Et tu n'es pas revenu

Couverture du livre « Et tu n'es pas revenu » de Judith Perrignon et Marceline Loridan-Ivens aux éditions Lgf

4.772727272

22 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Lgf
  • EAN : 9782253095064
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

« J'ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l'ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T'écrire m'a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m'enserre le coeur.
Je voudrais fuir... Lire la suite

« J'ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l'ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T'écrire m'a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m'enserre le coeur.
Je voudrais fuir l'histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »   Le 29 février 1944, Marceline Loridan-Ivens a quinze ans lorsqu'elle est arrêtée avec son père lors d'une rafle. Déportée à Birkenau, elle subit l'horreur des camps et parvient à survivre. Son père, lui, ne reviendra jamais d'Auschwitz. Soixante-dix ans plus tard, elle lui adresse une lettre, rédigée avec la journaliste et écrivain Judith Perrignon, où elle raconte sa captivité, son retour, sa vie d'après.
  Plus qu'un témoignage, c'est une oeuvre littéraire. Des pages qu'on lit en retenant son souffle. François Busnel, L'Express.

Une lettre poignante. Nicolas Ungemuth, Le Figaro magazine.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Un texte court mais très dense qui mériterait d'être étudié dans les classes pour notre devoir de mémoire.

  • 0.25

    Un petit livre de 100 pages mais tout y est, la seconde guerre mondiale, la déportation, les émotions, l'hymne au père époustouflant et le regard d'une survivante aujourd'hui âgée de 83 ans, un regard en arrière, un questionnement intelligent. Une merveille à ne pas manquer.

  • 0.25

    Ce court témoignage d'une rescapée des camps de concentration est percutant.
    Partie en déportation avec son père, elle en est revenue sans lui, porteuse d'une “prophétie” qu'il avait prononcée , d'une quasi-obligation de survivre “Toi, tu reviendras...”.
    Ce texte, s'il évoque les horreurs endurées pendant la guerre, est surtout le récit de la difficulté du retour, du retour à la vie.
    Il est question d'indicible, d'innommable.... comment trouver les mots pour décrire ce qui a été vécu ?
    Il est question d'inimaginable... comment entendre,recevoir, accueillir, comprendre, croire la parole des survivants ?
    Il est question d'impossible... comment continuer à vivre, après le drame, après la mort, avec l'absence ?
    Ce livre traite de la difficulté à vivre, après la survie coûte coûte.
    Il nous évoque “la maladie des camps sans y être allé”.
    Il nous raconte comme on peut mourir du manque.
    C'est bouleversant de lire que cette famille n'a pas survécu, malgré ses membres survivants...
    C'est bouleversant, et c'est essentiel de pouvoir se confronter à ces questions-là...

  • 0.25

    Ce témoignage bouleverse, incontestablement. Dans la multitude d’ouvrages sur ce terrible sujet, peu ont le mérite d’expliquer que le fait même de revenir des camps de concentration n’est pas synonyme de nouveau départ et de joie de « vivre » à nouveau.
    La solitude de cette femme est poignante car elle nous fait comprendre à quel point il est difficile de se sentir à nouveau humain après tout ce qui a été infligé aux prisonniers. Comment poursuivre en y ayant perdu ses proches, pire ici, son propre père ? Comment ne pas se sentir coupable d’avoir survécu quand tant d’autres y ont péri ?
    Marceline poursuit son chemin malgré tout mais une partie d’elle-même est morte définitivement. Elle vit avec, en elle, ce père si cher dont la disparition ne sera jamais vraiment élucidée et avec ce sentiment sournois et constant de ne plus faire partie de cette vie.
    Son récit est très touchant car il tente de faire comprendre à ceux qui n’ont pas vécu ces atrocités que rien ne pourra jamais détourner ceux qui sont revenus de ce qu’ils ont traversé. Elle décrit avec douleur l’incompréhension des « autres » face à son mal être, leur incapacité à saisir que non, la vie ne peut pas reprendre comme avant, qu’une partie d’eux-mêmes est restée là-bas à tout jamais.
    Seules quelques retrouvailles avec des compagnons d’infortune semblent permettre de redonner une envie de continuer.
    Aucun lien n’apparaît plus fort que celui partagé dans l’horreur.

    Ce petit ouvrage est sommes toute une façon de se décharger, à la fin d’une vie, du poids de ces non-dits, de cette errance au sein de sa propre existence et surtout une surtout d’être proche, de parler une dernière fois à ce père tant aimé.

