Être ici est une splendeur ; vie de Paula M. Becker

Couverture du livre « Être ici est une splendeur ; vie de Paula M. Becker » de Marie Darrieussecq aux éditions P.o.l

4.272727272

11 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818039069
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Paula Modersohn-Becker, née le 8 février 1876 à Dresde et morte le 21 novembre 1907 (à 31 ans) à Worpswede, est une artiste peintre allemande, et l'une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays.
Originaire de Dresde, Paula Becker s'engagea dans des études... Lire la suite

« Paula Modersohn-Becker, née le 8 février 1876 à Dresde et morte le 21 novembre 1907 (à 31 ans) à Worpswede, est une artiste peintre allemande, et l'une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays.
Originaire de Dresde, Paula Becker s'engagea dans des études de peinture et rejoignit les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, non loin de Brême, qui prônaient un retour à la nature et aux valeurs simples de la pay- sannerie. Elle y épousa le peintre Otto Modersohn. Le manque d'audace des peintres worpswediens, toutefois, la pous- sa à s'ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l'avant-garde artistique.
Les quatorze courtes années durant lesquelles Paula Modersohn-Becker exerça son art lui permirent de réaliser pas moins de sept cent cinquante toiles, treize estampes et environ un millier de dessins. Son style, particulièrement original, est le fruit d'influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l'impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l'art japonais ou encore l'art de la Renaissance allemande. La force expressive de son oeuvre résume à elle seule les principaux aspects de l'art au début du XX e siècle.
Elle mourut prématurément à trente-et-un ans, des suites d'un accouchement. Jusqu'à aujourd'hui, elle reste assez peu connue au-delà des pays germanophones. » Ce qui précède, c'est la fiche Wikipédia consacrée à l'héroïne du nouveau livre de Marie Darrieussecq. Bien sûr, cette biographie (nouveau territoire pour l'auteur de Il faut beaucoup aimer les hommes) reprend tous les éléments qui marquent la courte vie de Paula. Mais elle les éclaire d'un jour à la fois féminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notam- ment avec Rainer Maria Rilke), son désir d'expression et d'indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement.

Donner mon avis

Les derniers avis

  • 0.25

    Encore une belle rencontre lors du Festival « Oh Les Beaux Jours » qui s’est déroulé fin mai dernier à Marseille. D’ailleurs, je n’ai pas fini d’en parler.
    Cette fois, il s’agit de Marie Darrieusecq qui était venue présenter son dernier livre « Être ici est une splendeur » (d’après Rilke - Élégies de Duino).

    L’auteure écrit en page 141 : « En écrivant « Le Bébé » en 2001, je citais déjà Rilke, mais je ne connaissais pas Paula Modersohn-Becker, je ne savais pas qu’elle me manquait ». Il faut dire que de Rilke, il en est aussi beaucoup question dans ce livre, ayant été un grand ami de Paula.
    L’auteur a aussi écrit cet ouvrage à cause du dernier mot de Paula à sa mort : « En s’écroulant, elle dit shade : ça veut dire dommage » (page 136). Elle dit que cette inconnue lui manque et qu’elle veut lui rendre sa splendeur.

    Le fil conducteur en est la femme et la vie trop courte de Paula M. Becker, jeune peintre décédée à 31 ans (1876-1907), une dizaine de jours après son accouchement.
    Marie Darrieusecq l’a découverte par hasard, avec le tableau « mère allongée », dont les formes sont à la fois rondes et allongées. C’est un tableau sensuel mais pas érotique.
    Dans ce livre, on voit que Paula préfère peindre des portraits et surtout des femmes nues. L’ennui, c’est que c’est uniquement à Paris que l’on peut avoir des modèles nus. Et Paula, une fois mariée ne sait pas comment on peut l’appeler : faut-il dire Paula Modersohn-Becker ? Ou bien Paula Becker ? Finalement elle opte pour Paula M. Becker.

    N’aimant pas trop le fait d’être mariée, elle décide de se rendre à Paris pour se livrer à sa passion, la peinture qu’elle fait à sa façon, sans ombre ni perspective, principalement sur les femmes et surtout des femmes nues. D’ailleurs elle se peint elle-même ainsi. Une première à cette époque.

