Et si seulement...

Couverture du livre « Et si seulement... » de Daniel Lapierre aux éditions Soddil Sofiadis
Résumé:

« C'est si bon de dormir, n'est-ce pas ?
Je ne dormais pas...
C'est vrai, je ne dormais pas. Je ne pensais pas non plus et cette léthargie, je le confesse, avait quelque chose de délicieusement tiède et agréable d'où j'avais envie de sortir avec mauvaise humeur. Ce n'est pas une infirmière, ni... Lire la suite

« C'est si bon de dormir, n'est-ce pas ?
Je ne dormais pas...
C'est vrai, je ne dormais pas. Je ne pensais pas non plus et cette léthargie, je le confesse, avait quelque chose de délicieusement tiède et agréable d'où j'avais envie de sortir avec mauvaise humeur. Ce n'est pas une infirmière, ni une aide soignante ; elle ne porte pas la blouse.
Une femmemûre, brune, les cheveux à peine grisonnants aux tempes et tirés en chignon sur la nuque. Elle ne se teint pas; peut-être qu'elle s'accepte. Et elle n'a pas tort. La cinquantaine, avec un rien de distinction naturelle, en partie due à un sobre tailleur gris. Je ne l'ai jamais vue ici ni ailleurs. Une brusque pensée avortée, trop rapide pour être douloureuse,me fait baisser les yeux sur sa poitrine : elle ne porte pas l'insigne de la croix. C'est le gris qui m'y a fait penser soudain dansma demi conscience. Non, lemoment n'est pas encore venu.
Qui êtes-vous ? »

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Le courrier des auteurs

Daniel Lapierre répond à nos questions ! (10/09/2015)

1) Qui êtes-vous ? ! Je suis d'origine et de nature un solitaire. Une jeunesse de sauvageon a fait de la nature ma première maîtresse. Je lui dois mes réelles certitudes. Je suis effaré par l'ignorance des nouvelles générations dans ce domaine pourtant essentiel... J'ai dû me construire seul, sans maître ou guide. Cela m'a donné un sens pratique et des qualités d'adaptation particuliers. J'ai vécu de Lettres toute ma carrière d'enseignant, faisant parallèlement un hobby de l'écriture, en tant que poète et romancier. J'ai côtoyé, pratiqué les arts manuels et acquis grâce à eux une connaissance des anciens maîtres en ces matières et une sûreté de jugement. J'ai acquis avec eux une mentalité d'artisan. Enfin, j'ai été et suis encore un voyageur invétéré. Tout cela m'a doté de mainte pierre de touche à quoi tester les êtres et les choses. 2) Quel est le thème central de ce livre ? Le thème central de mon roman «Et si seulement...», c'est cette faiblesse de notre nature qui fait que, croyant mener nous-même notre existence en en tenant les rênes, nous sommes en fait presque toujours le jouet du hasard conjugué à nos faiblesses, physiques ou morales. Comme si la vie prenait son dernier plaisir à nous forcer à jeter un dernier regard ironique sur ce que nous avons été. Contre cette faiblesse fondamentale, il n'est que la force de l'amitié pour nous sauver du naufrage. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Victime, c'est de soi-même qu'on l'est souvent, et même presque toujours.» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Si ce livre était musique, pour ne pas paraître classique à l'excès, je ne parlerai pas des «Nocturnes» de Chopin. Non. Je ferais s'enchaîner les meilleures musiques de films d'Ennio Morricone dont les notes cristallines vous arrachent par instants au réel tandis que la tristesse antique fait vibrer en sourdine les lames d'un harmonica... 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Face à la dérision qui fait de nous des fantoches, j'aimerais faire partager à mes lecteurs la chaude tendresse de l'amitié. La vraie, non l'actuelle parodie. C'est elle qui nous fait nous livrer, nous libérer des pensées et des sentiments étouffants ; c'est elle qui fait que nous laissons une trace après nous, tant que dure le souvenir ; c'est elle qui ouvre la porte de la tolérance et qui fait des rapports humains un des plus purs bonheurs, supérieur à l'amour, source de plus de tourments, de violence et d'incertitude. J'aimerais aussi que, reposant mon livre, le lecteur ait cette pensée que ce qu'il a lu, que cette conversation que nous avons eue l'a été par le truchement d'un style et que ce dernier a eu sa part à son plaisir. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? Je ne saurais écrire n'importe où ; il me faut le silence et la solitude, l'environnement de mon bureau ; il me faut les heures où je ne perçois pas de vies étrangères près de moi. La musique de fond, c'est le chant de mon esprit. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Mon inspiration vient souvent du hasard d'une conversation, d'une confidence ; c'est le cas pour «Et si seulement...» Mais je n'aurais pas entrepris d'écrire ce roman si cette confidence ne m'avait pas montré à quel point je me suis senti proche de l'héroïne par l'esprit. Au même moment, les derniers jours de ma mère à l'hôpital me fournissaient quantité d'observations ou d'anecdotes en concordance avec mon sujet. Il serait bien entendu trop simple d'écarter des sources d'inspiration quelques situations vécues personnellement. Quel écrivain peut se soustraire de son oeuvre. «Madame Bovary, c'est moi» disait Flaubert avec justesse. 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ? L'écriture n'est pas «entrée» dans ma vie. Je suis tombé dedans et, de nature longtemps timide, j'ai vu en elle la possibilité offerte de m'exprimer, ce que je n'osais faire par la parole. J'ai écrit des morceaux littéraires très tôt (poèmes scènes de théâtre, nouvelles, bouts romancés, surtout en Première et Terminale et, les ayant gardés, il a suffi qu'un ami d'alors m'eût suggéré de les peaufiner et m'eût donné confiance pour que le processus d'écriture et d'édition se soit enclenché. Le hasard, toujours le hasard... 9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ? En tant que lecteur, jeune, je me suis ouvert le spectacle de la nature à l'échelle planétaire avec Jules Verne. Plus tard, ce sont, en prose, des pages de Chateaubriand à Combourg ou chez les Abencerages qui m'ont le plus marqué tant elles correspondaient pour le fond avec mon propre romantisme et mon existence solitaire et rêveuse et, pour la forme, par leur admirable amplitude musicale. Quant à la poésie, c'est Baudelaire qui m'a comblé par la perfection de l'écriture et une certaine noblesse désenchantée 10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! Peut-on parler de «savoir» lorsqu'on se demande à quoi servent les écrivains ? Par expérience personnelle, je sais qu'ils ont répondu aux innombrables questions que, issu d'un milieu peu ou prou cultivé, je me posais sur les choses et les êtres. J'ai fait mon expérience de celles qu'ils m'ont décrites ; j'ai trouvé chez eux les réponses, provisoires ou définitives aux interrogations existentielles. Un rien trop raisonnable, ils m'ont ouvert les portes des plus vives passions. Ils m'ont averti des coups tordus de la vie. Mais ils ne m'ont pas entraîné avec Alice au pays des merveilles ou encore, avec Wells, dans «La guerre des mondes»... Je suis resté trop réaliste pour ça... Mes rêves se sont arrêtés à la tendresse humaine.

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