  • 0.25

    Livre très émouvant, Et tu n’es pas revenu écrit avec Judith Perrignon, journaliste et romancière, permet à Marceline Loridan-Ivens de s’adresser à Shloïme Rozenberg, son père, déporté en même temps qu’elle : « Toi à Auschwitz, moi à Birkenau ».
    Elle a 15 ans quand elle vit ce drame comme des millions d’autres victimes de la barbarie nazie. Séparé d’elle par 3 km, son père réussit à lui faire passer un papier par l’intermédiaire de l’électricien qui changeait les rares ampoules des baraquements et cette lettre commençait par ces mots : « Ma chère petite fille. »
    Petit à petit, les souvenirs reviennent. À Drancy, elle répète, comme les autres : « Nous allons à Pitchipoï », mot yiddish qui désigne une destination inconnue. Son père lui dit : « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas. » Ils se sont croisés une fois, entre Auschwitz et Birkenau et elle écrit : « tu étais encore assez fort pour être leur esclave, comme moi. » Cette rencontre a failli leur être fatale puisque Marceline a été frappée, insultée alors que son père hurlait : « C’est ma fille ! »
    Le matricule 78 750 gravé sur son avant-bras gauche signifie qu’elle a été retenue pour travailler en se faisant passer pour plus âgée qu’elle n’était. Les enfants, comme les vieillards étaient immédiatement, dès leur arrivée, dirigés vers les crématoires…
    Elle parle aussi du retour, de ce qui aurait dû être la fin du cauchemar mais qui se transforme en une épreuve : « Personne ne voulait de mes souvenirs… » Sa mère veut savoir si elle a été violée et ne comprend pas que « nous étions la sale race juive, des Stück, des bêtes puantes. »
    En même temps qu’elle raconte la vie qu’elle tente de retrouver, reviennent les tris de Mengele, les déplacements incessants devant l’avancée des Alliés : de Birkenau à Bergen-Belsen puis à Raguhn, à Leipzig et enfin à Theresienstad en Tchécoslovaquie, en avril 1945 où elle retrouve enfin la liberté, perdant hélas Renée, sa meilleure amie, emportée par le typhus comme tant d’autres.
    Elle parle aussi de ses tentatives de suicide, de ceux qui n’ont pas supporté, de son premier mari mais surtout de Joris Ivens, un poète, un artiste, un grand du documentaire venu de Hollande, un homme qu’elle suivra au Vietnam, en Chine…
    Enfin, elle rappelle que 76 500 juifs de France sont partis pour Auschwitz-Birkenau, qu’à 86 ans « le double de ton âge quand tu es mort », elle fait partie des 160 survivants qui vivent encore sur les 2 500 qui sont revenus mais surtout que 6 millions et demi de juifs sont morts dans les camps. Fallait-il en revenir ? « Juste avant que je m’en aille, je saurai dire oui, ça valait le coup. »
    Et tu n’es pas revenu est un témoignage à lire absolument car Marceline Loridan-Ivens y a mis tout son cœur en même temps qu’une énergie incroyable, cette même énergie qui lui a permis de franchir tant d’obstacles.

  • 0.2

    Marcelline Loridan-Ivens rescapée d'Auschwitz-Birkenau, écrit à son père qui, lui n'y a pas survécu.
    Une lettre pour lui raconter quel fut son parcours pendant ces mois d'horreur, la façon dont elle a survécu, le retour à la maison et l'après : ou plutôt, l'impossibilité de l'après, un constat d'impuissance à se réinsérer dans une société étrangère à ce qu'elle a vécu.
    Car ce qui m'a particulièrement frappée, c'est la solitude infinie de ces survivants qui se retrouvèrent confrontés à l'incrédulité, l'incapacité totale d'imaginer la déshumanisation absolue des camps nazis, l'inadéquation des questions au retour quand la mère de Marcelline lui demande « à voix basse si j'avais été violée. Étais-je encore pure ? Bonne à marier ? C'était ça sa question », et sans doute aussi un certain sentiment de culpabilité de n'avoir pas cherché à savoir…
    Et ce constat déchirant « qu'il y eût mieux valu pour la famille que ça soit toi plutôt que moi. Ils avaient besoin d'un mari, d'un père plus que d'une soeur »… Tout est dit.

  • 0.25

    Un petit livre, tout discret, tout mignon, mais qui cache une grande question : comment vivre après la déportation dans un camp de la mort ?

    La narratrice adresse une lettre à son père, tellement peinée d’avoir perdu celle que celui-ci lui avait adressée dans le camp d’Auschwitz où ils étaient déporté ensemble. Perdue la lettre, oublié le texte, sauf l’en-tête et la signature.