    L’auteure pose aussi la question de savoir pourquoi Paula, née en Allemagne, n’est-elle connue que dans son pays ? On peut lire en page 145 : « Pourquoi sa ville de Paris ne l’a jamais exposée ? Elle est allemande, certes, mais pas plus que Picasso n’est espagnol ou Modigliani italien (…). Faut-il croire qu’elle n’avait pas son visa universel ? »

    On l’a compris, c’est un véritable plaidoyer pour Paula que nous livre Marie qui a été obsédée par la recherche de la vérité vis-à-vis de cette femme qui voulait tout simplement peindre, vivre nue au soleil, au lieu de gagner sa vie. D’ailleurs, son mari Otto, est très compréhensif et généreux avec elle car, lorsqu’elle lui demande de l’argent, il s’empresse de l’aider en espérant qu’elle lui reviendra. Mais elle est également aidée par Rainer Maria Rilke avec qui elle entretient une forte amitié et Clara Westhoff. Elle admirait aussi de nombreux peintres, elle qui les aime tant, par exemple Gauguin, Cézanne, Rodin, pour ne citer qu’eux.

    Rilke lui rend un touchant hommage dans un poème : « Requiem pour une amie », écrit après sa mort.

    C’est donc le récit court mais intense que cette biographie. De plus, lors de l’interview, l’écrivaine a souligné qu’elle avait carrément fait le siège du musée d’Art Moderne, pour qu’on y expose les tableaux de Paula et c’est elle-même qui a participé au choix de ceux-ci ainsi qu'au catalogue.
    C’était la moindre des choses pour cette femme si particulière, attachante et ce récit dénote une grande profondeur.
    Quand j’ai vu tous les livres écrits par Marie Darrieusecq, j’ai été étonnée de ne l’avoir connue qu’à l’occasion de ce Festival. Il faut dire aussi qu’elle a pris, petit à petit, une grande place dans la littérature française alors qu’elle était, au départ, psychanalyste.

    Une écrivaine très sympathique, passionnée, qui s’est beaucoup documentée et qui a eu le don de faire découvrir et aimer une illustre inconnue. De plus elle nous a conseillé de regarder le site sur Internet où figurent de nombreux tableaux.
    Encore un livre lu très rapidement car d’un style sans fioritures, sans pathos, tout simple, à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

  • 0.15

    J'ai été surprise lors des premiers chapitres par l'enchainement des événements, des voyages, des rencontres qui arrivaient un pue comme une liste sans lien. Puis peu à peu le récit s'est construit et j'ai découvert une femme peintre avant-gardiste.

    On sent la sensibilité de cette artiste, son envie de se sortir de son village étriqué et sclérosant, sa frénésie de peinture, de découverte mais aussi sa grande humanité son envie profonde de peindre la réalité brute sans pudeur sans faux semblant.

  • 0.2

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2016/12/etre-ici-est-une-splendeur-de-marie_27.html

    Ce livre est une biographie de la peintre allemande Paula Modersohn Becker qui a eu un destin poignant. J'ai découvert ce livre cette année au Marathon des mots à Toulouse où j'ai entendu Marie Darrieusecq en parler avec passion.

    Paula Becker est une femme peintre qui a vécu de 1876 à 1907. Elle est morte prématurément à seulement 31 ans, 18 jours après avoir donné naissance à son unique enfant, elle qui était très ambivalente par rapport à son désir d'enfant. Son dernier mot avant de mourir fut "dommage"...

    Elle a peint des femmes, des enfants, elle est le première à avoir réalisé un autoportrait d'elle nue enceinte, c'est une pionnière en ce domaine. Très connue en Allemagne et dans beaucoup d'autres pays au monde, elle reste méconnue en France où elle a pourtant séjourné à plusieurs reprises, Marie Darrieusecq aimerait la faire connaître grâce à cette biographie et grâce à une exposition de ses œuvres au musée d'Art Moderne de la ville de Paris pour laquelle elle a travaillé comme conseillère.

