mouss, le porte-parole des... Lire la suite

À la veille de Noël, un groupe de SDF investit Notre-Dame de Paris, revendiquant un logement pour tous. Les médias se déchaînent. Après l'éviction manu militari, le calme revient jusqu'à ce que, peu avant Pâques, on repêche dans la Seine le corps étrangement mutilé de Mouss, le porte-parole des sans-abri. Quand Claire Kauffmann, la juge d'instruction, apprend que le père Kern officiait dans la cathédrale au moment de son occupation, elle sollicite son aide pour faire éclater la vérité. En vain. Témoin autant qu'acteur, le prêtre a bien malgré lui favorisé l'intervention de la police. Perclus de culpabilité, il s'est depuis enfermé au centre Wresinski, où il inventorie les maigres biens des démunis. Elle devra se débrouiller seule... Tel un peintre d'icône, l'écrivain procède par couches, il dissipe les ombres, jusqu'à la transparence. « Le sens de l'image n'apparaît qu'une fois les visages des personnages illuminés par la vérité divine. En somme, c'est une enquête. Il s'agit de savoir qui tient quel rôle dans la composition et cela n'intervient qu'à la fin. » Il use d'une écriture précise pour pointer les maux de notre société. Il se délecte à brouiller les pistes pour offrir une oeuvre aussi envoûtante que dérangeante.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Ici il est question de la rencontre entre un prêtre et une poignée de SDF qui ont envahi la cathédrale de Notre Dame une veille de Noel, de toute une série d’évènements qui mèneront à l’assassinat de Mouss, leader des SDF, et de l’enquête qui va être menée en parallèle par quelques flics ( que la mort de Mouss n’indiffère pas) et par le prêtre, qui va vouloir comprendre le pourquoi de ce meurtre.
    Je ne vous en dirai pas plus, si ce n’est qu’il vous faut absolument lire ce livre si vous aimez les romans noirs ! Qu’il vous faut absolument lire ce livre si vous aimez les romans policiers ! Qu’il vous faut absolument lire ce livre si vous chercher des auteurs qui possèdent une identité, une plume ! Qu’il vous faut absolument lire ce livre si vous aimez les romans à symboles.
    Il faut le lire car l’auteur n’y va pas par quatre chemins : il ne parle pas de SDF anonymes, se fondant dans la foule, mais de clochards vivant dans leur univers, sale, noir, violent, ubuesque en plein cœur des quartiers les plus riches de Paris. Il ne parle pas de prélats catholiques engoncés dans leurs tenues et dans leur dogme, mais de manipulateurs politiques et extrémistes pour certains. Il ne parle pas de supers flics mais d’hommes et femmes, avec leurs petits et gros défauts, qui progressent de façon pragmatique.
    Il faut le lire car l’auteur nous propose des personnages forts, emblématiques, en équilibre quasi parfait entre réalisme et caricature : ce prêtre physiquement diminué qui s’en veut et veut comprendre ; ce clochard grec à la fois mystique et roublard qui mène les flics en bateau tout en protégeant son bien le plus précieux ; ce prélat prétentieux et imbu de lui-même, enfermé dans ses idées et ses croyances.
    Il faut lire ce livre car il est bourré de symboles, des plus religieux aux plus athées, et nous embarque dans un jeu de piste brillant pour tous les identifier, depuis le titre jusqu’aux rôles des différents personnages, en passant par certaines scènes. Il mêle cour des miracles et références bibliques, Quasimodo et recherche de sainteté, saleté et art religieux.
    Il faut le lire car nous même si nous ne sommes pas dans un page turner le tempo du récit est intéressant. Certes il n’aligne pas rebondissements et fausses pistes, mais il avance de façon régulière, comme si l’auteur voulait nous faire progresser au rythme des pas du père Kern et des flics du 36 dans les rues de Paris.
    Il faut le lire car Alexis Ragougneau nous propose une écriture personnelle, belle, au style affirmé, assez éloignée pour le coup de pas mal de romans qui se ressemblent trop. Ses descriptions des personnages, notamment, sont particulièrement imagées et réussies, nous permettant non seulement de les imaginer sans peine, mais aussi de nous mettre dans leur peau pour vivre et ressentir ce qu’ils vivent et ressentent.
    Vous l’avez compris vous devez lire ce livre coup de cœur pour moi !
    http://desmotssurunepage.eklablog.com/attention-coup-de-coeur-a129321042

  • 0.2

    Notre-Dame est au coeur de la tourmente, un groupe de SDF décide d'occuper la cathédrale à veille de Noël pour faire valoir le droit au logement des sans abris. Les autorités de l'état et religieuses sont sur les dents, mais quoi qu'il en coûte les SDF sont expulsés manu militari. Trois mois plus tard Mouss le leader de la rébellion est retrouvé dans la seine, mort . Le père Kern aidera-t-il la séduisante juge d'instruction à dénouer l'affaire.
    C'est une intrigue passionnante et pesante que nous livre Alexis Ragougneau entre vraie-fausse charité et manigance. Quant au dénouement un peu frustrant, il est complètement inattendu.