    Bien sûr, il y a des redites sur le fonctionnement du camp que l’on a déjà lu cent fois ailleurs : pourquoi le nom de Canada pour l’atelier des vêtements ; la manie de Madame Simone Veil de toujours subtiliser les petites cuillères. Mais l’auteur ajoute la déportation avec son père, l’apprentissage avec ce seul repère familial.

    De l’auteure, je ne connaissais rien. Il me tarde maintenant de découvrir son oeuvre cinématographique.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la tomate et de l’oignon que le père donne à sa fille la dernière fois qu’il la voit.

    http://alexmotamots.wordpress.com/2016/02/12/et-tu-nes-pas-revenu-marceline-loridan-ivens

  • 0.25

    Cette lettre d’une fille à son père, qui n’est pas revenu de la déportation est un témoignage nécessaire qui permet de ne pas oublier.

    Ce document est dur et bouleversant, cette sensation est renforcée par la forme de la lettre. L’auteur raconte, l’après camp, la façon dont elle a pu se construire sans son père, la jeunesse et l’insouciance qu’elle n’a pas eu. Elle nous fait part de ses réflexions, choix de vie et les combats qu’elle a menés par la suite. Elle évoque avec justesse l’après déportation et ses conséquences psychologiques, tant pour les personnes qui reviennent que pour ceux qui n’y sont pas allés. Mais aussi la difficulté de continuer à trouver un sens à la vie.C’est un livre émouvant qui m’a beaucoup marqué, il me semble très difficile de trouver les mots « justes » pour pouvoir en parler.

  • 0.2

    Le texte est court mais efficace. Dans le témoignage de Marceline Loridan Ivens, pas un seul mot n'est en trop. On y décèle la pudeur, la tristesse, la peur aussi. L'auteure s'adresse ici à son père, Salomon Rosenberg, victime du camp de Drancy. Tout commence avec ses quelques lignes griffonnées à la va-vite par son père et secrètement passée à Marceline par électricien. Marceline Loridan Ivens parvient à parler de sept décennies en quelques pages seulement. Pourtant l'émotion est à son comble, les évocations sont poignantes, le souvenir de Salomon, omniprésent. C'est d'ailleurs une lettre à son père que l'auteure écrit. Et le constat est fracassant : malgré l'horreur, rien n'est redevenu comme avant. Comme l'écrit l'auteure en parlant de sa sœur " Elle aussi est morte des camps sans jamais y être allée. " Sans parvenir à véritablement comprendre l'auteure, on sait ce qu'elle a laissé dans ce camp : une vie.

  • 0.25

    Marceline Rosenberg est une jeune fille lorsqu'elle est déportée en 1944 avec son père à Auschwitz-Birkenau;ensuite ce sera Bergen-Belsen, puis Thereienstadt, elle sera libérée en 1945.Avec courage, elle essaiera de réapprendre à vivre, mariée éphémèrement avec Francis Loridan(ce nom la protégeait un peu) puis à Joris Yvens avec qui elle pourra s'exprimer en particulier en tant que scénariste et réalisatrice.
    C'est avec l'aide de Judith Perrignon et à 87 ans qu'elle écrit cette superbe et longue lettre à son père qui , lui, n'est pas revenu.
    C'est toujours le même cortège d'horreurs et d'abominations que racontent les 2500 rescapés revenus pour leur bonheur... ce qui reste à démontrer. Seuls 160 d'entre eux sont encore vivants.
    Toujours cette même suite de cauchemars qu'exhument ces gens dignes mais amputés de la plus belle part , leur jeunesse.
    Ce qui m'a frappée dans le témoignage de Marceline Loridan Yvens, c'est l'analyse du retour auprès de sa famille et en particulier de sa mère. La question insensée de celle ci -Peut-on te marier, es tu encore pure ? Tu n'as pas été violée?-
    C'est l'horreur intime conjuguée à l'horreur internationale; apparemment pour beaucoup de ces rescapés le retour dans leur famille a été également une épreuve terrible.
    Et si , à la fin de sa lettre, M.L.Y nous laisse penser que survivre valait peut-être le coup, je retiens surtout la réponse de la belle-soeur de Marceline à qui celle ci demandait : » Maintenant que la vie se termine, tu penses qu'on a bien fait de revenir des camps ? »elle a répondu : « Je crois que non, on n'aurait pas dû revenir ».
    Glaçant.
    C'est un témoignage intense , poignant , et toujours nécessaire.

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