    Paula a vécu à Worpswede, un village allemand qui abritait une colonie d'artistes, elle y peignait des modèles de la campagne environnante, des visages, des corps... Elle a séjourné plusieurs fois à Paris notamment pour suivre des cours aux Beaux Arts à une époque où des cours ouverts aux filles n'existaient pas en Allemagne. Fascinée par les parisiens et le Paris de l'exposition universelle elle découvre des peintres modernes tels que Cézanne, Modigliani et fréquente l'avant-garde artistique et littéraire de son époque.

    Marie Darrieusecq a écrit cette biographie grâce à l'importante correspondance que Paula a laissée, grâce à son journal et à ceux de ses amis, elle est également retournée à Worpswede sur les traces de l'artiste. Elle ne craint pas d'indiquer clairement qu'elle ignore certains aspects de sa vie.

    On découvre une femme qui a brisé les conventions de son époque, qui a refusé de devenir gouvernante en bénéficiant de la bienveillance de son père. On est plongés dans l'Allemagne des années 1900 qui fait alors partie d'un empire et où tout va bien "Paula est née et morte dans une Allemagne innocente."
    C'est une femme bourgeoise, indépendante qui sera tiraillée entre sa vie de couple avec Otto Modersohn, un peintre qui commence à avoir du succès, et sa chère liberté. "Bulle entre les deux siècles. Elle peint, vite, comme un éclat." Nous sommes à une époque où une femme mariée doit s'oublier, se soumettre à la volonté de son époux et par exemple suivre des cours dans une école de cuisine avant son mariage...

    Paula est morte après un accouchement après avoir peint des quantités de femmes et enfants laissant une œuvre inachevée malgré sa production de 1000 tableaux dont une grande partie a été détruite par les nazis car jugés "dégénérés".

    Cette biographie très épurée dresse avec finesse et empathie le portrait d'une femme féministe résolument moderne pour son époque. Ce livre doit son très beau titre au poète Rainer Maria Rilke, ami intime de Paula, Marie Darrieusecq parsème son récit de ses poèmes.
    Marie Darrieusecq nous livre ici un texte féministe sur une femme qui voulait juste peindre et qui a dû lutter pour faire sa place parmi les hommes et les artistes de son temps et qui a toujours manifesté un désir d’indépendance sur lequel l'auteure insiste particulièrement.

  • 0.25

    Je ne connaissais pas cette peintre (mais il faut dire que je n’ai pas fait les Beaux Arts et que je ne connaissais pas non plus Charlotte avant de lire le roman de Foenkinos. Comme quoi, la lecture mène même à la peinture).

    A travers les mots de l’auteure, je découvre la peinture d’une artiste allemande de la fin du 19e siècle : une artiste qui aimait peindre les corps nus, surtout les corps des femmes de sa région, ceux des paysannes épuisées par le travail et les enfants.

    Grâce à la correspondance de l’artiste, l’auteure retrace le parcours de cette femme éprise de liberté et de Paris, amie de Rilke et de sa femme.

    De plus en plus, les musées exposent les œuvres des femmes peintres, des rétrospectives leur sont dédiés. Les écrivains, homme ou femme, écrivent également sur ces peintres qui ont su peindre dans une époque où les femmes ne s’émancipaient que trop peu.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du titre, bien sûr, si belle.

    http://alexmotamots.fr/?p=2082

  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/08/15/34170770.html

    « ‘Le simple et honnête nom de Becker’ est un nom banal en Allemagne. Paula Becker est le nom d’une fille dont le père s’appelait Becker et qu’on a prénommée Paula.

    Les femmes n’ont pas de nom. Elles ont un prénom. Leur nom est un prêt transitoire, un signe instable, leur éphémère. Elles trouvaient d’autres repères. Leur affirmation au monde, leur ‘être là’, leur création, leur signature, en sont déterminés. Elles s’inventent dans un monde d’hommes, par effraction. »

    Qui connaissait Paula Modersohn-Becker en France avant ce livre, avant cette exposition au musée d’Art moderne de Paris ? Peu de monde. Parce que c’est une femme, parce qu’elle a peint d’un œil nouveau la femme et parce qu’elle est morte bien trop jeune, on l’a oubliée.