  • 0.2

    Découverte pour moi que celle de l’auteur Alexis Ragougneau et de son deuxième roman Evangile pour un gueux. En 2014 paraissait La Madone de Notre-Dame et le lecteur faisait alors la connaissance avec un monde particulier et un prêtre, le père Kern. Mais point besoin de lire le premier roman pour comprendre et apprécier le deuxième !

    La cathédrale Notre-Dame de Paris est investie par une dizaine de SDF la veille de Noël afin, non pas d’y trouver un endroit propice à une quelconque méditation spirituelle mais un lieu symbolique pour crier leur colère et revendiquer la mise à disposition de logements sociaux. A leur tête, Mouss, personnage charismatique qui maîtrise plutôt bien l’art de la parole. En face d’eux, assiégeant Notre-Dame, de nombreux badauds, les uns en faveur de ces pauvres hères, les autres farouches opposants, la police, les médias et les institutions ecclésiastiques. C’est qu’au-delà de cette revendication, s’opposent deux conceptions bien différentes de la religion : le lecteur retrouve le père Kern, au service des pauvres, lui-même souffreteux à la fois physiquement et moralement – et l’on sent bien qu’il ne s’est pas remis de sa première aventure relatée dans La Madone- , une sorte de gueux lui-même face à un puissant groupe d’ecclésiastiques intégristes, garants de la bonne ( ?) parole chrétienne : les Cohors Christi.

    On pense bien sûr à une réécriture de l’œuvre de Victor Hugo et si la belle Esméralda a disparu, les SDF modernes transforment l’intérieur de la cathédrale en une Cour des Miracles pathétique tandis que sur le parvis gronde la parole de l’ordre social, policier et religieux.

    Exit l’ancien droit d’asile… Expulsés de Notre-Dame par les unités d’assaut de la police, au petit matin du 25 décembre, les SDF retournent à leurs abris de fortune et à leur vie de galère. Au moment de Pâques, ils font de nouveau la une des journaux : Mouss le médiatique refait parler de lui, mais bien malgré lui. Son corps quasi squelettique et torturé a été repêché dans la seine. Il porte même les stigmates du Christ…
    Qui a pu faire subir tous ces tourments à ce pauvre hère ? Et pour quelles raisons ? C’est ce que vont tenter de découvrir une femme juge d’Instruction, Claire Kauffmann, aidée dans sa tâche par le lieutenant Gombrowitz et le père Kern, mais méprisée voire harcelée par le commissaire Landard, type même du macho facho qui a tout pour déplaire à une femme.

    Polar noir, polar social ancré dans la réalité, ce roman entraîne le lecteur dans les bas-fonds parisiens, sur les berges de la Seine et dans les passages secrets de la cathédrale aux confins du bien et du mal absolus.
    Bref, une belle découverte !

  • 0.2

    Si j'émettais, il y a moins d'un mois, quelques réserves au sujet du précédent polar de l'auteur, La Madone de Notre-Dame, elles sont à présent toutes levées !
    Certes l'auteur rejoue la partition du policier classique mais donne cette fois une vraie épaisseur à ses personnages dont certaines des failles nous sont révélées, gagnant en maîtrise narrative. De la jeune magistrate qui paraissait si coincée au jeune lieutenant Gombrowicz, en passant par le père Kern, tous nous dévoilent un pan de passé ou un trait de caractère...
    Cette fois l'intrigue nous emmène dans le monde des SDF autour d'une incursion médiatisée dans Notre-Dame, menée par Mouss, jeune beur, qui mène sa troupe de sans-abri et prend des allures messianiques (comptez les clodos enfermés dans la cathédrale, rien n'est laissé au hasard, jusqu'au "traître" qui endosse le costume de Judas..).
    Habituée des polars, j'ai vite deviné les chausse-trappes et anticipé la résolution de cette affaire, ça n'a pour autant rien enlevé à mon plaisir ! Sans doute parce qu'au-delà du crime à résoudre, ce polar offre une vision de notre société qui se délite, prétend à l'humanitaire sans trop se mouiller et questionne sur le "charité" de certains hommes d'Eglise (qui, bien ordonnée...et teintée de politique...)
    Un bon rompol finalement, que j'ai dévoré en quelques heures ! A suivre !!!

