Eugénie Grandet

Couverture du livre « Eugénie Grandet » de Honoré De Balzac aux éditions Publie.net

3.666666666

18 notes

Résumé:

On a tous un mauvais souvenir associé à Eugénie Grandet.
Il y a des textes dont on devrait interdire l'utilisation dans les collèges et lycées, L'Albatros de Baudelaire, Bel Ami de Maupassant, et, de Balzac, Eugénie Grandet.
On associe ça à tellement de mots tristes. Comme le mot réalisme. Le... Lire la suite

On a tous un mauvais souvenir associé à Eugénie Grandet.
Il y a des textes dont on devrait interdire l'utilisation dans les collèges et lycées, L'Albatros de Baudelaire, Bel Ami de Maupassant, et, de Balzac, Eugénie Grandet.
On associe ça à tellement de mots tristes. Comme le mot réalisme. Le réalisme de Balzac, prononcez en ralentissant, d'une voix bien grave, en rajoutant des h aspirés avec sagacité avant chaque voyelle.
Moi, je relis la scène du port, avec les barriques, à l'ouverture du livre. J'imagine ce séjour de La Grenadière, la première fois qu'Honoré de Balzac peut s'échapper vraiment avec Mme de Berny, sa dilecta, de 20 ans plus âgée que lui, et qu'ils ont ces deux mois de répit, cachés. De Tours, ils s'embarquent sur une gabarre de Loire pour aller voir la mer, première fois qu'il la verra. On part avant l'aube, à 6 heures du matin on fait halte à Saumur, 45 minutes et comment on devait les regarder, eux deux. Mais l'impression laissée par une ville, au matin, peut être décisive. Tenez 360 pages sur une petite ville de province, aperçue 45 minutes un matin : voilà, pour le réalisme.
Eugénie Grandet, c'est le rôle titre. Comme Madame Bovary, alors qu'Emmai ne sera que la 3ème madame Bovary en titre à figurer dans son livre. Mais le rôle titre, le vrai, c'est Grandet père. L'avare. Et le portrait de l'avare est exagéré comme celui qu'en fait Molière. Qu'on relise la scène des oeufs frais : il rit, Balzac, il caricature comme Daumier, il fabrique de la littérature, du théâtre, du rire et des larmes. Tout un livre avec 5 personnages.
Destin de femme, une vie pour rien, Eugénie, entre un homme trop fort et un homme trop faible. L'amour aussi, sacrifié pour un qui ne le valait pas.
Alors on lit d'un souffle. Époustouflés par la présence. L'odeur des pièces renfermées, le goût d'une poire qu'on mange. Un brin d'herbe dans la craquelure d'une pierre, sur le seuil du jardin. Et les Cruchot. Ah, vous ne vous souveniez pas des Cruchot ? Il faut relire Eugénie Grandet. Rien que pour les Cruchot, si vous voulez...
Balzac a 32 ans. C'est l'année d'après La Peau de chagrin. Une confiance immense. Il fonce, tord la ville, sculpte les visages, joue des éclairages, nous noie dans les histoires de rente et d'argent - parce que la tragédie bourgeoise est là, avec fond d'église. La littérature s'ouvre. C'est cela aussi qu'on lit.
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