    Marie Darrieussecq la découvre d’ailleurs par hasard. En 2010, elle reçoit une invitation à un colloque de psychanalyse sur la maternité et elle est frappée par le tableau qui sert d’illustration : une femme allongée qui allaite son enfant. « Tout ce que je savais en regardant cette toile, c’est que je n’avais jamais rien vu de tel Une femme montrée ainsi, et en 1906. Qui était Paula Modersohn-Becker ? Pourquoi n’avais-je jamais entendu parler d’elle ? » : cette citation résume parfaitement l’intérêt que Marie a porté immédiatement à la peintre.

    Paula née à Dresde en 1876 devient l’une des précurseurs du mouvement expressionniste. Mais, ce qui fait surtout l’originalité de son œuvre c’est qu’elle peint des femmes, des enfants dans un style non académique, dans des situations inédites et le tout dénué de sentimentalisme. Ses autoportraits choquent pour l’époque : elle se représente nue et enceinte.

    Le caractère non conventionnel de son œuvre se retrouve dans sa vie personnelle. Elle se rapproche du peintre Otto Modersohn alors même que celui-ci est encore marié à sa femme Hélène. Marie raconte d’ailleurs une anecdote savoureuse qui montre le culot de la jeune femme : elle convie le couple en mai 1900 à les rejoindre à Paris mais sachant que madame est souffrante, il faut absolument qu’elle convainque son mari d’y aller : « Bien sûr il dira non, il ne voudra pas partir sans vous, mais soyez ferme, ne lâchez rien ». Au décès d’Hélène, Otto et Paula se marient rapidement. La conjugalité ne freine pas l’indépendance de la jeune femme qui continue à voyager et possède son propre atelier.

    Marie décrit aussi longuement la relation amicale entre Paula et l’écrivain Rainer Maria Rilke, à travers leurs correspondances. Rilke épouse d’ailleurs Clara Westhoff, l’amie de Paula.

    Malgré des tensions dans le couple et une séparation en 1906, Paula et Otto finissent par accueillir leur premier enfant, Mathilde en novembre 1907. Malheureusement, suite à un trop long alitement, Paula meurt d’une embolie pulmonaire dix-huit jours plus tard, mettant ainsi aussi un terme à sa carrière.

    Marie Darrieussecq a dressé un très beau portrait de cette jeune peintre. Femme dans un monde d’homme, elle a réussi à tirer son épingle du jeu, à faire ce qu’elle voulait mais n’a jamais eu la reconnaissance qu’elle méritait. Marie décrit d’ailleurs un moment gênant quand elle se rendit au musée Folkwang d’Essen pour voir son œuvre : elles étaient stockées au sous-sol… une installation décrite comme « provisoire ». Comme toujours, Marie a une écriture fine, agréable. Je regrette peut-être un récit parfois un peu trop factuel. Je la remercie de nous faire découvrir cette femme à la vie extraordinaire et à l’œuvre somptueuse.

  • 0.2

    A l’occasion d’un colloque de psychanalyse sur la maternité, Marie Darrieussecq tombe en arrêt devant une oeuvre de Paula M. Becker, montrant une femme allongée allaitant son enfant. De cette révélation, Marie Darrieussecq nous offre un roman, nous invitant à suivre les traces de la peintre expressionniste, née en 1876 en Allemagne et morte précocement à 31 ans. Peu considérée à son époque (Paula ne vendra que deux toiles de son vivant), la peintre est insuffisamment mise en avant aujourd’hui, comme en témoignent ses œuvres (mal) exposées au sous-sol du Musée Folwang à Essen, avec de nombreuses autres toiles réalisées par des femmes (une « installation provisoire »), les peintres hommes étant eux dans la lumière… Dans le village d’artistes de Worpswede, Paula peint, encore et toujours, ses amis sont Clara Westhoffe et le poète Rainer Maria Rilke (à qui Marie Darrieussecq emprunte le titre de son livre). Paula peint ce qui l’entoure, les gens de son village, des paysannes, des vieillards, des mères, des enfants. Elle séjourne à Paris, ville qu’elle adore, et où elle reviendra sans cesse, à l’image de ce que dit Rilke de la ville « Etre ici est une splendeur ». En 1901, Paula se marie avec le peintre Otto Modersohn, mais la vie de femme mariée ne lui va pas, ni la cuisine, ni de s’occuper d’un mari, ni la perspective d’une éventuelle maternité qui ne l’enchante guère. Très vite, elle retourne à Paris et s’immerge dans la peinture, prend des cours, visite des expositions et fréquente l’avant-garde artistique. Tout au long de sa trop courte vie, Paula a peint des œuvres magnifiques et éminemment féminines, on lui doit le premier autoportrait nu réalisé par une femme, des peintures de « vrais » bébés comme le souligne M. Darrieussecq « On voit chez Paula des bébés comme je n’en avais jamais vu en peinture, mais tels que j’en ai connu en vrai. »