  • 0.2

    Exploratrice du polar

    Ce qui frappe avant tout dans cette lecture, c’est qu’elle a été écrite avec une maîtrise certaine. Alexis Ragougneau ne perd jamais son objectif de vue, prend son temps pour installer l’intrigue, développe et étire les situations et les personnages sans que l’on se lasse. Il en ressort une impression d’épaisseur, de complexité bienvenue, une ambiance idéale pour un polar.
    Notre-Dame, personnage central de l’histoire, cristallise les soubresauts et les errances des âmes torturées. L’ensemble des protagonistes gravite autour de l’édifice, on y revient inlassablement, tel un aimant irrésistible. Le point fort de l’ouvrage est l’immersion proposée par l’auteur dans la communauté des sans-abris, dont on explore les codes, l’organisation complexe, les liens avec la police et les leaders charismatiques. Différents clans (police, justice, sans-abris, religieux, photographe), cohabitent dans une même tourmente, tous faillibles et ayant leur propre accommodation avec la morale. Cela ne peut pas bien se finir, c’est une tragédie humaine, à explorer sans attendre !

  • 0.25

    Je découvre avec ce second titre le trio Kern/Kauffmann/Landard-Gombrowicz, affublé de Kristof – la gargouille -, qui hante les jardins comme les travées de Notre-Dame.

    Un roman policier fort bien écrit qui nous emmène dans la rue avec les SDF au plus près de leurs conditions de survie ; mais aussi dans Notre-Dame de Paris et ses arrières-cours que les protagonistes arpentent sans cesse.

    Dans cet opus, l’auteur se focalise sur les groupes ultra-religieux catholiques et leurs gros bras.

    Mais il nous parle également d’un Christ miséreux qu’un Judas pris d’un délire aurait forcé à vivre son agonie, comme dans le Nouveau Testament.

    L’auteur a tout de même quelques obsessions : trois personnages tombent dans la Seine, volontairement ou non ; ils mangent des pizzas à presque tous les repas.

    Je ne manquerai pas de suivre les autres enquêtes de ce trio, et de lire leur première aventure qui, j’espère sera aussi passionnante.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Mouss caché dans un coin de mur que seul Stavros peut trouver.

    http://alexmotamots.fr/?p=1428

  • 0.2

    Je ne connaissais ni Alexis Ragougneau ni son œuvre. Je me suis intéressé à lui lorsque j’ai consulté la liste des auteurs présents aux Quais des polars de Lyon cette année, et Babelio et les éditions Viviane Hamy, dans leur grande bonté, m’ont permis de découvrir « Evangile pour un gueux » qui est la suite de « La madone de Notre-Dame ». Malgré le fait que ce soit la deuxième aventure, je n’ai pas eu besoin de lire le premier pour apprécier celle-ci.

    Ayant travaillé quelques années dans la cathédrale Notre-Dame et connaissant ses moindres recoins, l’auteur place ce monument au centre de son monde. Il insuffle sur son histoire une atmosphère vraiment particulière qui nous transporte dans les murs et autour de cette entité. Là, il fait interagir tous les catégories de gens qui font la vie du bâtiment. On y croise bien sûr les religieux, mais aussi les forces de l’ordre et plus surprenant, les sans-abris, qui semblent réellement faire partie du décor.

    Sous couvert d’un meurtre et ensuite d’une enquête de police, Alexis Ragougneau nous dépeint l’intérieur de ces différents clans. On est plongé alors dans leur quotidien et c’est la nature humaine qui prend le dessus. Dans l’église où la charité devrait être de mise, dans la police où l’intégrité devrait être une règle, ou dans la rue où la survie est censée passer par la solidarité, tout n’est que manigances et profits personnels. Au cours de cette aventure, l’Homme dévoile tous ses défauts et on constate toutes les limites des préceptes que chacun se choisit.

    Avec une écriture très soignée et des dialogues extrêmement vivants, l’auteur nous immerge au cœur de toute cette société abimée. On s’entiche de ces acteurs, qui finalement participent plus à une tragédie humaine qu’à un polar.
    J’ai fait une belle découverte et je retournerai avec joie dans l’intimité de Notre-Dame de Paris, pour une nouvelle aventure.

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