    Le style de M. Darrieussecq se met avec bonheur au service de Paula, par touches successives, par petits paragraphes, mêlant faits avérés, descriptions de tableau, enquête personnelle et commentaires bien amenés. Un livre qui fait écho à la peinture de Paula et met en valeur l’artiste injustement oubliée.

  • 0.2

    D'autres avant moi ont si bien commenté que je n'écrirai que quelques mots pour remercier Marie Darrieussecq de nous faire connaître cette artiste méconnue en France; Foenkinos avait choisi la forme poétique pour évoquer Charlotte Salomon; Marie D. joue plutôt sur le registre journal intime. Courte vie: 31 ans; de 1876 à 1907. Paula n'a qu'une passion: peindre. Elle est pourtant mariée à Otto Modersohn et a des amis dont Rilke. Le dernier mot de Paula: Schade, dommage montre bien l'injustice d'une mort prématurée; elle venait de mettre au monde une petite fille et fut foudroyée d'une embolie d'être restée couchée.
    Cela donne envie de voir l'exposition du musée d'art moderne de Paris (jusqu'en août 2016)

  • 0.25

    Peu après avoir rendu visite au Douanier Rousseau je prenais le chemin de la librairie du musée d’Orsay. Je fus immédiatement attiré par ce visage énigmatique et tendre. Je n'ai pas encore lu Marie Darrieussecq et ne connais pas Paula Modersohn-Beckeret, il ne m'aura fallu que quelques phrases pour que Paula reparte avec moi.
    " Rencontrer une femme, c’est pour Rilke un voyage dans l’étrange. Il décolle, comme un aéroplane. Il est pris par quelque chose de plus grand que lui - le ciel, la beauté. II chute vers le haut. »


    Un livre passionnant, pour raconter, nous raconter la vie courte, intense, fulgurante de Paula. Une courte existence de joies, de peines, d’amours et de persévérance. Être ici est une splendeur est bien plus qu’une biographie, c’est un hymne à la femme, à cette femme qui posera son regard de femme à travers la peinture sur la femme, la maternité et des portraits d’enfants.

    Marie Darrieussecq par petites touches, à travers des extraits de lettres, de journaux intimes, de phrases courtes, de réflexions nous dévoile l’existence de cette artiste. Une femme artiste qui peint ce qu'elle voit.
    Au premier abord la lecture est un peu déroutante, surprenante dans le rythme, mais au final elle est fulgurante.


    "Les femmes n'ont pas de nom. Elles ont un prénom. Leur nom est un prêt transitoire, un signe instable, leur éphémère. Elles trouvent d'autre repères. Leur affirmation au monde, leur être là, leur création, leur signature, en sont déterminés. Elle s'inventent dans un monde d'homme, par effraction.


    Paula achèvera sa vie à de 31 ans en prononçant un seul mot Schalde ! (Dommage), née à Brême, elle aura fait de nombreux séjour à Paris et il faudra attendre 2016 pour que la capitale lui rende hommage au Musée d'art moderne de la ville de Paris, Paula Modersohn-Becker L’intensité d’un regard du 8 avril au 21 août 2016.

  • 0.15

    Je dois humblement avouer que je ne connaissais pas la peintre Paula Becker.
    Comme David Foenkinos et son ouvrage sur Charlotte Salomon l’année dernière, Marie Darrieussecq nous fait découvrir le parcours et la courte vie de cette artiste allemande, contemporaine de Rilke et Modersohn.
    Une femme libre, probablement trop pour le régime allemand qui détruira une partie de son œuvre, mais qui s’est émancipée des hommes et des convenances de l’époque afin de se concentrer totalement à la peinture.
    Ce court récit s’apparente davantage pour moi à un travail universitaire qu’à une biographie. Je trouve le dernier tiers de l’ouvrage plus intéressant et touchant. Les derniers moments de Paula et ce dernier mot prononcé « dommage » sont très forts, et l’on comprend pourquoi Marie Darrieussecq a souhaité nous la présenter. J’ai hâte maintenant de découvrir ses toiles au Musée d’Art Moderne de Paris.

  • 0.25

    En 2010, Marie Darrieussecq reçoit une invitation pour un colloque de psychanalyse sur la maternité. Son regard est immédiatement attiré par la petite reproduction d’un tableau dans un coin : une femme allongée allaitant son enfant. La position est juste, vraie. Un homme n’a pu voir cela. En effet, c’est une femme qui a peint le tableau : Paula M. Becker.
    Marie commence des recherches, est éblouie devant les reproductions qu’elle découvre et s’interroge : pourquoi cette femme peintre n’est-elle pas plus connue, pourquoi ne voit-on pas ou si peu ses tableaux ? Etrange.
    Elle se rend à Essen dans la Ruhr au musée Folkwang. Elle veut voir l’un des autoportraits de Paula. Il faut descendre au sous-sol, l’informe le directeur. Il y a beaucoup d’œuvres de femmes au sous-sol. Celles des hommes sont à la lumière. Derrière une vieille télé, l’Autoportrait à la branche de camélia.
    Paula Becker n’aime qu’une chose : « Oh, peindre, peindre, peindre ! ».
    Ses amis sont Clara Westhoff et Rainer Maria Rilke. Clara est sculptrice, Rilke est poète. Paula décide de quitter Worpswede pour Paris : elle s’inscrit à l’Académie Colarossi et suit des cours d’anatomie à l’Ecole des Beaux-Arts. Elle fréquente le Louvre. Elle adore Monet, Cézanne, Gauguin. Elle aimerait montrer toutes les merveilles qu’elle découvre à Otto Modersohn, un autre ami peintre. Il finit par venir mais repart aussitôt, sa femme vient de mourir. « A Worpswede, elle peint l’écorce noir et blanc des bouleaux, la tourbe des marais. » On est en 1900, Paula a vingt-quatre ans. Elle peint des paysannes, des jeunes filles, des voisins, des vieillards, des arbres…
    1901- Paula épouse Otto et Clara, Rilke. Les parents de Paula acceptent ce mariage à condition que leur fille prenne des cours de cuisine : une femme doit « savoir nourrir son mari ». Paula part à Berlin pendant deux mois, période qu’elle appellera son « siècle culinaire ». Mais son âme « meurt de faim ». Elle ne supporte pas les situations qui lui « prennent de l’air ». Elle veut peindre. Elle n’est pas heureuse : « La routine, la cuisine. La matérialité des choses… »
    Elle repart à Paris, puis revient. Otto s’inquiète et écrit dans son journal que « son intérêt pour la famille et sa relation à la maison est trop faible » et en matière de peinture, elle ne veut, hélas, écouter aucun conseil. Lui, au moins, vend des tableaux.
    Personne ne voit les peintures de Paula. Une femme artiste, c’est une femme qui n’est pas à sa place, c’est un être déplacé, « dégénéré » diront-certains bientôt…
    A travers cette biographie, Marie Darrieussecq redonne vie à Paula, la place dans la lumière, celle qu’on lui a toujours refusée, parce qu’elle était une femme...
    Marie voulait « lui rendre plus que la justice…. l’être-là, la splendeur. »
    C’est réussi et nous irons voir ses tableaux et nous resterons longtemps à les contempler.
    Peut-être rattraperons-nous ainsi le temps perdu, si c’est encore possible…

    Retrouvez-moi sur mon blog: http://lireaulit.blogspot.fr/

Voir tous les avis

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre
Soyez le premier à en lancer une !

Widget

Code à intégrer dans votre page

Code à intégrer dans votre page

Les lecteurs en parlent...

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !

Du même auteur

Le musée de la mer Marie Darrieussecq P.O.L

3

Voir tous les livres de Marie Darrieussecq

Autres éditions

Être ici est une splendeur ; vie de Paula M. Becker Marie Darrieussecq P.O.L

4.272727272

Voir toutes les éditions